Assemblée libertaire de Caen

[ Collectif éteint]L’Assemblée Libertaire de Caen a réuni durant plusieurs années des personnes qui s’organisaient pour résister au quotidien contre l’exploitation capitaliste et la domination étatique, dans une perspective révolutionnaire. Ces personnes participaient par ailleurs à différents collectifs et/ou diverses organisations. Elle servait de point de rencontre, de lieu de débat, d’outil d’intervention lors de manifs ou de mobilisations diffusant à l’occasion des tracts, organisant des cortèges radicaux… C'est dans cette assemblée qu'a été initiée la site sous la cendre. L'expérience a aujourd'hui disparu.

juil 162013
 
logement

Depuis mardi 25 juin, un ancien foyer est occupé au 202 rue de Bayeux par l’Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions. L’ouverture de ce squat fait suite à l’expulsion d’environ 70 personnes de leur foyer d’hébergement d’urgence. Ces expulsions, qui ont lieu partout en France, sont présentées comme inévitables face à la « crise » qui nous frappe. Cette crise dont on nous rabâche les oreilles ne touche qu’une partie des populations: les fractions les plus pauvres et les plus marginalisées. Par ailleurs, la crise vient toujours camoufler un renforcement du système capitaliste par le biais de destruction des services publics, de la casse du droit du travail, de criminalisation des plus pauvres et des sacrifices demandés aux plus démuniEs. Sans surprise, l’Etat met à mal les quelques droits qu’il nous a un temps lâché, tout en renforçant son contrôle sur tous les aspects de nos vies.

logementL’une des premières conséquences  des politiques d’austérité, c’est l’accès au logement plus difficile encore. Aujourd’hui, il y a plus de 3,6 millions de mal-logéEs en France, et au moins 130 000 SDF. Les expulsions locatives sont quant à elles de plus de 100 000 chaque année. Mais au-delà des politiques d’austérité, c’est la propriété privée, à la base du capitalisme, qui crée les conditions de mal-logement. Aujourd’hui, pour une bonne partie des populations le seul moyen de se loger c’est soit de consacrer une part exorbitante de son budget dans un loyer, soit de rembourser un prêt tout au long de sa vie. Pendant ce temps-là, d’autres spéculent et s’enrichissent, nourrissant le coût important de l’immobilier (1). Ces spéculations se traduisent notamment par des logements qui restent inoccupés pendant que des gens sont jetés à la rue. Dès lors, il est bien légitime d’occuper ces habitations vides.

 Les problèmes de logement ont un autre effet pernicieux: les garanties demandées sont de plus en plus élevées et  les procédures de plus en plus compliquées. Elles excluent de fait les personnes isolées, les plus vulnérables, les sans-papiers… En effet, ces derniers ne peuvent évidemment pas fournir les documents exigés. C’est aussi le cas de nombreux immigrés en situation régulière, qui en plus de faire face au racisme, ont des difficultés à répondre aux exigences bureaucratiques. Une personne en demande d’asile n’a par exemple le droit qu’à une allocation de 336E par mois, et n’a en même temps pas le droit de travailler légalement.  Cette aide ne permet évidemment pas d’accéder au logement et aux besoins les plus élémentaires. Des structures d’accueil existent mais le désengagement financier de l’Etat ne leur permet plus de fonctionner (2).  Et comme souvent, ce sont les étrangerEs qui sont les premiers frappéEs par les coupes budgétaires : ce sont pour le moment eux qui sont jetés à la rue, avant que tout le monde ne soit concerné (c’est 700 places en foyer qui doivent fermées d’ici la fin de l’année dans la région).

Cette exclusion des étrangerEs est donc organisée. Elle est aujourd’hui accentuée par la montée du nationalisme, autant à travers les groupuscules d’extrême-droite que par sa banalisation au sein des grands partis (3). Taper sur les immigréEs pour entretenir le mythe des étrangers qui volent le pain et le travail des autochtones n’est en fait qu’une piètre tentative pour masquer les effets dévastateurs du capitalisme. Le nationalisme a toujours servi les intérêts des plus puissants, tout en cherchant à séduire une partie de l’électorat (même parmi les plus dominéEs) grâce à des annonces et mesures populistes (c’est explicite en Grèce aujourd’hui). A l’heure du capitalisme globalisé, la libre circulation des marchandises et des plus riches s’accompagne des mesures les plus liberticides. Ainsi, on construit des prisons qu’on appelle centre de rétention administrative, et on renforce les contrôles aux frontières. A mesure que les taux de profit croissent, les frontières deviennent poreuses pour les plus riches, mais se ferment pour la majeure partie des populations mondiales. Cette fermeture est parfois explicite à travers les murs entre Israël et Palestine, Etats-Unis et Mexique, Inde et Bangladesh. A ces barrières physiques aux frontières s’ajoutent un renforcement des forces de l’ordre, et un développement du contrôle, de la surveillance et des violences.

FRONTEX en est le parfait exemple. Cette agence européenne est chargée de la performance du contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne et de la coopération européenne entre Etats membres et avec les Etats limitrophes. Elle a notamment organisé la sous-traitance de la gestion des migrantEs africainEs à la Lybie de Khadafi à l’époque. Le spectre de l’invasion étrangère a été ressortie avec son lot de prisons pour étrangers, sa bureaucratie xénophobe, sa militarisation des frontières et de la police, et c’est toujours la liberté qui recule.

Le squat ouvert au 202 rue de Bayeux n’est pas le seul de ce genre en France. Partout, ce type d’occupation se multiplie (Bourg-en-Bresse, Dijon, Poitiers, Toulouse, etc.) pour faire face au fait que les places en foyer d’hébergement diminuent drastiquement, et que des gens sont jetés à la rue. A Caen comme ailleurs, il ne s’agit pourtant pas seulement  d’héberger  des gens mis à la rue, mais aussi et surtout de lutter et de créer avec eux une dynamique pour obtenir leur relogement et au-delà leur régularisation., condition pour qu’ils et elles puissent  travailler légalement, obtenir un logement de façon autonome, avoir un minimum de droits et tout simplement vivre plus décemment. Au-delà d’une régularisation au cas par cas, il s’agit d’exiger la régularisation de tous les sans-papiers.  Quant à nous, nous entendons bien ne pas nous arrêter là, jusqu’à en finir avec les frontières et le capitalisme.

 

Ni papiers, ni frontières !!!

(1) Les spéculateurs ne sont pas seulement les grands propriétaires et les banques, c’est aussi les bailleurs sociaux, les collectivités territoriales, l’Etat qui en  plus organise la gentrification (remplacer les classes populaires par les classes moyennes et supérieures dans une ville ou un quartier) à travers les rénovations urbaines qu’il met en œuvre.

(2) La situation est telle que des travailleurs sociaux envoient des gens jetés à la rue au foyer squatté rue de Bayeux à Caen… Par ailleurs, il y aurait beaucoup à dire sur l’organisation de l’exclusion à travers des foyers et l’infantilisation qui y règne.

3) De la rafle policière à Barbès deux jours après la mort d’un antifasciste sous les coups de nervis nationalistes révolutionnaires aux expulsions de camps de Roms, en passant par l’autocongratulation de Manuel Valls d’expulser davantage d’étrangers qu’à l’ère Sarkozy (24 000 en 2006, 32 900 en 2011, 36 800 en 2012), la « gauche plurielle » ne s’en cache plus.

 

L’Assemblée libertaire regroupe sur l’agglomération caennaise des personnes qui s’organisent pour résister au quotidien à l’exploitation capitaliste et à la domination étatique, dans une perspective révolutionnaire.

CONTACT : assemblee.libertaire

INFOS : http://sous-la-cendre.info

 

mai 012013
 

Ci joint un tract de l’Assemblée Libertaire de Caen diffusé lors de la manifestation du 1er Mai 2013

1ermai2013Retrouvons-nous pour sortir de l’immobilisation générale !

Nous sommes actuellement en plein cœur d’une politique d’imposition toujours plus profonde de la logique capitaliste. Celle-ci dicte sa loi et ses conditions à toutes les sphères de la vie, publique comme privée, sur le lieu de travail comme en dehors (loisirs, santé, etc.).

Les gouvernements, peu importe que ceux-ci se disent de gauche ou de droite, appliquent scrupuleusement la même ligne : celle de l’exploitation et de la domination de quelques-un-e-s sur le plus grand nombre et de la répression de toutes contestations. S’il n’est plus vraiment nécessaire de convaincre des effets mortifères de la domination capitaliste, tant ses attaques se font viscéralement ressentir par beaucoup de gens, il semble que la contestation marque le pas.

Les derniers accords sur la compétitivité et l’emploi (ANI) ne sont que les dernières – et pas des moindres – attaques en date. L’austérité, les boîtes qui ferment, la baisse des salaires, le contrôle des chômeurs et chômeuses, la mise en concurrence et la marchandisation des services publics, l’aménagement et le contrôle du territoire et de nos vies par les grands projets capitalistes (THT, nucléaire, aéroport de Notre-Dame-des-Landes, LGV) en sont aussi quelques illustrations concrètes. En fait, cest de toute part que nous sommes attaqué-es.

 Lier toutes les luttes

Au-delà du particularisme apparent des conflits, les attaques administrées sont l’œuvre d’une logique capitaliste globale qui nous touche tous et toutes. Si les raisons de la colère sociale ne manquent pas, il s’agit aussi de les faire converger et de les articuler afin qu’elles visent toutes à mettre un coup darrêt au capitalisme.

Car c’est ensemble que nous créerons les conditions d’un véritable rapport de force intercatégoriel capable de s’opposer à cette politique de destruction programmée et systématique d’une vie digne, décente et solidaire. Des assemblées autonomes, ouvertes à tous et toutes peuvent être la condition d’un élargissement de la lutte et d’une solidarité concrète. Il nous faut créer des espaces communs et autonomes pour nous rencontrer et partager autre chose.

Se re-trouver

S’il y a bien quelque chose qui peut impulser et motiver à lutter, c’est l’intensité des expériences de vie que nous connaissons quand est pris de cours et s’effrite le contrôle du système. Les luttes sont d’abord des moments de retrouvailles avec lexistence. C’est goûter ici et maintenant à la liberté et à la joie. S’il y a bien quelque chose qui peut motiver à lutter, c’est l’intensité des expériences de vie que nous connaissons quand le carcan du système s’estompe, comme ce fût le cas dans les facs occupées pendant le CPE ou à la chaleur des barricades contre la dernière réforme des retraites.

Lutter, c’est aussi convaincre et partager qu’il est possible de vivre autre chose que l’asservissement, et que la rencontre et la multiplication de ces moments est d’une importance capitale. À nous d’en faire quelque chose de plus durable et moins digérable par la domination capitaliste.

Le fatalisme qui règne ne trouvera sa fin qu’en agissant collectivement dans la lutte !

Nous vous invitons à nous retrouver à la fin de la manif du 1er mai, place Saint-Pierre, pour se rencontrer, discuter… autour d’un verre (contribution libre).

L’assemblée libertaire regroupe dans l’agglomération caennaise des personnes qui s’organisent pour résister au quotidien contre l’exploitation capitaliste et la domination étatique, dans une perspective révolutionnaire.

Permanence le premier samedi du mois, 14h au 36 bvd Poincaré CAEN (arrêt de tram Poincaré).

Contact: assemblee.libertaire

Infos: http://sous-la-cendre.info

nov 242012
 

La version PDF de ce texte est téléchargeable en fin d’article. N’hésitez pas à la diffuser.

DISCOURS RÉACTIONNAIRES ET ESCROQUERIE SOCIALE

Il est clair que plusieurs années de « droite décomplexée » ont favorisé le développement de discours d’extrême-droite et réactionnaires, et au passage ont renforcé électoralement le Front National et l’implantation de divers groupes d’extrême-droite dans diverses villes. La crise économique actuelle offre en plus un climat propice aux idées les plus puantes, qui peuvent apparaître pour les exploité-es comme des solutions. Pourtant, en grattant un peu, on retrouve toujours les mêmes projets politiques autoritaires, racistes, sexistes, et antisociaux.

Ces situations de crise ont toujours été favorables au développement de tous les discours réactionnaires. Ces discours se déclinent de multiples façons : anti-immigration, nationalisme et protectionnisme national, intégrisme religieux, sexisme et homophobie etc. Il est toujours plus facile de pointer du doigt des bouc-émissaires que d’affronter les problèmes de face, plus profonds. Ceux-ci sont bien le fait d’un type particulier de société, à savoir capitaliste (bien que le capitalisme n’épuise pas tous les discours autoritaires et racistes, qui gangrènent la vie quotidienne).

Les thématiques sociales sont souvent la porte d’entrée aux forces réactionnaires : défense des travailleurs français, de la petite bourgeoisie française qui travaille etc. En Italie, les néo-fascistes de Casa Pound sont même partis faire de l’humanitaire dans la région de l’Aquila, détruite par un séisme. D’autres groupes en France distribuent de la nourriture aux sans-abris non immigrés.

Derrière ce vernis social, des glissements s’opèrent rapidement vers des principes réactionnaires, en trouvant chaque fois un bouc-émissaire. C’est le pouvoir des banques, qui se transforme rapidement en pouvoir du banquier juif, cause de tous les malheurs ; c’est l’immigré-e (parfois même français-e de deuxième ou troisième génération) qui prend le travail, les aides et les logements des « bon-nes » français-es, ou qui est délinquant-e ; c’est aussi le ou la syndicaliste ou le ou la militant-e anticapitaliste et antiautoritaire, les femmes, le chômeur ou la chômeuse, le ou la RSAste etc. Avec en arrière fond une hiérarchisation systématique (le français de souche meilleur que le français d’origine étrangère, l’homme meilleur que la femme, le travailleur meilleur que le chômeur etc.).

Bref, le principe est toujours le même, diviser pour mieux régner. Le problème est forcément « l’autre ». Il s’agit bien de détourner les classes populaires, les travailleurs, chômeurs et autres exploités d’une solidarité de classe. Il s’agit de les dissuader de s’organiser ensemble pour lutter contre la domination capitaliste et la domestication étatique. Les changements proposés, simplistes donc attirants, se font toujours dans le sens d’empêcher les populations de s’organiser par elles-mêmes, à cohabiter, et à lutter contre l’exploitation.

Liberté de circulation ! Á bas les frontières ! Solidarité de classe !

Nous nous opposerons à toutes les situations de domination, quels que soit le lieu et le moment ! Nous prendrons la rue pour riposter à tous les discours réactionnaires, au nationalisme et au racisme, et nous lutterons avec la liberté comme but, l’égalité comme moyen, et la solidarité comme base !

 

  Tract AG Lib - Discours réacs et escroquerie sociale (132,0 KiB, 206 hits)

 

Tract sur le logement de l'Assemblée Libertaire de Caen

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La version PDF de ce tract est téléchargeable à la fin de l’article. N’hésitez pas à le diffuser. CONTRE LA CRISE SPÉCULATIVE DU LOGEMENT, ORGANISONS-NOUS ! De l’appauvrissement au mal logement Nous voilà plongéEs dans une crise dont on veut nous faire payer l’addition. Les plans d’austérité, les plans sociaux et les coupes budgétaires aggravent […]

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