CONTRIBUTION. RECONSTRUIRE DES PERSPECTIVES REVOLUTIONNAIRES.
Ce qui frappe aujourd’hui, c’est la solide résignation et l’inertie politique. Le monde apparaît de plus en plus comme une immense machine de gestion qui élimine toute perspective de vivre autrement. Plus, le système capitaliste et industriel d’aujourd’hui a évincé jusqu’à la capacité à imaginer autre chose.
Il persiste toujours des révoltés et des empêcheurs de tourner en rond qui refusent l’idée qu’il n’y aurait pas d’ennemis à combattre, que les structures de domination seraient indépassables, que la civilisation capitaliste serait immuable. Comme toute civilisation, elle finira pourtant par s’achever. Elle n’aura probablement pas duré très longtemps. Ce que le système a réussi de mieux, c’est de s’incorporer en chacun de nous, de s’être rendu « naturel » et « nécessaire » dans les esprits, tout autant que matériellement. Au cas où, les capitalistes, politiciens et technocrates ont mis de leur côté une foule de gadgets et de dispositifs répressifs. On ne sait jamais.
Les fractions rebelles ne portent aujourd’hui pas suffisamment de perspectives révolutionnaires. Trop souvent, l’idée de révolution devient un slogan, un moyen de se positionner politiquement sur l’échiquier politique, un gage de radicalité. Le Spectacle, pour paraphraser les situationnistes, en a même fait une marchandise. L’époque fait tout pour ne pas prendre cette idée au sérieux. Si c’est au moment où l’idée de rupture semble la plus lointaine qu’il faut la marteler avec le plus d’insistance, il ne faudrait pas pour autant en faire un réflexe idéologique. Elle mérite mieux.
Nous nous retrouvons finalement dans la situation des révoltés et révolutionnaires de la fin 18ème et du début 19ème siècles, qui ont construit le vieux mouvement ouvrier et les formes d’activités communistes, socialistes et anarchistes. Ce que des historiens non alignés comme Edward Thompson ont contribué à montrer, c’est qu’il n’y a jamais eu de prolétariat spontané, ni de sujet révolutionnaire naturel. L’émergence des aspirations révolutionnaires n’est pas seulement le fruit des conditions sociales, mais surtout du volontarisme de militants, s’appuyant sur la sociabilité de la rue, la diffusion de journaux et de brochures, la débrouille solidaire des petites gens, et la rancœur vis-à-vis des exploiteurs. Au départ, quelques personnes volontaristes se sont battus et ont su trouver un écho dans une fraction large des populations. Ils n’étaient pas bien nombreux, puis leur révolte a résonné.
Ils ne sont pas partis de rien : les références étaient les formes d’autogouvernement et de lutte des paysans, le communalisme et l’autonomie des villes, les théories de Rousseau, Godwin, Thomas Paine et d’autres intellectuels. Ils ont aussi repris à leur compte l’espace public bourgeois qui luttait contre la vieille société aristocratique, le détournant pour lutter pour leur dignité et la justice sociale. C’est peut-être un élément essentiel qui a permis la constitution des mouvements contre l’Etat et le capital, et au-delà contre toutes les formes de domination. Rien ne prouve aujourd’hui la nécessité d’un tel appui. Il est clair que les mouvements révolutionnaires dans un direction libertaire ne résonnent pour l’instant que faiblement dans une situation contre-révolutionnaire, et doivent en finir avec les faux amis qui bloquent toute conflictualité ouverte tels le citoyennisme et l’extrême-gauche nationaliste et productiviste. Par ailleurs, les ravages industriels et le réchauffement climatique pressent de plus en plus à en finir avec le monde tel qu’il tourne au désastre. Un mouvement comme la lutte dite contre le CPE, en 2006, a par ailleurs montré que dans certaines situations, les révoltes pouvaient être soutenues par une large partie des populations, même si elles ne s’impliquent pas ou peu dans la lutte.
Nous ne partons pas de rien non plus : les mouvements révolutionnaires d’autrefois donnent des appuis théoriques et pratiques. S’il y a à trouver les mots et les pratiques d’un mouvement révolutionnaire d’aujourd’hui, jeter aux oubliettes des expériences d’émancipation qui sont allées plus loin que n’importe quelle lutte récente serait de la folie. La reconstruction d’un réel mouvement révolutionnaire passe par une analyse lucide des révolutions espagnoles et russes, des révoltes de l’après première guerre mondiale, des guerres de libération nationale, des soulèvements antibureaucratiques au sein du bloc soviétique, de l’effervescence des années 60 et 70 au sein des pays les plus riches. Sur ce point des analyses ont déjà été produites, et des discussions engagées.
Par ailleurs, les luttes d’aujourd’hui ne sont pas sans apports. Toute perspective révolutionnaire et libertaire ne peut se penser qu’en résonnance avec les luttes concrètes. Les révoltes successives en Grèce nous apprennent par exemple que tenir la rue ne suffit pas pour en finir avec l’Etat, mais qu’investir uniquement les alternatives sans grèves insurrectionnelles et soulèvements cherchant à en finir avec l’Etat et le capital ne permet qu’une amélioration ponctuelle et parcellaire des situations individuelles. En outre, à l’heure où l’exercice du pouvoir est supranational (G8, FMI, Banque mondiale, OMS, OMC, UE etc.), où les entreprises qui dominent sont multinationales et plus puissantes que la plupart des Etats (Barclays, Axa, Natixis, Mitsubishi, Shell, Veolia, Gazprom, Google, GDF-Suez, Novartis, Nestlé, State Grid Corporation, Wells Fargo, Samsung, IBM etc.), la généralisation du conflit à d’autres pays et des coordinations mondiales sont indispensables. D’autres luttes peuvent fournir des éléments pour la constitution d’un mouvement révolutionnaire en résonnance avec son temps. C’est le cas des communautés indigènes du Mexique, par leur autonomie et leur ancrage solidaire, mais aussi par la révélation de la force d’une identité collective exprimée dans une dimension culturelle. D’ailleurs, pas de mouvement révolutionnaire sans contenus culturels populaires, qui ne sont pas seulement artistiques comme voudrait nous le faire croire un monde désincarné, mais des références partagées et des vécus communs. Les révoltes au Maghreb, en Turquie, au Brésil, en Chine etc. sont aussi porteuses d’apports. Les luttes à venir qui iront le plus loin dans des perspectives révolutionnaires viendront sans doute des pays qu’on dit « périphériques ». En France, la lutte contre le CPE a montré la force de vivre collectivement en autogestion : rien ne remplace l’expérience commune de la révolte et de l’auto-organisation. Une grève, au-delà de ce qu’elle revendique, est surtout un moment de suspension de la routine capitaliste et de réappropriation de sa vie. La révolte de Guadeloupe en 2009 a dévoilé des pistes pour que s’impulse une grève générale qui se concrétise en une révolte populaire massive, en continuant à bouffer sans aller travailler, mais aussi des impasses à éviter. Le dernier mouvement des retraites a réaffirmé la nécessité de s’organiser de façon autonome sans être à la traîne des partenaires sociaux et des intersyndicales, et en portant des positions plus offensives contre l’Etat et le capital. La lutte contre l’aéroport de Notre-dame-des-Landes et la création de la ZAD va peut-être donner la victoire que le mouvement social cherche depuis des années. Sur ce point de l’analyse des luttes plus récentes, tout est encore à approfondir. Refaire l’histoire des mouvements locaux notamment reste largement à faire et à transmettre. Le mouvement social n’est pas condamné à ne pas avoir de mémoire…
De tous ces apports, il n’y a aucun programme révolutionnaire à conclure : la seule révolution légitime est une révolution qui cherche à en finir avec tout ce qui nous opprime, et en premier lieu avec les dirigeants qui cherchent à dicter nos vies, serait-ce pour faire notre bonheur. En revanche, des pistes révolutionnaires, des repères, des références à quoi se raccrocher peuvent être avancées. Ce n’est pas dans l’urgence de l’action que les questions peuvent se poser avec lucidité et se réfléchir ; c’est en revanche la situation révolutionnaire et celles et ceux qui la mèneront qui les trancheront.
La question du surgissement. Qu’est-ce qui fait que des gens rentrent en lutte et se mettent à imaginer d’autres manières de vivre collectivement ? Cette question est peut-être la plus importante aujourd’hui. Mener des enquêtes sociales, à la fois pour savoir qui nous sommes, qu’est-ce qui mobilise, comment émerge du nouveau, mais aussi comme moyen de rencontres et d’informations, est une piste pour y répondre. Les perspectives révolutionnaires ne sortent pas de nulle part, ou d’un sujet révolutionnaire qui n’existe pas en soi. Et si la révolution ne devait pas arriver, nous aurons déjà organisé un noyau du nouveau monde dans la coquille de l’ancien, nous aurons commencé à vivre dans l’esprit de l’anarchie, en essayant de ne plus être dominé ni de dominer, nous aurons été un peu plus vivants. Et c’est bien là l’objectif, l’activité révolutionnaire transformant nos vies avec toutes les contradictions qui ne peuvent être pensées comme telles que parce que justement on est en mouvement. La pureté et l’exhaustivité sont le privilège des inactifs. Ce qui n’empêche pas de vouloir être conséquent…
Le surgissement passe aussi par construire un mouvement révolutionnaire explicite et s’assumant comme tel, qui pose des bases et des perspectives révolutionnaires claires, y compris dans des situations réformistes : en finir avec le salariat, la propriété privée, l’argent, la production industrielle, les frontières, l’administration séparée, la représentation sont déjà quelques objectifs. L’époque nous rend presque honteux de vouloir renverser le vieux monde, et c’est peut-être ce que capitalistes et bureaucrates ont réussi de mieux.
Ce mouvement révolutionnaire assumé doit aussi être autonome : autonome non seulement par rapport aux organisations partisanes et syndicales, mais qui cherche aussi à développer ses propres dynamiques et ses propres rythmes, sans être à la traîne de situations réformistes et de mots d’ordre défensifs. Si c’est dans les luttes que des choses se partagent et que des gens se rencontrent, construire des dynamiques révolutionnaires demande de sortir de l’urgence de la lutte et de développer des espaces et des moyens d’autonomie. Construire un mouvement révolutionnaire, c’est s’organiser pour lutter contre ce qui nous opprime, créer des structures favorables à l’entraide et permettant de gagner un peu d’autonomie : fédérations d’entraide, magasins gratuits, ateliers coopératifs, potagers et vergers collectifs, causeries populaires, concerts gratuits, coopératives de consommation, communautés intentionnelles, contre-culture etc. C’est aussi entretenir des liens avec celles et ceux qui veulent en finir avec la domination sans taire les divergences, conspirer sans cesse pour en finir avec le vieux monde. Autodéfense, face aux administrations qui nous enserrent, au sexisme, aux racistes, aux patrons et au travail, mutualité, pour vivre mieux dès maintenant et donner au mouvement davantage d’autonomie et de puissance, action politique, de l’intervention au sabotage et à la grève insurrectionnelle, tant pour convaincre qu’en découdre.
La question du pouvoir et de l’institution. La domination ne s’évapore pas. Il est donc impossible de penser en finir avec tout ce qui nous opprime sans institutions libres ni structures qui permettent aux gens de vivre ensemble sans se dominer. L’acte de détruire les catégories existantes du pouvoir ne comble pas le vide en lui-même, comme pouvait le laisser supposer l’optimisme de Bakounine, pour qui la destruction est un acte constructif en soi un peu de manière magique. Surtout qu’aujourd’hui, on peut en finir avec les technocrates, il y aura toujours à faire avec leurs désastres, au premier rang desquels les déchets nucléaires et la radioactivité. Sans s’avancer sur des questions qui pourraient être spécifiques (que faire avec les pollutions dont on hérite ?), cet état de fait renforce la nécessité de s’organiser pour se défaire de la domination. Par conséquent, il faut bien envisager et construire les institutions libres qui seront les lieux politiques, c’est-à-dire de prises de décisions collectives, tant du moment révolutionnaire que de l’après. Auto-institution, c’est-à-dire l’anarchie : un monde sans ancrage absolu auquel raccrocher les valeurs et les vérités, mais dans lequel c’est la société qui se dote explicitement de ses croyances et principes, toujours fragiles, toujours discutables. Ce n’est pas pour cela qu’il n’y a pas de rites, de symboles, de rapports sociaux qui ont tendance à s’autonomiser et s’échapper à la conscience. Le tout est de briser le fétichisme et d’être conscient que les relations et les objets apparemment figés sont en réalité des éléments d’une construction sociale en cours qui ne peut que nous échapper en partie. Le tout est d’en faire un savoir qui n’en supprime pas la véritable magie : la question de la domination ne se rationalise pas – ce qui revient en fait à la refouler et la faire ressurgir – mais elle se contrôle et s’expie. Le rite fonctionne mieux que le rationalisme pour éliminer la domination, ce qui ne veut pas dire que les personnes croient réellement aux symboles. L’important, c’est que ça marche et que la société soit équilibrée et sans rapports stables de domination. La révolution aura quelque chance de subvertir le monde désincarné d’aujourd’hui si nous sommes capables d’inventer d’autres formes sociales et culturelles qui nous permettent non pas la maîtrise mais la lucidité.
Le drapeau de la révolution, c’est l’autogouvernement, et donc l’absence de chefs et de dirigeants qui guident les autres. Sur une base essentiellement territoriale, sectorielle, affinitaire ? Sortir du productivisme et du carcan capitaliste du travail passe par ne pas reproduire un fédéralisme basé sur les catégories productives, surtout que cela alimente l’illusion qu’il suffirait de tenir les moyens de production pour mener une révolution, comme si le pouvoir n’était pas aussi militaire, politique, symbolique et dans nos têtes. Une base territoriale, avec la ségrégation spatiale qu’on connaît et dont on ne peut qu’hériter au début, laisserait s’organiser entre eux des bourgeois et réactionnaires. Sans oublier que certains espaces sont durablement contaminés pour très longtemps. Une base affinitaire laisserait la part belle aux guerres de chapelle. Que les révolutionnaires les plus avancés s’assument et s’organisent pour éviter que la révolution se fixe et finalement échoue sera essentielle, à la condition d’avoir en tête les dérives avant-gardistes et l’intention de partager et convaincre. Renouer avec le fédéralisme, avec pour principe la liberté individuelle dans la responsabilité collective. Eviter la résurgence d’un Etat qui ne dirait pas son nom implique de mettre au premier plan l’auto-organisation des opprimés, et permettre que se créent autant d’espaces collectifs d’organisation que ne le souhaitent les protagonistes, espaces pouvant être en conflit avec d’autres. C’est pourquoi il faudra tout autant mettre l’accent sur les convergences, sur la fédération. Et trouver des solutions contre les groupes qui en profiteront pour satisfaire leurs propres intérêts, qui tomberont dans des dérives autoritaires, qui alimenteront des logiques haineuses…
La question de la généralisation du conflit. Sans attendre une potentielle situation favorable qui, si on ne la provoque pas, ne vient jamais, en découdre avec le vieux monde demande de s’organiser et de la lucidité. Chaque lutte ne peut pas être envisagée comme séparée, comme un combat spécifique, mais bien comme une pierre de l’édifice révolutionnaire. Il n’y a pas de conflit central, à même de créer une situation révolutionnaire, ou plutôt il y en a plusieurs. Bon courage à celles et ceux qui voudraient mesurer quelle domination est la plus centrale entre l’exploitation, le racisme, le patriarcat, les ravages industriels etc.
La question de la généralisation du conflit, c’est aussi celle du mode d’organisation et des bases d’une communauté de lutte. Tendre dès le départ vers une direction réellement révolutionnaire (en finir avec le salariat, la propriété privée, les lieux séparés de la société où se prennent des décisions etc.) est la condition d’une subversion du monde tel qu’il est et d’éviter de ne changer que les chefs. En même temps, ce ne seront pas les militants doctrinaires qui feront la révolution, et des directions très diverses et tout à fait opposées seront en présence.
Renforcer son autonomie, qu’elle soit de subsistance, politique, culturelle, est le seul moyen de ne pas se faire absorber par le système et la réaction. Cette autonomie se pose aussi par rapport au rythme de la révolte : pas toujours être dans l’urgence activiste et défensive. Pour autant, une lutte est justement le moment où tout peut se discuter, les rencontres se font, les expériences mutuelles sont les plus solides, bien au-delà des milieux militants et autres révolutionnaires professionnels. Ces derniers seront même probablement à la traîne d’un soulèvement révolutionnaire. C’est donc aussi la question de la composition qui se pose, et surtout de la manière dont les positions des uns, des unes et des autres peuvent se construire, s’exprimer, s’opposer. C’est peut-être le point le plus central et le plus difficile. On n’a pas encore trouvé mieux que les assemblées populaires, les conseils de travailleurs ou de bon gouvernement, les arouch, ou peu importe comment on nomme les formes d’autogouvernement.
La question du processus révolutionnaire. Les expériences révolutionnaires passées montrent que toute phase de transition vient en réalité fixer et stopper la révolution avant qu’elle ne devienne irréversible. Les plus opportunistes en profitent alors pour instituer un gouvernement provisoire sans lien avec le soulèvement, leur garantissant le maintien de leurs privilèges. En revanche, une révolution ne se réalise pas spontanément, en quelques jours ou quelques semaines. Les rapports de domination ont la fâcheuse tendance à persister, et en finir avec les capitalistes ne suffit pas à en finir avec le capitalisme, avec les autoritaires en finir avec l’autoritarisme etc., même si c’est un début nécessaire. Le carcan du système n’est pas seulement extérieur, c’est aussi des rapports, habitudes et imaginaires qui nous tiennent. Pas de transformation extérieure sans transformation intérieure dans le même mouvement. De toute façon, ce n’est pas parce qu’une révolution est faite qu’il n’y en a plus à faire. Il y a, et aura, toujours des situations de domination à combattre. Ce sera probablement bien plus facile, et ces situations ne se fixeront pas en division permanente de genres, de classes et de statuts.
Par ailleurs, une révolution, avant de se réaliser, fait toujours face à des forces contre-révolutionnaires. Comment continuer la révolution tout en organisant de façon conséquente la défense ? Comment ne pas instituer une hiérarchie paramilitaire ? Parmi les revendications des Enragé-es de la révolution française, parmi lesquels Pauline Léon, il y avait celui du droit de s’armer, y compris et surtout pour les femmes. Si l’Etat se définit d’abord par le monopole de la violence, c’est une revendication justifiée. A la condition de ne pas créer le far west, ce qui pose la question du contrôle collectif de l’usage des armes… En tous cas, pas de révolution sans envisager sérieusement les problèmes d’ordre politico-militaire qu’une telle initiative fera surgir, surtout dans un contexte jamais égalé d’un surarmement des appareils étatiques.
La meilleure défense, c’est l’attaque. La révolution doit sans cesse avancer, et l’expérience montre que ce n’est surtout pas la question de la défense contre la réaction qui doit servir de prétexte au ralentissement du processus révolutionnaire. Il est trop tard pour gagner militairement quand les gens ont appris à vivre autrement, il est trop tard pour gouverner quand la plupart des personnes vivent ici et maintenant comme s’ils étaient déjà pleinement libres.

Non pour demain, c’est pour aujourd’hui qu’il faut lutter pour une révolution, parce que c’est la condition de vivre un peu plus libre et plus joyeusement.
Et parce que la résignation et le pessimisme nous emmerdent.
Piou-Piou