Anti-THT : L’opération GILBERT, condensé des savoir-faire de la gendarmerie

 Posted by on 20 octobre 2013 at 17 h 50 min  Actualité locale  Commentaires fermés
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L’opération GILBERT, condensé des savoir-faire de la gendarmerie.

 

Qu’est-ce que l’opération Gilbert ?     Gilbert est le  nom donné au dispositif renforcé de sécurisation du chantier de construction de  la ligne Très haute tension (THT) Cotentin – Maine, déployé par la gendarmerie  du 29 juillet au 2 septembre 2012 afin de  prévenir les dégradations et autres actions coups de poing des militants  anti-THT.

Quelles ont  été les clés de la réussite de cette opération ?     L’unicité du commandement,  confié à la région zonale de gendarmerie, a permis de gérer et de coordonner  efficacement les moyens humains et matériels. La qualité des procédés de la  gendarmerie en termes d’organisation, de recueil du renseignement et de  capacité de réaction a également été un atout majeur.

Le Centre de  planification et de gestion de crise (CPGC) a-t-il joué un rôle important ?     Incontestablement. Dès le mois  d’avril, trois officiers du CPGC sont venus apporter leur aide pour la  conception de la manœuvre sur les plans opérationnel et logistique. Ils ont pu  partager leur expérience acquise lors des grands évènements, notamment dans le  domaine des systèmes d’information et de communication.

 

Maîtrise du terrain, coordination et réactivité optimale pour la sécurisation de la ligne THT     par ALAIN GIORGIS

ALAIN GIORGIS

Général de corps d’armée Alain  Giorgis, officier de gendarmerie, commandant la région de gendarmerie Bretagne  et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Ouest.

En  2012, entre les Jeux olympiques de Londres et les migrations estivales,  l’opération Gilbert est presque passée inaperçue, mis à part quelques  articles en pages régionales ou locales. Pourtant, près de 300 gendarmes ont manœuvré  pendant plus de 5 semaines face à des militants antinucléaires et aux membres  de la mouvance anarcho-autonome, déterminés à bloquer la construction de la  ligne THT entre le Cotentin et le Maine.     Retour  sur cette opération couronnée de succès grâce à la mise en œuvre de procédés et  savoir-faire internes à la gendarmerie.
Au deuxième semestre 2011, la société Réseau transport  électricité (RTE) entame la construction d’une ligne THT (2 x 400 000 volts) entre Flamanville et Laval afin  d’améliorer l’approvisionnement en énergie du Grand Ouest et de faire face à  une demande croissante d’électricité. Cette ligne THT, appelée Cotentin -  Maine, puisqu’elle relie ces deux territoires sur 163 km avec 414 pylônes,  traverse quatre départements (la Manche, le Calvados, l’Ille-et-Vilaine et la  Mayenne) et trois régions (la Haute-Normandie, la Bretagne et les  Pays-de-Loire). Elle se situe entièrement en zone gendarmerie. L’opposition se  manifeste d’abord dans les domaines administratifs et de la communication avec  des rassemblements sur les sites concernés. Elle se radicalise progressivement,  notamment avec des dégradations sur les pylônes en construction.

300 militaires militaires vont tenir 24 heures sur 24 les 28 kilomètres de ligne THT et les 135 autres kilomètres de ligne.

À partir du début de l’année 2012,  pratiquement toutes les semaines et principalement de nuit, des pylônes sont  sciés ou déboulonnés, des matériels de chantiers et des embases de pylônes sont  incendiés ou endommagés. Une centaine de faits sera identifiée en quelques mois  pour un montant total de dégâts évalué à près d’un million d’euros.     Les 28 premiers kilomètres de la  ligne THT, classés en Zone d’action prioritaire (ZAP), doivent être construits  entre le 29 juillet et le 3 septembre 2012, à la faveur de l’arrêt provisoire  d’une tranche de la centrale de Flamanville mais aussi au regard du besoin plus  faible en électricité en période estivale. L’énergie produite par la  centrale nucléaire transitera provisoirement, pendant le temps de la  construction de ce tronçon, par la ligne Flamanville – Caen. Le réacteur  nucléaire doit obligatoirement redémarrer le 3 septembre et il est impératif  que ces 28 km soient construits au risque de reporter le projet d’une année.     Compte tenu des enjeux nationaux – approvisionnement  en énergie du Grand Ouest et arrêt d’une tranche de la centrale nucléaire – et  des dégradations perpétrées, le directeur général de la gendarmerie nationale  décide, en mars 2012, de confier au général de division Alain Giorgis,  commandant la région  de gendarmerie de Bretagne, commandant la gendarmerie pour la Zone de défense  et sécurité Ouest (ZDSO), la coordination des forces pour la période critique.

L’opération Gilbert (1) est lancée. La mission du commandant de la ZDSO est de superviser,  pour la gendarmerie, les opérations et la logistique entre le 24 juillet et le  3 septembre. L’ordre initial est le suivant : « contrôler les 28 kilomètres  du chantier de la ligne THT situés entre le poste de Taute (50) et Le Guislain  (50), en faisant effort sur l’intégrité des infrastructures et matériels  indispensables au bon déroulement des travaux, lors de la phase critique du  mois d’août 2012. Être en mesure de réagir sur les événements affectant le  chantier THT entre Le Guislain (50) et Oudon (53), en particulier sur le  secteur du Chefresne (50) ».

Récit  d’une mission réussie     Entre les 21 et 24 juin 2012, un mois avant la date du  début des opérations, les antinucléaires rejoints par des anarcho-autonomes, se  rassemblent dans un bois, prêté par un opposant au projet de construction près  de la commune du Chefresne au sud de Saint-Lô. Durant ces 3 jours, plus de 300  individus très déterminés et organisés vont affronter les forces de l’ordre  (trois escadrons de gendarmerie mobile et  une compagnie républicaine de sécurité) et tenter de dégrader les pylônes en  construction tout en cherchant à créer une tribune médiatique autour de leur  camp. Les échauffourées impliquent l’emploi de grenades offensives et  lacrymogènes et se traduisent par plusieurs blessés légers parmi les gendarmes.  Au final, grâce à un contrôle efficace de la zone 24 heures sur 24 et une  grande réactivité des unités, la détermination des opposants et leurs capacités  de nuisance sont vaincues. Ces trois jours particulièrement tendus, appelés par  les manifestants « la bataille de Montabot », vont permettre de mesurer  le fort engagement des opposants et de dimensionner le dispositif pour le mois d’août.     À compter du 24 juillet 2012, un  Poste de commandement opérationnel (PCO) est activé au sein du Groupement de  gendarmerie départementale de la Manche (GGD50) à Saint-Lô, dans un bâtiment  indépendant du Centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie (Corg  50). Ce PCO permet au GGD50 de continuer à assurer ses missions de sécurité  publique au quotidien, notamment dans une période où les stations balnéaires  sont très fréquentées. L'ensemble des 163 km concernés se trouvait en zone gendarmerie.    Du 28 juillet au 4 septembre, un groupement tactique et  trois escadrons de gendarmerie mobile de la ZDSO, renforcés par une trentaine de  gendarmes départementaux extérieurs au département de la Manche et des  réservistes opérationnels, assurent la mission fixée de protection des 28 km et  de contrôle des 135 autres kilomètres. Ces 300 militaires vont tenir 24 heures  sur 24 le tronçon sensible, empêchant toute initiative des opposants et  permettant aux entreprises de RTE de travailler en toute tranquillité.     Le 3 septembre, le réacteur nucléaire est réactivé, les  pylônes des 28 km stratégiques sont montés. Aucune dégradation importante n’est  constatée malgré un harcèlement régulier de jour comme de nuit sur l’ensemble  des 163 km. Des savoir-faire spécifiques, que ce soit au niveau de la  coordination entre les services concernés ou quant à la manœuvre elle-même, ont  contribué au succès de la mission.

Coordination zonale et  subordination     L’ensemble des 163 km de ligne concernés se trouvait en  zone gendarmerie et impliquait trois régions et quatre groupements de  gendarmerie départementale. C’est donc tout naturellement que le directeur  général a désigné le commandant de la ZDSO comme responsable des opérations. En  effet, le choix de la coordination s’imposait au niveau de la zone, d’autant  que le correspondant naturel du général commandant la ZDSO est le préfet de  zone et son préfet délégué à la défense et à la sécurité. Par ailleurs, le  statut militaire et son corollaire, le fondement hiérarchique, ont permis un  travail harmonieux avec les deux autres commandants de région et les quatre  commandants de groupement concernés.     Sur le plan opérationnel, un PCO a été activé, 24 heures  sur 24, pour la circonstance pendant six semaines, indépendamment du Corg 50  afin de ne pas perturber le fonctionnement de celui-ci à une période sensible  marquée par les Jeux olympiques de Londres et les renforts saisonniers  estivaux. C’est vers ce PCO que tous les renseignements et le suivi des  patrouilles – près d’une centaine par jour – convergeaient. La conception de la  manœuvre et la réaction aux événements ont été également pilotées à partir de  ce centre névralgique. Armé par deux officiers et deux sous-officiers en  permanence, il disposait des moyens d’alerte et de renseignement nécessaires,  notamment en matière de télécommunications, pour activer les unités sur le  terrain.     Sur le plan des effectifs, cette  opération a nécessité une véritable « génération de forces ». Après  validation de la manœuvre par le directeur général puis par le cabinet du  ministre de l’Intérieur, un groupement tactique de gendarmerie mobile et trois  escadrons ont été déployés ainsi que des renforts en réservistes. L’appui de  gendarmes départementaux, à la charge des deux régions les plus concernées  (Bretagne et Basse-Normandie), a également été sollicité. Là encore, des  discussions ont été conduites entre les trois régions pour définir la  participation de chacune. Au total 300 militaires ont été engagés dans  l’opération Gilbert.     Trois  mois ont été nécessaires pour organiser l’hébergement et l’alimentation de ces militaires  dans une période où les locations estivales et les réservations d’hôtels  battent leur plein. Le service logistique de la région de Basse-Normandie à  Caen est venu appuyer le groupement de la Manche, insuffisamment dimensionné  pour une telle opération. Deux escadrons ont été hébergés dans un lycée  agricole près de Saint-Lô afin de manœuvrer au profit de la zone prioritaire  des 28 km. L’escadron de Mayenne, absent de la résidence pour une mission de  longue durée, a accueilli le troisième, chargé de travailler au plus près de la  zone sud de la ligne. Tout était prévu pour alimenter les unités à tout moment.  Par ailleurs, des moyens en véhicules spécifiques, pris sur la dotation des  trois régions, ont été mis à la disposition des militaires : une quinzaine de  trafics, neuf motos tout-terrain pour surveiller au plus près les pylônes et  trois véhicules Lapi pour l’identification des véhicules.Près de 300 gendarmes ont été mobilisés pour l'opération Gilbert permettant aux entreprises de travailler sereinement sur les lignes THT. Enfin,    s’agissant d’une mission de contrôle de zone en milieu  rural, le ministère de l’Intérieur a privilégié l’emploi d’escadrons équipés de  leurs camions tactiques (TRM 2000), dont ne disposent pas les CRS. C’est donc  un parc d’une centaine de véhicules qu’il a fallu soutenir et protéger.     Dans  le cadre de cette opération, la gendarmerie a également exercé la plénitude de  ses prérogatives en termes de police judiciaire. En effet, au-delà de la  mission d’ordre public, chaque fait constaté (obstruction, dégradation, etc.) a  fait l’objet d’une procédure, soit à la suite d’un dépôt de plainte, soit  d’initiative. Au regard du grand nombre d’unités sollicitées sur les quatre  départements, une coordination à deux niveaux s’est vite révélée indispensable,  afin d’optimiser le travail de chacun et d’éviter aussi bien les doublons que  les oublis. Chaque groupement de gendarmerie départementale concerné, ceux de  la Manche et de la Mayenne en particulier, a créé un groupe d’enquête, composé  de militaires issus tant des unités territoriales que des unités de recherches,  chargé de collationner les procédures, de les reprendre à son compte en liaison  avec les unités territoriales. L’objectif était de mieux gérer la relation avec  les magistrats et de permettre aux brigades de se consacrer à leur travail  quotidien. Au niveau zonal, l’officier adjoint chargé de la police judiciaire,  assisté des militaires du bureau police  judiciaire de la région Bretagne a assuré la coordination, pour la conduite des  différentes opérations, avec les échelons supérieurs (DGGN) ainsi qu’avec les  magistrats, afin d’obtenir une réponse pénale cohérente par les tribunaux de  grande instance concernés. Enfin, il a mis à disposition des enquêteurs, des  militaires de la section appui judiciaire de la région, qui, au moyen du logiciel  Anacrim, ont mis en exergue les éléments pouvant permettre d’interpeller et  d’incriminer les auteurs.

Rôle important du CPGC dans la  conception de la manœuvre     À l’occasion de cette mission d’intérêt national, la  direction des opérations et de l’emploi de la DGGN a mis à la disposition du  commandant de la ZDSO plusieurs militaires du Centre de planification et de  gestion de crise (CPGC). Cette structure récente, créée en 2008, permet de  projeter des gendarmes (officiers et sous-officiers) spécialisés dans la  gestion d’une crise de courte durée comme lors de la tempête Xynthia en 2009,  ou de plusieurs mois comme le tremblement de terre en Haïti en 2010. Ces  militaires sont également spécialisés dans la conception du volet sécurité des  événements nationaux ou internationaux programmés, comme le sommet de l’Otan à  Strasbourg en 2010, le G8 de Deauville en mai 2011 ou le G20 de Nice en  novembre 2011. Ils permettent de renforcer les structures des groupements, des  régions, voire des     zones qui ne sont pas adaptées, pour  faire face à des événements importants et qui doivent continuer à oeuvrer au  quotidien. Bien équipées en matériels de haute technologie, armées par des  officiers et sous-officiers sélectionnés pour leur compétence, ces task  force apportent une aide indispensable au commandement local. Elles ont  l’avantage également de travailler en totale autonomie sans perturber le  fonctionnement normal de l’unité bénéficiaire.     Ainsi, pour l’opération Gilbert, quatre  officiers du CPGC sont intervenus dès la désignation de la ZDSO pour apporter  leur expertise sur la conception de l’opération. Travaillant en étroite liaison  avec les bureaux de l’état-major zonal, ils ont proposé au commandant de la  ZDSO un projet d’ordre d’opération qui a été validé par le cabinet du ministre  de l’Intérieur. Des officiers spécialistes en logistique sont ensuite venus  appuyer les services de la zone pour préparer l’Ordre administratif et  logistique (OAL), document de référence pour la montée en puissance des moyens  (véhicules et matériels), du PCO et des forces. Puis, quelques officiers et  sous-officiers sont intervenus dans la création du P.C. à Saint-Lô. Leur  expertise a été particulièrement appréciée et notamment leur expérience, très  utile pour la mise en œuvre des Systèmes d’information et de communication  (SIC). EnLe ministère de l'Intérieur a privilégié l'emploi d'escadrons de gendarmes mobiles équipés en véhicule tactique TRM.fin, pendant les     trois premiers jours de l’activation du PCO (fin  juillet), ils ont accompagné les équipes de commandement pour leur prodiguer  leurs conseils. Le CPGC a contribué notablement au succès de l’opération Gilbert.  Dès le début du mois de septembre 2012, il se mettait à la disposition du  colonel Frédéric Boudier, commandant le groupement de la Loire-Atlantique pour  l’opération liée à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Montée  en puissance, organisation, tactique et innovation     Dès la validation de l’OAL, la « génération de forces  » se met en place : composition et armement du PCO et de ses différentes  cellules, désignation des responsables logistiques, recherche des structures  d’hébergement et d’alimentation, contact avec les trois escadrons désignés et  sollicitation d’une cinquantaine de réservistes en mesure d’assurer la mission  sur plusieurs semaines. Cette montée en puissance s’exerce dans la plus grande  discrétion et en évitant de perturber les groupements de la Manche et de la  Mayenne les plus concernés par l’opération.     Puis il a fallu mettre en place une  tactique. En effet, contrôler une zone de 163 km de long sur quelques  kilomètres de large avec 414 pylônes et tenir plus particulièrement une zone  prioritaire de 28 km, H 24, pendant 5 semaines en milieu rural, s’apparentaient  fortement à une manœuvre militaire. C’est donc un contrôle de zone très fin,  coordonné par le PCO de Saint-Lô, qui a été mis en œuvre et a permis à la  société RTE de mener à bien la construction de ses pylônes notamment dans la  zone prioritaire. Les gendarmes ont mis en application durant cette opération  les réflexes militaires et les postures opérationnelles observés sur les  théâtres extérieurs.     L’opération Gilbert a également nécessité une  capacité d’innovation pour s’adapter aux contraintes particulières non  seulement dans le domaine des SIC mais aussi de l’aéromobilité. En effet, le  département de la Manche est un pays de bocage où les liaisons ne passent pas  toujours bien. Or, la manœuvre reposait sur la capacité à renseigner en tout  temps et tout lieu, afin de réagir aux événements et aux situations.  L’engagement opérationnel fin juin contre les     300 opposants installés sur la  commune     du Chefresne avait clairement montré  les problèmes de liaisons et ses conséquences en matière de renseignement et de  manœuvre. Les personnels SIC, conseillés par les militaires du CPGC, ont réussi  à résoudre ces difficultés et ont permis ainsi à l’opération de se dérouler  dans de bonnes conditions. Par ailleurs, l’expérimentation d’un appareil Ultra  léger mobile (ULM) a permis de tester ce type de moyen très complémentaire de  l’hélicoptère. En effet l’hélicoptère de la gendarmerie, compte tenu de ses  dispositifs de détection et de renseignement, était utilisé de préférence la  nuit ou le jour pour des repérages en toute discrétion et prioritairement sur  la zone des 28 km. L’ULM a été réservé pour la surveillance des autres 135 km,  moins sensibles, mais pour lesquels une vigilance était nécessaire.     En conclusion, l’opération Gilbert a été une  opération exemplaire sur le plan de la coordination notamment interservices et  a confirmé toute la place de la région zonale de gendarmerie dans la gestion  d’événements de grande ampleur. Elle a permis également à la gendarmerie de  montrer ses savoir-faire spécifiques liés à son statut de force armée et ses  capacités de conception, de gestion de la logistique et de génération de  forces.

(1) Nom donné en référence au savant anglais du XVIe siècle,  William Gilbert, qui s’est intéressé au phénomène d’électricité statique et a  donné le nom d’électricité au phénomène observé lorsqu’il frottait de l’ambre.

 

Source :  Percy sous tension repris de la revue de la Gendarmerie Nationale (juin 2013.)

Contre un local EDF à Rennes.

 Posted by on 14 octobre 2013 at 21 h 58 min  Actualité nationale  Commentaires fermés
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Attaque contre un local EDF à Rennes

Le 13 octobre 2013, une attaque contre un local EDF rennais a eu lieu.

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Notre but : opacifier la vitrine nucléaire afin de montrer sa vraie apparence. L’apparence d’une industrie de trop, dirigée par des incapables aveuglé-e-s par leurs nombrils en forme de dollars. N’ayons pas confiance en ces nucléocrates qui nous parlent de sûreté, et par ailleurs lancent une commande de cocottes-minute (miam-miam) pour transporter des matières radioactives dans leurs usines de mort, ou encore cherchent à cacher leurs déjections nucléaires comme l’on recouvrirait un étron dans la forêt.

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Plutôt que de parler d’un problème de déchets ou de sûreté, luttons contre le problème de la gestion de l’énergie électrique par l’État. Le seul progrès de ce système, c’est celui de ses tentacules qui aseptisent, contrôlent de plus en plus nos vies. Heureusement, les membres de cette pieuvre sont palpables et, de fait, attaquables : lignes Très Haute Tension, trains de déchets nucléaires, projet de centre d’enfouissement de Bure, compteurs intelligents “Linky” qui fliquent notre consommation électrique, etc…

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La décentralisation et l’autonomie énergétique sont possibles, il suffit de le vouloir. Mais cela est insuffisant ; l’attaque acharnée contre le nucléaire et le monde qui l’engendre est plus que nécessaire, de tout temps et en tout lieu.

Que trépassent Vinci, Areva, RTE, leurs consorts, leurs milices !

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La molette sans Molesse ! – 14 octobre 2013

Dans la brume électrique.

 Posted by on 5 septembre 2013 at 16 h 36 min  Actualité locale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés
sept 052013
 
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Dans la brume électrique.

Petit film très citoyen sur la construction de la ligne THT-Cotentin Maine :

http://vimeo.com/70955700

 

Film réalisé par David Humbert (il présente son travail ci-dessous), Sylla Saint-Guily et Nicolas Bazeille.

Ce film documentaire a été réalisé dans le cadre du master de journalisme scientifique de l’université Diderot Paris 7.
Nous comptions à l’origine angler notre propos sur les problèmes sanitaires et vétérinaires que peuvent provoquer les lignes à très haute tension. Lors de notre enquête préliminaire, nous nous sommes vite rendu compte qu’il serait plus intéressant de relater la mise en place de la ligne et la manière dont l’État, en la personne du Préfet, a géré l’opposition de certains citoyens défendant leurs droits et leurs propriétés.

Sa présentation aux festivals « Champ Contrechamp » de Lasalle (30) et « Caméra des Champs » de Ville-sur-Yvron (54) a suscité un vif intérêt auprès des jurys et du public. Il a provoqué de nombreuses questions, notamment sur les événements qui se sont déroulés au Chefresne, la pression psychologique orchestrée par la préfecture et la position des agriculteurs face à RTE.

David Humbert.

 

Source : Percy sous tension.

 

sept 052013
 
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Nucléaire : menaces visant des pylônes de lignes THT reçues par plusieurs préfectures du Sud-Est.

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Des anti-nucléaires ont adressé à plusieurs préfectures du Sud-Est des courriers accompagnés de boulons, menaçant de déboulonner des pylônes supportant des lignes à très haute tension, un avertissement pris au sérieux par RTE, a-t-on appris mercredi de sources concordantes. Des courriers similaires ont été adressés à des médias, notamment France Bleu, Midi Libre et le Dauphiné Libéré. Les préfectures des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, du Gard et de la Drôme ont été destinataires de la missive, reçue mardi, jour anniversaire du bombardement atomique sur la ville japonaise d’Hiroshima en 1945, ont-elles précisé à l’AFP. « Une enquête est en cours », confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Marseille par le parquet, a-t-on appris auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône. « Hier (mardi, ndlr) dans la journée, un agent de la sous-préfecture de Nyons (Drôme) a trouvé le colis avec une lettre et un gros boulon » a précisé pour sa part la préfecture de la Drôme. Interrogée par l’AFP, Catherine Greiveldinger, directrice régionale Sud-Est de RTE (Réseau de transport d’électricité), a affirmé que les boulons reçus par les préfectures ressemblaient « à ceux que l’on utilise, sachant qu’un pylône en comporte entre 650 et 900 ». « On a fait un contrôle visuel de nos lignes sur les points stratégiques entre hier (mardi, ndlr) et aujourd’hui (mercredi, ndlr), et nous n’avons pas pour l’instant trouvé de boulon manquant », a-t-elle ajouté. Mais, étant donné les « risques de chute » et l’illégalité de tels actes, RTE va probablement porter plainte, a précisé Mme Greiveldinger. Les auteurs anonyme de la lettre affirment que « parce que leur nucléaire n’est pas plus sûr qu’il n’est transparent, nous déboulonnons et nous déboulonnerons les pylônes THT ». Le courrier ajoute que cette action est menée « par solidarité avec les victimes civiles et militaires de la dictature nucléaire ». Selon eux, un « rapport des renseignements généraux adressé à EDF en 1983 » stipule que « La situation risque d’être grave, car si l’on peut protéger les centrales nucléaires par des barbelés et des pelotons de CRS, ce n’est pas le cas des pylônes ».

 

Source : AFP, le 7/08/2013.

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Communiqué du 7 août 2013

 

Déboulonnage de pylônes électriques THT : l’Observatoire du nucléaire aide les enquêteurs

Des boulons ont semble-t-il été dévissés sur des lignes THT (Très haute tension) dans le Sud-est de la France, et cette action aurait été revendiquée par le biais d’un texte dénonçant l’industrie nucléaire et ses catastrophes comme Tchernobyl et Fukushima. (ici)

Conscient de la gravité de l’affaire, l’Observatoire du nucléaire prend ses responsabilités et décide d’aider les enquêteurs : il est en effet nécessaire qu’ils arrivent à déterminer qui a parsemé la France de plus de 200 000 pylônes THT, mais aussi et surtout pourquoi cela a été fait et avec quelles conséquences.

L’Observatoire du nucléaire conseille donc aux enquêteurs de partir d’un pylône THT et de suivre les fils électriques qu’il porte. Au bout de quelques dizaines ou centaines de kilomètres, ils arriveront à une énorme (et dangereuse) installation industrielle appelée centrale nucléaire.

Après avoir arrêté le directeur et les principaux dirigeants de cette installation, les policiers pourront libérer les centaines de malheureux qui y travaillent au péril de leur santé, en particulier les intérimaires qui sont contraints de travailler dans les zones les plus radioactives.

En continuant à suivre les fils électriques, les policiers pourront mener la même opération dans les 19 centrales nucléaires et les dizaines d’autres sites atomiques qui ont été imposés à la France par les vrais responsables de toute cette affaire.

Ceux-ci pourront être retrouvés en suivant encore les fils électrique jusqu’au cœur de Paris où il sera alors facile de mettre aux arrêts, en priorité, les dirigeants d’EDF, d’Areva, du CEA, du PS, de l’UMP, du PCF et de la CGT.

Ces coupables pourront être condamnés à des travaux d’intérêt général, en particulier à aller travailler au Niger pour tenter de réhabiliter les vastes zones contaminées par l’extraction de l’uranium qui alimente depuis 50 ans les centrales nucléaires françaises.

Les fortes sommes illégitimement accumulées par ces dirigeants et leurs organisations pourront être confisquées pour venir en aide aux innombrables personnes rendues malades par les contaminations radioactives. La situation est grave, la justice doit passer.

Observatoire du nucléaire.

août 022013
 

QU’EST CE LA MAT?
La ligne de Très Haute Tension («Muy Alta Tensión») est une autoroute électrique
transportant un minimum de 400,000 volts, construite pour interconnecter
les États d’Europe ainsi que le continent européen avec l’Afrique.
Elle sert à distribuer et commercialiser les excédents d’énergie produits par
les centrales nucléaires et autres sources d’énergies alternatives supposées.
Parallèlement, c’est le réseau dont le capitalisme a besoin pour alimenter certains
projets et infrastructures de destruction et de mort, comme par exemple
les lignes de Trains à Grande Vitesse (TAV en Espagne). Les responsables
sont toujours les mêmes et les entreprises de constructions, parmi lesquelles
on retrouve Vinci en Europe et Endesa en Amérique du Sud, sont directement
impliquées dans d’autres projets de destruction du territoire.
POURQUOI UN CAMPING?
Pour empêcher la construction du dernier tronçon décisif à la connexion entre
France et Catalogne. Pour que l’énergie de 6 centrales nucléaires françaises ne
passe ni sur ce territoire, ni sur aucun autre. Pour prendre la lutte contre la
MAT comme un point de départ afin de s’interroger sur notre mode de vie, en
grande majorité imposé par la domination du Progrès. Pour créer un espace
de rencontres, informations, agitations et actions sur les terres menacées.
POURQUOI ICI ET MAINTENANT?
Après plus de 10 ans de luttes, nous nous trouvons maintenant à un moment
décisif. En septembre commence l’expropriation des propriétaires ayant
refusé de signer la vente des terrains nécessaires à la construction des dernières
tours de la MAT en Girone.
C’est pour tout cela que nous vous invitons à participer activement
au camping, pour partager, lutter et résister dans un lieu
autogéré, sans leaders ni représentants. Nous voulons créer des
espaces d’échanges et de connexions entre différentes luttes,
parce que la MAT nous affecte toutes et tous et nous ne croyons
pas qu’elle soit une lutte isolée.
CONTRE LE PROGRES, SES INFRASTRUCTURES ET SES DEFENSEURS:
REPRENONS NOS VIES!
RENDEZ-VOUS LE 23 AOUT 2013
EN PAYS GIRONNAIS
Apportez tout ce dont vous avez besoin pour camper. Pour info et mises à
jour:
http://torresmasaltashancaido.espivblogs.net/

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juin 152013
 

AfficheInfotour

Invitation à se rencontrer pour s’organiser contre les grands projets d’infrastructure, au minimum !

Vous voyez, ce petit coin de Normandie, tout là-haut, où la pluie prend un jouissant plaisir à nous lessiver jusqu’aux os 360 jours sur 365, où les inséparables bottes nous protègent du tapis éponge des champs mais pas du délicieux jus de chaussettes à la fin d’une journée de balade sous les têtes de chats*. Eh bien, on se dit qu’on aimerait bien sortir le short et les tongues de la commode et aller faire un tour au soleil.

Prendre un peu de distance, partager le récit de nos aventures rocambolesques entre déboulonnages publics de pylônes THT, virées nocturnes en compagnie vigilesque, paperasses de tribunaux et autres cours d’appel, assemblées générales horizontales, gestion des massmedias et travail d’automedia, blocages de chantiers, occupations de bois et de château d’eau, débats interminables sur les modes d’action et la violence. Mais encore, entendre d’autres histoires, celles aux abords de chantiers d’autoroutes ou lignes à grande vitesse, de centres d’enfouissement de déchets radioactifs, de lignes THT, de gaz de couche ou de schistes, et bien d’autres…

Ce n’est pas l’achèvement de la ligne THT Cotentin-Maine, ni la répression qui l’a accompagnée, qui ont entamé notre détermination et notre désir de continuer. Au contraire, car nous pensons que les liens tissés ici et là constituent notre force. En nous organisant ensemble, au-delà des frontières administratives et thématiques, et de nos divergences politiques, nous pouvons non seulement gagner quelque chose mais aussi tisser des amitiés et des solidarités pour pouvoir mieux en faire baver à celleux d’en face, voire y prendre un certain plaisir.

Aussi, comme nous nous sommes amusé.e.s à faire un film sur ce que nous avons vécu ces derniers mois en Normandie, nous proposons de le voir ensemble en préliminaire à des échanges, pour en sortir avec des pistes d’actions, de nouvelles envies d’écriture et d’automedia, de nouveaux copains-ines à qui rendre visite, etc.

* Modèle de pylône THT

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Les dates et lieu de rendez-vous de l’infotour sur la page infotour, régulièrement mise à jour

Infotour antitht – Carnet de voyage – Semaine 1

Florilège de récits, images, réflexions, reccueillis au fil des rencontres, de Toulouse à Avignon

Un infotour pour quoi faire ? En partant pour ce voyage de trois semaines, l’objectif pour nous était de raconter la lutte contre la ligne THT Cotentin-Maine, mais aussi de partir de cette lutte pour rencontrer les personnes actuellement en lutte contre divers projets pour partager des expériences, et créer des liens. Si les projets contre lesquels nous nous battons prennent des formes différentes (LGV, éolien industriel, THT, nucléaire, autoroute, gentrification etc.) ils répondent tous à une même logique de marchandisation des espaces, des ressources, de contrôle et de dépossession de nos vies. C’est pourquoi il nous tient à coeur ici de parler des luttes et des lieux que nous avons traversés durant cette première semaine.

Sur la longue route qui nous mène de Bretagne en Haute-Garonne, nous nous attardons aux alentours de Casteljaloux.

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Centrale photovoltaïque de Casteljaloux

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Dans la forêt de Soméjean, on dit ce qu’on a à dire sur le projet de LGV Bordeaux-Toulouse

Ici aussi le progrès et les énergies renouvelables industrielles s’imposent aux habitant.e.s.

 Toulouse

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A Toulouse, nous voilà débarqué.e.s dans une chapelle squattée depuis 20 ans  où on discutera des luttes en cours localement ou ailleurs.

“La chapelle est habitée par le désir que se côtoient les différences. Tant de projets ont vu le jour en ces murs que l’on finit par oublier l’inconfort, l’aléatoire et la précarité de cette occupation, toujours illégale.
Depuis 1993, ce lieu d’expérimentation sociétale, politique et culturelle interroge le monde tel qu’il ne va pas. Avec les seules ressources de l’imaginaire et de l’énergie de ses membres utopistes, tous bénévoles, la chapelle défend la poésie contre la marchandise, une ville à vivre et non à consommer.”

Dans le coin, quelques projets retiennent l’attention des gentes présentes : la rénovation du quartier Bonnefoy près de la gare et la volonté municipale d’en faire la même immondice gentrifiée que dans toutes les métropoles dignes de ce nom, et la LGV Bordeaux-Toulouse qui permettra de relier cette toute propre et toute lisse nouvelle gare à toutes ses jumelles réparties sur le territoire…

Au cours de l’année 2012, des personnes organisent des repas de quartier pour tenter de faire se rencontrer les gens concerné.e.s par la destruction de ce dernier quartier populaire toulousain, et malgré la difficulté à rassembler, la volonté de mobiliser contre ce projet reste intacte.

http://www.atelierideal.lautre.net/

St Affrique

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“C’est fou de ressentir cette énergie, la même que celle que j’ai ressentie au début de l’occupation du bois du Chefresne. Plein d’envies de se retouver pour lutter ensemble contre la construction d’un nouveau transformateur d’environ 5 hectares et contre l’installation d’un ou plusieurs parcs éoliens. Plein de personnes différentes qui ont l’envie de faire des choses ensemble, de tisser des liens solides et de se renforcer. Ces envies ne sont pas seulement centrées sur le projet de transfo et d’éolien mais aussi parce que les consciences s’élèvent sur l’impact de ces projets et si ces projets aboutissent, c’est un engrenage sur l’élargissement de ces infrastructures… Nouvelle THT et ou réaménagement de l’existante en la doublant en 2 x 400.000. L’éolien industriel relié au nucléaire et alimenté par THT lorsqu’il n’y a pas assez de vent ou quand il y a trop de vent l’énergie de l’éolien alimente les THT. L’envie de partager beaucoup de choses, d’apporter et de donner de l’énergie pour ce qui d’après plusieurs personnes va devenir une lutte ici et partout. Ce qu’il y a en vue ici c’est l’expropriation, la pression, répression et l’achat des consciences pour aboutir à leurs projets. La division comme on le sait “diviser pour mieux régner”, division entre les “locaux” habitants de ces terres dont personne n’est réellement propriétaire puisque à n’importe quel moment les grandes entreprises ou multinationales peuvent décider de tout pourrir pour se remplir les poches.”

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“Même si on ne lutte pas pour défendre les paysages, ici en Aveyron, on est d’abord tou.te.s enchanté.e.s par ce petit coin de montagnes avec ses fermes chéper, des morceaux de forêts et des grandes prairies. Mais c’est avant tout la détermination des habitant.e.s du coin à ne pas se laisser dicter leurs vies par des aménageurs de tout poil qui nous donneront grave de patate. Ici RTE voit les choses en grand, afin de renforcer le maillage européen du réseau. C’est la construction d’un nouveau transformateur qui est envisagée, ainsi que l’installation de plusieurs centaines d’éoliennes (vous nous excuserez du peu).
Une fois de plus, la logique est la même : une segmentation du territoire visant à “utiliser au mieux” les ressources naturelles disponibles pour produire, transporter et alimenter en énergie la France, l’Europe en élec : ici la ressource c’est le vent, ailleurs le soleil, tandis qu’on dispatche du nucléaire dans d’autres endroits. Les THT relieront tout ça sur des milliers de kilomètres afin de construire ce fameux réseau intelligent dont rêvent les nucléocrates et capitalistes de tout bord. Pourtant ici il semblerait que ce ne sera pas sans encombres qu’illes viendront aménager et gérer les vies. La détermination à se battre pour garder la possibilité de choisir comment collectivement les habitant.e.s de ce territoire orienteront leur vie semble bien plus implacable que l’ignoble logique capitaliste.
En tout cas, RTE, du Chefresne à Saint Affrique, fais gaffe à tes pylônes ! Qu’ils soient justifiés par la construction d’éoliennes, d’EPR ou de ce que tu veux, notre volonté d’empêcher la construction de votre monde aseptisé, électrifié et “intelligent” est, elle, indéboulonnable.”

http://www.radiosaintaffrique.com/emissions/tensions-parasites-courants-vagabonds/Emission_du_25_mai-861

Montpellier

Nous voilà reparti-e-s sur la route, dans notre voiture qui déborde tellement qu’on en oublie un sac de brochures, qui finira par prendre le bus pour nous retrouver le lendemain à Montpellier… C’est à la librairie Scrupules, dans le quartier Figuerolles que nous passons la soirée. Ici plusieurs thèmes sont sujets à débat, notamment celui de la remunicipalisation de l’eau qui divise pas mal les personnes présentes. Certain.e.s soulignent en effet que cette question portée par les socialistes à la tête de la mairie de Montpellier, ne remet en aucun cas en cause la manière dont on utilise l’eau dans cette région où la question est sensible.

http://www.alternatives34.ouvaton.org/scrupule:accueil

Marseille

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BTP quand tu nous tiens

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Marseille, l’art de vivre en capitale…

Nous arrivons à Marseille en traversant des chantiers géants. Vinci et consort ont l’air d’avoir trouvé ici un terrain de jeu idéal.

Nous sommes invité.e.s à Mille babords où nous causons débat public sur Bure, Astrid et transmutation.
Malgré la difficulté à mobiliser sur la question du nucléaire dans cette région dont l’économie y est fortement liée, l’appel à saboter les sessions du débat public sur la poubelle nucléaire de Bure n’est pas tombée dans les oreilles de sourd.e.s. Comme Cigéo s’invite à Marcoule le 19 septembre, le mot passe pour aller faire un petit concert improvisé. Il est cependant possible que les séances publiques soient annulées pour être tenues uniquement sur internet, comme cela avait été le cas sur le débat public sur les nanotechnologies.
D’autre part, les personnes présentes expriment leurs inquiétudes au sujet du projet de réacteur dit de « 4e génération » Astrid qui suit son cours ; et d’une autre folie : la transmutation. L’idée, c’est de rassembler les 150.000 tonnes d’acier issus du démantèlement de l’usine d’enrichissement de l’uranium Georges Besse 1, de les “rincer” à l’aide d’une solution riche en chlorure de chlore pour récupérer «la quasi-totalité de l’uranium déposé et de permettre le recyclage du métal dans des filières nucléaires». Ou éventuellement en sous-couches routières…

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On arrête pas le progrès, le bétonnage non plus. Et ici c’est loin d’être le mistral qui rend le plus fou, c’est plutôt le désert urbanistique et industriel qui engloutit cette ville. C’est par exemple ici qu’on découvre le concept de vidéoverbalisation, qui permet par le biais de caméras de verbaliser à distance les infractions au code de la route, sans intervention de flics dans la rue. Orwell ne l’avait pas imaginée, les technocrates d’aujourd’hui l’ont inventée.

 http://www.millebabords.org/

 Avignon

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Nous quittons Marseille la turbulente et reprenons la route pour rejoindre une occupation contre une nouvelle autoroute, dans la ceinture verte d’Avignon.

La LÉO, pour Liaison Est-Ouest, viendra, dans l’imagination des aménageur.euses, accompagner la ligne THT et la ligne TGV déjà présentes aux abords de cette ceinture verte où cohabitent de jolies maisons en pierre, des petites zones maraîchères, des vergers, de petits bois.

Après le chantier du TGV en 1995, qui avait été combattu autant sur le terrain juridique que par le biais d’actions directes, la résignation gagne. La plupart des habitant.e.s, propriétaires et locataires, ne semblent pas reprendre le chemin de la résistance. Le prix des terres ici est très élevée, et les propriétaires semblent prêt.e.s à accepter sans broncher l’argent qu’on leur proposera pour aller s’installer un peu plus loin, à Nice ou à Cannes. Illes sont en pleines négociations avec l’état, qui veut clore les rachats avant octobre 2013 pour pouvoir lancer les travaux de la deuxième tranche en 2014.
Seul.e.s quelques locataires pour l’instant passent souvent à la maison de la lutte contre la LÉO, pour discuter, apporter des graines, des bidons d’eau. Cette maison, achetée par l’état en 2009, en vue du projet d’autoroute, est occupée depuis février 2013. Ses habitant.e.s, pour la plupart venu.e.s d’ailleurs, désirent créer des liens avec les personnes concernées par le projet, et cultiver des parcelles.

Le projet pourrait sauter, s’il n’apparaît pas dans le programme “Mobilité 21″ qui sélectionne, en ces temps de crise, les projets qui seront financés dans les prochaines années.

leopart.noblogs.org

La suite à suivre très vite…

Source : Assemblée anti-THT.

mai 022013
 

Mise en service de la ligne THT de l’EPR de Flamanville

La nouvelle ligne à très haute tension Cotentin-Maine a été mise en service, a annoncé ce matin le gestionnaire du réseau RTE.

Par Marc Sadouni

Chateau d'eau

Longue de 163 kilomètres à partir de Saint-Sébastien-de-Raids (Manche) dans le sud du Cotentin jusqu’à Beaulieu-sur-Oudon (Mayenne), cette ligne électrique controversée de 414 pylônes aura, selon RTE, coûté au total 343 millions d’euros.

Elle traverse 64 communes dans quatre départements de l’Ouest. Sa construction, entamée en janvier 2012, devait initialement s’achever à la fin de l’année dernière, mais le chantier avait pris du retard, principalement en raison de plusieurs dizaines de recours enclenchés par des riverains.

Ces contentieux, qui portent notamment sur le risque sanitaire et vétérinaire que pourraient entraîner les champs électromagnétiques générés par ce type de ligne, ont pour l’instant été tranchés en faveur de RTE, à l’exception d’un litige avec un agriculteur dans la Manche, objet d’un appel à Caen en juin.

RTE, filiale autonome d’EDF qui gère le réseau national à haute tension a salué

« le produit de sept annnées de concertation avec tous les acteurs du territoire, de 4.000 réunions publiques et de 16 mois de travaux ».

Outre l’électricité de Flamanville, la ligne doit renforcer la sécurité d’approvisionnement électrique de la Bretagne et permettre de transporter l’électricité des grands parcs éoliens en mer et des premiers projets d’hydroliennes qui doivent être construits dans la Manche.

Il s’agit de la plus longue ligne électrique construite en France depuis plus de 20 ans.

france 3

avr 292013
 

affiche montabot finie

Week End d’inauguration de la grange de Montabot du 17 au 20 mai 2013

Un lieu pérenne pour s’organiser, une grange à rénover, à Montabot (50), pour poursuivre les luttes.

Depuis l’action à Valognes contre le train “Castor” en novembre 2011, jusqu’aux moments forts de la lutte contre la ligne Très Haute Tension (THT) Cotentin-Maine en 2011 et 2012, des personnes se sont rencontrées et se sont organisées pour lutter contre le nucléaire et son monde.

Afin de continuer sur cette lancée, il semble important de pouvoir disposer d’un lieu collectif comme a pu l’être le bois occupé de la Bévinière sur la commune du Chefresne.

Une grange, au lieu-dit la Bossardière sur la commune de Montabot (50), s’érige maintenant non loin des pylônes comme un défi face à l’imposition de la ligne THT à coups de bâtons. Il existe donc un lieu pérenne pour relayer et faire perdurer l’actualité de la lutte anti-nucléaire dans la Manche et ailleurs, être le relai de vos luttes ou simplement pour se réunir et échanger.

En effet, cet endroit constitue un point d’information et de convergences des initiatives d’ici (EPR, THT, transports castors, etc) et d’ailleurs (Poubelle radioactive de Bure, Iter, Astrid, THT partout, mines d’uranium) contre le nucléaire et aussi contre d’autres projets assez proches dans l’idéologie d’aménagement de nos espaces et de nos vies, tel celui de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, les lignes à Grande Vitesse, de la traçabilité en général et du fichage génétique en particulier.

Il s’agit aussi d’un point d’ancrage de la lutte où se déroule un chantier permanent d’échanges de savoirs et de pratiques émancipatrices (autonomie énergétique, écoconstruction, rénovation du bâti ancien, permacultures de plantes médicinales et potagères…).

Du 17 au 20 mai 2013, la grange ouvrira ses portes au grand jour. Vous découvrirez la grange à travers des expos, ses débrouilles quotidiennes, son camping, sa cantine prix libre.

Parce qu’il ne faudrait pas croire que tout s’arrête avec la mise en service d’une ligne T.H.T.

Parce qu’il est essentiel pour nous de poursuivre les débats entamés lors de cette lutte, et d’anticiper les pièges des nécro-industries auxquelles nous seront confronté.e.s ici et ailleurs.

Parce que nous imaginons qu’une organisation sans intérêt de pouvoir ni hiérarchie, pourrait submerger nos décideurs.

Parce que nous voulons faire en sorte que plus aucun.e oligarque ou bureaucrate ne puisse juger et décider du cheminement de nos vies à notre place.

Nous vous invitons au week-end d’inauguration de la grange de Montabot, où grâce à un travail d’élaboration collective, nous cherchons à nous donner les moyens matériels de renvoyer dans leur coin l’État et les mafias publiques ou privées. Nous prendrons le temps qu’il faut pour saper leur infecte besogne, mais ici une pierre est posée, et nous savons que ce sont nos solidarités que l’État craint avant tout. Même si une nouvelle ligne T.H.T se dresse désormais dans le bocage Normand, la lutte liée à ces tentacules de la pieuvre nucléaire est loin d’être enterrée.

Comment venir à la grange ? La Bossardière, à Montabot dans la Manche (50)
Sur la D98 entre Percy et Tessy, la Bossardière se trouve au bout du deuxième chemin sur la gauche après le pylône 223 lorsqu’on vient de Percy.

Affiche et programme complet des trois jours sur antitht.noblogs.org

Vendredi soir:

Repas : auberge espagnol

21 h
Projection du film « Si un arbre tombe »:
Film US sur un mouvement de lutte
mené par des « écowarriors » mettant en questionnement autant les pratiques d’actions
directes que les modes de fonctionnement affinitaire
Samedi 10 h: 2 discussions en parallèle

Mesurer la radioactivité ?
Ou comment la mesure participe de l’acceptation du nucléaire ; où il sera notamment
question de la situation au Japon

Contrôle, traçabilité des populations et administration du vivant
A partir d’une critique de l’informatisation du monde, discussion critique sur
l’approfondissement des moyens de contrôle, de traçabilité et de transparence

Samedi 14h30:

Du nucléaire au renouvelable, critique du système énergétique
Partant à la fois de la situation dans la Manche, en France et dans le monde, on
interrogera le développement du mix énergétique et de comment il autorise autant le
développement du nucléaire que des grands projets, « renouvelables » ou non, et des
lignes THT sans rien changer de la centralisation de l’électricité et du système de
besoins dont ce développement participe. L’intention est d’élaborer une critique du
système énergétique ainsi que de réfléchir aux formes que peuvent prendre l’opposition à
celui-ci.

Samedi soir :

apéro-concert
(jazz manouche et blues) puis soirée hip-hop et slam

Dimanche 10 h:

De la guerre pour le nucléaire au nucléaire pour la guerre
A partir de la situation au Sahel et de la guerre menée par la France pour maintenir son
industrie d’extraction de l’uranium, il sera à la fois l’occasion d’évoquer l’histoire du
nucléaire dans ces contrées et d’aborder l’intrication historique du nucléaire civile et
militaire (autour notamment de l’usage de l’uranium appauvri au Mali)

Dimanche 15h :

Assemblée générale sur les perspectives de lutte
A partir de l’ensemble des discussions qui auront précédé et du retour sur l’année et
demi de lutte qui vient de s’écouler, on tentera d’élaborer à la fois un contenu politique
ainsi que des pistes d’intervention pour les mois à venir.

Dimanche 19 h :

Repas et fest-noz à la salle des fêtes de Percy

Lundi journée sous le signe de la détente :

On prend le temps et à partir de 14 h grands
jeux divers et variés
Programme du week-end

Contact mail pour apporter matériel, structures, ateliers, info-kiosque, soutiens… montabot
et/ou : 06 28 94 72 13

fév 252013
 

Hydroliennes sous mer : les révélations de l’étude du RTE

Alors que le ministère de l’Environnement n’a toujours pas publié l’appel d’offres pour l’implantation d’hydroliennes sous la mer, pourtant réclamé à cors et à cris par les industriels, RTE (Réseau de transport d’électricité) vient de boucler une étude sur les besoins financiers et techniques nécessaires pour raccorder ces machines au réseau de distribution.

Et là, surprise, on découvre que lorsque la puissance dépassera les 100 mégawatts (MW), il sera sans doute nécessaire d’implanter au large des côtes du Cotentin des plates-formes de belles dimensions. « Pour éviter de multiplier les raccordements avec la terre », explique RTE qui convient « d’un impact visuel certain ». Autre découverte, « au-delà de 2,5 Gigawatts il faudra renforcer le réseau terrestre ».

En clair, construire une nouvelle ligne THT de 400 000 volts pour écouler l’intégralité de la production des machines installées côté français et au large d’Aurigny. Éventualité qui va être accueillie avec enthousiasme dans le Cotentin.

Le projet de câble sous-marin entre Aurigny et la Grande-Bretagne ne changerait, semble-t-il, rien à l’affaire. Patrick Boissier, PDG de DCNS, évoque une puissance potentielle au large de la presqu’île « équivalant à 5 ou 6 réacteurs nucléaires EPR. »

Concernant les coûts financiers de ces raccordements, ils varient selon la taille des installations et de la puissance produite. Ainsi pour les fermes expérimentales, RTE chiffre « entre 10 et 20 millions d’euros » la somme nécessaire pour une production de moins de 100 MW dans le Raz Blanchard. Pour le site du Fromveur (60 MW), au large du Finistère, « avec installation d’un poste de transformation sur l’île d’Ouessant », le coût est estimé à 70 millions à cause « de l’éloignement du gisement par rapport à la côte ».

Concernant les fermes commerciales, RTE évoque, avec prudence, des chiffres oscillants de 100 millions à 600 millions. Quant aux délais de raccordements, ils varient de 6 à 7 ans (entre 4 et 5 ans de procédures et 2 ans de travaux). Dans le cadre de la construction d’une nouvelle THT entre Cotentin et Ouest parisien, RTE estime le délai à 10 ans.

Jean-Pierre BUISSON

OUEST FRANCE

RTE publie une étude prospective sur l’accueil de la production hydrolienne

À la demande du Gouvernement, RTE a examiné les conditions dans lesquelles le potentiel hydrolien du littoral français – deuxième plus important gisement en Europe – pouvait être mis en valeur par son raccordement au réseau électrique.

Hydrolien

Cette étude prospective de RTE s’inscrit dans le cadre du plan stratégique que les pouvoirs publics entendent mettre en œuvre pour amplifier et soutenir le développement de cette filière naissante des énergies renouvelables marines électriques en France, dans le contexte de la transition énergétique.
Les principes qui ont guidé la démarche de RTE pour l’élaboration de cette étude sont les suivants :

  • un dialogue ouvert avec les principaux acteurs de la filière hydrolienne ;
  • une première analyse du contexte environnemental des zones propices au développement de ces énergies ;
  • une analyse technique et économique des modalités du raccordement de cette production au réseau électrique terrestre, à court et à long terme ;
  • une comparaison avec les autres expérimentations menées à l’étranger et avec l’expérience d’autres gestionnaires de réseaux européens pour le raccordement des énergies marines ;
  • enfin, les leçons tirées des appels d’offres sur l’éolien en mer, notamment sur les questions de raccordement.

Afin de partager les résultats avec l’ensemble des acteurs intéressés, RTE publie ici les principaux enseignements et recommandations de cette étude.

RTE
Etude : http://www.rte-france.com/uploads/Mediatheque_docs/vie_systeme/annuelles/divers/etude-hydrolien-2013.PDF
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