déc 062014
 
logement

Tant qu’il y aura des gens à la rue, nous occuperons !!!

Depuis le mois de mai 2013, dans de nombreuses villes de France, le gouvernement socialiste a décidé de diminuer les budgets attribués aux DDCS (Directions Départementales de la Cohésion Sociale, en charge, entre autres, de l’hébergement d’urgence) et expulse par milliers des centres d’hébergement d’urgence, principalement des demandeuses et demandeurs d’asile. En effet, les politiques d’austérité (associées à la xénophobie d’État?) continuent de frapper les populations les plus précaires (sans papier-e-s, chômeur-euse-s, salarié-e-s, intérimaires, etc…). On estime à trois millions le nombre de logements vides en France, que les autorités refusent de réquisitionner alors qu’elles ont le pouvoir de le faire : il s’agit donc bien d’un choix politique que de jeter puis de laisser des individu-e-s à la rue et ce, entre autres, au profit de la spéculation immobilière, vecteur principal de la hausse des loyers.

Actuellement à Caen, ce sont plus de 150 personnes qui sont à la rue. Face à cette situation intolérable, de puis juin 2013, l’ A.G a squatté successivement 4 lieux dont 3 ont été expulsés. Le 4 ème actuel, situé 11-13 allée du saut du loup , vient d’obtenir récemment un délai de 7 mois (ce après quoi, le squat sera expulsable). Mais nous ne sommes pas dupes : cette décision arrange par certains aspects la préfecture (en se défaussant d’une partie de ses « obligations » tout en maintenant cachée la misère dont elle est responsable dans un lieu peu visible). Comme toujours, la justice bourgeoise privilégie le droit à la propriété à la satisfaction des besoins fondamentaux.

Depuis plus d’un an, la préfecture promet l’ouverture d’une structure d’hébergement d’une centaine de places (qui n’est toujours pas ouverte !) qui en réalité, s’apparente plus à un camp (logements préfabriqués avec une surveillance accrue et quotidienne) qu’à une réelle solution de logement dans de bonnes conditions (ces lieux n’ont pas pour vocation à être pérennes). Cette structure, excentrée du centre-ville, s’inscrit dans une politique de ségrégation spatiale (parquer loin du centre les populations les plus pauvres) et ne correspond aucunement à une création de places : en effet, il s’agit de vider les hôtels et ce, à des fins commerciales et touristiques.

Depuis le début de cette lutte, la situation est loin de s’améliorer : de plus en plus de personnes sont jetées à la rue. Face à cette régression, l’ A.G de lutte contre toutes les expulsions a décidé d’ouvrir un autre lieu au 37, rue Beuvrelu. L’occupation n’est pas pour nous une fin en soi mais un moyen d’action qui s’inscrit dans une lutte plus large contre les politiques antisociales et xénophobes de l’État ainsi que contre la spéculation immobilière.

Les premiers temps d’une occupation rendue publique sont toujours un peu « délicates » car la police peut tenter, avec la bénédiction de la Préfecture, une expulsion manu militari illégale. Vous êtes donc invité-e-s à y passer régulièrement dès cet instant, pour commencer à y organiser une nouvelle mise en place de la logistique d’accueil (ménage, bouffe, cuisine, dortoirs…) dans la bonne humeur et, bien sur, discuter de ce fonctionnement en assemblée générale.
Un logement pérenne et décent pour tous et toutes !

Des papiers pour toutes et tous !

CONTRE CES MESURES XENOPHOBES, ANTISOCIALES ET SECURITAIRES, LA SOLIDARITE EST NOTRE ARME !

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, Tous les vendredis, à 18h, au 11-13 Allée du Saut du loup

Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions
Contact : ag-contre-expulsions[@]mailoo.org

Sur la ZAD de Chambaran.

 Posted by on 4 décembre 2014 at 6 h 15 min  Actualité nationale, Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés
déc 042014
 
Chamberran

[ZAD partout] La forêt de Chambaran est à tou-te-s

Communiqué de presse

Dimanche 30 novembre, nous nous sommes retrouvé-e-s à plus d’un millier de personnes à Roybon (Isère) pour nous opposer au projet de Center Parcs et nous réapproprier la forêt des Chambaran, volée par Pierre & Vacances (30 ct / m2). En traversant le site du chantier, nous avons montré que cette forêt est à tou-te-s, et nous avons constaté qu’elle est aujourd’hui détruite à toute vitesse pour un projet qui, en plus d’être inutile, se réalise sur argent public dans un déni démocratique ahurissant (cf. résultats de l’enquête publique).

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Notre promenade s’est achevée à la maison forestière de « la Marquise », propriété abandonnée de l’ONF, que nous occupons massivement à partir d’aujourd’hui et jusqu’à l’abandon définitif du projet de Center Parcs.

Cette maison nous servira de base arrière pour organiser notre lutte pour une forêt sans Center Parcs. Cette lutte est la sœur d’autres mobilisations et l’occasion de montrer que d’autres mondes sont possibles et existent déjà.

Nous appelons toutes celles et ceux qui le souhaitent à nous rejoindre : pour une nuit ou pour la vie, une lutte sur place ou à emporter, chacun selon ses moyens.

Ce n’est que le début.

ZAD partout !

Pierre, les vacances sont finies !

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vidéo sur la lutte là bas (Naissance de la ZAD de Roybon) :

http://www.youtube.com/watch?v=1rrhFtEpcE4&feature=youtu.be

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COMMUNIQUÉ
Chambarans : blocage des travaux

Ce lundi 1er décembre 2014 au matin, les travaux de déforestation des Chambarans n’ont pas repris.

Dès l’aube, des opposantEs au projet de CenterParc de Roybon sont montéEs sur les machines de chantier tandis que d’autres entraient en dialogue avec les ouvriers et les services de sécurité. Au mépris de toute notion de sécurité, un des ouvriers a mis en danger la vie de deux opposantEs en démarrant et agitant son énorme engin mortifère (voir photo). S’en est suivie plus d’une heure de discussion, ponctuée par les réactions toujours violentes du conducteur cité plus haut.

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7h40, un des opposants sur une machine, l’ouvrier inconscient cherche à faire descendre les opposants en appuyant frénétiquement sur les boutons.

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Les copains restés « au sol » tentent de s’interposer eux aussi.

Les opposantEs au projet ont ensuite escorté les 2 engins de déboisement jusqu’à l’orée de la forêt. Les autres ouvriers n’ont tout simplement pas démarré leur machines. Autour de 10h30, deux ouvriers ont repris les travaux, protégés par les gendarmes, mais toujours gênés puis bloqués à nouveau par d’autres opposantEs venuEs en renfort.

Après l’occupation réussie de la MaquiZad, anciennement Maison forestière de la Marquise, ce blocage des travaux, quoique provisoire, est un pas de plus vers l’arrêt DÉFINITIF du projet. Nous appelons à venir organiser et célébrer les victoires suivantes avec nous.

Pierre, les vacances sont finies.

Des opposantEs au projet – 1er décembre 2014

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Nouvelles de la maison et du chantier au 2 décembre
Communiqué du lundi 2 décembre

Ce matin à 10 heures un huissier est venu à la Maquizad, accompagné des gendarmes, pour constater l’occupation de la maison forestière de la Marquise, à la demande de l’ONF. L’huissier nous a demandé de quitter les lieux, ce que nous avons refusé, au nom du droit au logement.

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Depuis lundi 1er décembre, le chantier est bloqué. Ce matin, la base de vie du chantier en algeco était démontée et les dernières machines présentes sur place quittaient le chantier. On reste vigilantEs sur le chantier et à la maison. Affaire à suivre, on lâche rien !

Nous appelons tou-te-s celles et ceux qui le souhaitent à nous rejoindre à la Maquizad, ou à nous soutenir matériellement (la liste des besoins).

Pour nous joindre : infos ZAD 06 56 84 36 13.

Pierre, les vacances sont finies !

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Pierre est le loup
Communiqué du 3 décembre

Comme tous les jours, au petit matin, une vingtaine d’occupantEs de la Marquise sont partiEs se promener dans les bois. Mais le loup y était ! Ils sont tombés sur de nouvelles équipes de sécurité privées [en remplacement des anciennes équipes de vigiles avec qui les échanges étaient cordiaux], vêtus et cagoulés de noir avec une attitude et des propos menaçants. Après une première partie de matinée à grogner et montrer des dents, le loup a fini par mordre : alors que les visiteurs souhaitaient s’approcher des ouvriers travaillant à la tronçonneuse pour leur parler, les agents de sécurité ont sorti matraques et bombes lacrymogènes sans sommation. Trois personnes ont été blessées : arcade sourcilière ouverte, côtes endommagées…

Nous recevons de la part des habitants de la région un grand soutien moral et matériel : de nombreux vivres ainsi que des matériaux divers et variés nous ont été apportés pour l’aménagement de la maison et les besoins quotidiens. Des sympathisantEs arrivent de toute la France, et même de l’étranger.

Malgré l’élan massif de solidarité que nous rencontrons, nous avons aussi pu observer des signes d’opposition à notre action, parfois très violents. Mardi dans la soirée, un automobiliste s’est arrêté un court instant à proximité de la maison forestière et a redémarré brusquement alors que des camarades venaient à sa rencontre. L’une d’entre eux s’est fait rouler sur le pied et a terminé à l’hôpital.

Pierre ne t’en fais pas, tant que le loup sera au bois, le chaperon rouge s’y promènera.

Pour nous joindre : infos ZAD 06 56 84 36 13

Source : Jura Libertaire.

sept 292014
 
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Cet ouvrage a pour but de mettre en évidence la fabrication d’armement dans la région toulousaine. C’est un outil d’information. Vous y trouverez un descriptif du complexe militaro-industriel local et un inventaire non exhaustif des laboratoires, universités, institutions et entreprises de Midi-Pyrénées impliqués dans le marché de la guerre.

http://www.non-fides.fr/?Toulouse-Necropole

juin 052014
 

Barcelone : émeutes suite à l’expulsion d’un squat

mardi 3 juin 2014

 

26 mai 2014
Affrontements émeutiers suite à l’expulsion du Centre Social Occupé Can Vies à Barcelone

Le Centre Social Occupé et Autogéré Can Vies, propriété des Transportes Metropolitanos de Barcelona (TMB), situé dans le quartier de Sants à Barcelone, était un espace de rencontre autonome depuis 1997. Ce lieu a été expulsé hier, le 26 mai 2014, par les bataillons antiémeutes des mossos d’esquadra et les pompiers, malgré différentes stratégies mises en place par les occupants. A l’intérieur, certain-es s’étaient enchaîné-es dans des tunnels pour empêcher la démolition immédiate du bâtiment et ainsi gagner du temps pour la réponse à l’extérieur.

Cependant, l’impressionnant dispositif policier (le quartier a été bouclé et la station de métro la plus proche a été fermée) a permis l’expulsion au bout de plus de 6 heures. Aux alentours, des groupes de solidaires se sont rassemblés, tandis qu’une partie des rues étaient coupées par des barricades pour éviter l’arrivée des engins de chantier etc.

Une manifestation appelée pour le soir même à 20h, a rassemblé près de 4000 personnes de tous ages. Lorsqu’elle s’est terminée au cri de « Si Can Vies va a terra, barri en peu de guerra » (Si Can Vies tombe par terre, le quartier se met sur le pied de guerre), les affrontements ont commencé et des groupes cagoulés ont monté des barricades et attaqué des journalistes, mettant le feu à une camionnette mobile de la chaîne TV3 au croisement de la rue Joan Güell avec la place de Sants.

Les flics ont chargé dans tout le quartier, tandis que dans différentes rues des groupes contre-attaquaient et que des agences bancaires étaient détruites au passage. Apparemment les émeutes se seraient soldées par deux arrestations et quelques blessé-es.

27 mai 2014
Deuxième jour d’émeutes et d’affrontements contre les forces de l’ordre à Sants suite à l’expulsion de Can Vies

Une nouvelle manifestation était appelée et a été chargée immédiatement. Des barricades ont de nouveau été montée et des vitrines ont été brisées, ainsi qu’au moins un DAB. Un groupe a également attaqué et incendié la pelleteuse utilisée pour démolir le bâtiment.

Au cours de la nuit, les affrontements se sont étendus à d’autres quartiers comme Gràcia. Des manifestant-es ont coupé l’avenue Diagonal, ont tagué des agences bancaires et détruit en partie le siège du parti Convergència Democrática de Catalunya (CDC).

Le 28 mai, des rassemblements de solidarité sont appelés dans différents quartiers de Barcelone comme dans d’autres villes (une cinquantaine) de Catalogne et d’Espagne (comme Lleida, Girone, Tarragone, mais aussi à Valence et dans le quartier de Gamonal à Burgos). Dans le quartier de Guinardó (Barcelone), une fourgonnette des Transportes Metropolitanos de Barcelona a cramé, tandis qu’à Lleida les sièges des partis CDC et PSC ont été couverts de peinture.

Mise à jour 29 mai, 20h

Aujourd’hui 29 mai, la presse espagnole dresse un bilan chiffré de ces trois premières nuits d’émeute : quatorze blessés, dont dix Mossos d’Esquadra ; une trentaine d’arrestations pour « dégradations, troubles à l’ordre public et blessures à agent de la force publique » ; 62 000 euros de dégâts sur le seul mobilier, 155 000 euros de dégât en tout au cours de ces trois premières nuits (dont 78 000 au cours des deux premières) ; 62 conteneurs à poubelle cramés au cours de la seule 3e nuit et 224 renversés en guise de barricades ; plus de 150 containers cramés lors des trois nuits. A travers toute la Catalogne, ils recensent une douzaine de sièges du parti CDC attaqués à Barcelone (Mataró, Vilassar de Mar, Masnou, Berga, Manresa, Vilanova i la Geltrú, Sabadell, Mollet, Olesa, Sabadell, Terrassa, Premià de Mar, Molins de Rei, Sant Feliu de Llobregat), dont son local principal situé calle Córsega, mais aussi ses locaux situés à Cambrils (Tarragona), Banyoles (Girona) et Lleida. Celui de Terrassa est le plus endommagé, vu qu’un container à poubelle enflammé a été projeté dans sa vitrine, la rompant et cramant une partie du local. A Mataró, c’est un molotov qui l’a endommagé.

Ce même jour, l’Etat espagnol annonce le transfert de 300 policiers anti-émeute supplémentaires vers la ville de Barcelone, pour venir appuyer les Mossos d’Esquadra de la province catalane. Elle veut absolument éteindre ce feu de révolte qui commence à s’étendre dans d’autres villes (60 manifs ou rassemblements solidaires étaient annoncés en Catalogne hier 28 mai) sur le modèle de la solidarité avec la lutte de Gamonal (Burgos) en janvier dernier (voir ici et ), donnant l’exemple d’une manifestation solidaire jusqu’à… Palma de Mallorca hier, qui s’est terminée en affrontements (et deux arrestations), ou de celle prévue à Madrid ce soir et convoquée sans autorisation de la préfecture.

Enfin, à côté du bâton il y a toujours la carotte -les deux faces d’une même gestion de la conflictualité sociale pour l’écraser et l’intégrer-, et c’est la « Plateforme de soutien au CSOA Can Vies » (Plataforma de Suport al CSA Can Vies), composée d’une vingtaine de collectifs du quartier (gauchistes, citoyennistes et libertaires) qui mène des négociations avec la mairie [1], rejointe par la Fédération d’associations de voisins de Barcelone (Federación de Asociaciones de Vecinos de Barcelona (FAVB)). Tous deux recherchent un médiateur accepté par les deux côtés de la barricade. Sans compter que les ex-squatters ont nommé de leur côté un porte-parole qui s’exprime dans les médias. D’ores et déjà, l’association de commerçants vient d’annuler l’inauguration de sa feria prévue samedi en présence de politiciens locaux, et le chef des Mossos d’Esquadra vient de démissionner (en précisant que ce n’était pas lié à la situation, hum…).

Bref, à côté de ces petits jeux politiciens et de leurs déclarations contradictoires (sur d’éventuelles revendications, la condamnation ou pas des violences, etc.), une des questions qui se pose maintenant est assez banale : comment continuer à étendre et approfondir des feux de la révolte qui commencent à dépasser le cadre initial (l’expulsion du CSOA et le quartier de Sants), pour qu’ils détruisent tout ce qui nous détruit et ouvrent de nouveaux chemins sans médiation vers quelque chose de complètement autre ?

[Synthèse effectuée d’après les sites vozcomoarma, Indymedia Barcelone et la presse]

Mise à jour vendredi 30 mai, 13h

Hier jeudi 29 mai, la police annonce avoir arrêté 38 personnes lors des émeutes. Ils sont en garde-à-vue au commissariat Les Corts des Mossos d’Esquadra. Le soir, deux mineurs et 12 majeurs étaient relâchés, et 18 autres avaient leur GaV prolongée.

Le soir du 29 mai, une nouvelle manif de 2000 personnes s’est rendue devant le comico de Les Corts, exigeant la libération des arrêtés (« Liberté pour les prisonniers, flics hors du quartier« ), avant de se disperser. Les premières vitrines sont alors tombées (dont une agence Banco Popular incendiée) et de nouveaux containers de poubelle ont brûlé. Des panneaux publicitaires ou des feux de circulation ont aussi été détruits. Il y a eu au moins 23 nouveaux arrêtés cette nuit. Comme les nuits précédentes, Barcelone est survolée par un hélicoptère de police doté d’une puissant phare. Certains tags à Sants disaient « No negociamos. Luchamos » (Ne négocions pas, luttons), ou « Sants, Gamonal, Atenas, Río« .

Aujourd’hui vendredi 30 mai au matin, la mairie annonce 16 000 euros de dégâts pour cette nuit (171 000 euros depuis le début), entre matériel urbain et 16 containers cramés de plus. Elle donne le chiffre de 200 containers renversés chaque nuit de lundi, mardi et mercredi (28 mai), et 200 cramés en tout jusqu’à présent, ce qui donne une idée de l’ampleur des barricades dans différents quartiers.

Enfin, plutôt que de se dissoudre dans le mouvement en cours, les squatters du CSOA Can Vies ont fait une conférence de presse à 10h, où ils ont formulé des revendications à la mairie, entamant de fait un dialogue avec elle et commençant ainsi à médier le conflit et à proposer des portes de sortie aux institutions. Cette conférence de presse a été faite avec un membre de la Plataforma de apoyo a Can Vies et un autre de la Asamblea de Sants.

Ils exigent, en bons syndicalistes demandant plus pour obtenir moins : la démission de maire de Barcelone Xavier Trias et du conseiller du district de Sants-Montjuïc, Jordi Martí [les autres, non] ; la remise en liberté immédiate des arrêtés ; le départ des forces anti-émeute du quartier de Sants [merci bien pour les autres quartiers qui se bougent aussi depuis trois nuits] ; et surtout l’arrêt de la démolition du lieu (il reste le bâtiment principal). Ces travaux sont de toute façon arrêtés depuis le début des émeutes (la pelleteuse a cramé et le bâtiment est seulement vigilé), le maire ayant déjà annoncé dans la nuit sur TV3 qu’il était prêt à suspendre officiellement la démolition pour ouvrir le dialogue [2]. Les squatters proposent d’ailleurs demain un rassemblement devant le lieu… pour commencer une « reconstruction citoyenne » de la partie démolie !

On remarquera que non contents de renouer le dialogue, les squatters et leurs amis associatifs tentent également de relocaliser le conflit à Sants pour y mettre fin, plutôt que de chercher à l’étendre à tout Barcelone et bien au-delà, alors que des manifestations sont prévues ce week-end à travers tout le pays et que la presse et le pouvoir agitent en permanence le chiffon rouge de Gamonal [3] – cette lutte émeutière et victorieuse d’un quartier de Burgos en janvier dernier, qui est devenue le symbole de comment la poudre du mécontentement social accumulé peut exploser dans d’autres villes par contagion…

Hasard ou coïncidence, au moment où les protagonistes initiaux tentent de récupérer une situation qui est en train de les dépasser, un rapport interne des Mossos d’Esquadra filtre dans la presse de ce matin. Il est question comme d’habitude de « mercenaires entraînés en Italie qui dirigent les éléments violents de Barcelone« , etc. etc. Et quand certains titres n’insistent pas sur les « anti-système experts en guerilla » de Madrid, Valence et Saragosse (c’est-à-dire les anarchistes) ou ceux de Galice et du Pays-Basque (c’est-à-dire les indépendantistes), ils se lâchent contre les jeunes des quartiers qui participent à ces émeutes, en faisant des comparaisons avec… les « banlieues de Paris« . Bien sûr, il s’agit de sensationnalisme et de contre-mesures policières pour opposer « méchants étrangers au quartier » à « vrais habitants pacifiques », ou « étrangers » tout court à « braves citoyens ». Mais quand le pouvoir commence à tirer ces cartouches-là (il a attendu quatre nuits pour voir si ces émeutes allaient durer ou pas), cela est révélateur à la fois de l’enjeu qu’il y met, lui, et du fait que la question sociale dans l’air reste explosive.

La fin du résumé d’hier est toujours plus brûlante : « une des questions qui se pose maintenant est assez banale : comment continuer à étendre et approfondir des feux de la révolte qui commencent à dépasser le cadre initial (l’expulsion du CSOA et le quartier de Sants), pour qu’ils détruisent tout ce qui nous détruit et ouvrent de nouveaux chemins sans médiation vers quelque chose de complètement autre ? »

Mise à jour vendredi 30 mai, 23h

Ce soir vendredi, 26 des 61 arrêtés depuis le début des émeutes sont passés devant le juge de la détention. 24 sont ressortis sous contrôle judiciaire, avec un pointage mensuel au tribunal et une interdiction de manifester jusqu’au procès en janvier 2015, et 1 sans contrôle judiciaire. Le dernier par contre, âgé de 30 ans, a été envoyé en prison préventive pour « trouble à l’ordre public« , « dégradations » et « blessures volontaires sur keuf« . Vingt-trois autres arrêtés passeront demain samedi devant le juge de la détention.

Selon un point publié par la justice, sur les 61 arrêtés, six seulement avaient des antécédents, cinq sont mineurs, et six sont étrangers (deux italiens, un hollandais, un bengladi, trois colombiens, deux mexicains, un américain).

Un autre grand journal, ABC, a ressorti cet après-midi les rapports policiers sous le titre « La Policía destapa conexiones anarquistas en los disturbios de Can Vies » (La police détecte des connexions anarchistes dans les émeutes de Can Vies). Il s’étale avec des propos comme « terroristes urbains » ou que « la lutte à Gamonal (Burgos) fut un essai révolutionnaire » que les méchants infiltrés veulent reproduire à présent à Sants (Barcelone). Comme disent les compagnons espagnols, la presse vise et la police tire.

Ce soit à 20h, le rassemblement de solidarité à Madrid de Puerta del Sol était ultra saturé de policiers, qui contrôlaient les sac-à-dos et procédaient à des contrôles d’identité tout autour, et les 300 manifestants n’ont pas pu faire grand chose d’autre que gueuler des slogans pendant une heure et demie (« liberté liberté pour les détenus qui luttent », « Barcelone Liberté » et « A bas l’Etat policier »).

Dans la ville de Girona, une centaine de personnes ont manifesté en soirée avec des torches, et balancé de la peinture noire contre plusieurs agences bancaires au passage. A Saragosse, une centaine de manifestants également, et un container qui crame symboliquement. Enfin, à Hambourg (Allemagne) hier 29 mai, 150 personnes ont effectué une manifestation sauvage de solidarité, suite à un appel lancé sur Indymedia (Linksunten, là-bas), et malgré les keufs (leur gaz au poivre et leurs chiens). Un des slogans les plus repris était “Kein Gott ! Kein Staat ! Kein Mietvertrag !” (Ni Dieu ni Etat ni Contrat d’occupation !).

Enfin, à 21h, 300 personnes se sont rassemblées plaza de Sants (contre 4000 puis 2000 les soirs précédents) pour le traditionnel concert de casseroles, avant de se réunir en assemblée (et non plus de finir devant le comico de Les Corts, où partait ensuite l’émeute). Les représentants du CSA Can Vies y ont distribué un tract affirmant « si la mairie a autant de bonne volonté qu’elle le prétend, c’est facile : qu’elle nous laisse reconstruire en paix ce qu’ils ont détruit avec violence« , avant d’inviter demain samedi 10h les habitants à venir devant le lieu (désormais aussi entouré de barbelés et gardé) avec du matériel pour commencer les travaux de reconstruction de la partie démolie. C’est le mot « paix » qui compte dans ce tract… après une centaine de blessés, 40 arrêtés qui passeront en procès et vingt autres encore aux mains des Mossos.

De toute façon, la grande manifestation est prévue à 19h Plaça Universitat à Barcelone hors des jeux politiciens du quartier, et elle risque d’être importante, comme toutes celles annoncées à travers tout le pays, à un moment où il semble qu’il n’y aura pas de 5e nuit d’émeute à Sants.

Mise à jour dimanche 1er juin 2014, 15h

La journée de samedi 31 a donc commencé à 10h à Sants avec le rassemblement pour reconstruire la partie démolie du squat. Près de 400 personnes ont effectué trois chaînes humaines, au milieu de bars de rue, de musique et d’aires de jeu pour enfants, pour commencer à évacuer les gravats. Une petite partie d’entre eux a fini devant les grilles du siège du district (équivalent de la mairie d’arrondissement), à 700 mètres de là. La plupart, ceux qui sont réutilisables, sont triés et ordonnés pour servir aux futurs murs.

A leur arrivée sur place, les ex-squatters de Can Vies ont négocié avec les vigiles l’entrée sur la partie détruite, puis ont fait tomber les grillages. Eux seuls (ils portent des casques de chantier jaunes distinctifs de ceux -blancs- donnés aux gens) ont accès à cette partie, dont ils gèrent le « périmètre de sécurité ». Les architectes des squatters affirment après examen qu’il n’y a pas de risque de péril et qu’on peut reconstruire, tandis que les pompiers et les experts de la mairie (qui n’ont pas été chassés mais ont visité les lieux en compagnie des responsables de Can Vies) disent bien sûr le contraire. En guise d’apaisement, il n’y avait pas de flics sur place ce matin.

Tout ressemble donc à une mise en scène concordée où les autorités laissent provisoirement leur bras armé au garage mais gardent sur place le reste (vigiles, pompiers et experts techniques), tandis que les squatters s’emparent symboliquement et pacifiquement de la partie détruite en évacuant ses gravats en guise de réoccupation. Cela rappelle beaucoup les ex-Tute Bianche des centres sociaux italiens dans les années 90, habiles dans l’art d’organiser un antagonisme fictif afin de préserver la paix sociale ou d’éviter qu’elle ne se fissure davantage, en faisant mine d’avoir organisé l’incontrôlable qui les avait dépassé (ici les émeutes des jours précédents) pour ensuite se poser en pompiers de la révolte.
Quand pendant quatre nuits les pierres ont ainsi volé contre les Mossos d’Esquadra, que des sièges de partis, des centaines de containers ou un véhicule de la télé ont été livrés aux flammes, il fallait y penser, à détourner les pierres de leur usage spontané pour les utiliser dans un but pacifique ! Là où les nuits précédentes se pressaient des individus désireux d’en découdre, Can Vies leur propose désormais de s’aligner en rang, des pierres plein les mains… pour les passer à leur voisin ou les trier et les retailler avec soin, le tout au milieu de la fête annuelle des commerçants du quartier, Firaentitats. Dans un contexte explosif -il y a des milliers d’expulsions, pas seulement à Sants-, il aurait été bien incongru de prendre au pied de la lettre le célèbre slogan « une expulsion, mille occupations » (et dix mille pierres désormais disponibles pour les défendre), plutôt que de le récupérer en « une expulsion, une reconstruction » !

A propos de la non-réoccupation de la partie viable et de leur management de l’événement, la rhétorique des ex-squatters est la suivante : « Nous avons consulté des architectes et, après voir examiné le lieu, ils nous ont dit qu’il n’y a pas de risque d’écroulement du bâtiment, mais qu’il y a des parties en ruine. Il est donc important qu’il n’y ait pas beaucoup de gens dedans et que l’accès soit contrôlé ». Lors de cette même intervention au micro, leur porte-parole a ajouté :  » Il vaut mieux qu’elles [les autorités] nous laissent tranquilles, parce qu’on a vu que si elles nous provoquent, le quartier de Sants s’énerve et brûle, tandis que si elles ne le font pas, le quartier reste tranquille, comme aujourd’hui, où il n’y a pas de présence policière et où tout va bien. »

Au même moment arrive l’information que la nuit précédente dans le quartier de Gràcia, des inconnus ont défoncé les vitres du CDC (le trentième local de ce parti attaqué depuis cinq jours), sont rentrés à l’intérieur, ont tout saccagé, puis ont vidé son mobilier à l’extérieur. Des tags sur sa façade disaient « Can Vies resisteix ! » (« Can Vies résiste ! ») et « CiU, les pagareu totes » (« CiU, vous payerez tout ! » ; CiU est la coalition autonomiste, composée des partis CDC et UDC, au pouvoir en Catalogne depuis décembre 2010).
Ce qui se joue depuis le début est donc peut-être bien une question de perspective : l’alternative d’un côté, où l’on souhaite mener des projets sociaux-culturels au sein d’un monde où règne en maître l’Etat et le Capital, afin de construire par le bas un « pouvoir populaire » (un des mots d’ordre de Can Vies) ; et de l’autre l’attaque contre tout pouvoir vers la révolution sociale, c’est-à-dire la conflictualité permanente. Comme le disait déjà un vieux barbu il y a longtemps, ce n’est pourtant que du négatif que surgira le positif, un positif complètement différent de tout ce que nous connaissons, et pas l’inverse : « il n’y a pas de révolution sans destruction profonde et passionnée, destruction salvatrice et féconde parce que précisément d’elle, et seulement par elle, se créent et s’enfantent des mondes nouveaux ».

Du côté du tribunal, les 20 derniers arrêtés des nuits précédentes sont passés devant le juge. 19 d’entre eux ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de manifester et pointage tous les quinze jours. Le dernier par contre, a été incarcéré en prison préventive. Il pourra sortir contre paiement d’une caution de 10 000 euros, et dans ce cas aura interdiction de sortir du territoire et obligation de pointer une fois par semaine (le premier incarcéré, vendredi, n’a pas « bénéficié » de cette possibilité de sortir sous caution).

A 19h, était prévue la grande manifestation au centre de Barcelone, à plaza Universitat, au parcours non déposé en préfecture. Ses revendications étaient « amélioration du droit au logement » ou « autogestion des habitations », en plus bien sûr de la libération des arrêtés (pas des autres prisonniers, du genre « liberté pour tous ») ou la démission du maire (pas des autres politiciens, du genre « que se vayan todos »). Mais revendiquer des miettes et rabaisser ses exigences était peut-être le prix à payer pour préserver cette « zone d’opacité et d’organisation » qui engendre « une constellation de possibilité »* !

Six colonnes de manifestants sont arrivées de différents quartiers (dont Sants, Poble Sec, Les Corts, El Prat de Llobregat et el Eixample), et les participants étaient près de 8000 (20 000 selon les organisateurs, 3 500 selon la police), derrière la banderole « construisons l’alternative, défendons les quartiers ». Les cordons de Mossos d’Esquadra l’ont empêchée de se rendre sur les ramblas, après les quartiers de Paralelo et du Raval, et elle a terminé vers le siège du parlement régional, Plaza Sant Jaume.

A la hauteur de l’intersection entre Drassanes et la Rambla del Raval, un groupe de 500 manifestants divisés en plusieurs groupes visiblement pas trop portés sur la reconstruction de l’existant ou sur l’alternative, ont commencé un parcours différent de 22h à 2h du matin, parfois au milieu de touristes stupéfaits. Leur parcours sauvage a été ponctué d’affrontements avec les flics, de matériel urbain et de vitres de banques détruites, de containers et de voitures enflammées. Rien que dans les quartiers Ciutat Vella et Eixample, la mairie signale notamment 38 containers cramés, 12 voitures incendiées, plus la station de vélos en libre service « Bicing » rue Sant Oleguer qui a subi le même sort, et 45 000 euros de dégâts au total pour cette nuit. Les journaux espagnols titrent aujourd’hui : « Nouvelle nuit d’émeute à Barcelone avec six arrestations » (ABC) ou « Les émeutes pour Can Vies parviennent au centre de Barcelone » (agences).

Du côté répressif, il y a sept nouvelles arrestations (dont deux mineurs), et 225 personnes qui se sont retrouvées dans une nasse en rentrant vers Sants, et ont du présenter un papier d’identité et se faire filmer un à un pour en sortir (cela a duré trois heures, et les flics en obligeaient certains à mettre leur capuche pour faire des comparaisons avec les photos du fichier des émeutiers masqués des nuits précédentes).

Depuis ce matin, dimanche 1er juin, des dizaines d’habitants de Sants continuent de déblayer les gravats, à deux pas des concerts de la Fête de la cerise (Fira de la Cirera) à Plaza de Sants, et de la Fête médiévale dans la zone contigüe de Hostafrancs. De son côté, la mairie annonce cet après-midi lors d’une conférence de presse que le temps du dialogue avec les représentants de Can Vies touche à sa fin, prévoyant dès lundi de fixer une feuille de route pour la suite des événements. Comme dans un ballet où les deux partenaires se frôlent, s’éloignent puis se rapprochent sous les projecteurs avant de reprendre leurs distances, le collectif de Can Vies annonce à quelques heures d’intervalle qu’il suspend sa « reconstruction » -en réalité le déblaiement de gravats- en attendant l’examen technique de la viabilité de l’immeuble ! Cet après-midi, tout le monde est donc rentré chez soi (et les squatters à Can Batlló, un lieu légalisé du quartier), et leur prochain objectif est de retirer demain lundi la pelleteuse incendiée. Dans un communiqué de presse paru ce soir, Can Vies refuse l’ultimatum de la mairie, tout en précisant que « depuis le retrait du déploiement des unités anti-émeute, le quartier est resté tranquille » ces deux dernières nuits (manière grossière de se distancier des émeutes de la veille au centre-ville, avec un « mieux vaut nous que les méchants »).

Il est décidément temps que partent d’autres initiatives de rue pour faire dérailler ce jeu de dupes, en rouvrant un espace de conflictualité sans médiation où la temporalité ne serait plus dictée ni par les politiciens en cravate ni par les reconstructeurs en casques de chantier…

* Voir l’article apologétique de formes-de-vie tacticiennes paru sur rebellyon le 30 mai 2014 : « Barcelone brule ! CAN VIES NO ES TOCA ! »

[Repris de Brèves du Désordre et .]

Notes

[1] NdT : Suite à la décision d’expulsion définitive du tribunal il y a 15 mois, la mairie avait proposé un relogement et une relocalisation des activités du centre social, proposition que les habitants avaient refusée : ils ne souhaitaient ni déménager ni un quelconque contrôle municipal sur leurs activités, contrôle inévitable en cas de déplacement dans un lieu prêté par la ville. Tout le monde n’a pas le niveau de duperie de l’ex-squat des Tanneries à Dijon (France), dont la novlangue utilise les mots « autogestion », « autonomie » et « combativité » tout en acceptant un déménagement à 1,6 millions d’euros par la mairie, et en quémandant des dons déductibles des impôts pour les aider (voir ici)

[2] Il y avait eu une réunion juste avant entre des représentants de Can Vies et l’envoyé de la mairie, le conseiller du district de Sants-Montjuïc, et en présence de la Federación de Asociaciones de Vecinos de Barcelona (FAVB). C’est au cours de celle-ci que ce point a été acté informellement entre squatters et institutions, provoquant l’annonce du maire un peu plus tard à la télé. Par ailleurs, le collectif des ex-squatters se réunit à Can Batlló, un lieu sous convention avec la mairie du quartier de Poblenou.

[3] Comme ce titre de Hechos de hoy : « Dégoût et crainte de la guerilla urbaine à Sants et l’effet Gamonal » ou celui de El Pais du 30 mai : « Trias [le maire] négocie pour éviter que Sants ne se convertisse en nouveau Gamonal ».

Source : Non fides.

juin 052014
 

Turin : Nouvelle opération répressive contre des anarchistes (plus d’une centaine d’inculpations)

mardi 3 juin 2014

Aux premières heures ce matin, 3 juin 2014, une opération répressive est orchestrée par les procureurs Pedrotta et Rinaudo, contre plusieurs réalités anarchistes. Pour l’instant les nouvelles sont fragmentaires, mais il y aurait 25 perquisitions en cours à Turin et dans la région piémontaise, parmi lesquelles celle de l’asilo occupato et de la maison occupée Via lanino en plus de la notification et de l’exécution de plusieurs mesures préventives : 11 en taule, 6 aux arrestations domiciliaires, 4 en obligation de demeure (rester dans sa ville de résidence), 4 interdits de Turin, et 4 avec l’obligation de signer au comico.

 

Il y aurait en tout 111 inculpé-e-s et les délits vont de « dévastation et saccage » à « outrage à la nation », en passant par « incitation à l’insurrection armée contre l’état », « séquestration de personnes », « dégradations », « résistance à personne dépositaire de l’autorité publique » et « occupation de bâtiment ». Le choix stratégique des inquisiteurs ne prévoit pas l’utilisation d’instruments tels que les délits associatifs, mais plutôt l’aggravation « en réunion » des délits pré-cités.

C’est donc une enquête imprégnée de la prétention de complaire aux puissants de la ville : propriétaires, banquiers, bétonneurs et le Parti démocratique (PS italien, ndt), qui à Turin, et c’est notoire, se chevauchent et se confondent harmonieusement.
Les accusations contre les compagnon-ne-s concerneraient principalement les pratiques de résistance aux sfratti (des piquets à l’occupation du siège des huissiers), les manifs sauvages et les attaques aux permanences du PD ces derniers mois, en tentant d’étouffer à coup de mesures judiciaires ceux et celles qui, dans plusieurs quartiers de la ville, promeuvent l’auto-organisation des exploité-e-s et des expulsé-e-s en se réappropriant des espaces d’habitation, par la lutte contre la gentrification, contre la spéculation immobilière et contre les politiciens et les financiers qui saccagent partout nos existences.

[Mise à jour : après des heures de résistance sur le toit, les flics lâchent finalement l’Asilo Occupato et même l’occupation de rue Lanino reste aux mains des occupant/e/s et des familles qui l’habitent.]

Vous êtes invité/e/s à passer au 12 rue Alessandria pour contribuer à nettoyer la dévastation laissées par les sbires en uniformes.

Assemblée ouverte à 17h30à l’Asilo Occupato, suivie d’un repas bénéfit en soutien aux personnes arrêtées et impliquées

Pour écrire aux personnes incarcérées :

Fabio Milan
Paolo Milan
Andrea Ventrella
Francesco Di Berardo
Michele Garau
Toshiyuki Hosokawa
Daniele Altoé
Niccolò Angelino
Giuseppe De Salvatore

C.C. via Maria Adelaide Aglietta 35 – 10151 Torino

Claudio Alberto (prisonnier No Tav)
C.C. Via Arginone 327 – 44122 Ferrara

Niccolò Blasi (prisonnier No Tav)
Casa di Reclusione Via Casale San Michele 50 – 15100

[Traduction de l’italien de Informa-azione reçue par mail.]

Mise à jour :
Tous les lieux de réclusions ne sont pas encore connus pour toutes les
personnes incarcérées dans diverses taules hier mardi 3 juin. Pour le
moment, on peut écrire télégrammes, cartes et lettres à :

Daniele Altoè C.C. Via Casale San Michele, 50 – 15100 Alessandria ;

Andrea Ventrella C.C. Via Port’aurea, 57 – 48100 Ravenna ;

Paolo Milan C.C. Brissogne, Loc. Les Iles, 150 – 11020 Aosta ;

Marianna Valenti, incarcérée en plus des autres parce qu’elle a refusée
l’assignation à résidence, C.C. Lorusso e Cutugno, Via Aglietta, 35 –
10151 Torino.

Nicco, Chiara, Claudio, frappés eux aussi de nouvelles mesures répressive,
restent en prison aux mêmes adresses (rappelons la prochaine audience du
procès NoTav pour terrorisme le 6 Juin :

Claudio Alberto C.C. Via Arginone 327 – 44122 Ferrara ;

Niccolò Blasi C.C. Via Casale San Michele 50 – 15100 Alessandria ;

Chiara Zenobi C.C. Via Bartolo Longo 92 – 00156 Roma.

En première réaction hier soir mardi 3 Juin, trois manifestations ont eu
lieu à Turin, Milan et Rome.

Source : non fides.

mai 012014
 
apres-la-rue-de-bayeux-nouveau-squat-place-du-36eme

Non seulement, aucune solution n’a été mise en place pour reloger les personnes à la rue, expulsées du 115, qu’elles soient françaises ou étrangères, mais aujourd’hui la préfecture, par l’intermédiaire de la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale), jette de nouvelles familles avec enfants à la rue.

Elle recommence comme l’an dernier à pareille époque à dire qu’il n’y a pas assez de crédits pour les hébergements. Mais rien n’a été fait pour ouvrir de nouvelles places de CADA (Centre d’Acceuil pour Demandeurs d’Asile).

La DDCS dit qu’elle va boent$ot ouvrir une structiure de 100 places, mais ce n’est pas pour loger celles et ceux qui sont à la rue, c’est pour vider une partie des hotels (70ème anniversaire du débarquement et jeux équestres obligent…).

Elle va donc continuer à jeter à la rue des familles avec enfants, voire même aussi des personnes malades.

Lors d’une action en référé contre la préfecture, son représentant ose justifier l’action de celle-ci, pour refuser de loger une famille (un couple avec 2 enfants de 5 et 15 ans) sous prétexte  que cette famille a trouvé refuge au squat du 103-109 rue de Bayeux.

L’ordonnance de référé du tribunal administratif du 18 avril 2014 déclare :

« … il résulte de l’instruction que la famille B… occupe un immeuble actuellement « squatté » également par d’autres familles demandeurs d’asile, dont il n’est pas soutenu qu’il offrirait des conditions matérielles telles qu’elles seraient incompatibles avec le respect de la dignité humaine ; qu’ainsi l’autorité administrative ne peut pas être regardée dans les circonstances de l’espèce, comme porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d’asile… »

De fait, la justice reconnait indirectement l’utilité du squat, qui loge 75 personnes (dont 16 enfants) et évite à la préfecture de faire face à ses obligations légales en matières d’hébergement des demandeurs d’asile.

Aujourd’hui, la lutte continue face à l’attitude de la préfecture. Il n’est pas question que les occupant-e-s que les occupants du 103-109 rue de Bayeux se retrouvent à la rue.
C’EST POURQUOI NOUS VENONS A l’INSTANT D’OUVRIR UN NOUVEAU SQUAT au 5 rue St Jean 14000 Caen.
L’assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions !

Caen. Après la rue de Bayeux, nouveau squat place du 36e

Un immeuble situé 5, place du 36e régiment d’infanterie, est occupé depuis mardi par une centaine de personnes. Une initiative de l’Assemblée générale contre les expulsions.

Une centaine de personnes, pour la plupart sans-papiers et demandeurs d’asile, ont investi mardi cet immeuble inoccupé depuis plusieurs années. Composé de douze appartements répartis sur quatre étages, il se trouve en bas de la rue Saint-Jean, à côté du garage Citroën. Le propriétaire pourrait être une compagnie d’assurance.

La majorité d’entre eux, au nombre de 71 dont 16 enfants, déménagent en ce moment de leur précédent squat, situé au 103-109 rue de Bayeux. Un immeuble occupé par une cinquantaine de familles depuis le mois d’octobre 2013. (ouest-france)

Toulouse : Quelques informations complémentaires sur l’expulsion du CREA

 Posted by on 27 avril 2014 at 16 h 44 min  Actualité nationale  Commentaires fermés
avr 272014
 

TOULOUSE: UN MILITANT BLESSÉ PAR UN TIR DE FLASHBALL LORS DE L’ÉVACUATION D’UN SQUAT
MEDIAPART 25 avril 2014 | Par Louise Fessard [1]
Yann Zoldan, 26 ans, a déposé plainte jeudi 24 avril après avoir été grièvement blessé par un tir policier le 21 avril à Toulouse, lors de l’évacuation de deux squats. Il souffre de multiples fractures à la joue droite, causées selon lui par un lanceur de balles de défense.
Un jeune homme a déposé plainte jeudi 24 avril 2014 auprès du procureur de Toulouse après avoir été grièvement blessé par un tir policier le 21 avril à Toulouse, lors de l’évacuation de deux maisons squattées. Yann Zoldan, psychologue de 26 ans, souffre de multiples fractures à la joue droite, causées selon lui par l’impact d’un tir de LBD 40×46 (le Flashball nouvelle génération, plus puissant et plus précis).
Yann Zoldan, le 23 avril, blessé à la joue droite. Les forces de l’ordre étaient intervenues lundi 21 avril en fin d’après-midi pour déloger des familles de deux maisons récemment squattées, au 38, rue Louis- Plana, à Toulouse. Plusieurs militants de la Crea (campagne pour la requisition, lentraide et l’autogestion), un collectif toulousain [2] qui depuis trois ans « réquisitionne » des bâtiments vides pour y créer des « centres sociaux autogérés », étaient présents. « C’était des maisons inoccupées depuis des années et nous avons les preuves qu’on les occupait depuis plus de 48 heures_ (passé ce délai, la police ne peut normalement plus intervenir en flagrant délit et le propriétaire doit obtenir une décision de justice pour procéder à l’expulsion des squatteurs), dit Mathieu Rigouste, sociologue et militant [3] qui a été interpellé au passage. Mais les policiers sont passés outre.  Le nouveau maire, Jean-Luc Moudenc (UMP), s’est fait un devoir de réprimer la Crea.»
Selon les militants interrogés, à la vue des agents de la brigade anticriminalité (Bac) et des CRS venus en nombre, les occupants auraient préféré quitter les lieux eux-mêmes. « Il a fallu sortir les affaires, organiser des voitures, c’est alors qu’un camarade (Mathieu Rigouste) a été interpellé par la Bac, explique Louise, une étudiante de 26 ans. Plusieurs personnes se sont rapprochées pour savoir pourquoi ils l’interpellaient. Les policiers de la Bac ont sorti les matraques et un LBD. La violence a monté d’un coup. Ils ont lancé une grenade assourdissante à travers la rue.» Vers 20 heures, intrigué par une première déflagration, Clément, un voisin de 26 ans, a assisté à la scène depuis son palier, au rez-de-chaussée du 30, rue Louis-Plana. « J’ai clairement entendu un CRS dire “Celui-là, attrapez-le”, ils ont couru vers un gars et là c’est parti en vrille avec des coups de matraque,  des mecs qui se sont retrouvés au sol, puis j’ai entendu une nouvelle déflagration de Flashball », décrit le jeune homme, électricien et musicien. C’est à ce moment que Yann Zoldan, qui cherchait à fuir, aurait été touché. « Je m’étais réfugié derrière une poubelle, un policier en civil m’a dit “Sors et cours”, donc je suis sorti en levant les mains en l’air et en le regardant, affirme le jeune homme, militant du droit des animaux. Le policier a essayé de me donner un coup de matraque, j’ai reculé et là je me suis pris le tir. Je suis tombé sur les genoux, puis c’est devenu la confusion. » Selon lui, seul un policier de la Bac était armé d’un lanceur de balles de défense et larme était dotée d’un « viseur » _(caractéristique des LBD 40×46). « Plusieurs militants lui avaient dit  “Ne visez pas la tête”», se souvient Yann Zoldan.
Soutenu par ses amis, Yann Zoldan est mis à l’abri chez le voisin Clément, qui avait laissé sa porte ouverte, au cas où. « Il était conscient mais complètement sonné et pissait le sang, c’était impressionnant, décrit ce dernier. On lui a donné les premiers secours puis je l’ai emmené aux urgences de Purpan. »_ Diagnostic : une joue droite en miettes. Après scanner, le certificat du médecin des urgences daté du 21 avril dénombre pas moins de cinq fractures des os du visage : « Fracture mandibulaire droite, fracture du malaire, fracture du sinus maxillaire, facture du plancher de l’orbite, hémosinus du maxillaire droit. » Des blessures « compatibles avec l’impact de la balle de Flashball »_, a précisé deux jours plus tard le médecin légal, qui a attribué une ITT de dix jours renouvelable. « Le médecin des urgences m’a dit que des morceaux d’os avaient explosé et que si j’avais été touché un peu plus haut, au niveau de la tempe où les os sont plus fins, çaurait été la mort à coup sûr », indique Yann Zoldan. Le jeune homme, doctorant en psychologie, devrait être opéré dès que sa joue aura dégonflé pour « mettre des plaques de métal ».
Son avocat, Me Julien Brel, a déposé plainte jeudi 24 avril devant le procureur de Toulouse pour violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique, en demandant l’ouverture directe d’une information judiciaire. L’avocat connaît bien ces blessures. Il défend déjà Joan Celsis, un étudiant toulousain qui avait perdu un œil [4] en mars 2009, après un tir de Flashball. L’affaire avait abouti à non-lieu, confirmé le 14 mars 2013 par la chambre de l’instruction de la cour dappel de Toulouse, faute d’identification du policier tireur. Les quatre militants interrogés assurent qu’il n’y a eu aucune violence envers les forces de l’ordre le 21 avril 2014. « De ce que j’ai vu, les squatteurs n’étaient pas du tout dans une attitude agressive qui aurait justifié la réponse des policiers, ils étaient en train de partir petit à petit », indique Clément, le voisin. « La police a été extrêmement violente pour casser la Crea, estime de son côté Louise. _Ça fait plusieurs années qu’ils nous ont dans le viseur et là avec l’arrivée de Jean-Luc Moudenc, ils ont voulu marquer le coup. » D’après la jeune femme, les policiers auraient saisi et donné des coups de pied dans l’appareil photo d’un militant, qui photographiait les interpellations et les « violences policières ».
Selon plusieurs témoignages, quatre personnes auraient été interpellées ce soir-là, dont Mathieu Rigouste, 33 ans. Chercheur en sciences sociales et militant, le jeune homme a été placéen garde à vue pour _« violation de domicile » selon son avocat Me Julien Brel. « Puis ils lui ont rajouté refus de prélèvement d’ADN et ont prolongé sa garde à vue jusqu’à mercredi11 heures, pourl’interroger sur des faits plus anciens », explique l’avocat. Près de 40 heures de garde à vue qui ont abouti, selon Me Julien Brel, à une simple « convocation à la maison de la justice et du droit pour un rappel à la loi »… Auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux quartiers populaires et à l’idéologie policière (L’Ennemi intérieur_ [5] paru en 2009 ou encore La Domination policière  [6]parue en 2012), Mathieu Rigouste parle d’une « arrestation arbitraire ». « Comme d’habitude, les policiers ont désigné des chefs, ils essaient de fabriquer des responsables pour mieux réprimer, alors que la Crea est un mouvement de gens en galère sans chef », dit-il.
Links: —— [1] http://www.mediapart.fr/biographie/58110 [2] http://creatoulouse.squat.net/sample-page/ [3] http://www.lesinrocks.com/2012/12/11/actualite/rigouste-11330655/ [4] http://carredinfo.fr/blesse-par-un-tir-de-flash-ball-joan-celsis-mene-un-combat-judiciaire- depuis-quatre-ans-19180/ [5] http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-L_ennemi_interieur-9782707169150.html [6] http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=729

Source  : médiapart.

 

Toulouse : La police expulse et tabasse les occupant-e-s du CREA.

 Posted by on 24 avril 2014 at 11 h 41 min  Logement / Squat / Urbanisme  Commentaires fermés
avr 242014
 

[Les pauvres ne disparaissent pas à coups de tonfa magique] Des bâtiments sont vides, des gens sont à la rue : réquisitionnons ce qui a été construit par le peuple pour loger le peuple

http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2012/08/0.jpg?w=695

Communiqué de la Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion du 23 avril 2014

À Toulouse, depuis plus de trois ans nous, familles avec enfants, étudiant.es précaires, travailleur.euses.s pauvres, galériens.nnes privé.e.s de papiers, réquisitionnons des bâtiments vides privés et publics pour nous loger, nous organiser et vivre selon nos propres moyens et nos propres besoins. Dans cette même logique, depuis plus de trois ans, insoumissibles aux logiques de l’État, du capital, et des politiques bourgeoises nous refusons de laisser organiser les conditions de notre misère et notre exploitation.

C’est ainsi, que lundi 21 avril, nous, habitant.e.s et soutiens du Centre Social Autogéré du 57 avenue Jean-Rieux étions obligé.es de rendre les clefs du bâtiment réquisitionné depuis octobre 2013 après que M. Jean-Luc Moudenc, nouveau maire ressuscité de la droite toulousaine, ait personnellement « prié » le propriétaire de nous expulser sous menace d’un carnage policier. Il est clair que dans la logique de la Justice et que dans l’obsession personnelle et maladive de M. Moudenc de « nettoyer sa ville », les intérêts des pauvres et leurs organisations ne valent rien.

C’est ainsi bien conscient de cela, que nous avions ouvert par nécessité, quelques jours auparavant, deux nouvelles réquisitions à la Roseraie que nous venions d’officialiser.

Mais dès dimanche soir et ce jusqu’à l’expulsion, se sont succédés autour de ces deux maisons : vrais et faux propriétaires, renforts massif d’agents immobiliers, policiers divers et variés s’étant tous accordés sur le même discours : notre impossibilité à rester dans les lieux quels que soient nos droits et nos déterminations. Le dispositif s’accélère le lundi après-midi lorsque nous nous trouvions à l’intérieur des bâtiments. Fort d’une plainte fallacieuse et illusoire pour violation de domicile déposée par les propriétaires, les renseignements généraux ont, dans un premier temps, tenté d’interroger plusieurs personnes identifiées de la CREA. Bredouilles, ils repartent pour mieux revenir une heure après accompagnés de plusieurs camions de CRS bloquant la rue et ordonnant l’expulsion immédiate et illégale des bâtiments, sans solution de relogement.

Après discussion, nous nous décidons à sortir des maisons, avec nos affaires et sans que personne ne soit embarqué, à qui serait intimé l’obligation de répondre de la plainte du propriétaire.

Une heure plus tard, nous nous trouvons tous dehors : habitant.tes, entourés de nos soutiens et de nombreux voisin.e.s. lorsque le lourd dispositif policier finit de se mettre en place. Nous nous interrogeons encore sur l’impressionnant arsenal mis en œuvre : plus d’une centaine de policiers de corps différents, une quinzaine de camions, brigades des CSI, BAC, Police nationale, gardes-mobiles, renseignements généraux, lorsqu’au même moment le gouvernement se pavane vulgairement dans les médias en parlant de « plans d’économies » et de « gestion sociale » du pays.

Nous déménageons nos affaires lorsque la BAC décide d’interpeller quelqu’un identifié comme  « responsable ». En plus de la violence de l’intervention, s’en suit un déluge de coups de la part des tous les policiers : gaz lacrymos, tir de grenade dispersive, tir tendu de flash-ball au visage. Un autre camarade s’est écroulé au sol, se faisant secourir et transporter à l’hôpital par les voisin.e.s. Touché en pleine face, plus de la moitié des os de son visage ont explosé. Plusieurs personnes ont été blessées, et la chasse à l’homme dure plusieurs heures. De plus, quatre personnes ont été interpellées, une est toujours en garde-à-vue ce mercredi matin et une cinquante de personnes se retrouvent à la rue du fait de l’acharnement de la Mairie et de la Préfecture.

Nous adressons donc un message au nouveau maire de Toulouse et à tous ceux qui partagent ses idées et intérêts : les pauvres ne disparaissent pas à coups de tonfa magique. Les surveillances,  contrôles, expulsions, répressions ne font qu’accroitre nos déterminations à ne pas nous résigner au jeu des pouvoirs publics de droite comme de gauche, et à choisir pour et par nous-mêmes nos conditions d’existence. Des bâtiments sont vides, des gens sont à la rue : réquisitionnons ce qui a été construit par le peuple pour loger le peuple.

Ici et maintenant, rencontrons-nous, organisons-nous.
Tous pour Tou.tes
Pouvoir au peuple

 

Source : Jura libertaire.

mar 292014
 
01

Texte distribué lors de la manif du 29 mars à Caen:

Contre les propriétaires[1] et le capital, guerre sans merci !

 

« Si tu veux être heureux, nom de dieu,

Pends ton propriétaire… »

 

Prendre la rue et défendre des personnes jetées à la rue est une solidarité bien élémentaire qui est déjà énorme dans le contexte actuel. En appeler au droit au logement est probablement un pas supplémentaire. Toutefois, lutter immédiatement contre des hausses de loyers, contre le fait que des personnes soient à la rue, pour des conditions de vie plus dignes ne doit pas faire oublier que c’est bien le simple fait de payer un loyer qui est une escroquerie. La dignité ne se monnaye pas, pas plus que la liberté ! Comme le disait un tract de l’Assemblée libertaire diffusé au milieu de l’année 2013, « l’une des premières conséquences  des politiques d’austérité, c’est l’accès au logement plus difficile encore. Aujourd’hui, il y a plus de 3,6 millions de mal-logéEs en France, et au moins 130 000 SDF. Les expulsions locatives sont quant à elles de plus de 100 000 chaque année. Mais au-delà des politiques d’austérité, c’est la propriété privée, à la base du capitalisme, qui crée les conditions de mal-logement. Aujourd’hui, pour une bonne partie des populations le seul moyen de se loger c’est soit de consacrer une part exorbitante de son budget dans un loyer, soit de rembourser un prêt tout au long de leur vie. Pendant ce temps-là, d’autres spéculent et s’enrichissent, nourrissant le coût important de l’immobilier. Ces spéculations se traduisent notamment par des logements qui restent inoccupés pendant que des gens sont jetés à la rue. Dès lors, il est bien légitime d’occuper ces habitations vides ».

 

L’histoire de cette revendication du droit au logement n’est pas la nôtre. A la tradition des déménagements solidaires à la cloche de bois et des réquisitions à la fin du 19ème et au début du 20ème siècles, portée par des révolutionnaires et révoltés, notamment la Ligue des anti-propriétaires, s’est peu à peu substitué le droit au logement, revendication des catholiques sociaux après 45. C’est issu de cette tradition qu’est apparu le DAL (Droit Au Logement), qui cherche essentiellement à attirer l’attention des pouvoirs publics via les médias, et à mobiliser l’opinion publique. Outre le caractère réformiste et médiatique de cette position, contrairement à une autre tradition qui préférait la réappropriation directe et les visées révolutionnaires, la question du logement vient remplacer peu à peu celle de la réappropriation de nos espaces de vie dans toute leur complexité. Là où il y avait une volonté d’habiter, et donc de constituer collectivement un lieu, avec ses rencontres, ses significations familières, ses symboles, ne reste plus que la fonction élémentaire pour survivre de se loger. C’est pourquoi à la veille de mai 68, certainEs ont voulu subvertir cette revendication du droit au logement en droit à la ville, avec toutes ses dimensions plurielles : aussi bien les rencontres et festivités que se défaire du poids de la marchandise, des transports, des flics et des industries. On ne vit pas que de pain… Et nous préférons prolonger autant que possible les traditions de lutte qui ont associé le pain et la liberté.

 

Ce serait surtout oublier les politiques agressives de rénovations urbaines et d’aménagements du territoire qui nous incarcèrent toujours plus dans la domination capitaliste, avec leur architecture sécuritaire, leur circulation des marchandises, leur gentrification et les nouvelles technologies de contrôle et de marketing qui prolifèrent déjà dans le mobilier urbain… La création de logements, qu’une revendication floue et en partie consensuelle telle le droit au logement peut contribuer à favoriser, participe aussi aux déplacements des classes populaires, à la destruction de solidarités locales et au bétonnage toujours plus important du monde.

 

Les socialistes révolutionnaires d’autrefois et le vieux mouvement ouvrier ont d’abord refusé les politiques publiques de logement, et donc ne s’inscrivaient pas dans la revendication du droit au logement. Ils et elles concevaient d’ailleurs les logements ouvriers et à bon marché comme des taules et des usines. De la même manière, ils et elles refusaient viscéralement les petits gestes d’assistance et de charité que capitalistes et Etat acceptaient de leur lâcher. Les politiques de logement – appuyées dans la société civile par une social-démocratie en formation, des catholiques sociaux et des patrons soucieux de leur main d’œuvre – étaient bien portées par une logique paternaliste visant à prendre soin de la main d’œuvre et à pacifier une société d’exploitation profondément inégalitaire. C’était d’ailleurs la vision de Louis-Napoléon Bonaparte, celui qui a modernisé et développé le capitalisme industriel le plus libéral en France, qui souhaitait « désarmer pacifiquement l’émeute » par de telles politiques.

 

Beaucoup au sein des mouvements révolutionnaires refusaient d’en appeler au Droit, et pour cause, ils et elles combattaient la domination étatique. En appeler au Droit, c’est toujours prendre le risque d’un renforcement de l’Etat et de ses lois, qui encadre chaque jour un peu plus nos existences. Ce ne sont peut-être pas tant des droits que nous avons à demander que le Droit qui est en trop, réduisant chaque jour un peu plus l’exercice de notre liberté. Surtout que l’Etat ne lâchera jamais un tel droit, à part de façon abstraite et non réalisable dans les faits – c’est d’ailleurs déjà plus ou moins le cas sur le droit au logement aujourd’hui…

 

Le flou qu’entretient une revendication comme le droit au logement permet à chacun de mettre ce qu’il ou elle y souhaite. Si pour certainEs, elle est d’abord pensée comme l’occupation des lieux vides ou l’obtention de conditions de vie dignes par un rapport de forces, d’autres peuvent y voir un appel à la bienveillance de l’Etat, pendant que quelques unEs imaginent déjà les projets urbains et autres aménagements de nos vies en s’appuyant sur cette revendication au même moment que des politiciens espèrent bien intégrer ce qu’ils et elles pourront de celle-ci.

 

Il ne s’agit pas de dire qu’obtenir un logement n’est pas le plus pressant pour les gens à la rue, et formuler de telles critiques sont plus faciles avec un toit sur la tête. Mais faire appel au droit au logement est se leurrer sur ce à quoi on fait face : il n’y aura jamais de droit au logement réel dans un système capitaliste. Et si nous parvenons à créer un rapport de forces suffisant pour l’imposer, c’est que nous serons capables d’envisager bien plus qu’un simple droit au logement… Or, il est bien difficile de voir comment on en arrive à la lutte pour l’abolition de l’Etat et du capital en partant de là. Si, de manière individuelle, nous faisons ce que nous pouvons pour nous loger de la manière la plus confortable possible, une lutte collective est peut-être l’occasion d’ambitionner autre chose. Ce qui n’empêche pas de chercher à imposer des solutions immédiates de relogement pour les personnes à la rue. La question est de savoir si on se contente du peu qu’un système d’exploitation et d’oppression veut bien nous lâcher, ou si on vise à son dépassement…

  

Des gens solidaires mais contrariéEs.


[1] Nous espérons que tout le monde aura compris qu’il s’agit des propriétaires qui font fructifier leur capital sur le dos des petites gens, et non des petits propriétaires qui se sont offerts un chez-soi.

fév 272014
 

Salut,

Manifestation mensuelle de l’AG de Lutte Contre Toutes les Expulsions (tous les premiers samedi de chaque mois)

-pour le relogement des expulséEs des services d’hébergement du « 115 »

et

-la régularisation des sans-papiers.

ce SAMEDI 1er MARS

14H DEVANT LA PREFECTURE.

Venez avec de quoi faire du bruit.

Merci de faire circuler l’info dans vos réseaux.

 

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