Le site du magazine Foreign Policy livre un reportage édifiant, centré notamment sur la commandante Roshna Akeed. Cette dernière explique, depuis la ligne de front, comment les forces kurdes auxquelles elle émarge combattent les soldats d’al-Qaïda à Ras Al-Ayn (nord-est de la Syrie). Les journalistes de Foreign Policy y révèlent que 40% de ces combattants kurdes sont en fait des combattantes. Et celles-ci commandent parfois des unités composées d’hommes. Et mènent une « guerre civile dans la guerre civile ».
« Comme si la Syrie n’avait pas assez de sa guerre civile, des combats ont récemment éclaté dans le nord-est du pays entre forces kurdes et islamistes radicaux – qui sont tous deux des ennemis du régime al-Assad. (…). Le résultat est une guerre civile à l’intérieur de la guerre civile« , expliquent Harald Doornbos et Jenan Moussa de Foreign Policy.
« Ces djihadistes que nous combattons viennent de Belgique, des Pays-Bas…«
“Les combattants d’al-Qaïda deviennent dingues quand ils apprennent que nous, leurs ennemis, sommes des femmes combattantes”, explique encore la commandante Roshna Akeed.
L’on y apprend notamment que pour ces combattants kurdes, les Etats-Unis sont clairement du côté des djihadistes. « Nous menons la guerre américaine contre le terrorisme ici même, sur le terrain« , explique Dijwar Osman. « Nos ennemis sont ces combattants d’al-Qaïda qui veulent détruire nos 4000 ans de culture kurde. Ces djihadistes viennent de Belgique, des Pays-Bas, du Maroc, de Libye,… Mais malheureusement, les Etats-Unis et la Turquie sont du côté d’al-Qaïda, comme les Etats-Unis étaient du côté des djihadistes en Afghanistan dans les années 90« , déplore-t-il.
« Les djihadistes sont désorganisés, c’est facile de les tuer«
Mais si les guerriers qu’ils affrontent sont plus nombreux, les combattantes kurdes restent confiantes. « Oui, ils ont de la quantité”, reconnaît la commandante Akeed. « Mais ce sont de piètres combattants. Ils sont désorganisés, c’est facile de les tuer« .
Les deux millions de Kurdes de Syrie ont décrété leur auto-détermination suite à la révolution contre le régime d’al-Assad en juin dernier dans la région désormais appelée « Kurdistan occidental ». Cette région a désormais sa propre police, son armée, ses propres noms de villages et de villes en kurde et la langue kurde est désormais enseignée à l’école, ce qui était formellement interdit sous al-Assad.
Pour rappel, les Kurdes sont la plus grande minorité ethnique de Syrie, ils représentent environ 10% de la population.
« Nous les Kurdes, sommes neutres« , explique encore un professeur d’une école locale, armé d’un pistolet. « Nous ne sommes ni avec le régime, ni avec les rebelles. Nous nous exprimons au nom du printemps kurde, pas du printemps arabe« , explique-t-il.
Son frère, qui commande désormais la police locale explique que « les islamistes sont notre plus grand ennemi désormais« . « Le régime d’Assad nous oppressait. Les djihadistes, eux, veulent nous exterminer« .
D’ailleurs, ces combattants kurdes se défendent d’être une menace pour l’unité de la Syrie. « Nous ne voulons pas devenir indépendants. Nous voulons obtenir nos droits et rester en Syrie« .
Julien Vlassenbroek (@julienvlass)
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