Mouvement de prisonniers en Grèce

 Posted by on 17 avril 2014 at 12 h 32 min  Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire  Commentaires fermés
avr 172014
 

Chopé sur Base de données anarchistes :

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jeudi 27 mars

D’après des contacts avec des taulards de la prison de Nigrita, Ilias Karelis, le détenu qui a tué le maton à Malandrino, y a été transféré dans la journée. Ilias a été tabassé par les matons de la prison de Nigritas ainsi que durant son transfert par les flics et il a été placé au mitard. Les prisonniers des ailes 4 et 6 ont demandé qu’il soit retiré de l’isolement et qu’il soit transféré dans une autre aile de la prison.

vendredi 28 mars

Ilias Karelis a été retrouvé mort cette nuit au mitard de la prison de Nigrita et, tel que c’est rapporté dans les médias, ce n’est pas un suicide (sa cellule était constamment sous surveillance vidéo). En réponse à ce meurtre étatique, les prisonniers des ailes B et C de la prison de Larissa et ceux des ailes A, B et C de la prison de Patras ont fait la grève des plateaux et refusent de rentrer dans leurs cellules.

De plus, dans le cadre plus large du mouvement contre le projet de loi des prisons à haute sécurité, les taulards des prisons de Patras et Chania (Crête) ont refusé de rentrer dans leurs cellules tandis que dans la prison de Malandrino ils ont fait la grève des plateaux. Les prisons de Korydallos et de Kerkyras ont aussi fait la grève des plateaux pour la mort d’Ilias.

Pour finir, les prisons de Kerkyras et de Malandrino ont envoyé un texte, en plus de celui pour le mouvement, rempli de colère et de rage pour ce meurtre.

Solidarité avec la lutte des prisonniers
Un seul mot pour le meurtre d’Ilias : Vengeance

[Traduit du grec par nos soins de Indy Athenes.1.2.3.]

Nouveau mouvement des prisonniers dans toute la Grèce

mercredi 16 avril 2014

Selon les informations que nous avons reçu le vendredi 11 avril 2014 par des compagnons détenus dans la prison de Korydallos, toutes les prisons du pays vont faire une grève des plateaux pour toute la journée dans le cadre du mouvement contre le nouveau projet de loi.

 

Les prisons qui participent à cette action sont les suivantes : Grevena, Domokos, Larissa, Nafplio, Alikarvassos, Avlona, Kerkyra, Korydallos (prison des femmes et des hommes), Nigrita Serres, Komotini, Trikala et Diavata.

Dans certaines prisons la participation au mouvement est totale (Korydallos, Domokos, etc.) et dans d’autres soit la majorité soit quelques ailes sont impliquées (Nafplio, etc.).

En signe de solidarité, les détenus de certaines prisons (Kerkyra, Korydallos) ont donné leur nourriture à des groupes sociaux dans le besoin (pauvres, handicapés, sans-abri) et ce par le biais d’associations humanitaires.

LA LUTTE CONTINUE…

 

mar 302014
 
maydan

Grèce : la dégradation sociale se poursuit

Publié le 25 octobre 2013 par A l’encontre sur Europe Solidaire Sans Frontières

Grèce : la dégradation sociale se poursuit

Avec le retard habituel, l’institut de statistique grec, l’Elstat, a publié début septembre les chiffres du chômage pour le mois de juin 2013. Le nombre de chômeurs enregistrés s’élève à 1’403’698, soit 174’709 de plus qu’en juin 2012. Par rapport à la population active, le taux a atteint 27,9%. Il se situe officiellement, pour les jeunes entre 15 et 24 ans, à 58,8% et, pour ceux dans la tranche d’âge de 25 à 34 ans, à 37,4%.

Si les médias mettent avant tout l’accent sur Aube dorée et les mesures prises par le gouvernement, le chômage reste un élément social et politique des plus importants dans la situation grecque. De très nombreux reportages indiquent que des dizaines de milliers de salarié·e·s ne reçoivent pas leur paie depuis trois à six mois. Les exemples de chômeurs qualifiés auxquels on propose des salaires de 490 euros net pour un travail hebdomadaire de 54 heures sont monnaie courante, comme le sont les reportages de chômeurs de longue durée dont la famille doit vivre de la pension de leurs parents qui ne dépasse pas 500 euros par mois.

Un chômeur de 45 ans avec deux enfants décrit une situation pareille et la résume ainsi : « 500 euros pour cinq, et pour le pain seulement je dois dépenser 1,82 euro par jour. » Pour rappel, le salaire minimum a passé de 780 euros à 586 en février 2012. En termes de revenu net, la somme est de 480 à 490 euros mensuels.

Au début octobre, un plan de réorganisation des retraites a été présenté. La retraite de base devrait atteindre le maximum de 360 euros par mois. Elle devrait être complétée par « une assurance vie obligatoire » (de fait un second pilier) à laquelle s’intéresse le groupe d’assurance allemand Allianz. En termes d’accès à la santé, le président du système national de santé (EOPYY), Dimitris Kontos, membre de la Nouvelle Démocratie, a indiqué fin septembre que 3,068 millions de citoyens se trouvaient sans assurance. Des recherches plus approfondies montrent que ce chiffre est sous-estimé, car il n’inclut pas les petits commerçants ayant dû fermer leur commerce ou les travailleurs de la construction qui perdent leur couverture lorsqu’ils ne paient plus leurs contributions suite à la perte de leur emploi. Le chiffre plus proche de la réalité, sans compter évidemment les migrant·e·s, dépasser les 4 millions. Ce chiffre doit être comparé au nombre officiel d’assurés : 6,171 millions.

L’expropriation de logements de personnes n’ayant pas payé leurs impôts immobiliers, qui ont explosé, et/ou ayant d’autres dettes envers l’Etat est un thème débattu au parlement grec actuellement. Le rapport entre le montant de la dette et la valeur immobilière suscite de nombreuses interrogations pour ce qui est soit du transfert du bien immobilier à l’Etat pour effacer la dette, soit du transfert à une troisième partie qui se retrouve avec le restant de la dette à payer, selon la valeur imputée à la propriété. En outre monte une vraie colère parmi les très nombreux propriétaires de logement dont une part importante est incapable de payer les frais de chauffage, cela d’autant plus qu’un nouvel impôt frappe le fioul domestique.

Une récente enquête indique que 44% des ménages grecs ne pourront pas chauffer leur maison cet hiver. Or, ce pourcentage a été établi avant la prise en compte de l’augmentation de l’impôt. Il n’est pas difficile d’imaginer les effets du froid sur la santé d’enfants très jeunes ou de personnes âgées. […]

Rédaction A l’Encontr

mar 302014
 
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les Grecs réinventent l’économie solidaire

Publié le 14 juin 2013 par
Charlie Hebdo – N°1095 12 juin 2013 – Angélique Kourounis
La-crise-grecque-s-invite-en-Afrique-de-l-Ouest_largePlutôt que de continuer à subir sans broncher la « crise », un nombre grandissant de Grecs ont décidé de s’organiser en multiples réseaux de solidarité, afin de venir en aide aux plus nécessiteux.
« C’est bon pour celle-ci, les salopards n’ont pas eu le dernier mot ! » Menios, bourru, ventru, est content de lui. Il vient, en moins de quinze minutes, de rétablir le courant pour une famille qui n’a plus de quoi payer les factures d’électricité et encore moins les impôts fonciers. En l’occurrence 1 185 euros. « Comment voulez(vous que je paye, se plaint Soultana, la cinquantaine, je n’ai plus de travail depuis trois ans et mon mari non plus. on ne vit qu’avec l’aide du quartier. Notre fille est handicapée. » C’est ce dernier point qui a le plus révolté Menios  : « Ils ne devraient pas avoir le droit de faire cela à des familles aussi touchées. C’est contraire à toutes les lois. » Pas vraiment. Depuis le passage de la « Troïka » en Grèce, on peut même couper le courant aux écoles en cas d’impayés. « Je m’en fous, c’est immoral, tonne Menios, et tant que je le pourrai, je rétablirai ces foutus compteurs ! » Son collègue, venu le seconder, le calme et lui rappelle que, justement, il y a deux autres compteurs dont il faut s’occuper.
Plutôt troquer que crever
Les deux hommes font partie d’un vaste mouvement de solidarité qui s’étend dans tous le pays et qui fait tache d’huile, car il touche tous les domaines. Cela va des banques d’échanges aux dispensaires municipaux et aux cuisines collectives, en passant par l’occupation de terrains militaires, sans oublier les marchés de troc et les écoles du soir. Dans tous les quartiers se tiennent des assemblées générales ouvertes à tous. Pas de chef, pas de direction mais une volonté commune de s’en sortir, d’organiser la survie dans la dignité. « On veut reprendre nos vies en main« , explique Léandros, de l’assemblée générale de Pérama, un faubourg du Pirée touché par 70% de chômage. « On veut sortir de chez nous, ne plus être seul avec notre dépression. » Père de quatre enfants, il se démène dans son quartier pour trouver des solutions à la détresse : « On ne veut pas la charité, ni la soupe populaire, on veut de la solidarité. on veut s’organiser et réagir. »
Grece-dieu-argent2Une fois tous les quinze jours, tôt le matin, Léandros va avec ses collègues demander aux vendeurs des marchés s’ils ne peuvent pas mettre quelques sacs de marchandises de côté. Vers 14 heures, il y retourne avec d’autres récolter ces dons qui seront scrupuleusement partagés – à l’olive près – entre les 120 familles qui ont rejoint l’assemblée. Les autres jours, il fait le tour des restaurateurs qui donnent des repas. A l’aube, il songe même aller à la criée récupérer les poissons trop petits pour être vendus. Chaque fois, il va au charbon avec son badge sur le torse, « Assemblée ouverte de Pérama », de la dignité avant tout : « Je leur explique qu’on n’est pas des tire-au-flanc, ni des mendiants, on est des anciens et futurs clients dans une mauvaise passe. On a besoin d’un coup de main pour tenir le coup. »
Et ça marche ! A Pérama, mais aussi au Pirée, à Thessalonique, en Crète, partout cette solidarité gagne du terrain. « Le plus dur, confie Kostas, chômeur activiste à Athènes, est de convaincre les gens qu’ils ne sont pas responsables de cette situation. Qu’ils n’ont pas à avoir honte. » Le samedi matin, il ouvre un dépôt de vêtements – le local est prêté – où chacun vient prendre ce qu’il veut, ou donner quelque chose. Le soir, il prend des cours gratuits de guitare, et, une fois par semaine, il relaie toutes les initiatives du quartier dans une émission d’une radio pirate. « Je ne me suis jamais senti aussi utile qu’en ce moment« , dit-il en riant.
4045Konstantinos dit la même chose, mais lui a choisi de cuisiner tous les jours sur une place publique avec un grand chaudron pour partager son repas avec ceux qui n’ont plus rien. A Thessalonique, les riverains d’un énorme terrain militaire ont décidé de la transformer en potager. Chacun est responsable d’un lopin de terre qu’il cultive, mais les légumes en surplus vont vers les plus nécessiteux. Un peu partout, des professeurs organisent des cours de soutien gratuits et les médecins montent des dispensaires populaires, seul moyen pour se soigner en Grèce si l’on est en fin de droits. Pour Yiannis, activiste, cette solidarité remplit le rôle que l’Etat devrait tenir. « Mais si ça continue comme ça, observe-t-il un brin provocateur, je ne vois pas pourquoi je devrais payer des impôts…« 
mar 302014
 
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Dispensaires sociaux grecs, interview de Giorgos Vichas par Benoît Borrits

Publié le 26/03/2013 par

http://www.autogestion.asso.fr/?p=2891 et http://www.regards.fr/web/nouvel-article,6412

Giorgos Vichas, médecins et animateur du dispensaire social d'Ellinikon-Athènes

Giorgos Vichas, médecins et animateur du dispensaire social d’Ellinikon-Athènes

En visite en France pour la première initiative publique du Collectif « Solidarité franco-grecque pour la santé » en faveur des dispensaires sociaux, le Docteur Giorgos Vichas nous explique les origines de ce mouvement.

Docteur Giorgos Vichas, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis un cardiologue travaillant dans le système national de santé et je viens ici au titre de responsable du Dispensaire social métropolitain d’Ellinikon à Athènes. Le dispensaire social est une initiative de médecins bénévoles visant à assurer des soins à des patients sans sécurité sociale, sans emploi et sans ressource. En décembre 2011, après le Mémorandum de l’Union européenne, les personnes sans sécurité sociale ont été exclues du système de santé et se sont trouvées dans l’impossibilité de recourir à un médecin : c’est dans ce cadre que le dispensaire a été créé. Il faut savoir qu’au-delà d’une année de chômage, on n’est plus assuré en Grèce. Par ailleurs, pour les assurés, la part à la charge des patients pour la plupart des pathologies est passée de 10 à 25 voire 30 % des traitements. Les dispensaires sociaux grecs estiment qu’aujourd’hui, de 35 à 40 % de la population n’est plus couverte par la sécurité sociale.

En quoi consiste un dispensaire social ?

Ceux-ci se sont organisés sur trois principes fondateurs. Le premier est que le travail y est totalement bénévole et que personne ne peut recevoir d’argent dans le cadre de cette activité. Le second est que le Dispensaire fait appel à des dons de médicaments et refuse tout argent. Le troisième est le refus de tout sponsoring de la part d’un quelconque donateur. Ces principes stricts ne nous ont pas empêché de nous développer rapidement. Il y a aujourd’hui vingt dispensaires dans toute la Grèce. Nous tiendrons notre prochaine réunion de coordination dimanche prochain. Notre dispensaire d’Ellinikon, a été le premier opérationnel. Il a été rendu possible grâce à l’appui de la municipalité d’Ellinikon qui nous laisse à disposition un local de 250 m2. Notre dispensaire regroupe aujourd’hui 90 médecins, 10 pharmaciens, 15 dentistes, 10 psychologues et 120 autres bénévoles qui assurent du secrétariat et de la communication. Du point de vue des médicaments, ce sont, pour 80 %, des particuliers qui donnent des médicaments non périmés au Dispensaire. Lorsque nous manquons de certains médicaments, notamment des vaccins pour enfants, certains les achètent spécialement pour nous.

Comment faites-vous lorsque les soins à donner dépassent le cadre d’un dispensaire et nécessitent, par exemple, des opérations chirurgicales ?

Nous sommes aidés par le plus grand hôpital privé d’Athènes et les deux plus grandes maternités. Certains hôpitaux publics passent outre la loi qui interdit des prestations gratuites à des non-assurés. Nous sommes fiers d’avoir ainsi pu réaliser quatre opérations de cardiologie. Mais cela ne se passe pas non plus toujours bien. La semaine prochaine, nous entrerons de force dans la maternité de l’Hôpital Alexandra pour exiger la prise en charge de deux femmes enceintes. Le choix de cet hôpital n’est pas fortuit : il a témoigné d’une forte inhumanité à deux reprises. Le premier en refusant de rendre un nouveau-né à sa mère dans l’attente de son règlement d’hospitalisation, le second en menaçant de prison une réfugiée politique afghane à qui on exigeait le règlement de 1200 euros de frais d’hospitalisation.

Votre initiative témoigne d’une forte capacité de résilience de la société grecque. Souhaitez-vous inscrire cette démarche dans une perspective politique ?

Le dispensaire social n’a aucune existence juridique et nous ne souhaitons pas qu’il en ait une. Il n’existe qu’à cause des politiques de la Troïka et nous l’espérons temporaire. Il participe d’un mouvement pour un système de santé public, gratuit et sans corruption. Le dispensaire social agit dans deux directions simultanées. Il prend le patient par la main afin de lui redonner espoir et en même temps, il le persuade de se battre pour mettre fin à cette politique. C’est pourquoi le Dispensaire d’Ellinikon est partie prenante du processus de l’Alter-Summit européen qui aura lieu les 8 et 9 juin 2013 à Athènes.

Un dernier mot ?

Désormais la solidarité dépasse les frontières. Déjà, un groupe de médecins allemands présents à Francfort, Munich et Berlin organise la solidarité concrète à l’égard de nos dispensaires et font aussi connaître la situation sanitaire grecque en tant que résultat concret de la politique actuellement menée. Ce qui se passe aujourd’hui à Chypre est du même ressort et ne se concerne pas que nos deux pays. Il est urgent que les peuples européens expriment leur solidarité et se battent tous ensemble pour résister à la logique de ces politiques.

Pour suivre et participer à la campagne française de solidarité avec les dispensaires sociaux :http://solidaritefrancogrecque.wordpress.com/

mar 162014
 
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Samedi 29 mars 17-18h : Permanence infokiosk et bibliothèque militante, au local Apache, 35 bvd Poincaré, arrêt de tram Poincaré

Mardi 1er avril 20h : Projection-débat du film Ne vivons plus comme des esclaves, sur la situation en Grèce, à l’amphi Tocqueville, campus 1, arrêt de tram Université

juil 252013
 
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Sida en Grèce : retour des dépistages forcés et détentions de séropositifs

Renée Greusard | Journaliste Rue89
C’est passé presque inaperçu, au cœur de l’été. Au début de ce mois de juillet, le gouvernement grec a réinstauré une mesure sanitaire plus que polémique, raconte le site d’informations américain Salon. Désormais, en Grèce, les dépistages du VIH pourront être forcés et la police sera autorisée à détenir des individus suspectés d’être porteurs du virus, et plus précisément les populations dites à risques.

Cette mesure, dite 39A, avait déjà été décidée en avril 2012 par un ministre socialiste, Andreas Loverdos, mais avait ensuite été annulée en avril dernier, par son successeur d’un autre parti de gauche, Dimar.

Les prostituées inculpées pour crime

Il avait en effet été révélé que la police utilisait la mesure pour cibler les travailleurs du sexe, les migrants et les SDF. Elle les arrêtait, les forçait à faire le test de dépistage du VIH puis s’autorisait des détentions sur le long terme quand les tests s’avéraient positifs.

Un SDF atteint du VIH mendie dans les rues d’Athènes, le 7 août 2012 (ARIS MESSINIS/AFP)

Particulièrement visées, les prostituées, souvent issues de l’immigration, se sont retrouvées au centre d’un climat plein d’animosité et désignées comme des « bombes sanitaires ». Elles étaient souvent inculpées pour crime et transmission intentionnelle de virus mortel, ou encore pour non-protection ayant entraîné une contamination.

Beaucoup se sont retrouvées détenues à attendre pendant des mois leur procès avant d’être souvent acquittées. Pas assez de preuves.

« C’est profondément inquiétant »

A l’origine du retour de cette loi, on trouve le ministre d’extrême droite Adonis Georgiadis. Dès le lendemain de sa nomination à la Santé (le 25 juin dernier lors d’un remaniement), il a réintroduit cette mesure.

De ce ministre aussi appelé Spyridon-Adonis Georgiadis parfois, le New York Times rappelle qu’il a dit que les juifs contrôlaient le système bancaire, qu’il a aussi vanté les écrits de Konstantinos Plevris, un négationniste grec.

Dès l’annonce du retour de la mesure, des ONG ont demandé son retrait. Une chercheuse de Human Rights Watch, Judith Sunderland, a alors déclaré :

« C’est profondément inquiétant qu’il ait suffi d’une journée au nouveau ministre de la Santé pour remettre en place cette régulation qui viole les droits de l’homme et stigmatise des populations vulnérables. Mesure qui s’est de plus déjà illustrée par son effet contre-productif à protéger la santé publique. »

Hausse des contaminations

Une hausse des contaminations a en effet été constatée en Grèce, depuis le début de la crise. Dans son rapport de 2012, le Centre pour le contrôle des maladies et la prévention (Keelpno) explique que, durant l’année 2012, 1 180 cas d’infection au VIH ont été rapportés. Jamais de chiffre aussi élevé n’avait été enregistré. Le rapport annonce aussi que la prévalence du virus a augmenté de 22% entre 2011 et 2012, et de 58% entre 2010 et 2011.

Ces chiffres font donc aussi dire à la chercheuse de Human Rights Watch :

« Si le gouvernement a vraiment la volonté de lutter contre le sida et les autres maladies infectieuses, il devrait alors se concentrer sur l’accès au système de santé et l’information publique. »

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