déc 232014
 
centrale-nucleaire

Pour une écologie radicale et anti-nucléaire, organisons la lutte collective

Aujourd’hui, la sensibilisation aux problèmes écologiques a fait d’énormes progrès et beaucoup d’hommes et de femmes souhaitent agir pour sauvegarder l’environnement. Pour répondre à leurs attentes, il leur est proposé, en général sur le mode insupportable de la culpabilisation individuelle, de devenir des écocitoyen-ne-s responsables qui trient leurs déchets, limitent leur dépense d’eau et d’énergie, consomment « bio », « commerce équitable » ou autres produits étiquetés « verts », etc.

Bien entendu, nous sommes généralement favorables à de telles pratiques, mais nous ne sommes pas dupes. Ce n’est pas la somme de ces actes individuels dans la vie quotidienne qui résoudra les problèmes qui se posent à la Planète. Ce n’est pas l’individu qu’il faut stigmatiser, mais le système qui règne actuellement sur le Monde qu’il faut dénoncer. C’est le capitalisme qui détruit la Planète, c’est lui qu’il faut détruire. L’enjeu est à ce prix, et il n’y a rien à attendre de l’État et du capitalisme, qui avec son incroyable faculté d’adaptation propose des solutions toutes plus vertes et « durables » les unes que les autres, mais qui ne sont qu’une autre façon de faire des profits en maintenant le système d’exploitation et de domination.

TRIONS NOS DECHETS, LES CAPITALISTES ONT TOUT A Y GAGNER !

Intéressons-nous à l’exemple des déchets : le principe de leur tri et de leur recyclage est une bonne chose. Mais le but premier du recyclage pour le capitalisme ce sont les bénéfices que génère l’économie de matière première (métaux par exemple) ou d’énergie (industrie du verre ou de l’aluminium). Il s’agit aussi de réduire le volume de déchets à enfouir ou à incinérer, mais d’abord parce que cela coûte de plus en plus cher.
La volonté de moins polluer ou de diminuer le pillage de la planète, souvent présente dans les discours, n’est finalement que très secondaire dans les choix des gouvernant-e-s et des industriels. Si l’environnement avait une réelle importance pour eux, il n’y aurait pas de production d’objets inutiles et/ou nuisibles.
Les appareils de la vie courante seraient construits pour durer longtemps et non pour être remplacés le plus souvent possible ; les produits manufacturés seraient facilement recyclables au lieu d’être des mélanges complexes, difficilement séparables ; etc. Avec l’injonction au tri des déchets, c’est l’utilisateur qui se retrouve sommé d’être responsable de la gestion d’un problème qu’il n’a pourtant pas lui-même créé. Et même lorsque le recyclage semble être une « réussite » (verre, papier), la question fondamentale, c’est-à-dire celle de l’utilité réelle de la production, n’est pas posée.

A quoi bon produire du papier recyclé, si c’est pour y imprimer de la publicité, multiplier les emballages, etc ?

L’opposition radicale à l’industrie nucléaire est pour nous fondamentale.

Nous ne reviendrons pas sur les catastrophes de Tchernobyl ou Fukushima qui ont montré de quelles horreurs la filière nucléaire est capable.
Mais nous tenons à faire observer que même lorsqu’il n’y a pas d’accident grave, en fonctionnement normal donc, les installations nucléaires rejettent en permanence, dans l’environnement, des produits radioactifs, en quantités qui ne sont pas du tout « négligeables ».
Les travailleur-se-s de cette industrie sont les premier-e-s touché-e-s par cette radioactivité, et seront en première ligne en cas de pépin.
Les défenseur-se-s les plus acharné-e-s du nucléaire présentent cette énergie comme « propre » au motif qu’elle n’émettrait que peu de dioxyde de carbone. C’est vrai pour le dioxyde de carbone, mais c’est occulter qu’elle produit des quantités énormes de déchets d’une autre nature, des déchets radioactifs ingérables dont la partie la plus dangereuse est radioactive pour des millions d’années (les déchets dits « à vie courte » sont quand même nocifs pendant plusieurs siècles…).
En ce qui concerne le nucléaire dit « militaire », il va sans dire que notre opposition à la bombe, mais aussi à l’armée dans son ensemble, est totale.
Nous luttons donc pour un arrêt immédiat et définitif du nucléaire, civil et militaire !

L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, REFLET DES INTERETS PRIVES

Notre environnement, de même que les autres aspects de notre vie quotidienne, est entièrement façonné au gré des priorités de production décidées par les détenteur-trice-s du pouvoir économique et politique.
L’exemple le plus significatif, est celui des Grands Projets Inutiles (GPI) : de celui de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes à celui du Train à Grande Vitesse Lyon-Turin (TAV), en passant par les projets de barrages comme celui du Testet. Ces GPI nous sont toujours « vendus » de la même manière : ils seraient nécessaires sur un plan économique, créateurs d’emploi, et bien entendu sans conséquences importantes sur l’environnement.
Évidemment la réalité est tout autre. Derrière ce discours se cache une autre réalité : la plupart de ces projets sont des aberrations environnementales, avec la destruction de zones agricoles ou naturelles sensibles. Du point de vue économique, la « nécessité » invoquée ne répond qu’au besoin de profit des entreprises, pas à l’intérêt du plus grand nombre. En outre, ces projets sont en général réalisés en partenariat public-privé, dont la nocivité financière n’est plus à démontrer. Quant aux créations d’emplois, elles sont majoritairement limitées tant en nombre que dans le temps.
Ces exemples ne sont que les plus visibles. En vérité, notre critique s’étend à l’ensemble des projets d’aménagement du territoire, car les mêmes logiques sont à l’œuvre.

POURQUOI REJOINDRE LE CERAN, Collectif pour Une Ecologie Radicale et Anti Nucléaire ?

Ce collectif, initié par des membres d’Alternative Libertaire-Lyon et l’Organisation Communiste Libertaire-Lyon, a pour but de rassembler des individu-e-s désireux-ses de lutter pour une écologie résolument radicale, qui trouve ses fondements dans une analyse politique des problèmes environnementaux et sociaux.

Nous avons conscience que le développement durable, cette escroquerie sémantique, dont on nous rebat les oreilles, ou bien ce que nous appelons le capitalisme « vert », ne sont nullement des solutions, mais des aménagements au profit d’une fraction du Capital destinés à conserver l’essentiel.
Produire « proprement », avec des ressources « renouvelables », ne remet en cause ni la finalité de ce qui est produit, ni la façon de le faire, ni la société hiérarchique et autoritaire dans laquelle nous nous trouvons.
En cela, notre approche est radicale et nous dénonçons l’insuffisance des propositions écologiques institutionnelles, ou des mouvances ancrées dans le réformisme.

La lutte écologique ne peut qu’être menée de front avec les autres luttes sociales.

P.-S.

Contact : ceran(a)gmail.com

Source : Rebellyon.

déc 182014
 
boulons

 


RASSEMBLEMENT à Saint Lô, le 19 décembre 2014, 14h, à la préf !

 

Une troisième

ligne T.H.T.  

Trop c’est

trop !

RTE projette de construire une nouvelle ligne THT enfouie dans la Manche.

Ce projet, dénommé FAB. (France-Aurigny-Grande Bretagne), dont 25 km seront enterrés dans le nord Cotentin, impactera une aire d’étude de 22 communes entre Siouville et Bricquebec

Sous couvert d’un projet hydrolien au large du Raz Blanchard, et de nous faire avaler leur transition énergétique, il s’agit en fait d’une nouvelle autoroute de l’électricité pour interconnecter les différents pays européens.

Cette liaison Cotentin-Angleterre n’est que le symbole de l’envahisseur qui écrase tout sur son passage pour engraisser quelques oligarques et leurs grosses fortunes.

RTE n’a que faire des désirs des habitants et n’a que le soucis de faire passer ses tentacules électriques qui lui génèrent des bénéfices monstres. FAB-uleux, non ? Faramineux oui ! Coût de leur supercherie : 250 millions d’euros !

Il y a à peine 2 ans, une lutte contre la ligne T.H.T. Cotentin Maine faisait rage, en dénonçant l ‘achat des consciences et des problèmes inhérents aux lignes T.H.T., le passage en force de RTE et de l’état, le modèle de société sécuritaire et liberticide que l’on subit chaque jour. Nous avons beaucoup appris durant cette résistance. Nous pouvons faire reculer la gouvernance policière, (de plus en plus menacée à ce jour), attaquer les infrastructures électriques (qui contrôlent et irriguent toutes les strates de l ‘état et de son économie), en déjouant la surveillance des gendarmes, anticiper en enrayant le dispositif de pseudo concertation par le blocage de leurs réunions, nous défendre collectivement face à la répression et leur in-justice.

Depuis et sur ces formes de résistance, des rencontres se sont nouées, des batailles ont été gagnées, des brèches se sont ouvertes, un lieu pérenne permet de se réunir et d’inventer ensemble et autrement des perspectives joyeuses et déterminées,. Nous sommes plus nombreux, plus aguerris et plus déterminés que jamais à vouloir mettre en échec ce nouveau réseau électrique. Car il s’agit de le dénoncer de là où nous vivons, nous sommes solidaires des habitants directement concernés par le projet de ligne. Il est nécessaire de montrer qu’il y a une population qui ne s’est jamais résignée, subissant déjà le passage de 2 lignes T.H.T. aériennes.

Mettre en échec dès maintenant leur processus de concertation, qui est à nouveau un leurre car tout a déjà été réglé dans les couloirs des ministères, permettra de tisser la toile de la contestation et de mettre des bâtons dans les roues de RTE alors même qu’elles ne tournent pas encore .En créant des liens avec les communes impactées, nous imposerons, en rendant la lutte populaire et large, un rapport de force.

Seule la lutte paie, nous sommes déterminés à leur dire : non c’est non.

Plus que jamais : RTE fout le camp !

une population sous tensions et leurs complices

Source : Assemblée anti-THT.

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Réunion publique contre le nouveau projet de THT en Cotentin

P

JEUDI 11 DÉCEMBRE 2014, 20h à la Grange de Montabot (50)

Réunion publique pour discuter de la nouvelle ligne THT et envisager une mobilisation pour le 19 décembre 2014 autour d’un diner auberge espagnol (chacun.e amène de quoi manger à partager).

VENDREDI 19 DÉCEMBRE 2014 à Saint Lô (50)

* Réunion pas publique de présentation et de concertation du projet à 14H30 par RTE.
* Proposition de mobilisation contre ce projet à 14h à discuter ce jeudi 11.

RTE projette donc de construire une nouvelle ligne THT dans le Cotentin sous couvert CarteLigne320000Vd’un projet hydrolien au large du Raz Blanchard. Mais il s’agit bien d’une nouvelle autoroute de l’électricité pour interconnecter les différents pays européens, avec une liaison Cotentin-Angleterre en 320 000 V avec une capacité de 1,4 GW (production d’un EPR environ) dénommée FAB. FABuleux, non ?

Selon RTE, [l]a nouvelle interconnexion FAB permet d’accompagner la transition énergétique des deux pays en garantissant le raccordement des énergies renouvelables existantes et en projet de part et d’autre de la Manche.

Pour EDF, dont RTE est la filiale, il est question d’un EPR qui n’en finit pas de se construire à un bout de la ligne et de deux autres qui en sont au terrassement de l’autre côté de la ligne et donc de la Manche. À chacun sa vision du renouvelable…

Comme toujours et comme pour la ligne Cotentin Maine, RTE se targue de concertation. Le projet est bouclé, tout juste si le calendrier des travaux n’est pas décidé. Il est donc temps pour discuter au sens de RTE, c’est à dire présenter ce qu’ils feront que les populations soient d’accord ou non, tout en prenant soin de recueillir les avis de celle-ci, ainsi va leur démocratie.

Nous proposons d’en discuter autrement, autour d’un repas auberge espagnole, pour envisager et discuter notamment de ce que nous pourrions faire le 19 décembre 2014 à AireEtudeLigne320000VSaint Lô, mais aussi tout au long du premier trimestre 2015 où RTE se propose de présenter son projet et les travaux envisagés de manière publique cette fois dans l’aire d’étude que RTE se propose de valider ce 19 décembre, laquelle concerne 22 communes.

Histoire de bien s’informer, il est préférable de s’imprégner de la littérature de RTE sur le sujet.

La Grange de Montabot se trouve à la Bossardière sur la commune de Montabot, face au Chefresne.

Pour la rejoindre, c’est à gauche sur la route Percy-Montabot 1 km après le gros pylône, et donc à droite 1km avant le pylône si on arrive de Tessy en direction de Percy. Du marquage au sol indique l’intersection.

À jeudi.

pylones [@] riseup.net

Source : Assemblée anti-THT.

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Pourquoi ce rassemblement contre les nouvelles lignes THT Menuel- EXETER, à lʼappel du CRILAN et dʼautres antinucléaires?
Rappelons dʼabord que le CRILAN a été invité, en ce début décembre, à une réunion dite de concertation,  prévue le vendredi 19 décembre,à 14H30,  par la Préfecture de la Manche à propos dʼune présentation par RTE “dʼun début de concertation du projet FAB,dʼinterconnexion électrique sous marine et souterraine entre la France et la G.B via Aurigny.” Y sont également conviés, sur invitation, divers institutionnels, (services de lʼEtat,élus et industriels) ainsi que quelques autres associations agréées .  » Dès réception et après étude du dossier de présentation( http,://www.rte-france.com/sites/ default/files/2014_11_18_dossier-presentation_fab_v2.4.pdf), nous avons jugé utile dʼ informer les membres du collectif antinucléaire et après divers échanges, avons appelé à un rassemblement devant la Préfecture, ce 19 décembre, à partir de 14 heures.
Cette concertation nʼest quʼune mauvaise caricature de démocratie !
1° RTE fait état dʼun fuseau de moindre impact  partant de Menuel  et qui va de Sciotot au sud, jusquʼà Siouville au nord dans sa plaquette de présentation.

2° Mais en fait, un dépliant RTE, invitant le public à des réunions de concertation déjà prévues entre le 10 janvier et le 10 février 2015 , déjà dans les cartons, montre un fuseau subitement amenuisé de Menuel vers la plage du  Platé ( Tréauville),à quelques encablures au nord du port de Diélette, certainement lʼ heureuse élue, pour hériter  dʼun raccordement entre les câbles souterrains et sous marins.“qui pourrait être réalisé sous un parking”. http://www.rte-france.com/sites/default/files/2014_12_08_rte_fab_depliant-v3.pdf

3° Ce que les antinucléaires et antiTHT dénonçaient déjà lors du débat public à propos de la ligne Cotentin-Maine : “on décide dʼabord, on discute après” se reproduit donc, en pire… Quels que soient les projets, pour nous, la démocratie reste un combat de tous les jours…
De lʼimportance de lire complètement ( et même entre les lignes) les dossiers officiels :

1° Le dossier de présentation  du projet et de son aire dʼétude joint à la lettre dʼinvitation de la Préfecture ne pose pas les questions de fond quant à sa véritable fonction
2°Le projet sʼinscrit clairement dans lʼinterconnexion européenne ( validation par lʼU.E le 14/10/2013), prévue pour le grand marché, plus que pour la sécurité de lʼapprovisionnement.

3°Il a déjà été accepté par le Ministère de lʼécologie et de lʼénergie ( 15/07/2014) sans débat.

4°Dans le dossier, fourni par la Préfecture, on reconnaît que Menuel a été choisi parce que “ cʼest un point dʼentrée vers la Bretagne” qui subit durement le manque dʼélectricité aux pointes de la soirée,surtout autour de 19 heures, notamment en hiver.

5°En clair,  on comprend que lʼobjectif principal est bien de remédier à lʼincohérence du quasi tout nucléaire joint au quasi tout électrique . – EDF produit trop dʼélectricité en base fourni par le nucléaire ( environ 12%) – Pas assez pour la pointe fournie par les renouvelables plus modulables mais peu développées ( à lʼexception des barrages que lʼon veut araser sur la Sélune) et le thermique classique que lʼon tend à éliminer en France. – La mise en marche de lʼEPR, à partir de 2017/2018 dʼun côté, et de lʼautre, le développement des besoins en pointe envisagé ( voiture électrique,électronique…) accentuent lʼincohérence française. – Le projet est prévu en double pour exporter la surproduction en base, nucléaire, et importer lʼélectricité de pointe, fournie par le thermique classique anglais, producteur de gaz à effet de serre. – British Energy, filiale dʼEDF en Grande Bretagne est le commanditaire qui envisage une autre ligne entre les îles britanniques et la Bretagne.( Projet FR-IR)

Quʼon nʼappelle pas cela transition énergétique nécessitée par lʼapprovisionnement de lʼélectricité hydrolienne !

1°Les hydroliennes en Raz Blanchard nʼen sont quʼau stade du choix de la technologie et des grands opérateurs( DCNS, ALSTOM…) Rien ne prouve quʼelles seront opérationnelles et ce, massivement en 2022. .http://www.rte-france.com/sites/default/files/etude-hydrolien-2013.pdf

2° Leur production reste aujourdʼhui hypothétique en 2022 et la référence à celle-ci nʼest quʼun artifice pour faire avaler la potion amère.

3° Lʼobjectif est bien la continuation des incohérences actuelles en France et de fournir de lʼélectricité à la Grande Bretagne, tout en nous laissant la plus grande partie des risques ( accidents, attentats, gestion des déchets).

4°Le CRILAN rappelle quʼil est favorable aux énergies renouvelables mais pas comme moyen centralisé et autoritaire pour corriger quelque peu les incohérences de lʼétat nucléaire français et dʼEDF.

Nous avons besoin dʼune autre politique énergétique et non de lʼaménagement et de  la normalisation de cette dernière.

Pour le CRILAN,

Didier Anger.

Source : CRILAN

 

 

Sur la ZAD de Chambaran.

 Posted by on 4 décembre 2014 at 6 h 15 min  Actualité nationale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés
déc 042014
 
Chamberran

[ZAD partout] La forêt de Chambaran est à tou-te-s

Communiqué de presse

Dimanche 30 novembre, nous nous sommes retrouvé-e-s à plus d’un millier de personnes à Roybon (Isère) pour nous opposer au projet de Center Parcs et nous réapproprier la forêt des Chambaran, volée par Pierre & Vacances (30 ct / m2). En traversant le site du chantier, nous avons montré que cette forêt est à tou-te-s, et nous avons constaté qu’elle est aujourd’hui détruite à toute vitesse pour un projet qui, en plus d’être inutile, se réalise sur argent public dans un déni démocratique ahurissant (cf. résultats de l’enquête publique).

http://i1.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2014/12/08.jpg?resize=601%2C338

Notre promenade s’est achevée à la maison forestière de « la Marquise », propriété abandonnée de l’ONF, que nous occupons massivement à partir d’aujourd’hui et jusqu’à l’abandon définitif du projet de Center Parcs.

Cette maison nous servira de base arrière pour organiser notre lutte pour une forêt sans Center Parcs. Cette lutte est la sœur d’autres mobilisations et l’occasion de montrer que d’autres mondes sont possibles et existent déjà.

Nous appelons toutes celles et ceux qui le souhaitent à nous rejoindre : pour une nuit ou pour la vie, une lutte sur place ou à emporter, chacun selon ses moyens.

Ce n’est que le début.

ZAD partout !

Pierre, les vacances sont finies !

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vidéo sur la lutte là bas (Naissance de la ZAD de Roybon) :

http://www.youtube.com/watch?v=1rrhFtEpcE4&feature=youtu.be

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COMMUNIQUÉ
Chambarans : blocage des travaux

Ce lundi 1er décembre 2014 au matin, les travaux de déforestation des Chambarans n’ont pas repris.

Dès l’aube, des opposantEs au projet de CenterParc de Roybon sont montéEs sur les machines de chantier tandis que d’autres entraient en dialogue avec les ouvriers et les services de sécurité. Au mépris de toute notion de sécurité, un des ouvriers a mis en danger la vie de deux opposantEs en démarrant et agitant son énorme engin mortifère (voir photo). S’en est suivie plus d’une heure de discussion, ponctuée par les réactions toujours violentes du conducteur cité plus haut.

http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2014/12/13.png?resize=600%2C400

7h40, un des opposants sur une machine, l’ouvrier inconscient cherche à faire descendre les opposants en appuyant frénétiquement sur les boutons.

http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2014/12/14.png?resize=600%2C400

Les copains restés « au sol » tentent de s’interposer eux aussi.

Les opposantEs au projet ont ensuite escorté les 2 engins de déboisement jusqu’à l’orée de la forêt. Les autres ouvriers n’ont tout simplement pas démarré leur machines. Autour de 10h30, deux ouvriers ont repris les travaux, protégés par les gendarmes, mais toujours gênés puis bloqués à nouveau par d’autres opposantEs venuEs en renfort.

Après l’occupation réussie de la MaquiZad, anciennement Maison forestière de la Marquise, ce blocage des travaux, quoique provisoire, est un pas de plus vers l’arrêt DÉFINITIF du projet. Nous appelons à venir organiser et célébrer les victoires suivantes avec nous.

Pierre, les vacances sont finies.

Des opposantEs au projet – 1er décembre 2014

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Nouvelles de la maison et du chantier au 2 décembre
Communiqué du lundi 2 décembre

Ce matin à 10 heures un huissier est venu à la Maquizad, accompagné des gendarmes, pour constater l’occupation de la maison forestière de la Marquise, à la demande de l’ONF. L’huissier nous a demandé de quitter les lieux, ce que nous avons refusé, au nom du droit au logement.

http://i2.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2014/12/052.jpg?resize=600%2C408

Depuis lundi 1er décembre, le chantier est bloqué. Ce matin, la base de vie du chantier en algeco était démontée et les dernières machines présentes sur place quittaient le chantier. On reste vigilantEs sur le chantier et à la maison. Affaire à suivre, on lâche rien !

Nous appelons tou-te-s celles et ceux qui le souhaitent à nous rejoindre à la Maquizad, ou à nous soutenir matériellement (la liste des besoins).

Pour nous joindre : infos ZAD 06 56 84 36 13.

Pierre, les vacances sont finies !

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Pierre est le loup
Communiqué du 3 décembre

Comme tous les jours, au petit matin, une vingtaine d’occupantEs de la Marquise sont partiEs se promener dans les bois. Mais le loup y était ! Ils sont tombés sur de nouvelles équipes de sécurité privées [en remplacement des anciennes équipes de vigiles avec qui les échanges étaient cordiaux], vêtus et cagoulés de noir avec une attitude et des propos menaçants. Après une première partie de matinée à grogner et montrer des dents, le loup a fini par mordre : alors que les visiteurs souhaitaient s’approcher des ouvriers travaillant à la tronçonneuse pour leur parler, les agents de sécurité ont sorti matraques et bombes lacrymogènes sans sommation. Trois personnes ont été blessées : arcade sourcilière ouverte, côtes endommagées…

Nous recevons de la part des habitants de la région un grand soutien moral et matériel : de nombreux vivres ainsi que des matériaux divers et variés nous ont été apportés pour l’aménagement de la maison et les besoins quotidiens. Des sympathisantEs arrivent de toute la France, et même de l’étranger.

Malgré l’élan massif de solidarité que nous rencontrons, nous avons aussi pu observer des signes d’opposition à notre action, parfois très violents. Mardi dans la soirée, un automobiliste s’est arrêté un court instant à proximité de la maison forestière et a redémarré brusquement alors que des camarades venaient à sa rencontre. L’une d’entre eux s’est fait rouler sur le pied et a terminé à l’hôpital.

Pierre ne t’en fais pas, tant que le loup sera au bois, le chaperon rouge s’y promènera.

Pour nous joindre : infos ZAD 06 56 84 36 13

Source : Jura Libertaire.

nov 282014
 
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Tribune pour une organisation entre les ZAD et contre les violences policières

par le groupe MARCUSE

Le groupe MARCUSE (Mouvement Autonome de Réflexion Critique à l’Usage des Survivants de l’Économie) est un collectif d’auteurs critiques apparu au début des années 2000. En 2004, ils publiaient De la misère en milieu publicitaire, toujours disponible aux éditions de La Découverte, et en 2012 La liberté dans le coma aux éditions de La Lenteur. À Sivens, ils ont pu suivre et prendre part à la contestation envers le conseil général et le projet de barrage inutile qui a causé la mort de Rémi Fraisse. Dans un contexte de manifestations contre les crimes policiers qui réunissent lycéen-ne-s, écologistes et habitant-e-s de cités, voici leur analyse, mise en affiche et en tract.

Télécharger le texte en format tract

Un jeune homme de 21 ans est mort dans la nuit du 25 au 26 octobre à Sivens. Personne ne conteste plus désormais que c’est une grenade offensive – une arme de guerre – lancée par un gendarme mobile qui l’a atteint et tué sur le coup.

Moins de 48 heures plus tard, la presse et l’élite politique du pays divulguaient les résultats d’un rapport d’experts, qu’elles connaissaient depuis plusieurs jours et qui éreintait le projet de barrage sur le ruisseau du Testet : trop grand, trop ravageur écologiquement et, au fond, d’une utilité contestable. Bref, il n’aurait pas fallu commencer les travaux. Dommage pour les nombreuses personnes blessées au mois de septembre, par flashball notamment, parce qu’elles tentaient de faire barrage de leur corps à la destruction de la forêt. Dommage pour Rémi Fraisse.

Ils avaient raison de contester ce projet, mais ils avaient raison trop tôt, car il était inconcevable pour messieurs Carcenac (président du conseil général du Tarn, commanditaire du projet) et Gentilhomme (le préfet) de suspendre les travaux en attendant la publication de ce rapport. Nous vivons dans un monde où le plus souvent, il ne sert à rien d’avoir raison.

Doublement dommage pour Rémi F., sa famille et ses amis qui le pleurent : non seulement il a laissé sa vie à un endroit où nombre de décideurs admettent aujourd’hui qu’il n’y avait pas lieu de déforester. Mais en plus, il a été abattu par des gendarmes qui n’avaient aucune raison d’être là… si ce n’est susciter des heurts avec les franges de manifestants qui ont pour coutume d’en découdre avec la police.

Rappelons qu’il n’y avait rien, ni machine ni matériel de chantier à défendre pendant le rassemblement d’opposants du 25 octobre. L’objectif était simplement que les télévisions aient leur lot d’images de guérilla à diffuser les jours suivants, pour au moins reconquérir une opinion locale que la violence employée par les autorités pour avancer les travaux avait émue. Messieurs Carcenac et Gentilhomme savaient qu’à l’issue de ce weekend de manifestation, plus aucun argument ne resterait en faveur de leur barrage, que Ségolène Royal allait les lâcher, etc. Il fallait donc d’urgence en fabriquer un nouveau : les contestataires sont des « violents », des « casseurs ».

L’opération médiatico-policière à laquelle on assiste depuis lors, à l’échelle nationale cette fois, est du même ordre : il s’agit de discréditer la multitude d’oppositions apparues en France ces dernières années contre des projets d’infrastructure telles que des autoroutes, des lignes TGV, des aéroports, ou encore un stade, une ferme-usine… Le message de Manuel Valls, de ses commissaires et de ses communicants est clair : ceux qui s’opposent à ces projets de manière résolue et conséquente (non, c’est non) sont des casseurs, des Bonnot ou des Ravachol qui sèmeront la violence et la désolation partout où on les laissera s’enkyster.

Pratique : cela permet de ne pas avoir à discuter et justifier la violence et les dévastations que nécessitent chaque jour, aux quatre coins de la terre, le fonctionnement de centrales nucléaires, la fabrication de téléphones portables ou la pulvérisation de pesticides – ici des mines d’uranium et de coltan où les conditions de travail sont infernales, là des guerres civiles et des paysans chassés de leur terre, partout des eaux souillées et des cancers à tire-larigot. Plutôt parler d’une vitrine cassée à Albi que du bouleversant paysage de forêt décimée à Sivens, ou des conséquences humaines et sanitaires du productivisme agricole. Plutôt jeter de nouveaux téléspectateurs dans les bras de Marine Le Pen en brandissant le spectre de l’anarchie, que laisser entrevoir à la population des manières de lutter qui permettent de sortir de l’impuissance et du désespoir politiques.

Au lendemain de la mort de Rémi F., Thierry Carcenac a eu cette phrase stupéfiante : « Mourir pour des idées, c’est une chose mais c’est quand même relativement stupide et bête. » À cette fripouille, nous rétorquons : « Tuer pour ses intérêts et pour la croissance, c’est abject, même si c’est relativement banal, à l’échelle de la planète. »

Car s’il faut voir dans cette mort la conséquence d’une idée, c’est de celle qui anime obsessionnellement tous les gestionnaires du monde, du cadre de PME aux chefs d’État en passant par le moindre élu local : la croissance à tout prix ; l’emploi même s’il est inutile ou nuisible ; le développement infini, pour rester ou devenir plus attractif que le voisin et consolider leur pouvoir.

Le même jour, Carcenac a aussi poussé ce cri du cœur : « Si tous les chantiers qui déplaisent doivent être protégés ainsi, où va–t-on ? ». Effectivement, où va-t-on si les gens se mêlent de leurs affaires et que les représentants ne peuvent plus s’en occuper à leur place, en s’en mettant plein les poches avec leurs petits copains entrepreneurs ? C’est la crainte qui se répand ces jours-ci dans l’oligarchie française : qu’il ne soit plus possible d’engager des travaux d’infrastructure industrielle dans le pays sans que surgissent des opposants informés, déterminés et librement organisés. Qu’il ne soit plus possible de faire tourner la machine à cash sans que de simples citoyens posent bruyamment les questions qui fâchent : ce projet, pour quoi faire ? au profit de qui ? et avec quelles retombées sur notre milieu de vie ?

C’est pour cela qu’il est si important, pour l’État, qu’un mouvement de jeunesse n’émerge pas, qui mettrait en question à la fois les moyens (policiers) et les finalités (capitalistes) de son action. Où irait-on si lycéens et étudiants réclamaient le désarmement de la police, en dénonçant de concert les crimes racistes commis ordinairement dans les banlieues et la répression sauvage des manifestations anti-capitalistes ? Où irait-on si les différentes Zones à Défendre contre les projets industriels et commerciaux scélérats continuent de se relier, de se coordonner, de se fédérer, en paroles et en actes ? Difficile pour sûr de savoir où cela nous mènera, mais s’engager sur ce chemin est la plus belle chose qui puisse nous arriver.

À quelques encablures de Sivens, mi-novembre 2014,

Groupe MARCUSE
(Mouvement Autonome de Réflexion Critique
à l’Usage des Survivants de l’Économie)

nov 032014
 
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Petite revue de presse autour du survol de centrales nucléaires depuis quelques semaines par des drones non identifiés. Pour le momen t les autorités n’arrivent pas à identifier l’origine de cette action.

A noter que si les incursions dans les centrales nucléaires par Greenpeace démontrait la faillibilité des systèmes de sécurité des centrales, elle permettait dans le même temps aux nucléaristes de renforcer leurs dispositifs de contrôle. Ce renforcement dans les faits c’était surtout l’interdiction faite aux groupes écologistes de s’approcher des sites et des transports de  matière radioactive et même de communiquer horaires et trajets. Bref, dénoncer les failles du système a engendré un renforcement de ce dernier. C’est bien sans doute là la limite de cette action si elle est portée par des antinucléaire.

Mais à la différence de Greenpeace, cette menace est cette fois plus diffuse, et laisse planer ainsi une hostilité plus forte au délire atomique.  Et surtout pour le moment elle ne vise pas la promotion d’un groupe particulier.

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Les mystérieux drones qui ont survolé sept centrales nucléaires en France

La centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle. | AFP/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Sept sites nucléaires d’Électricité de France (EDF) ont été survolés par des drones, de nuit ou très tôt le matin. Le premier a été la centrale de Creys-Malville (Isère) en cours de déconstruction, le 5 octobre.

Les six autres ont été « visités » dans la semaine du 13 au 20 octobre, certains à plusieurs reprises : Blayais (Gironde) le 13, Nogent-sur-Seine (Aube) le 13 et le 19, Cattenom (Moselle) le 14, Chooz (Ardennes) et Gravelines (Nord) le 19, Le Bugey (Ain) le 19 et le 20.
Sur la seule journée du dimanche 19 octobre, ce sont donc quatre installations très éloignées les unes des autres – Le Bugey, Chooz, Gravelines et Nogent-sur-Seine – qui ont été ciblées. En revanche, EDF dément l’information de Greenpeace selon laquelle les centrales de Fessenheim (Haut-Rhin) et du Tricastin (Drôme et Vaucluse) auraient été elles aussi survolées.

Les centrales atomiques ne sont pas les seules à avoir été visées. Selon l’organisation écologiste, c’est aussi le cas du site de Saclay (Essonne) du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Ce dernier ne le confirme pas pour cet établissement précis – l’un de ses plus gros centres de recherche, où travaillent quelque 5 000 personnes –, mais indique que «  plusieurs de ses sites ont été survolés ces dernières semaines par des drones », sans en donner la localisation « en raison des enquêtes en cours  ».

Chez Areva, on assure, sans plus de précision, qu’«  il n’y a pas eu de survol significatif des installations », et qu’« il n’y a pas eu de menace sur [leur] sûreté ». Ce qui laisse entendre que des intrusions furtives se sont produites, mais d’engins de petites dimensions. Le groupe n’a pas déposé de plainte, au contraire d’EDF et du CEA.

Des drones de plusieurs tailles

Elément qui rend ces incursions aériennes encore plus intrigantes, sinon plus inquiétantes, les aéronefs sans pilote étaient de plusieurs types et de différentes tailles : certains de quelques dizaines de centimètres d’envergure seulement, d’autres d’un diamètre allant jusqu’à 2 mètres. Et donc, potentiellement, capables de transporter un projectile ou une charge explosive. « Les installations nucléaires sont conçues pour résister à de nombreux scénarios de catastrophes naturelles (séisme, tempête, inondation), d’accidents (incendie) ou d’actes de terrorisme ou de malveillance (sabotages, commandos) », précise à cet égard EDF.

Cette conception les place parmi les constructions les plus résistantes qui soient, notamment en comparaison d’autres installations industrielles à risques ou de lieux recevant du public, y compris vis-à-vis d’une éventuelle chute intentionnelle d’avion de ligne. Les intrus ont été détectés par les propres équipes de surveillance des centrales, explique EDF, qui ne souhaite pas préciser les moyens de repérage dont dispose chaque installation nucléaire, ni ceux dont sont équipés les pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) : un corps de 800 gendarmes répartis à raison de trente à cinquante par site et opérationnels vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Depuis, « la vigilance a été renforcée », sans précision, là non plus, sur la nature des dispositions qui ont été prises.

Bernard Cazeneuve promet des « mesures antidrones »

Electricité de France, comme beaucoup d’industriels, a elle-même recours à des drones pour inspecter des installations difficiles d’accès, comme les réseaux de lignes électriques en Corse. Mais jamais pour surveiller ses propres centrales nucléaires. L’association Greenpeace, qui « nie toute implication », a demandé une enquête sur ces « survols suspects ».

Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a rappelé, jeudi 30 octobre sur France Info, que des « dispositifs de neutralisation des drones » existaient et qu’une « enquête judiciaire [était] en cours ». Il ne s’est cependant pas attardé sur ces modalités de neutralisation.

Source : Le Monde.

 

À CHAUD

Cinq centrales nucléaires ont été survolées vendredi soir, entre 19 heures et minuit, par des drones, a-t-on appris auprès de deux sources proches du dossier.

Les centrales de Penly (Seine-Maritime), Flamanville (Manche), Saint-Laurent-des-eaux (Loir-et-Cher), Dampierre-en-Burly (http://www.sous-la-cendre.info/spacer.gif) et Fessenheim (http://www.sous-la-cendre.info/spacer.gif) ont chacune été survolées dans la soirée, ont précisé ces sources à l’AFP. Sollicités par l’AFP, le ministère de l’Intérieur et la gendarmerie nationale n’ont pas souhaité faire de commentaires dans l’immédiat.

EDF, également interrogé, n’a pas souhaité confirmer cette information. Jeudi soir déjà, Penly ainsi qu’une autre centrale en Tarn-et-Garonne avaient été survolées vers 21 heures par des drones qui n’avaient pas été neutralisés, «car ils ne représentaient pas de menace directe» pour la sécurité des installations, avait assuré un porte-parole de la gendarmerie.

EDP porte plainte

EDF avait affirmé dans la semaine prévoir de porter plainte pour chacun de ces survols. Sept centrales nucléaires françaises avaient déjà été survolées par des drones au cours du mois d’octobre, des incidents «sans conséquences» selon EDF, mais qui ont soulevé à nouveau la question de la sécurité des sites liés à l’atome.

Le ministère de l’Intérieur a estimé jeudi que ces survols, «tous détectés», ne représentaient «aucun danger pour la sécurité des installations survolées, qui sont censées résister à des secousses sismiques de forte magnitude ou à des crashs d’avions de ligne».

Le survol des centrales nucléaires est interdit dans un périmètre de cinq kilomètres et de 1 000 mètres d’altitude autour des sites. Il est passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Source : AFP

Survol de centrales nucléaires: qui se cache derrière les drones ? « Nous n’avons aucune piste », dit Ségolène Royal

Publication: Mis à jour:
ShSÛRETÉ NUCLÉAIRE – Treize centrales nucléaires survolées par des drones en un mois. De quoi inquiéter responsables et associations. D’autant que Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, a indiqué dimanche 2 octobre au matin que le gouvernement n’a « aucune piste » quant à l’identité de ceux qui ont envoyé les drones.
Le Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationales (SGDSN), dépendant du Premier ministre, a tenu à rassurer dans un communiqué: « L’ensemble des services de l’Etat en charge de la sécurité et de la sûreté des points d’importance vitale (intérieur, énergie et environnement, défense) sont mobilisés depuis le début des survols pour identifier les responsables de ces actes et y mettre un terme ».

 

Le survol organisé et simultané « ne présente pas forcément de danger. Donc il n’y a pas eu spécifiquement d’ordre de tirer sur ces drones-ci », a indiqué dimanche à l’AFP un conseiller de Matignon. Il a expliqué le dispositif habituellement mis en place en cas de danger et qui ne s’applique pas à la situation présente.

« Les gendarmes qui surveillent les centrales font partie des pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie nationale. Il y a un peloton dans chaque centrale, payé par EDF, en plus de la surveillance assurée par des agents privés. Ce sont des groupes de 24 à 30 personnes qui se relaient », a dit le conseiller.

« Ces pelotons, qui ont les pouvoirs et compétences régaliens en tant que gendarmes, ont pour instruction permanente, de même que les services de l’armée de l’air chargée de la défense aérienne, d’abattre tous les aéronefs qui pourraient représenter un danger pour les centrales et cela s’applique aussi aux drones », a-t-il ajouté. « C’est une posture permanente et l’affaire actuelle n’y change rien ».

En tout, treize centrales centrales ont été survolées depuis octobre -dont l’une, Penly en Seine-Maritime, à deux reprises-, a-t-on appris ces derniers jours, ce qui a plongé les autorités dans l’embarras.

La carte des survols dans la nuit de vendredi à samedi :

La France compte au total 19 centrales nucléaires en activité, soit 58 réacteurs tous exploités par EDF. Depuis deux ans, l’électricien fait appel à des drones civils pour réaliser des photos aériennes de ses centres nucléaires.

L’ONG Greenpeace a nié toute implication mais la piste des activistes anti-nucléaires est évoqué par Fabrice Epelboin, professeur à Sciences Po Paris, interrogé par Le JDD:

« C’est typiquement le genre d’actions que l’on peut concevoir si l’on veut remettre en question le choix du nucléaire. Si en plus, ce phénomène devient viral, c’est encore plus efficace, car on lui donne une visibilité médiatique! Si je devais parier, je pencherais pour un mouvement écolo qui veut attirer l’attention sur le nucléaire en France. Car s’il s’agissait de faire exploser une centrale, je ne vois pas l’intérêt d’alerter tout le monde sur les faiblesses du système… Ce ne sont pas des terroristes ».

Le Parisien émet deux autres hypothèses. Celle de plaisantins « qui se lanceraient des défis ». Et celle de tests destinés « à mettre à l’épreuve la sécurité des centrales ». « Aucun indice en ce sens », tempère toutefois le quotidien. Le JDD avance encore une autre hypothèse, là encore peu probable, celle d’un fabricant de drones qui souhaiterait se faire de la publicité à peu de frais.

20 Minutes évoque de son côté la piste d’un « lobbying anti-drone » qui souhaiterait dénoncer la surveillance des civils. « En septembre 2013, le parti pirate avait envoyé un drone se poser à deux mètres d’Angela Merkel lors d’un meeting, pour dénoncer la surveillance policière », écrit le quotidien sur son site internet. (…)

Source : Huftington Post.

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Après EDF, le Commissariat à l’énergie atomique annonce que plusieurs cas de survol de ses installations ont été signalés. En revanche, Areva dément « tout survol significatif » de ses sites.

Source : http://www.sciencesetavenir.fr/decryptage/20141030.OBS3730/survols-de-sites-nucleaires-par-des-drones-le-cea-depose-plainte-a-son-tour.html

Survols de sites nucléaires par des drones : le CEA dépose plainte à son tour

Par Olivier Lascar. Publié le 30-10-2014 à 17h58

Après EDF, le Commissariat à l’énergie atomique annonce que plusieurs cas de survol de ses installations ont été signalés. En revanche, Areva dément « tout survol significatif » de ses sites.

SITES. Qui sont ces drones qui volent au-dessus de l’atome ? Et surtout, qui sont les pilotes ? On ne le sait toujours pas. En revanche, ce qui apparaît plus clairement, c’est quels sont les sites concernés par ces survols interdits.

Ainsi EDF a confirmé à Sciences et Avenir que 7 de ses centrales nucléaires ont fait l’objet de ces intrusions, entre le 5 et le 20 octobre 2014. Les installations concernées sont celles de Creys-Malville, en déconstruction, et les 6 centrales en exploitation de Gravelines (Nord), du Blayais (Gironde), de Bugey (Ain), de Chooz (Ardennes) et de Nogent-sur-Seine (Aube). Les sites concernés ont déposé plainte. « Survol significatif »

Mais le nucléaire en France ne se résume pas aux centrales opérées par EDF, où est fabriqué l’électricité. Il y a bien d’autres sites nucléaires – ou, selon la terminologie officielle, des INB, pour installations nucléaires de base. Il s’agit de bâtiments industriels ou de lieux de recherche, dotés ou non de réacteurs nucléaires, et où l’atome est au cœur des activités.

CONFIRMÉ. Il apparaît donc aujourd’hui que d’autres sites nucléaires ont été illégalement survolés par des drones. Ainsi, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) indique que plusieurs de ses installations ont été survolées, selon un porte-parole cité par l’agence de presse Reuters, la même source précisant que « nous ne donnons pas plus de détails pour ne pas interférer avec l’enquête ». Suite à ces intrusions, le CEA a déposé plainte.

Autre acteur majeur de l’industrie du nucléaire en France, Areva précise de son côté ne pas être concerné par ces vols intrusifs. Interrogé ce 30 octobre par Sciences et Avenir, un représentant de la multinationale « dément tout survol significatif de ses sites ». Si l’expression est opaque – à partir de quand un survol devient « significatif » ?, nous n’avons pas réussi à nous le faire préciser par Areva – il n’en reste pas moins que la société n’a pas déposé plainte dans cette ténébreuse affaire.

Source : Science et Avenir.

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Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/10/30/01016-20141030ARTFIG00356-survol-suspect-de-centrales-nucleaires-par-des-drones.php

De nouveaux survols suspects de centrales nucléaires par des drones

Par Anne Jouan Mis à jour le 31/10/2014 à 15:34 Publié le 30/10/2014 à 19:05

NFOGRAPHIE – Des centrales nucléaires ont été survolées à plusieurs reprises ces dernières semaines. Pas plus tard que dans la nuit de jeudi à vendredi, les gendarmes ont détecté deux nouvelles incursions en Seine-Maritime et dans le Tarn. L’absence de revendications inquiète les associations écologistes.

Au moins douze survols de centrales nucléaires en un peu plus de quinze jours. Et plusieurs survols de sites du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) ces dernières semaines. Autant de visites qui reposent la question de la sûreté des sites nucléaires français. Elles ont donné lieu à des dépôts de plainte de la part d’EDF mais aussi du CEA et à des signalements précis aux pouvoirs publics ainsi qu’à l’Autorité de sûreté nucléaire. Une enquête judiciaire est en cours. Les intrusions ont été effectuées de nuit ou très tôt le matin, entre le 5 et le 20 octobre dernier, dans des régions très éloignées. Ainsi, le 19 octobre, des survols ont été notifiés dans l’Ain, dans le Nord, dans l’Aube et dans les Ardennes (voir la carte ci-dessous). Un survol pourtant interdit dans un périmètre de 5 kilomètres et de 1 000 mètres d’altitude au-dessus du site.

Ce jeudi 31 octobre, on apprenait deux nouveaux survols auprès de la gendarmerie et d’EDF. Les centrales nucléaires de Penly (Seine-Maritime) et de Golfech (Tarn-et-Garonne) ont, elles, été survolées jeudi soir par des drones, a-t-on appris vendredi auprès de la gendarmerie et d’EDF, confirmant une information d’i-Télé. Le survol a été détecté par les gendarmes chargés de la protection des centrales et par des employés ». Comme dans les cas précédents, la société EDF entend porter plainte, a-t-elle affirmé.

Sur ces deux derniers survols, les enquêteurs hier ne manquaient pas de s’interroger sur un éventuel mimétisme. avec les survols précédents. Un peu, disaient-il à l’image du phénomène de clowns qui agressent les passants. « On ne parlait de rien, le phénomène n’existait que dans le Nord, les medias s’en sont emparés, il y a désormais des clowns partout dans l’Hexagone ». Certes. Sauf que la manipulation d’un drône au dessus d’une centrale est peut-être moins aisée que l’achat d’un costume de clown pour faire le malin dans les rues de sa commune..

Chacune des 19 centrales EDF bénéficie d’une équipe de protection composée d’un agent EDF et d’employés d’entreprises de sécurité. Après 2007 et l’intrusion de Greenpeace dans la centrale de Dampierre (Loiret), l’État avait créé les pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG), chargés de la surveillance des centrales nucléaires. Tous les sites EDF disposent désormais de ces unités. Le CEA et Areva ont leurs propres forces spéciales de sécurité (FLS). « Sauf que cet été, quand nous avons pénétré sur le site du Tricastin, les PSPG n’étaient pas là car ils étaient intervenus en renfort sur le Tour de France. Quand il y a un gros événement autour d’une centrale, les gendarmes sont appelés ailleurs », affirme Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace.

«  Généralement, les associations militantes revendiquent leurs actions. Sinon elles n’ont aucun intérêt »
Nadine Schneider, porte-parole de Burestop 55

Suite à ces survols, le ministère de l’Intérieur a donné instruction de « neutraliser » les drones. Autrement dit, de les « abattre », explique un gendarme. À la condition express d’être sûr qu’il s’agit bien d’un drone. Pas question de tirer sur un ULM. Mais le phénomène étant nouveau, la question de l’attitude à adopter face à ces engins ne s’était pas posée jusqu’à présent. Ce que confirme EDF : « Jusqu’à maintenant, le protocole n’était pas d’abattre systématiquement à chaque survol. » Le colonel Jean-Pascal Breton, porte-parole de l’armée de l’air, a tenu à relativiser la menace constituée par ces drones, soulignant qu’ils étaient de petite taille.

Montré du doigt, Greenpeace a démenti toute implication dans ces survols. L’association condamne EDF « qui n’a pas été capable d’intercepter les drones ». Elle estime que ces engins auraient dû être abattus. « Généralement, les associations militantes revendiquent leurs actions. Sinon elles n’ont aucun intérêt, observe Nadine Schneider, porte-parole de Burestop 55, l’association qui lutte contre l’enfouissage de déchets nucléaires basée dans la Meuse. Ici, l’absence de revendication est troublante et inquiétante. »

Le point de vue fait l’unanimité chez les antinucléaire. « Greenpeace agit toujours à visage découvert, insiste Yannick Rousselet. Quand nous avions survolé la centrale de Bugey (Ain) en 2012, nous avions une grande voile avec le logo de l’association. Même chose pour le survol de La Hague la même année. Et nous postons les vidéos sur YouTube. »

Le réseau Sortir du nucléaire estime que les opérations du mois d’octobre « ne ressemblent pas à des actions d’antinucléaire. Nous ne voyons pas de qui elles peuvent venir dans le milieu. C’est d’autant plus inquiétant qu’elles ont l’air très coordonnées. » L’association écologiste Robins des Bois acquiesce : « Ces survols montrent que ce type de danger n’a pas été pris en compte par les installations nucléaires françaises », constate Jacky Bonnemains, président des Robins des Bois.

Des sources internes au CEA et à EDF excluent elles aussi des manifestations d’antinucléaire en raison de la non-revendication. Greenpeace assure que le site d’Areva à Pierrelate (Drôme) spécialisé dans la chimie de l’uranium a lui aussi été survolé le 27 octobre vers 19 h 45. Contactée, Areva dément « tout survol significatif de drone ».

Voir en ligne : Le Figaro

Réflexions sur les luttes contre les grands travaux

 Posted by on 2 novembre 2014 at 18 h 32 min  Non classé  Commentaires fermés
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A l’occasion de la mort d’un camarade au Testet, les luttes contre l’aménagement capitaliste du territoire et de nos vies sont de nouveau sur le devant de la scène. Le texte ci-dessous participe à remettre en perspective les enjeux de ces luttes.

http://zad.nadir.org/spip.php?article1097

Réflexions sur les luttes contre les grands travaux

lundi 21 janvier 2013, par zadist

Des acteurs-trices engagés dans les luttes contre des grands chantiers (construction d’une LGV au Pays Basque sud, projet d’aéroport à notre Dame des Landes -NDDL, mise en place d’une ligne THT Cotentin-Mayenne) se sont retrouvés cet été, aux rencontres d’Eychenat (Ariège) organisées par l’OCL-OLS.

Il s’agissait d’échanger des informations et des analyses sur chacun de ces combats, d’analyser leurs forces et leurs faiblesses et de voir comment contribuer à renforcer les dynamiques engagées.

L’objet de cet article n’est pas de présenter les caractéristiques de ces différents chantiers ni les spécificités des luttes qui s’y opposent. De nombreux articles de Courant alternatif leur ont été, leur sont et leur seront consacrés et nous vous invitons à vous y référer [1].

Il s’agit ici plutôt de rendre compte de quelques questionnements et analyses que nous avons échangés au cours de ces rencontres.

Une politique de métropolisation

« Grands Travaux Inutiles Imposés » – GTII-, cette expression convient-elle pour désigner ces chantiers ? En fait, elle apparaît comme un label déposé que des mouvements institutionnels de gauche comme ATTAC, le Front de gauche ou certains Verts ont collé sur ces grands chantiers. Mais, inutiles à qui ? L’adjectif sans autre précision n’a pas beaucoup de sens. Il serait plus adéquat de dire que ces travaux sont socialement inutiles, pire, nuisibles et destructeurs, et imposés aux populations par le mensonge et par la force. Tous ces grands chantiers en projet ou en cours portent en commun un même modèle de développement. Ils s’inscrivent dans une dynamique de métropolisation, par l’accroissement de la densification de l’habitat, par la mise en place de plans de rénovation urbaine, par le développement des nouvelles Industries Culturelles et Créatives (ICC) ; ils relèvent d’une politique d’aménagement du territoire visant à la concentration des richesses, à l’intensification de leur circulation d’un grand pôle à un autre. Ces pôles urbains sont mis en concurrence entre eux. Les terres ne sont plus qu’un lieu de passage, un espace à détruire ou bien à transformer en ressource touristique et de récréation.

Pour tenter de se faire accepter, ces projets se parent parfois de l’image d’un capitalisme vert, d’un développement dit durable, alors qu’ils ont des conséquences désastreuses sur l’environnement, des impacts très néfastes et destructeurs sur les plans économiques, sociaux, culturels.

C’est ce que dénoncent ceux-celles qui s’y opposent en remettant en cause à la fois le modèle de société et de développement que ces grands chantiers impliquent et la façon dont ils sont décidés, leur gestion politique, puisqu’ils sont imposés aux populations contre leur gré.

Institutionnels légalistes et partisans de l’action directe

Les luttes contre ces chantiers ont des caractéristiques communes. En particulier, s’y côtoient, dans des relations plus ou moins conflictuelles, des acteurs très différents : des institutionnels (élus, partis, syndicats, associations, ONG) porteurs d’une vision citoyenniste [2] prônant seulement des actions légalistes ainsi que, parfois, des pseudo alternatives ; et des composantes favorables à des actions directes, qui replacent l’aménagement du territoire dans le contexte d’une contestation globale du système (critique du développementisme, défense de la terre, remise en cause du modèle économique et social, dénonciation de l’éco-capitalisme), cherchent à promouvoir des formes d’auto-organisation et de type assembléaire et prônent un type de société radicalement autre. Si la présence de ces deux composantes entraîne des clivages, il peut y avoir une certaine porosité entre elles.

La question du coût

Que signifient ces grands travaux à un moment où le capitalisme est confronté à une crise de rentabilité et de sa propre reproduction ? Seraient-ils une tentative de réponse d’une fraction du capital pour rebondir malgré l’impasse économique actuelle ?

Une des failles ou des contradictions dans la réalisation des grands chantiers semble être que, avec la crise des finances publiques et la réduction drastique des budgets, les Etats européens, les régions et l’UE ne peuvent pas se permettre de dépenser des tonnes de fric dans de nombreux gros projets mis en concurrence.

Beaucoup des grands chantiers ont été conçus il y a plusieurs années et reposaient sur une dynamique de croissance alors importante ; depuis quelque temps l’Europe est entrée dans une autre période. Tous les grands travaux prévus ne vont sans doute pas se faire, du moins dans les délais envisagés. Des hauts responsables eux-mêmes en arrivent à émettre des contre-arguments ; c’est par exemple le cas de Pépy, patron de la SNCF, qui expliquait récemment que le développement du TGV et des LGV plombait complètement les comptes et, à terme, la viabilité économique de l’entreprise. Quand on parle du TGV dans le Val di Susa ou de l’EPR à Flamanville, on entend dire que si cela coûte trop cher, peut-être que… En tout cas, si certains projets sont abandonnés par leurs promoteurs, ce n’est pas le modèle de développement dont ils sont porteurs qui sera mis en doute. Mais s’il est décidé que, pour l’impérialisme européen, la LGV Lyon-Turin doit se faire, le rapport critique de la Cour des comptes n’aura eu la valeur que d’une simple mise en garde…

Les logiques étatiques et même régionales pèsent fortement dans la compétition généralisée entre les zones et les pôles pour que la phase actuelle des grands travaux soit menée à bien. Ces logiques suivent celle de l’aménagement territorial voulu par le capitalisme européen qui, en guerre économique avec l’Asie, les Etats-Unis et des pays émergents, cherche à s’affirmer par ces projets d’infrastructures. La dimension prise par les grands chantiers est mondiale, c’est ce modèle de développement destructeur et nuisible qui est pensé et imposé partout sur la planète par l’élite dirigeante. La logique du capitalisme n’étant pas à 100% rationnelle, il est difficile de conclure sur la façon dont il évalue la rentabilité de ces grands travaux et de savoir si les difficultés des finances publiques d’aujourd’hui vont avoir des conséquences sur l’avenir proche des chantiers. En effet, si la philosophie des Etats et de l’UE est de mêler financements publics et privés (PPP), les financeurs privés ne mettront pas la main au porte-monnaie si cela ne leur rapporte pas et les financeurs publics coopéreront difficilement vu la crise du financement de l’Etat et des collectivités ; même aux yeux de Rousset, président PS de la région Aquitaine et fervent défenseur d’une LGV Bordeaux-Hendaye destinée à être financée par les partenariats public-privé, ceux-ci apparaissent à présent comme des « bombes à retardement » budgétaire qui font la part belle aux grands groupes du BTP et rendent « impotentes » les collectivités.

En tout cas, si le coût des grands travaux constitue un point faible capable peut-être de remettre en cause la réalisation de certains d’entre eux, il ne semble pas que l’argument des sommes faramineuses qui leur sont consacrées, alors que les coupes sociales sont de plus en plus importantes, aide à renforcer la mobilisation, du moins au Pays Basque sud pour ce qui est du TGV ; peut-être parce que, dans ce nouveau contexte des conséquences de la crise, ces thèmes des grands chantiers sont relégués derrière les autres questions sociales.

Un double enjeu pour le capitalisme

Au-delà de savoir si un projet est utile ou inutile en terme de bénéfice social ou même de rentabilité pour le capitalisme, ce qu’on voit à l’œuvre c’est une logique d’organisation de l’espace, de contrôle et de dépossession. ll y a en effet un double enjeu derrière ces grands travaux : structurer un grand espace européen offrant de nouvelles conditions pour la profitabilité du capitalisme, où le libre jeu de la rentabilité peut s’installer sans limite ; et domestiquer et homogénéiser les populations, détruire les résistances locales, diluer les particularismes culturels… La raison d’être de l’industrie et des grands travaux quels qu’ils soient, c’est certes de répondre à des besoins façonnés mais c’est aussi d’asseoir un rapport social de domination, qui n’est pas lié en totalité à la finalité économique et financière. La vie entière des gens est surdéterminée par ces infrastructures. Ils doivent vivre, penser, rêver de la même manière partout sur la planète. De ce point de vue, ces projets sont une attaque directe contre les gens, leur mode de vie, leur culture, tout ce qui les soude entre eux, et leur permet justement d’entreprendre des luttes collectives.

Face à cette agression, la logique de ceux-celles qui luttent, c’est celle de leurs vies : ils-elles n’acceptent pas que l’on dispose de leurs vies et modes de vie. Et par la lutte, ils-elles se réapproprient la décision sur ce qu’ils-elles veulent et ne veulent pas.

Si certaines luttes contre les grands chantiers ont gagné force et impact débordant largement le cadre local, dans des lieux comme Nantes, le Pays Basque, le Val di Susa, c’est qu’elles naissent et se renforcent sur le terreau local d’une culture politique et sociale riche et active, c’est qu’elles perçoivent l’écho d’autres luttes simultanées ou sont nourries des expériences et de la mémoire de luttes précédentes.

Ainsi, la force du combat du Val di Susa vient de ce que, au début, il s’est appuyé sur un sentiment d’appartenance des gens de la vallée, avec une culture de lutte et de résistance, et un degré d’affrontement qui s’est joué sur des bases très claires : « non au TGV, ce chantier ne se fera pas », avec des méthodes d’action diversifiées, dont des formes radicales prises en charges et assumées par l’ensemble de la communauté en lutte qui s’est auto-désignée comme le « peuple NoTAV ». Et ce combat s’est diffusé à Turin, à Milan, à Bologne, etc., et au-delà des frontières. En Italie, la lutte du Val di Susa est devenue au cours des dernières années, dans le contexte du berluscolisme et du reflux considérable des conflits ouvriers et sociaux en général, le symbole de la résistance collective, de la rébellion populaire et dans tout le pays, des centaines de milliers de personnes se reconnaissent et s’identifient à ce combat. De plus, des lieux de rassemblement, de rencontres et de débats régulièrement mis en place dans toute la Vallée ont permis à la lutte d’avoir ce caractère ouvert et solidaire.

Or, cette référence communautaire, ces repères collectifs, ces visions solidaires, ces projets en commun ont tendance à disparaître dans la société capitaliste. Une des conséquences du développement des flux pour les besoins du capital, c’est de nous séparer de notre passé, de nous couper de nos références, de nous individualiser et de nous isoler, ce qui rend plus difficile que les gens s’agrègent pour lutter ensemble. Nous sommes ainsi plus atomisés et plus fragilisés, et en particulier à la merci de toutes les répressions.

Faiblesses et difficultés

Les luttes contre les grands travaux s’opposent à des forces très puissantes, pouvoirs publics, multinationales, idéologie du progrès, car même si le développementisme et le productivisme sont de plus en plus remis en cause, les idées de progrès et de modernité, présentées comme porteuses d’emploi, d’activité et de richesses, restent malgré tout des signes d’adhésion à cette société….. Les chantiers sont multiples, cohérents entre eux, et sont menés de front, s’ajoutant les uns aux autres ; et comme nous ne pouvons pas faire face à tous, nous dirigeons nos forces contre celui qui nous semble important ou le plus scandaleux. Par exemple, nous disaient les camarades basques cet été, nous luttons contre le TGV, mais nous nous trouvons encerclés par d’autres projets, un super-port de commerce, des autoroutes, l’exploitation du gaz de schiste… et tout est fait pour que les choses semblent inéluctables. Dans tous les cas, il y aura quelques endroits avec des résistances et beaucoup d’autres sans aucune opposition : donc, les victoires que l’on peut obtenir ne peuvent être que partielles, ce qui peut expliquer cette impression un peu pessimiste d’être encerclés.

Un autre problème qui rend difficile la mobilisation est que ces luttes doivent commencer très en amont, à un moment où les projets sont au stade de la conception et apparaissent encore abstraits pour la population. Face au silence et aux mensonges des promoteurs de ces projets, il y a un énorme travail à faire pour chercher l’information, la diffuser, pour expliquer, analyser les causes, les conséquences …. Cela donne un côté un peu intellectuel à la lutte contre un projet qui est encore à l’état virtuel. Il n’empêche que l’action commence bien avant les travaux. Ce sur quoi il faut réfléchir, c’est comment intervenir à chaque étape du projet (que ce soit au cours de son élaboration, pendant les travaux préliminaires, lors de la phase d’acceptation sociale avec les enquêtes publiques… ) soit pour parvenir à l’empêcher à ce stade, soit pour préparer une mobilisation importante pour le moment où le chantier démarre effectivement.

Une difficulté encore, mentionnée par les militant-es contre le TGV au Pays Basque, c’est la tendance au ‟délégationnisme”, comme on dit de l’autre côté des Pyrénées. Même si l’opinion est très hostile au TGV et si les débats à propos des grands chantiers ont imprégné toute la société, passer à une implication active dans la lutte, à des actions de désobéissance, c’est une autre chose ; de même que maintenir une mobilisation dans la durée en évitant essoufflement voire découragement. Les luttes contre les grands chantiers sont en général très longues et les gens ont tendance à s’en remettre aux individus, groupes ou associations qui s’investissent dans l’opposition avec détermination et persévérance.

De plus, partout où ces projets rencontrent de la résistance, ils sont imposés par la force et par la violence, avec pour conséquences d’affaiblir les acteurs-trices de la lutte, de démobiliser, de diviser, de faire peur, de faire dépenser du temps et de l’énergie dans des procès et des mobilisations antirépressives et défensives. Quand la zone devient militarisée, que le chantier est défendu par des troupes armées, on ne peut plus agir sans un mouvement de masse qui s’impose par le nombre. Et quand des travaux ont commencé, que des tronçons du chantier sont en cours de réalisation, cela a un indéniable impact psychologique démobilisateur, y compris chez les plus militant-es. Aujourd’hui, pour le TGV basque (sud), il reste encore 70% du budget à dépenser pour les travaux, mais les dégâts sont déjà énormes.

En fait, la faiblesse principale est l’absence d’un mouvement massif et populaire. Se côtoient, en se tolérant plus ou moins bien, des groupes institutionnels, très organisés et puissants, d’autres personnes qui sont sur des bases antiautoritaires ou d’écologie radicale, et, comme à NDDL, le mouvement des occupants, mais la conjonction de ces forces ne débouche pas forcément sur une alchimie capable de susciter des mobilisations de masse comme au Val di Susa, pouvant rassembler 60 ou 80 000 personnes pour entraver les travaux… La difficulté est de créer et de maintenir une communauté d’action pertinente pour avancer, avec des acteurs différents mais qui partagent le même objectif, et qui se montrent solidaires parce que leurs modes d’action ne sont pas antagonistes mais complémentaires. Parfois, la diversité, l’hétérogénéité peuvent donner beaucoup de force au mouvement. C’était le cas à la manifestation du 24 mars, à Nantes, quand il y avait à la fois la force de frappe de la Confédération paysanne avec l’arrivée des tracteurs, plus le cortège des gens qui s’étaient organisés pour mener des actions, plus la masse des manifestants. La manifestation de réoccupation mobilisant 40 000 personnes le 17 novembre est à cet égard encore plus exemplaire. C’est aussi un signe de force du mouvement, au Val di Susa, quand les forces institutionnelles défilent en portant des flambeaux et des banderoles « Nous sommes tous des Black Blocs » pendant que d’autres s’affrontent avec la police.

Comment contribuer au renforcement des luttes ?

En fonction de ce que les acteurs sur le terrain décident et des appels qu’ils font, il est important de se rendre sur place, d’apporter son soutien pour renforcer une action, une manifestation, pour concentrer des forces sur une échéance importante, pour bloquer une étape précise d’un projet et pour peser, y compris politiquement… Quand une lutte est fortement engagée, qu’elle a une grande incidence sur la société, elle peut devenir un lieu de rencontres, d’échanges entre différents combats. Ceci aussi bien au niveau d’une même région qu’à celui d’un pays et de l’Europe. Ainsi, dans la mesure où l’opposition au TGV a été une référence importante au Pays Basque, des discussions, des liens et des campagnes communes ont pu se faire à l’échelle des provinces (Guipuzcoa, Biscaye, Navarre) avec les acteurs d’autres luttes : incinérateurs, super-port, autoroute, etc.. Mais, c’est difficile car chaque lutte a ses propres rythmes, ses propres exigences, sa propre dynamique… Des questions tactiques, de priorité par exemple, se posent, difficiles à trancher parfois : faut-il concentrer des forces à un moment donné sur une action un peu centrale ou continuer à multiplier les actions locales, par exemple ? La lutte de NDDL apparaît aujourd’hui très emblématique. Le fait que Jean-Marc Ayrault soit premier ministre n’y est pas étranger. Le grand aménageur de la métropole nantaise (projets culturels, aéroport, rénovation urbaine…) personnifie en partie l’enjeu et peut contribuer à porter l’écho de la lutte bien au-delà des 2000 hectares impactés par le projet.

La vaste opération militaire « César » contre les occupant-es de la ZAD, déclenchée le 16 octobre dernier, a suscité de nombreuses réactions, donnant une ampleur nouvelle à la lutte. Messages de soutien, rassemblements et actions de solidarité se multiplient en France et dans d’autres pays. Partout des comités de soutien se constituent. La manifestation de réoccupation du 17 novembre, pour reconstruire un lieu de lutte sur la zone, a représenté un test important. En dépassant largement les enjeux locaux, NDDL et la ZAD (rebaptisées respectivement Notre Dame des Colères et Zone à défendre) sont devenus des symboles et la lutte contre le projet d’aéroport apparaît gagnable, pour peu, comme il est dit dans l’article de Courant alternatif de novembre, que « la résistance s’élargisse durablement, se renforce en pertinence et ne se laisse pas instrumentaliser par les forces institutionnelles. »

On sait que la victoire sur un site peut être obtenue quand il y a à la fois le rapport de force et des failles dans ce que l’on combat. A NDDL, et sans doute aussi dans le Val di Susa, ces conditions semblent rassemblées. Ces contradictions internes au camp d’en face, ces failles, ces éléments conjoncturels, d’ordre ‟tactique”, ne sont pas à négliger dans le cadre d’une lutte et d’un rapport de force toujours très précaire et difficile, mais à condition que l’orientation générale de celle-ci, la richesse de ses pratiques et des éléments critiques qu’elle contient n’en dépendent pas ou ne se voient effacées car ce sont elles qui donnent un caractère ouvert et fédérateur à la lutte. Faire le lien entre les luttes contre les projets de TGV, d’aéroports, de tous les chantiers destructeurs, est essentiel : cela permet d’une part de rendre bien visibles les enjeux qui se situent au-delà de chaque projet spécifique et de chaque combat local et d’autre part de faire prendre conscience du modèle de planification territoriale et de société contre lequel il s’agit de lutter. Si nous ne voulons pas laisser les organisations institutionnelles, qui prennent le pouvoir aux dépens des luttes, monopoliser les liaisons entre les différents fronts de lutte en Europe et dans le monde, il est important que ceux-celles qui se battent radicalement contre ces grands chantiers destructeurs tissent eux-mêmes des liens entre eux-elles à une échelle intra et extra-européenne. Une tâche importante, c’est de faire un travail de coordination inter-luttes, ou au moins une circulation des informations. Cela pourrait prendre plusieurs formes.

Bulletin, modeste, de liaison inter-luttes qui parle des combats locaux contre ces grands (et moins grands) chantiers qui tous procèdent de la même logique de dépossession des gens de leur territoire et de leur vie. Bulletin qui ferait ressortir les traits et les axes communs, les différences aussi, qui permettrait d’échanger sur les questions qui nous préoccupent, de mieux comprendre la logique capitaliste à l’œuvre dans ces tentatives pour intensifier l’urbanisation du territoire, de se renforcer mutuellement, de s’organiser pour programmer les rencontres à venir…

Rencontres plus ou moins régulières, en profitant des échéances de mobilisation dans telle ou telle région pour organiser une coordination de collectifs. Cela se faisait dans d’autres luttes et mouvements, l’essentiel étant d’éviter la bureaucratisation en créant des « structures » détachées des rythmes et des besoins de la lutte, des mobilisations.

Outils Internet permettant de partager et diffuser rapidement informations et analyses sur diverses situations, les bilans des collectifs, les débats, les éventuelles divergences, etc. Ils ont généralement vocation à porter des informations et analyses et à relayer les appels à se mobiliser. Ils peuvent tout aussi bien être des supports d’échanges entre collectifs de lutte, avec synthèses de situations, bilans, analyses, propositions, comptes-rendus de réunions et d’assemblées décisionnelles ou de débat.

Mais les coordinations inter-luttes ne dépendent pas seulement des outils mis en place et d’aspects formels ou organisationnels : elles dépendent des luttes elles-mêmes, de leur intensité, de leur ouverture, de leur autonomie, de la richesse des contenus qu’elles portent et mettent en discussion, de leur capacité à tisser de nouveaux liens et modes de rencontres en fonction des besoins qu’elles expriment. Les luttes que l’on connaît comme celles du Val di Susa, de l’aéroport de NDDL, contre la ligne THT Cotentin-Maine, ont montré l’importance de la création d’espaces et de lieux ouverts (les « presidi » No TAV, les maisons et locaux occupés dans la ZAD, le château d’eau et le bois occupés sur le territoire de la commune du Chefresne, ou encore les week-ends de mobilisation et de débats, les camps d’été permettant moments de rencontre et d’échanges et journées de mobilisation et de dénonciation…) dans une continuité d’actions et de présence sur place. Ce qui permet d’en faire des moyens de soutien, d’agrégation, ouverts aux populations locales (afin de maintenir le lien, un contact, entre ceux-celles qui luttent au quotidien et ceux-celles qui ne peuvent que venir ponctuellement), mais aussi des lieux d’information, d’échanges et de coordination entre luttes se situant dans des perspectives proches (contre un projet de centrale à gaz en Bretagne, contre le projet de grand stade OL Land à Lyon, contre le doublement d’une ligne THT dans le Pas-de-Calais, contre le centre d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure…) et d’autres luttes de résistance urbaines et rurales autour de la réappropriation de terres, de lieux de vie, d’habitat et d’activités.

Le préalable à toute coordination, c’est finalement le sentiment que les luttes ne peuvent compter que sur elles-mêmes, leurs solidarités réciproques, leur capacité à additionner leurs forces et à se renforcer mutuellement, en particulier dans les moments critiques ou décisifs. Ces liaisons directes de luttes à luttes, ces coordinations horizontales, ces recherches de multiples points de connexion, définissent aussi une démarche politique, une manière de se positionner dans un contexte. Et là, cette démarche n’a pas que des amis et des supporters. Elle se heurte à tous ceux qui ont intérêt à la fragmentation des luttes, au saucissonnage des problématiques et des revendications parce qu’elle leur permet d’exister et de prospérer en occupant ces places et fonctions d’intermédiaires professionnels, de porte-paroles auto-proclamés, de représentants permanents, de direction politique, de médiateurs avec les instances du pouvoir politique. La richesse des contenus portés par les luttes et les manières de se battre et de tisser des liens sont eux-mêmes des enjeux et des éléments du combat.

nov 022014
 
antielectoral

Malville-Sivens… on recommence. Je me souviens de cette immense procession sous une pluie morne, des cirés multicolores, et, malgré tout, de cet élan qui nous portait vers le site comme un des grands buts de notre jeunesse. Je me souviens de l’hélicoptère blanc du préfet Jannin qui tournoyait, surveillant tout, recevant et donnant certainement des ordres. Je me souviens du pré auquel les premiers milliers de marcheurs ont accédé, les autres restant bloqués sur d’étroits chemins, résultat d’une habile stratégie militaire…

Je me souviens des quelques excités, peu nombreux en vérité, tenant le devant de la scène au bas du pré. Et rapidement les tirs de grenades à cadence rapide, au bruit, au souffle ou aux gaz insupportables. Puis les fusils passant à l’horizontal. Je me souviens de Manfred Schultz, main arrachée par un de ces projectiles qu’il avait eu l’imprudence de vouloir relancer, puis de Michel Grandjean, transporté en hâte, hurlant avec son pied déchiqueté. Et du brigadier Touzeau, avant-bras explosé par la grenade qu’il allait nous envoyer – mais qu’il avait tardé à lancer. Et bien sûr, je me souviens de mon cher frère Vital, perdu de vue dans le brouillard des lacrymogènes et dont j’ai dû peu après reconnaître le corps à la mairie de Morestel.

Mutisme. Je me souviens que l’on ne nous a jamais rendu le ciré qu’il portait, que l’autopsie a conclu à une «explosion» sans plus s’avancer, et le procès à un «non-lieu» ; de l’énorme scandale qui s’ensuivit, du quasi-mutisme du gouvernement – celui-ci chargeant le médiateur de la République de prononcer quelques mots de condoléances – ; et même de l’incroyable déploiement policier lors des funérailles de notre frère, comme si «l’ennemi de l’intérieur» – voire celui de l’étranger, Jannin tonnant contre les manifestants «boches» revenant occuper la région, mais si ! – était encore à craindre.

Et puis je me souviens des socialistes montant au créneau, l’occasion étant trop belle d’envoyer des bonnes salves au pouvoir giscardien… mais refusant de s’associer à nous, la famille, pour demander une loi interdisant l’usage d’armes de guerre (dont les grenades offensives) contre une manifestation – on ne sait jamais… C’était il y a bien longtemps, trente-sept ans, à Creys-Malville.

Ignorance. Aujourd’hui, sur le site de Sivens, le même drame se reproduit à l’identique, tout aussi lamentable. Je ne connais pas Rémi Fraisse mais imagine très bien ce que sa famille ressent, et dont nous nous sentons soudain si proches. Voilà où mène l’ignorance, voire le mépris, au plus haut niveau, des questions environnementales et de l’indispensable réflexion de fond, collective et démocratique, qu’elles imposent chaque jour davantage. Les citoyens moyens sont beaucoup plus en avance que leurs élus ! Voilà où mènent les vieux réflexes de «maintien de l’ordre» par la violence d’Etat, et la mise en branle de matériel de guerre contre des manifestants – fussent-ils agités. Voilà où mène l’obsession de la conquête du pouvoir sans vraie réflexion sur ce que l’on en fera. Froncer les sourcils, faire de viriles déclarations et envoyer la troupe n’est toujours pas une politique.

Et quel beau message à destination de «la jeunesse, priorité du quinquennat» ! Depuis Malville et d’autres drames similaires, les «socialistes» n’ont rien appris, rien compris, confirmant l’adage désabusé des historiens : «La seule chose que l’Histoire nous apprend, c’est qu’elle ne nous apprend rien.»

 

Source : Libération.

oct 292014
 
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Meurtre au Testet : communiqué des occupant-e-s du bus venus de Notre-Dame des Landes

 

 

Ocupant-e-s de la Zad de Notre-Dame-des-Landes ou habitant-e-s des environs, nous sommes parti-e-s en bus exprimer notre solidarité à tou-te-s celles et ceux qui s’opposent au projet de barrage de Sivens, quelque soient leur façon de lutter.

Nous sommes venu-e-s avec des légumes cultivés collectivement sur les terres du projet d’aéroport et l’évidence que les flics n’ont pas leur place dans une zone en lutte. Nous sommes aussi venu-e-s avec nos pratiques ; nous avons fait la cuisine, nous avons participé aux discussions. Et face à la police, certain-e-s d’entre nous ont masqué leur visage pour compliquer le fichage et la répression.

Les flics, qui avaient promis de ne pas être présents, ont tenu le chantier et l’ont même défendu avec toutes les armes qu’ils avaient à disposition. Au cours des affrontements, Ils ont tué un manifestant.

Après avoir tiré sur Rémi et l’avoir vu tomber au sol, les flics ont eu le culot de déclarer avoir « trouvé un corps » et ignorer l’origine de sa mort. Une fois de plus, les violences policières ne se sont pas limitées à des blessures graves.

Face à cette trajédie, une assemblée générale a décidé d’une manifestation à Gaillac. Nous sommes révolté-e-s que l’Etat se permette de tuer celles et ceux qui lui résistent. Nous trouvons grotesque la tentative de la préfecture et du ministère de l’interieur de détourner l’attention de ce meurtre en mettant l’accent sur des détails de la manif et en extrapolant sur l’identité des personnes cagoulées.

Un simple tour de passe-passe médiatique ne suffira pas à effacer cette mort.

Cette répression, au lieu de freiner nos mouvements, ne fait que renforcer notre rage et notre détermination.

NI OUBLI, NI PARDON.

Les occupant-e-s du bus venu de Notre-Dame-des-Landes.

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Pour une poignée de canards …

tract distribué lors du rassemblement de soutient à la ZAD du sivens le 20/09 à rennes

C’est toujours la même histoire, un barrage qui menace d’engloutir une zone humide pour le profits de quelques-un : bétonneurs patentés, élus corrompus et agriculteurs intensifs. Quelques individualité-e-s qui s’organisent et résistent au carnage annoncé. Déforestation et tabassage, campements rasés et chasse à l’homme… Le pouvoir militarise la zone et multiplie les exactions pour permettre la tenue des travaux, l’état abat sa violence sur les insurgé-e-s avec l’aide d’une compagnie de gardes mobiles et d’une milice d’agriculteurs et de fachos emmenée par un agriculteur ancien du SAC.

En face la rage et l’imagination comme seules armes pour mener cette guerre asymétrique, des gen-te-s tentent de bloquer l’avancée des travaux, en occupant la zone, en sabotant les machines et en s’affrontant aux flics et aux milices, en occupant le conseil général du Tarn à Albi, des lycéen-ne-s se mettent en grève et bloquent leurs lycées à Gaillac et à Castres, dans le Poitou quelques noctambules s’en vont repeindre les locaux et les véhicules de la boite qui doit effectuer des prélèvements sur le site. Dans ce tourbillon, de nouveaux rapports sociaux viennent peu à peu ronger les anciens, de nouvelles formes de luttes naissent dans la découverte, l’expérimentation et la pratique des limites de la protestation citoyenne et non violente et de la conflictualité assumée avec l’existant.

Ça se passe en ce moment ( sept 2014 ) dans le Tarn, à L’Isle-sur-Tarn dans la foret de Sivens, sur la zone humide du Testet.

Pour des informations plus détaillées tu est invité à consulter le blog de la ZAD du Testet  : http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/ et le site du collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet : http://www.collectif-testet.org/.

Pour ne pas laisser l’isolement étouffer la révolte et éroder la détermination de celles et ceux qui résistent sur place. Parce que le combat qui se mène là-bas est le même que celui qui se mène contre l’aéroport à Notre dame des landes, contre le TAV dans le val de Suse, contre un projet immobilier en Espagne à Burgos ou en Turquie parc Gezi.

Parce que ce qui se joue là-bas, c’est aussi ce qui se joue dans l’ici de chacun-e, la lutte contre l’aliénation et la dépossession dans une tentative de construire autre chose, un autre chose qui échapperait à la domination du capitalisme et de l’état. Contre ce qu’on essaie de fuir et de détruire et qui colonise notre vie quotidienne et notre environnement. Empêcher que la ZAD du Testet devienne un énième territoire dévitalisé pour les besoins du capitalisme et de la société productiviste, comme chacun-e tente d’empêcher l’existant de dévitaliser sa vie quotidienne pour le transformer en un mort vivant perdu dans le flux « métro-boulot-conso-dodo ».

Nous appelons chacun-e à soutenir la ZAD du Testet et à se jeter dans la guerre sociale en se renseignant et diffusant des informations sur ce qui s’y passe, en se rendant sur place pour participer à l’occupation, en organisant le soutient matériel aux insurgé-e-s en attaquant l’ordre capitaliste près de chez soi ou en agissant selon les modalité de lutte que chacun-e jugera utiles et convenir à ses inclinations.

Nous voulons une société de maîtres sans esclaves, avec le luxe et l’abondance pour toutes et tous au service d’une vie passionnante et passionnée pour chacun-e. La lutte et la joie plutôt que le béton, les profits et la soumission.

SOLIDARITÉS AVEC LES INSURGÉ-E-S DE LA FORÊT DE SIVENS

CONTRE LE BARRAGE ET SON MONDE, LA ZAD EST PARTOUT

AUTO-ORGANISATION ET CONFLICTUALITÉ PERMANENTE CONTRE LA DOMINATION DE L’ÉTAT ET DU CAPITALISME

VIVE LA GUERRE SOCIALE

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Ce soir à Nantes, Bernard, pas de retour au calme !

Mis a jour : le mardi 28 octobre 2014 à 11:17

Mot-clefs: Répression aéroport notre-dame-des-landes
Lieux:

Ceci est un témoignage sur la manifestation de ce soir à nantes. Juste quelques ressentis, en en attendant d’autres, pour ceux qui n’étaient pas là, pour participer à d’autres échos que les mystifications de la presse et les condamnations de la préfecture et de ses amis. En espérant que ça puisse participer à donner la patate pour que ça continue à bouger.

Ce soir nous étions plus de 1500 à manifester dans les rues de nantes pour manifester notre tristesse et notre colère suite à l’assassinat de Rémi par la police sur la zad du Testet. Il y avait simultanément une vingtaine d’autres rassemblements au moins dans plein d’autres villes en France.

Juste avant 18h nous avons appris par les médias que le procureur cherchait encore pitoyablement à embrouiller l’assistance et à cacher comme il le pouvait que Rémi ait de toute évidence été tué par une grenade policière. On n’était déjà pas content, être pris ainsi pour des imbéciles n’a pas amélioré l’humeur générale.

Après quelques prises de parole, tout le monde est parti en manifestation dans les rues de Nantes derrière des banderoles comme « Vos armes non léthales tuent – on n’oubliera pas – résistance », «22 fevrier 3 yeux en moins, 26 octobre un mort», ou « Nantes-Toulouse-Montreuil. Solidarité contre les violences policières ». Des slogans contre la police et en mémoire de Rémi étaient hurlés par la foule tandis que la manif traversait les rues passantes au beau milieu des terrasses de bar et de restaus. Des inscriptions ont été faites un peu partout sur les murs de la ville. Dès qu’une voiture de police apparaissait, des dizaines de personnes couraient dans sa direction jusqu’à la voir repartir en trombe.

Et puis, au bout d’une bonne heure, un sacré paquet de vitrines de banques et d’autres enseignes de toutes ces boîtes qui se croient maîtres du monde et ravagent nos existences ont commencé à sauter l’une après l’autre dans les précieuses rues commerçantes du centre ville. La presse et la préfecture parleront comme toujours de quelques « casseurs isolés », de « violences à condamner » et espèrent que personne ne flairera l’arnaque. Nous, on sait que ces petits éclats de verres et ces morceaux de mobilier urbain mis en travers de la chaussée était bien plutôt le signe d’une colère partagée par les centaines de personnes qui battaient encore le pavé à ce moment là et qui ne se lâchaient pas. Et on est bien conscient aussi que tout cela n’est vraiment pas grand chose par rapport à ce qu’ils ravagent quotidiennement, par rapport à la mort de notre camarade et à toutes les personnes assassinées par la police chaque année dans ce pays et trop souvent oubliées.

Pas de chance pour les dirigeants, la date d’aujourd’hui suffisait à rappeler que parfois aussi, quand la police tue, le peuple se soulève : ce 27 octobre cela fait exactement 9 ans que Zyed et Bouna sont morts dans un transformateur à Clichy sous bois. De l’automne 2005 en France, à l’hiver 2008 en Grèce en passant par l’été 2014 Ferguson, il y a des spectres qu’aucun gouvernement ne souhaite réanimer. Ce qui est sûr c’est que ce soir, les flics faisaient profil bas. Certains au chaud dans leurs bureaux savaient pertinemment qu’il se sont mis dans un sacré pétrin et que leur bras armé n’avaient pas intérêt à prendre le risque de blesser de nouveau gravement qui que ce soit aujourd’hui.

Et puis ils espèrent encore enterrer cette histoire et la mémoire de Rémi. Cazeneuve compte d’ailleurs bien sur l’assistance responsable des porte-paroles politiques et associatifs et tape sur les doigts de ceux « qui se sont autorisés à tenir des propos approximatifs, irresponsables et polémiques. » Selon lui « Ces commentaires ne participent ni à la manifestation de la vérité, ni au nécessaire retour au calme.». Peut-être que certains responsables tomberont dans le panneau et t’aideront à faire avaler la pilule, mais nous, franchement Bernard, nous qui étions dans les rue ce soir, on appellera pas au calme. On ne va ni oublier, ni arrêter de manifester approximativement et de toute évidence, on est pas les seuls. Et tiens toi le pour dit, on ne laissera plus tes troupes revenir détruire nos vies, nos terres ou nos maisons…

Des manifestant-e-s du 27 octobre et des jours qui viennent.

Ps : une nouvelle manifestation est annoncées à Nantes ce samedi. Un appel circule pour que ce soit le cas aussi ailleurs en France.

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Procès lundi 27 Oct. à Rennes en comparution immédiate d’un opposant à l’aéroport de NDDL

Info de camarades zadistes à N.D.D.L. :

Lundi 27 OCtobre 2014, passera en comparution immédiate une personne du nom de « Salomé », suite à des faits commis dans le Tarn et des faits commis lors des expulsions sur la zad de N.D.D.Landes.

La personne, sur le fichier F.P.R. (fichier des personnes recherchées) surement a été transféré à Rennes ce week end. En détention provisoire depuis, elle passe en procès au tribunal de Rennes demain lundi. On ne sait pas à quelle heure sont les comparutions immédiates.

Seulement, il risque une peine de prison ferme avec mandat de dépot; donc de partir en détention à la fin de son procès.

Si des ami(e)s pouvaient se rendre lundi au tribunal de Rennes (cité judiciaire en face de l’hotel de Police en forme de soucoupe volante) histoire que l’on sache ce que le copain va devenir ce serait chouette.

A bientôt avec ce triste constat que l’état policier a laché ses tueurs ce jour sur la ZAD du TESTET.

RESISTANCE !

PS Salomé ne semble pas être passée en comparution le lundi 27…

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Et pendant ce temps, au Parti de gauche :

 

Jean-Luc Mélenchon : J’étais à la manifestation contre le barrage du Testet…

Lu sur Facebook dimanche 26 octobre 2014 à 19 h

Jean-Luc Mélenchon 1 h · Modifié ·  J’étais à la manifestation contre le barrage du Testet. J’y ai vu deux sortes de manifestants et de personnes engagées dans la lutte. Ceux (et celles) qui mènent l’action pour la protection du site ou contre un projet que nous considérons comme emblématique d’une certaine agriculture et de la propension des technocrates à décider seuls ce qui leur semble bon. Ceux-là mènent le combat soit comme zadiste (protecteur de la Zone A Défendre), grévistes de la faim, marcheurs, manifestants et ainsi de suite. De l’autre une petit groupe confus de clochards, de militants d’extrême-droite et, peut-être, de gens qui se disent anarchistes. Ceux-là pour l’essentiel sont arrivés la veille du rassemblement et se composaient d’individus que personne ne connaissait. Les dirigeants réels de la lutte n’ont cessé d’être en butte à la violence qui venait sans cesse de ce groupe sans qu’on puisse identifier l’appartenance politique – à supposer qu’ils en aient une – des personnages cagoulés et vociférant dont il est question. Ce dont je suis certain c’est que l’extrême-droite s’y trouvait sous les cagoules. Un des ivrognes qui me prit à partie s’était en effet fendu en me voyant d’une apostrophe très caractéristique : « tiens, voilà la franc-maçonnerie qui se réveille ! ». Bonjour le défenseur de l’environnement ! Celui qui m’a jetté du yaourt, un petit homme très malodorant et masqué, qui s’est enfui en courant après son exploit ridicule de gosse de riche qui jette de la nourriture, était déjà sévèrement aviné à l’heure à laquelle je suis arrivé, vers midi. Les batailles rangées avec les CRS et garde mobiles n’ont jamais été décidées ni par les dirigeants du mouvement ni par les zadistes locaux. Au contraire, ils se sont le plus souvent interposés pour essayer d’empêcher le choc. Il faut dire que ces violences sont très choquantes et contre-productives dans la population locale. C’est au point que les animateurs du mouvement ont tous déclaré l’après-midi que c’étaient sans doute là des « pro-barrages » qui agissaient. Naturellement, je n’ai le moyen de savoir si c’est vrai ou pas. En tous cas cela révèle bien l’état d’exaspération des responsables du mouvement devant ce type de comportement. Comment comprendre en effet le traitement agressif que cette poignée nous avait réservé à Bové et moi alors que nous étions là pour soutenir et provoquer de la médiatisation ? Comment comprendre l’inadmissible dégradation des véhicules des journalistes, les insultes et les pressions dont ils ont été accablés sans trêve ? Pour faire de la contre-communication, que pourrait-on faire de pire ? Pour écarter les soutiens, que faire de plus dissuasif ? Déjà, les parents venus avec les enfants dans les bras se sentaient très mal quand ils ont découverts ce type de horde arrogante qui s’appropriait le mouvement. A présent, il y a un mort. Je ne sais pas de qui il sagit ni comment il est décédé. C’est triste et très défavorable pour le mouvement. Je pense que les vrais militants doivent être sous le choc car toute cette violence les submergeait déjà avant. Il est absurde de s’avancer dans les explications et accusations à propos de ce décès sans en connaitre les circonstances ni les conclusions de l’autopsie. Le pire serait que toute cette lutte se trouve résumée à cela. Cela ne doit pas nous détourner de continuer à soutenir ceux qui luttent sans les confondre avec une poignée de violents.

JLM

Ajoutée le 26 oct. 2014 Jean-Luc Mélenchon était présent au rassemblement organisé par les opposants aux barrage de Sivens dans le Tarn le 25 octobre.

 

Source : Indymédia  Nantes.

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[Mercredi 29 Octobre] Infos / Actus

Mis en avant

Rémi a été tué par une grenade lancée par les gendarmes. Les preuves sont tellement accablantes que l’Etat ne peut plus nier, ni tenter une grossière manipulation. Cependant Cazeneuve déclare « il ne s’agit pas d’une bavure ». Carcenac ne lache rien et continue de mentir : une interview dans le Monde. Réunion du Conseil Général du tarn ce vendredi.

Par la voix de leur avocat, les parents de Rémi Fraisse ont lancé un appel «au calme dans le cadre des rassemblements organisés en hommage à leur fils».

Sur le site :  ce mercredi à 18h AG de la coordination, toutes composantes confondues, en vue de préparation à suite du mouvement au nouveau Mirador.

On reçoit de nombreux textes:

-Echo de la guerre en cours, par des personnes sur place au moment des faits

-Et maintenant qu’est ce que l’on fait ?

-De la Palestine à Sivens par les AmiEs de Tarabut.

On reçoit des mails envoyés à Carcenac après ses déclarations immondes hier matin, dont celui-ci :

« Vous avez presque réussi à me faire vomir lors de votre conférence de presse d’hier. Rémi Fraisse n’est pas mort pour des idées, il a été tué par une grenade très vraisemblablement lancée par un gendarme, saisissez-vous la différence ? Je vous explique : il n’avait pas L’INTENTION de mourir, il voulait défendre la Nature, et donc le bien commun, une notion qui doit vous sembler extrêmement obscure, au vu de vos agissements.

Je suis extrêmement triste de constater qu’il existe des gens comme vous, mais me console en pensant à tous ceux qui, comme Rémi, font preuve d’un grand courage en se battant contre tous les projets de société guidés par l’argent et le pouvoir »

On reçoit des communiqués :

-de deux élus régionaux du PG

On reçoit des témoignages :

-de Christophe Martin, des Alternatifs

Soutiens et rassemblement partout en France  :

-Manifestation à Briançon ce mecredi 29/10 à 14h à Briançon devant la sous préfecture
-Contre la violence policière et contre la destruction de la forêt de Sivens ! RDV mer 29 oct – 19 H place des Terreaux, Lyon. Silencieusement.
-A Nîmes. Nouveau rassemblement jeudi 30/10 à 17h30 devant la préfecture.
-Dijon : Rassemblement mercredi 18h – Préfecture. Manifestation samedi 17h – Mémorial Rue de la Liberté.
Metz : le rassemblement pour Rémi est prévu ce mercredi à 18h à la colonne (c’est avant la rue Serpenoise).
-Gap : ce mercredi 29 Octobre à 11h30, esplanade de la Paix. Voici un article de presse sur le rassemblement de hier matin .
-Carcassonne : mercredi 29/10 à 18 h devant la préfecture
-Saint Gaudens : rassemblement silencieux  devant la sous-préfecture mercredi 29 octobre à 17 h
-Besançon :  un rassemblement aura lieu demain mercredi à partir de 17h, place Pasteur.
-St Etienne : un rassemblement de soutien à la ZAD aura lieu à saint-etienne (42) demain mercredi 29 Octobre à 18h00 devant la préfecture.
-Villeneuve sur Lot :  mercredi 29 octobre a 18 heures,  rassemblement en hommage à Rémi sur la place de Paris.
-Vannes18h30 mercredi 29,  devant la préfecture, place du Général de Gaulle
-Rodez18h  mercredi 29 devant la Préfecure

Caen : un nouveau rassemblement aura lieu vendredi 31 à 18h.
-Saint Brieuc : un 2 ème rassemblement est prévu samedi 1 er novembre à  14 h devant la préfecture.
-Poitiers :  pl. Charles de Gaulle (« place du marché »)  : Rendez-vous jeudi 30 dès 16h00, pour une discussion autour des ZAD et de la répression policière, puis à 18h00 pour une manifestation
-Lons le Saunier : rassemblement jeudi à 17 h30 devant la préfecture.
-Sète : rassemblement devant la mairie le jeudi 30 octobre à 18h30

Source : Tant qu’il y aura des bouilles.

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Échos de la guerre en cours

Dans le brouillard ambiant on ne peut faire l’impasse sur quelques questions évacuées du débat public par les médias dominants et leur logique du spectacle permanent.
Le rassemblement prévu sur le site du projet de barrage était annoncé comme pacifique. Quelques jours avant, la préfecture faisait savoir qu’il n’y aurait pas de présence policière sur la zone pendant le weekend du 25 et 26 octobre. Sur le site  tantquilyauradesbouilles.wordpress.com le 22, on pouvait lire que

«  La préfecture du Tarn se plie déjà à l’événement: le préfet s’est engagé à ce qu’aucun gendarme ne soit présent sur la zone durant le week-end. Ce rassemblement sera sans risque de violence ni répression. C’est le nombre et la détermination qui montreront notre force et amèneront la victoire. Venez nombreux.ses. avec bonne humeur ! »

Pour qui en doutait, ceux et celles qui sont venu.e.s sur la zone ce weekend-là ne se préparaient pas à la guérilla.

Mais alors que les premiers participants arrivent vendredi soir, la nuit s’illumine. Il reste un préfabriqué et un générateur sur la zone, au niveau du parking construit pour accueillir les machines du chantier. Ce soir-là, ils partent en fumée.
Qui pouvait sincèrement penser que le matériel laissé sur la ZAD resterait intact alors qu’un rassemblement contre le projet de barrage était annoncé depuis plus d’un mois? Qui viendra nous dire que les équipes du barrage ont eu le temps de tout retirer de la zone sauf ces deux éléments, juste assez peu coûteux pour ne pas représenter une perte trop importante mais suffisamment pour donner un vernis de légitimité au retour des forces de l’ordre sur zone?
Cet incendie marque le retour des flics sur la zone et donc des affrontements.

Le lendemain, la matinée se déroule dans une ambiance familiale et festive. Cela fait drôlement plaisir de voir toutes ces bouilles de mômes courir partout, des personnes de tous les âges se balader autour de la Métairie, elle qui fût si souvent cernée par les milices en armures bleu marine. Les conférences, les témoignages, la pièce de théâtre et la cantine à prix libre, le programme se déroule sous le soleil et avec le sourire.

L’accalmie prend fin vers 16h30. Les bleus sont de retour au niveau du parking, la tension monte . Le face à face se déroule entre le parking et la colline qui remonte vers les bois. S’en suit environ 4h d’affrontements, ou plutôt de guerre asymétrique. 200 personnes à la louche, cagoulées ou non, violentes ou pas, clowns activistes et pacifistes font face à des robots en armures, boucliers, casques, et armes diverses à la main. Il parait qu’ils représentent l’ordre et la loi. Mais alors qu’est-ce qu’ils foutent là, à provoquer tout le monde? Que protègent-ils? Il n’y a plus rien à brûler ou à saboter.  Pire, qui protègent-ils?
Visiblement personne. Par contre ils attaquent, manquant de faire cramer ce qu’il reste de forêt à Sivens avec leurs grenades incendiaires. Ils provoquent des incendies à plusieurs reprises, tirs tendus de lacrymos, puis les grenades assourdissantes, désencerclantes qui fusent de toutes parts. Ils visent au milieu des personnes présentes, « dans le tas ». Plusieurs blessé.e.s sont évacué.e.s alors que ces cinglés en uniforme continuent de les canarder. Un homme en état de choc s’effondre à côté de moi, on le met sur le côté en évitant autant que possible les palets de gaz qui nous sont volontairement lancés dessus. L’équipe médic prend le relai.
Oui, on a lancé des pierres. Et peut-être que quelques-unes d’entre-elles ont frôlées leurs casques. Oui, on a envoyé des patates. Et alors quoi? C’est cela que l’on appelle le terrorisme? Nous on n’éborgne personne, et on assassine encore moins. Oui on est plusieurs à préférer rester cagoulé.e.s.
Mais c’est pour des raisons toutes simples et bien moins romanesques que ce qu’on peut laisser entendre. Le fichage est une réalité. Les robots auxquels nous faisons face sont équipés de cameras et nous filment en permanence. Ils cherchent le moindre prétexte pour faire tomber ceux qui les gênent sous la loi réservée aux terroristes. L’anonymat est un droit, et on le prend. Non, on n’a aucune envie de donner des armes supplémentaires à leur dictature. La cagoule et le choix de vêtements plutôt sombres permettent également, à l’image des zapatistes, de créer une foule unie et soudée, sans différence de sexe, de statut ou de couleur. Et puis, de façon très pragmatique, pour continuer à respirer dans un nuage gaz lacrymogène il vaut mieux avoir quelque chose sur le nez.  Voilà nos explications mais où sont les leurs? Pourquoi étaient-ils là le samedi après-midi alors que tout était calme et allait pour le mieux sur la zone? Pourquoi y avait-il plus de 40 camions de GM et une dizaine de fourgons de CRS?

Les affrontements de l’après-midi prennent fin quand, après une pause des deux côtés, les zadistes décident de partir d’eux-mêmes. On les laisse plantés là sur leur ligne stupide, sans adversaires. La soirée se déroule normalement jusqu’à 1h du matin. Sur le fameux parking il reste quelques fourgons et les bleus sont rassemblés autour. Ils ont deux grands projecteurs qui éblouissent les personnes venues voir ce qu’il se passe. Au départ elles ne sont pas nombreuses mais suite aux premiers effets d’annonce des policiers (« Gendarmerie Nationale, dispersez-vous, nous allons avoir recours à la force! ») d’autres les rejoignent. L’ordre est donné dans les rangs zadistes de ne pas tirer les premiers. « On attend qu’ils commencent, on ne fait rien avant. ».
Les premiers palets de lacrymo déchirent la nuit suivis des premières pierres. Certaines parviennent jusqu’aux carrosseries des fourgons. Le gros de la masse des personnes présentes s’éloigne un peu des grilles du parking. On y voit pas grand chose et plusieurs d’entre nous tombent dans les tranchées du chantier en courant pour échapper aux grenades. Quatre fusées d’artifice sont tirées, elles touchent le sol après avoir laissé un filament scintillant. Aucune d’entre-elles ne touche un véhicule et encore moins un flic. Par contre les grenades envoyées par le camp adverse passent très près, leurs explosions résonnent à travers la zone, ramenant le voile de la guerre sur l’ambiance festive.

J’ai quitté la zone du parking à 1h30 du matin. J’étais seule à ce moment-là. Sans binôme et fatiguée par la journée je ne me sentais plus de rester au front. J’ai passé le trajet du retour à la tente à me demander pourquoi ils étaient restés alors qu’à 20h tout était calme. Au milieu de ce face à face nocturne, j’avais peur de leurs armes et me sentais terriblement vulnérable dans mon pauvre pull à capuche.

Le lendemain matin au café on apprend la mort de Rémi. On est tous.te.s sonné.e.s, sous le choc. Puis viennent un mélange de tristesse et de rage et l’urgence d’une réponse.

Maintenant il reste beaucoup de questions. J’aimerai vraiment qu’on m’explique pourquoi il y avait des flics sur zone, surtout le samedi alors qu’il n’y avait plus rien à protéger. Personnellement je ne peux pas m’empêcher d’y voir le moyen de gâcher un weekend festif qui avait ramené du monde sur la zone du projet. Je ne peux pas croire que les promoteurs du barrage aient pu oublier ou ne pas avoir le temps de sortir l’Algeco et le générateur avant le rassemblement. Rémi semble être la victime d’une stratégie de pyromanes et de flics à qui cela fait bien longtemps qu’on a donné carte blanche sur cette zone.

C a m i l l e

Source : idem.

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Le collectif pour la sauvegarde de la zone humide :

Premières réactions du Collectif après le décès d’un manifestant

Rémi, 21 ans, venu défendre la zone humide du Testet, est mort dans la nuit du 25 au 26 octobre à proximité du parking du chantier du barrage de Sivens. Le Collectif présente toutes ses condoléances à sa famille et à  des proches.

Les causes du décès ne sont pas encore connues, nous espérons que l’enquête sera menée avec la plus grande transparence pour que toute la lumière soit faite sur ce drame. Comme nous l’avons fait savoir dès le dimanche matin, nous sommes à la disposition des enquêteurs pour faciliter si besoin leur travail.

Nous allons indiquer sur cette page les premières réactions du Collectif (des plus récentes au plus anciennes).

Communiqué du 26/10 à 17h30

Suite au décès d’un opposant au barrage de Sivens cette nuit sur le site du chantier, le Collectif demande au Conseil Général et à la Préfecture du Tarn de favoriser l’apaisement sur place et de respecter le temps de deuil pour la famille, les proches et les opposants en suspendant le chantier du barrage de Sivens.

Etant donné le nombre important d’opposants restés à la ferme occupée de la Métairie Neuve, toute présence des forces de l’ordre sur le site du chantier serait considérée comme une provocation. Une enquête est en cours et rien ne doit venir la perturber. Les occupants ont sécurisé la zone où ont eu lieu des affrontements cette nuit afin que les enquêteurs puissent recueillir des éléments d’enquêtes notamment là où une tâche de sang est visible. Le Collectif se tient prêt à jouer un rôle de médiateur pour que les enquêteurs puissent accéder au site sans tensions.

Pour sa part, face à un fort sentiment de colère des manifestants encore sur place, le Collectif Testet appelle l’ensemble des opposants au calme et au respect du deuil. Il faut éviter une escalade de la violence et le Collectif tentera par tous les moyens à sa disposition de contribuer à cela.

Ben Lefetey, porte-parole (06 99 26 60 66)

Après entretien téléphonique avec l’AFP, dépêche du 26 octobre 2014 12:27 :

Barrage contesté dans le Tarn: un mort lors d’affrontements, selon les opposants

Un homme est décédé dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn), a annoncé la préfecture, les opposants affirmant que la mort est survenue « dans le contexte d’affrontements » avec les gendarmes.

« Selon les premiers éléments que nous avons recueillis, la mort a eu lieu dans le contexte d’affrontements avec les gendarmes. Nous ne disons pas que les forces de l’ordre ont tué un opposant mais un témoin nous a dit que le décès s’était passé au moment d’affrontements », a déclaré à l’AFP par téléphone Ben Lefetey, porte-parole du collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet, qui regroupe la majeure partie des opposants au projet de barrage.

« Un témoin dit avoir vu quelqu’un s’effondrer lors d’affrontements et être enlevé par les forces de l’ordre », a ajouté M. Lefetey.

« On mène l’enquête et nous allons coopérer avec les enquêteurs », a-t-il souligné.

Contactée, la préfecture n’a pas voulu faire de commentaire.

Quelques heures auparavant, elle avait annoncé dans un très bref communiqué que, « vers 2 heures du matin, le corps d’un homme (avait) été découvert par les gendarmes sur le site de Sivens ». « Les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement mais n’ont pu que constater le décès de la victime. Une enquête a été ouverte sous l’autorité du procureur d’Albi afin de déterminer les causes du décès et l’identité de la victime », ajoute le texte qui ne donne aucun autre élément.

Le procureur de la République à Albi était injoignable.

Interrogé par l’AFP, le lieutenant-colonel Sylvain Renier, commandant du groupement de gendarmerie du Tarn, n’a pas voulu faire de commentaire sur le décès.

Le responsable, qui gérait sur place les opérations de gendarmerie lors des échauffourées de samedi soir, a simplement indiqué que le calme était revenu « vers 21h ».

Il a précisé que sept membres des forces de l’ordre avaient été blessés mais que les pompiers ne lui avaient fait état dans la soirée d’aucun blessé dans le camp adverse.

- « Anarchistes » -

Selon le lieutenant-colonel, « 100 à 150 anarchistes encagoulés et tout de noir vêtus ont jeté des engins incendiaires » et autres projectiles aux forces de l’ordre encadrant une mobilisation de « 2.000 » opposants qui, elle, est restée pacifique, selon lui.

Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de flash-balls, a-t-il ajouté.

Il a précisé que des négociations avaient été entamées, en vain, entre un représentant pacifique des opposants à la construction du barrage de Sivens et un des assaillants qui avait alors dit qu’ils se réclamaient de « l’anarchisme ».

M. Lefetey a dit ne pas être en mesure de confirmer les affirmations des gendarmes selon lesquelles les assaillants s’étaient présentés comme des anarchistes. Il a simplement évoqué « des radicaux qui voulaient s’attaquer aux équipements de chantier ».

Selon une source proche de l’enquête, la personne décédée est un « homme âgé d’une trentaine d’années qui faisait partie de ceux qui étaient au milieu des échauffourées hier soir » (samedi).

Le projet de barrage-réservoir d’1,5 million de m3 d’eau stockée fait de plus en plus figure de « Notre-Dame-des-Landes du Sud-Ouest », en référence à cette commune de Loire-Atlantique, où une importante mobilisation a provoqué le gel en 2012 de la création d’un nouvel aéroport.

Depuis le début des travaux de déboisement le 1er septembre, les échauffourées et les rassemblements se sont multipliés aux alentours du chantier.

La retenue d’eau est portée par le conseil général du Tarn, qui assure qu’il est indispensable pour irriguer les terres agricoles alentour et qu’une autre zone humide sera recréée.

Les opposants dénoncent un projet coûteux qui, selon eux, ne servira qu’à irriguer les terres d’un petit nombre d’exploitants pratiquant une agriculture intensive.

Ils ont reçu l’appui de l’ancienne ministre Cécile Duflot, des députés écolos Noël Mamère et José Bové, et du dirigeant du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, qui a participé samedi à la mobilisation de 2.000 personnes, la plus importante depuis le début du mouvement.

Un rapport d’experts, commandité par la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, doit être rendu public la semaine prochaine.

Communiqué de presse de la Préfecture le 26 octobre 2014 avant 10h :

Cette nuit, vers 2 heures du matin, le corps d’un homme a été découvert par les gendarmes sur le site de Sivens. Les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement mais n’ont pu que constater le décès de la victime.

Une enquête a été ouverte sous l’autorité du procureur d’Albi afin de déterminer les causes du décès et l’identité de la victime.

Source : Site du collectif.

 

oct 272014
 
04

appel – un camarade tué au Testet – depuis la ZAD NDDL

Un camarade tué au Testet  : Appel à manifester contre la violence d’Etat
Rassemblements dans l’ouest ce lundi  :

  • Nantes 18h devant la préfecture + RV pour informer et préparer dès 15h place du Bouffay
  • Rennes 18h sur la place de la Mairie
  • Redon 18h30 place de la liberté
  • Angers 18h devant la préfecture
  • St Brieuc 18h à la Préfecture
  • Brest 18h à la Préfecture
  • Poitiers 18h30 devant l’hôtel de ville
  • Caen 18h devant la Préfecture

Pendant la nuit de samedi à dimanche un manifestant, Rémi, a été tué au cours des affrontements qui se sont déroulés lors du rassemblement contre le barrage de sivens au Testet. Environ 7000 personnes ont convergé sur la zad du Testet après des mois d’attaques policières, de destruction de la zone humide et des habitats de ceux qui la défendaient. En fin d’après midi puis plus tard dans la nuit, des dizaines de personnes s’en sont pris aux forces de l’ordre qui protégeaient le chantier. Elles souhaitaient ainsi marquer leur colère et retarder la reprise des travaux, initialement prévue pour lundi. Elles ont été repoussées à coups de flashballs, de grenades assourdissantes, de désencerclement et de gaz lacrymogènes. D’après les témoignages des camarades du Testet, la personne décédée se serait écroulée suite à des tirs de grenade puis aurait été emmenée par les forces de l’ordre. La Préfecture affirme ne rien vouloir déclarer à ce sujet avant le résultat public de l’autopsie lundi. Le gouvernement a déjà commencé à stigmatiser les manifestants, et tente de diviser pour noyer le poisson. Mais ils savent bien que, quoi qu’ils fassent, cette mort aura des conséquences explosives.

Ce décès révoltant n’est malheureusement pas suprenant dans ce contexte. A Notre dame des landes, au Testet et partout où nous nous opposons à leurs desseins, nous avons dû faire face au déploiement crû de la violence d’Etat. Si nous avons bien compris de notre coté que nous ne pouvions nous contenter de les regarder docilement détruire nos vies, eux ont démontré qu’ils ne nous feraient aucun cadeau. Pendant les mois d’expulsion de la zad de Notre Dame des Landes, de nombreux camarades ont été blessés gravement par des tirs de flasballs et grenades. Sur la seule manifestation du 22 février 2014 à Nantes, 3 personnes, visées à la tête par des flashballs ont perdu un œil. Depuis des semaines au Testet plusieurs personnes ont été blessées elles aussi et d’autres accidents tragiques ont été évités de justesse lorsque des opposants se sont faits délogés, notamment des cabanes qu’ils avaient construites dans les arbres. Pourtant c’est bien, entre autre, parce que des milliers de personnes se sont opposées physiquement aux travaux, aux expulsions, à l’occupation policière de leurs lieux de vie que le projet d’aéroport de Notre dame des landes est aujourd’hui moribond, et que le barrage du Testet et ceux qui devaient lui succéder sont largement remis en question. C’est cet engagement en acte qui a donné une puissance contagieuse à ces luttes et qui menace partout aujourd’hui l’aménagement marchand du territoire.

Plus quotidiennement la répression s’exerce face à ceux qui luttent dans les prisons, dans les quartiers et dans les centres de rétention et entraîne là aussi son lot de morts trop souvent oubliées, plusieurs dizaines chaque année. Face aux soulèvements et insoumissions, la démocratie libérale montre qu’elle ne tient pas seulement par la domestication minutieuse des individus et des espaces de vie, ou par les dominations économiques et sociales, mais aussi par un usage déterminé de la terreur.

Nous appelons à occuper les rues et lieux de pouvoir partout dès demain, pour marquer notre tristesse, saluer la mémoire du camarade tué ce samedi et pour exprimer notre colère face à la violence d’Etat. Nous ne les laisserons pas nous tuer avec leurs armes dites « non léthales ». Réagissons avec force pour qu’il y ait un avant et un après cette mort. Affirmons plus fort que jamais notre solidarité avec tous ceux qui luttent au Testet et ailleurs contre leurs projets guidés par les logiques de contrôle et de profit,barrage de sivens mais aussi avec tous ceux qui tombent plus silencieusement sous les coups de la répression partout ailleurs. Nous ne nous laisserons ni diviser ni paralyser par la peur. Nous continuerons à vivre et lutter sur les espaces qu’ils rêvent d’anéantir, et à leur faire obstacle.

Nous ne laisserons pas le silence retomber, nous n’oublierons pas ! 

Des occupant-e-s de la zad de Notre dame des Landes

Une seconde manifestation sera sans doute appelée ce samedi à 14h

Pour plus d’infos http://zad.nadir.org – http://nantes.indymedia.org

Traductions :
– Grec : gr.contrainfo.espiv.net/2014/10/26/france-un-manifestant-tue-au-testet/
– Espagnol : es.contrainfo.espiv.net/2014/10/26/francia-manifestante-muerto-en-enfrentamientos-con-la-policia-en-la-zad-de-testet

Link_go http://zad.nadir.org/spip.php?article2684

 

sept 112014
 
fric flic

Nous faisons suivre ce communiqué des gens en lutte contre le barrage de Sivens, dans le Tarn, et qui font face à une opération policière pour évacuer la zone et commencer les travaux.

Plus d’infos sur leur site: http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

 

[Mardi 9 Septembre] Bilan de la journée

Comme on en a marre de regarder tomber les arbres et de se faire défoncer en forêt, on a délocalisé la lutte aujourd’hui.

Action au Conseil Général. On est allé à Albi s’inviter dans les locaux du Conseil Général, en espérant que notre action allait faire revenir Carcenac (Thierry) de Paris pour nous rencontrer. On entre comme dans du beurre de tous les côtés et on met une belle pagaille en hurlant « Moratoire » et autres slogans bien sentis, en reconstituant dans l’escalier central une forêt avec les plantes en pot qui trainent de ci delà et en brassant le secrétariat de Thierry  pour obtenir un rendez vous et présenter nos revendications. 2-3 tags de-ci de-là et discussions avec le personnel.

Après un bon moment, on sent que la situation se tend, apparemment des ordres sont arrivés (on va dialoguer enfin ?) et des gars de la BAC, moins cool que la police municipale, se mettent en action en entreprenant de dégager le couloir menant au bureau de Thierry, bloqué par des copains et copines assises. Du coup, cela se met à chauffer. Comme c’est plus dur sans lacrymos et flashball, les flics nous jettent littéralement jusqu’à l’escalier. Là, on s’agrippe àr Guillaume Cros, un élu de la région qui nous suit depuis qques jours et qui fait rempart de son corps. Il est lui aussi balancé dans l’escalier. Confusion. Bousculade. Matraque. Echange de coups.  Un copain embarqué.

Puis cela se calme à nouveau, on est assis dans l’escalier, on bouge plus. Puis, c’est reparti, on se fait jeter manu miltari dans les escaliers. De dépit, on recule en résistant pacifiquement un max et en arrachant au passage les affiches de l’expo Jaurès qui sont là (le pauvre a du se retourner dans sa tombe plus d’une fois dans la matinée). On finit en montant au grillage et en chantant, avant de pique-niquer devant les portes closes.

Désolé Thierry pour les 2-3 pots de fleurs et les 2-3 tags, force est de constater que l’on n’a pas encore le niveau de la FNSEA niveau « saccage » !

Sur le site. Les GMs (toujour saussi énervés) et machines sont arrivés tôt. Le GIGN était là aussi et a délogé  les grimpeurs aux Perches (plates-formes à 18 mètres de haut, au centre du site). La caravane de la Bouille est expulsée mais on avait déjà déménagé pas loin.

Ailleurs. Avec les copains du Testet et les gendarmes d’Albi (sympas), visite au barrage de Fourrogues, sur la Vère. Construit par la CACG pour le CG puis déclaré illégal. Thierry a dit à son sujet « ce barrage n’existe pas ». Donc on a commencé à  démonter ce barrage hirs-la-loi. Quand nous serons des milliers sur le site, on s’y mettra plus sérieusement.

Demain. On attend du monde, si vous n’êtes dans aucune des actions prévues, RV à Barat à 5h du mat’.

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