juil 302014
 
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Avec la population de Palestine et d’Israël contre la barbarie militariste (Communiqué de l’Initiative Communiste-Ouvrière)

Aucun être humain ne peut rester insensible aux images de morts, de destruction et de souffrances de la population de la Bande de Gaza. Comme dans toutes les guerres modernes, comme en Syrie, en Irak, à l’Est de l’Ukraine, en République Démocratique du Congo ou ailleurs, c’est la population civile, des enfants, des personnes âgées, des travailleurs, des chômeurs, des employés, etc. qui tombent victimes des bombardements.

Prise en otage par le militarisme israélien et par les milices du Hamas, la population palestinienne pleure une fois encore ses enfants et vit dans la terreur des bombardements. Enfermée, au nord par les troupes israéliennes et au sud par l’armée égyptienne, dans une immense prison à ciel ouvert, la population de la Bande de Gaza subit une fois encore le jeu sanglant des dirigeants du Hamas et d’Israël. Comme lors des précédentes « opérations » de l’armée israélienne, les bombardements, en tuant des civils et en détruisant les infrastructures nécessaires à la population, loin d’affaiblir le Hamas, lui offre des possibilités de se développer sur la base du désespoir d’une partie de la population. De son côté, chaque tir de roquette du Hamas, loin de protéger la population palestinienne, est un cadeau fait à Nentanyahou pour justifier le renforcement du militarisme.

Rien n’est plus à vomir que les déclarations des dirigeants qui prétendent agir pour la « sécurité » des populations, alors qu’ils les entraînent dans une nouvelle spirale de guerre, d’attentats, de morts et de souffrances. Seule la fin immédiate des bombardements et des tirs de roquettes, seule la paix, peuvent apporter non seulement la sécurité, mais aussi le bien-être, tant au peuple de Palestine qu’à celui d’Israël.

Ce n’est bien sûr ni sur le gouvernement militariste d’Israël, ni sur les dirigeants du Hamas ou ceux du Fatah qu’il faut compter pour imposer la paix. Ce n’est pas non plus sur les États arabes, l’Union Européenne ou l’ONU. Dans cette guerre comme dans toutes les guerres, chaque État ne cherche qu’à défendre ses propres intérêts et ceux des bourgeois au pouvoir. Certes, comme bien des fois ces dernières années, après avoir provoqué des centaines voir des milliers de morts, il y aura peut-être un nouveau cessez-le-feu temporaire, les dirigeants israéliens comme ceux du Hamas se féliciterons de leur victoire, avant de plonger une fois encore les populations de Palestine et d’Israël dans une nouvelle marre de sang.

Seule la mobilisation de la population d’Israël et de Palestine permettra d’obtenir, contre les appels à la haine racistes des extrémistes nationalistes et/ou religieux, contre les états-majors et chefs d’États, une paix véritable basée sur l’égalité des droits entre Palestiniens et Israéliens.

Et l’espoir d’un avenir meilleur, pour nos sœurs et frères de classe de Gaza, de Tel Aviv, de Ramallah, de Haïfa ou de Jérusalem, en ces jours sombres où tombent des centaines de victimes innocentes, ne peut en aucun cas venir de la surenchère nationaliste. L’espoir au contraire, ce sont par exemple les initiatives comme les manifestations communes de résidents juifs et arabes dans le nord d’Israël, les manifestations contre la guerre, le racisme et l’occupation à Tel Aviv, Haïfa ou Jérusalem, ainsi que les multiples initiatives comme celle du Forum des Familles qui regroupe des familles, palestiniennes et israéliennes, qui ont perdu un proche dans la guerre, mais aussi de nombreuses initiatives spontanées qui montrent que dans cette région comme ailleurs l’humanité peut triompher face à la barbarie.

21/07/2014

 

De l’agression contre des membres de l’Hachomer Hatzair boulevard Beaumarchais (en 2003) aux attaques de synagogues en juillet 2014

vendredi 18 juillet 2014, par Yves

La polémique fait rage autour des incidents qui ont entouré la manif « pro-palestinienne » du dimanche 13 juillet 2014. Certains parlent de provocations de la LDJ (un groupe d’extrême droite juif qui défend des positions racistes contre les Arabes et est en effet tout à fait capable de provocations), d’autres d’attaques délibérées contre deux synagogues. D’autres enfin combinent les deux versions.

On trouvera 3 témoignages intéressants sur i-télé :
http://www.itele.fr/france/video/incidents-rue-de-la-roquette-la-police-est-responsable-88714
(un organisateur de la manif)
http://www.itele.fr/france/video/incidents-rue-de-la-roquette-serge-benhaim-dement-toute-attaque-de-la-synagogue-88717
(le témoignage d’un responsable de la synagogue)
http://www.itele.fr/france/video/incidents-rue-de-la-roquette-ca-a-ete-un-piege-88720
(une manifestante)

Pour le moment il est difficile de démêler le vrai du faux dans cette affaire, chaque partie ayant intérêt à mentir. Il est évident qu’un certain nombre de manifestants ont crié « Mort aux Juifs » et que ce type de slogans ne peut en aucun cas être justifié par les provocations de la LDJ. Seuls des antisémites peuvent crier « Mort aux Juifs », fussent-ils face à des Juifs d’extrême droite.

Un petit retour en arrière sur ce qui arriva lors d’une manifestation en mars 2003 permet de comprendre la source du problème actuel : l’incapacité des organisateurs des manifestations de gauche et d’extrême gauche à tenir à l’écart les manifestants antisémites : de ceux qui crient des slogans antisémites ou chantent des chants religieux invitant à tuer des Juifs à ceux qui brandissent des drapeaux d’organisations djihadistes, en passant par tous ceux qui se baladent avec des pancartes Israel=SS, Sharon=SS, etc.

C’est parce que l’antisémitisme est toléré dans les manifestations de gauche et d’extrême gauche, que les provocations de la LDJ sont grandement facilitées, que cette organisation d’extrême droite peut se présenter en défenseure des Juifs, et que des petites minorités antisémites viennent aussi dans ces manifestations car elles pourront y parader sans problème.

Nous ne croirons aux protestations indignées des organisateurs que lorsqu’ils adopteront des positions politiques claires contre l’antisémitisme de gauche. En attendant nous les considérons comme complices de ces « débordements » antisémites, même s’il est évident que nous ne pouvons en aucun cas approuver l’interdiction des manifestations de soutien à la Palestine par tel ou tel préfet.
C’est évidemment aux militants de gauche et d’extrême gauche de faire le ménage dans leurs rangs pas aux flics, surtout quand on connaît leurs préférences politiques (leur vote pour le FN, organisation raciste et antisémite) et le passé de l’Etat français face à l’antisémitisme sous l’Occupation.

Alors à quand le Grand Ménage contre l’antisémitisme de gauche, camarades et compagnons ? Mettez-vous au boulot si vous voulez être crédibles (cf. http://www.mondialisme.org/spip.php?article2055).

Y.C., Ni patrie ni frontières, 18/07/2014

PS. Pour celles et ceux qui ont la mémoire courte, nous reproduisons ci-dessous un article de René Monzat paru dans Ras l’Front en 2003.

 

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Anatomie d’une agression

par René Monzat, Ras l’Front, n° 93, avril-mai 2003

Une grave agression antisémite s’est déroulée à Paris en marge de la manif antiguerre du 22 mars dernier.
Que s’est-il passé ?

L’agression

Alors que le cortège emprunte le boulevard Beaumarchais, un petit groupe court sur le trottoir, criant « où sont les juifs », s’en prenant à des militants de l’association Hachomer Hatzaïr qui regardent passer le cortège « à cause » de la kippa que porte l’un d’entre eux. Ils se replient vers le local d’Hachomer à quelques dizaines de mètres dans la rue Saint Claude, ou sont réunis 150 enfants et ados de 6 à 16 ans.
Les agresseurs les suivent, les attaquant à plusieurs reprises à coups de bâton. Les incidents durent plusieurs minutes. Deux militants de 18 et 25 ans doivent être hospitalisés.
Plusieurs incidents antisémites, moins graves, se sont déroulés en marge de cortèges anti-guerre ou pour les droits des Palestiniens depuis plus d’un an. Voir à ce sujet les articles de Karl Laské dans Libération.

Y a t-il eu attaque du Betar ou de la Ligue de Défense Juive ?

Le bruit a circulé qu’un commando du Betar ou de la LDJ (extrême droite sioniste) avait attaqué le cortège. Il est sans fondement. Le Betar est exsangue à Paris. Les commandos qui ont attaqué plusieurs réunions sont composés de membres de la Ligue de Défense Juive se réclamant du mouvement Kach, interdit en Israël pour racisme. Ils sont venus tourner autour d’autres manifs du même genre, mais pas de celle du 22 mars.

Qui sont les agressés ?

Des militants et militantes du mouvement sioniste de gauche Hachomer Hatzair.
Né il y a 90 ans en Galice, ce mouvement de jeunesse qui s’est longtemps réclamé du marxisme. Il a fourni de nombreux cadres à l’extrême gauche ou à Shalom Archav (la Paix Maintenant).
Il pense certes pis que pendre de l’OLP et de Yasser Arafat, mais n’a jamais fait de concession sur le droit des Palestiniens à disposer d’un Etat et veut que Jérusalem devienne la capitale des deux états .
Il participe à la « Coalition pour la paix » et mène campagne dans ce cadre pour le retrait de l’armée israélienne des territoires occupés, et pour le démantèlement des colonies. Il a participé à la manifestation anti Le Pen du 1er Mai 2002. A cette occasion, ses militants arboraient l’autocollant Ras l’Front.

Quelle est la nature de l’agression ?

Une agression antisémite délibérée, déclenchée parce qu’un des militants portait une kippa, dont la signification est strictement religieuse.

Qui sont les agresseurs ?

En premier lieu de jeunes loubards qui se disent musulmans et crient « Jihad », mais dont une bonne partie ne comprend pas un traître mot d’arabe et n’a manifestement jamais ouvert un exemplaire du Coran. Ils circulent le long des cortèges en collectionnant les auto-collants de différentes organisations.
En second lieu de petits noyaux politiques de groupes islamistes. Ils ne sont pas forcément les mêmes d’une manifestation à l’autre. Leur caractère islamiste apparait dans leur propension à scander Allah Akbar, et à réciter ostensiblement la prière à la fin des manifs. Ces groupes d’une dizaine à quelques dizaines de personnes cherchent souvent à instrumentaliser les loubards. Ils occupent de petits segments de cortèges et suivent un animateur qui dispose d’un porte-voix, mais n’arborent aucune banderole. Il y a un an, certains de ces groupes se signalaient par des drapeaux du Hamas ou du Hezbollah, et ne sont pas revenus depuis, suite à des « explications » avec le SO des manifs.
Autant les jeunes antisémites se caractérisent par leur impulsivité, autant les groupes islamistes montrent parfois une véritable maîtrise technique de la manipulation de cortèges. Ainsi, le 6 avril 2002, des militants munis d’oreillettes, arrivent à la hauteur de telle ou telle bande de « loubards », se mettent à courir en criant « le Betar arrive ! ». Arrivés à la hauteur des groupes du Hezbollah (dont un des cadres libanais était présent ce jour-là) ou de porteurs de drapeaux verts du Hamas, ils s’évanouissent dans la nature. Plus question du Betar, mais les islamistes ont renforcé leur cortège.
Dans d’autres cas, ils ont tenté d’imposer leurs propres slogans au cortège des comités Palestine. Ils se sont insinués entre la camionnette et le premier rang, « improvisé » un sit­in pour éloigner la camionnette et couvrir les slogans décidés par la coordination.
La bande vidéo rendue publique sur le site de Digi-Presse permet de reconnaître rue St Claude des membres de ces deux types de groupes : jeunes loubards et militants plus âgés. Les militants et militantes du Hachomer ont remarqué parmi leurs agresseurs des gens du même âge qu’eux (une vingtaine d’années) et d’autres, souligne une militante « de l’âge de mon père »

Les réactions

La condamnation des organisateurs de la manifestation a été claire et sans équivoque. Le maire de Paris, Bertrand Delanoé, et celui du IIIème, Pierre Aidenbaum, sont venus assurer le Hachomer de leur indignation et de leur solidarité.

Qu’est-ce qui a rendu l’agression possible ?

Les organisations qui ont appelé à la manifestation n’arrivent pas à assurer collectivement le contrôle politique et militant des cortèges. Il est géré segment par segment. La difficulté augmente avec la disproportion entre le noyau militant d’une structure et les centaines voire milliers de personnes qui se joignent, le jour venu, au cortège.

Les organisateurs ont-ils une politique pour prévenir des dérapages ou incidents ?
Un dispositif a été mis au point par les organisateurs de la manif suivante, du 29 mars, durant une réunion au siège du Hachomer Hatzaïr. Avec une efficacité limitée.

Une structure comme la Coordination des Comités Palestine définit une orientation et arrive globalement à la tenir malgré une expansion fulgurante. En revanche le happening organisé place Denfert Rochereau, en fin de manif par une des camionnettes d’Agir Contre la Guerre, donnait le micro à qui voulait le prendre. On a ainsi entendu successivement des invocation religieuses aux martyrs, au Jihad, et au soutien d’Allah contre les juifs, le tout en arabe, puis le représentant de l’Union Française Juive pour la Paix.

Par ailleurs les auteurs devront rendre compte de leur participation à l’agression devant les tribunaux. Et cette affaire ne sera pas enterrée.

Encart

Une polémique secondaire est due au fait que les incidents ont éclaté non loin du cortège de la Capjpo. (Coordination des appels pour une paix juste au Proche Orient.)

La CAPJPO est elle auteur de l’agression ? La CAPJPO milite pour deux Etats et affirme lutter contre l’antisémitisme. Soupçonner la direction de cette structure d’avoir fomenté une agression antisémite est absurde.

Des gens portant l’autocollant de la CAPJPO y ont-ils participé ?
L’agression aurait pu se déclencher à la hauteur d’un autre segment du cortège. La CAPJPO ne dispose pas d’un vrai SO permanent. N’importe qui pouvait manifester dans son cortège sans pour autant y militer habituellement.

Que dit la CAPJPO de cette agression ?
Les trois communiqués rédigés par la direction de cette organisation montrent qu’elle n’a rien compris aux faits ni au sens de ce qui s’est passé.
En effet le premier communiqué est titré « nouvelle agression et provocation sharonienne ». Il évoque un commando d’une vingtaine de personnes armées du matériel habituel de la LDJ, commando qui n’a jamais existé.
De toute façon une telle attaque du cortège par un commando de la LDJ aurait justifié une réaction du SO, mais en aucun cas un déchaînement antisémite.
Nulle part ces communiqués ne décrivent l’agression antisémite pour ce qu’elle a été.
En d’autres termes les communiqués semblent excuser, et de ce fait couvrir après coup(s) l’agression qui a été commise.
Samedi 29 mars, le rédacteur du communiqué reconnaissait, oralement, s’être « trompé » dans la relation des faits.

Source : Ni patrie, ni frontières.

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