août 242013
 
meuble_open_source

Le site américain OpenDesk propose de télécharger gratuitement des plans de meubles à fabriquer soi-même. Et si vous n’avez pas de scie à bois sous la main, il est toujours possible de faire travailler les artisans de votre région.

Si vous avez envie d’un nouveau meuble en kit, mais que pour une raison ou une autre vous voulez vous épargner le grand tour d’Ikea , une autre option est possible. Le site américain OpenDesk propose de partager des plans de meubles placés sous licences libres (sans droit d’auteur, donc non payants). Ces plans sont des œuvres originales de créateurs, qui n’ont pas souhaité en garder l’exclusivité et ont décidé d’en publier les plans et instructions de montage sous licence Créative Commons. Chacun peut donc télécharger gratuitement le dossier du meuble qui l’intéresse. Reste encore à fabriquer les différents éléments avant de pouvoir passer aux joies de l’assemblage. Et comme tout le monde n’est pas forcément équipé d’une table de fraisage à commande numérique ou d’une scie sauteuse, le site propose des solutions.

S’approprier le processus de fabrication

Le principe du site, outre le partage gratuit de connaissance, est de permettre de s’approprier le processus de fabrication des objets, dans la limite de ses capacités et de sa volonté. Quatre scénarios sont prévus, qui permettent à chacun de s’y retrouver. Pour les plus équipés et les plus bricolos, chaque meuble est fourni avec des fichiers de découpe numériques. Ceux-ci permettent de donner des ordres aux machines de découpe de type CNC , et d’obtenir ainsi les différents éléments. Pour ceux qui ne disposent pas de telles machines, OpenDesk permet aux artisans et ateliers de découpe de proposer leurs services aux internautes habitant leur région. Il est alors possible de se procurer les pièces de bois en l’état brut et de prendre en main la suite du processus, ou bien de commander des pièces déjà traitées. Pour les moins courageux on peut carrément confier l’entièreté de la réalisation à l’artisan. Le coût risque alors d’être plus élevé que celui d’un meuble Ikea. Mais le prix n’est pas le cheval de bataille d’Open Desk.

Partager gratuitement des créations

Via sa plateforme de mise en relation avec des artisans, le site compte promouvoir le travail des artisans, et encourager la consommation locale. Des meubles sous licence libre, c’est également une nouveauté qui s’inscrit dans le courant de la révolution des imprimantes 3D. Ces imprimantes ont permis de développer le partage des œuvres en se basant moins sur la reproduction d’œuvres préexistantes que sur la création originale émanant d’une communauté. Des sites comme Thingiverse , 123D Gallery ou GrabCAD permettent ainsi de trouver des objets librement imprimables et modifiables, dont les plans ont été mis en ligne par leurs créateurs. Le site OpenDesk reprend ce principe, en espérant l’appliquer avec succès à un autre domaine que les objets en plastique.

Source : http://www.lesoir.be

mai 312013
 

L’un des piliers du réseau d’info alternative annonce sa fermeture

mardi 14 mai 2013

Le 13 octobre 2012, le collectif d’Indymedia Londres annonçait la fermeture de son site après 13 ans de participation et une tentative pour faire évoluer ce modèle de site. Dans ce texte, le collectif explique ce qui l’a amené à prendre cette décision. Une contribution intéressante à une réflexion sur ce qui a été expérimenté ces dernières années et les défis à relever aujourd’hui.

Texte traduit pour l’Atelier à plusieurs mains. Les intertitres et illustrations ont été rajoutés à cette occasion. Toute correction ou précision est bienvenue dans le forum ci-dessous.

Farewell from Indymedia London

Ces 13 dernières années, Internet et la façon dont les gens l’utilisent a énormément changé. Sur de nombreux aspects, Indymedia a gagné, parce qu’il a lancé des manières de faire qui sont devenues courantes aujourd’hui.

Le lancement d’Indymedia a ouvert de nouvelles perspectives, techniquement, socialement et politiquement. Alors que les blogs n’avaient pas encore décollé, le fait de fournir aux gens la possibilité de publier leurs propres informations et reportages multimédias sur les manifestations et les luttes sans avoir besoin de s’identifier changeait la donne. Ce modèle de « publication ouverte » ou de « média direct » permettait à chacun d’ajouter sa voix à la création collaborative d’informations, défiant ainsi la domination du journalisme d’information à une seule voix. Le but était de diminuer la frontière entre reporter et participant, entre producteurs actifs et spectateurs passifs, de montrer que tout le monde avait la capacité d’être journaliste et de s’exprimer.

En même temps, Indymedia s’organisait de manière transparente et à travers des décisions au consensus, établissant une distinction entre un média participatif et démocratique (par le peuple, pour le peuple) et les objectifs et méthodes opaques des industriels des médias. Fonctionnant grâce aux avancées technologiques, Indymedia fournissait une infrastructure dont nous avions besoin et que les gens voulaient utiliser. A l’époque, Indymedia était à peu près le seul acteur de ce type.

Indymedia a émergé conjointement à ce qu’on appelle le mouvement « antiglobalisation » (« altermondialiste »). À l’époque, il existait une envie partagée de créer quelque chose d’important, et les luttes se concentraient souvent sur de grosses journées d’action et contre-sommets. Dans ce contexte, il était absolument nécessaire de disposer d’une plateforme web permettant d’assurer notre propre représentation et communication, tout en offrant, dans le même temps, un espace pour rapporter les événements se déroulant partout dans le monde.

Indymedia devint un réseau mondial offrant solidarité et soutien direct au-delà des frontières nationales, impulsant une dynamique expérimentale impliquant ouverture, collaboration, respect de la confidentialité et logiciels libres, afin de donner aux gens la capacité de s’exprimer par eux-mêmes et d’amplifier la résonnance de nos luttes collectives.

Au-delà de la communication digitale, Indymedia devint un cadre pour l’organisation sur le terrain. Installer des centres médias « physiques » ; mettre à disposition des espaces pour que des groupes de médias alternatifs et d’activistes puissent préparer la couverture de grosses manifestations, afin de briser le monopole des médias de masse en matière d’information sur ce qui se passait dans la rue, et de médiatiser – sans intermédiaire – les problèmes et les raisons poussant les gens à manifester ; mettre en place des solutions pour regrouper et distribuer les informations provenant des participants sur le terrain grâce à des lignes téléphoniques dotées d’un système de « dispatch » ; utiliser des chats et des wikis pour coordonner des volontaires et des traductions, lancer des émissions de radio, mixer des flux vidéos, diffuser des SMS – c’était vraiment une révolution médiatique, et révolutionnaire en soi.

JPEG - 69 ko

Positions dogmatiques et évolutions

C’était aussi une expérience massive de démocratie virtuelle et d’auto-organisation. Différents outils existent pour s’organiser, en fonction des circonstances et des objectifs. Mais bien que nous restions attachés aux modèles participatifs et au travail collaboratif, nous avons été déçus par certains aspects d’Indymedia. Nous partageons ce sentiment avec d’autres personnes impliquées dans Indymedia à travers le monde. Trop souvent, l’objectif d’ouverture mêlé à des positions dogmatiques ont fini par créer un système bureaucratique et limiter la progression. La question plus vaste de comment nous nous organisons, dans notre vie comme dans nos combats, n’est toujours pas résolue.

Quelques années plus tard, beaucoup de choses que prêchaient les activistes d’Indymedia sont devenues obsolètes. Il n’est plus nécessaire de mettre en place des « Terminaux publics d’accès » dans la rue pour fournir de l’électricité et une connexion, la plupart des gens ont ça dans les mains via leur téléphone 3G, documentant collectivement les événements minute par minute au fur et à mesure qu’ils se déroulent. L’auto-publication est la norme. Mais méfions-nous des faux espoirs… Nous avons gagné, mais nous avons aussi perdu. La marchandisation de soi à travers les réseaux sociaux et la perte de confidentialité qui l’accompagne créent, parallèlement aux opportunités immenses qu’elles ouvrent, des pièges considérables.

En regardant en arrière ces cinq années passées à développer ce site et le code HyperActive [1] sur lequel il est basé, nous sommes plutôt satisfaits de certaines des avancées que nous avons réalisées. Nous avons introduit la possibilité de rajouter des mots clés, un lecteur vidéo, un calendrier amélioré, des identifiants optionnels pour les utilisateurs et des pages destinées à des groupes, des versions mobiles du site, des infos mises à jour par sms, et plus encore.

Comparé à beaucoup d’autres sites Indymedia, cela représentait une avancée significative vers un modèle plus évolué. Mais nous ne sommes pas une grosse entreprise de média ou une start-up de la Silicon Valley avec des millions de livres sterling à jeter par les fenêtres, nous sommes des militants bénévoles qui consacrent aussi leur temps à étudier, à travailler, à mener d’autres projets, à s’occuper de leurs enfants et à gérer les contraintes de la vie à Londres.

Il est important de noter qu’Indymedia est resté l’un des rares espaces en ligne autorisant les utilisateurs à publier anonymement et sans système d’identification. La question de la confidentialité a toujours été essentielle pour nous, ce qui signifie que nous avons cherché à protéger l’identité des utilisateurs des autorités et des entreprises, et nous avons favorisé cette question par rapport à la possibilité de partager du contenu avec des plateformes commerciales. C’est cela, plus que toute autre chose, qui a laissé Indymedia isolé d’autres médias sociaux et a empêché le développement de fonctionnalités similaires.

« Tu t’en sers ou tu le perds »

Le paysage d’internet a changé, tout comme son usage par les utilisateurs individuels, les groupes d’activistes et même les médias de masse. La montée en puissance, inexorablement, des plateformes de blogs commerciales et l’adoption massive de facebook, twitter, flickr, youtube et les outils de recommandation et de partage ont entraîné la création de nouvelles et complexes communautés d’intérêts, et ont permis la production, l’organisation et la diffusion de contenu dans des proportions sans précédent.

La principale raison d’être d’Indymedia a disparu. Ce qui explique que son utilisation ait chuté de manière significative au cours des dernières années. Ceux pour qui Indymedia était la principale source de documentation politique utilisent désormais leurs propres blogs, sites, twitter, flickr, demotix, youtube, vimeo ou facebook. « Tu t’en sers ou tu le perds ».

Mais ce n’est pas comme s’il n’y avait pas eu de bons exemples de reportages de rue massifs sur Indymedia Londres au cours des quatre dernières années : nous avons assisté aux manifs contre le G20 et les Climat Camps, le mouvement UK Uncuts [2], les manifestations devant les mairies et les occupations d’universités, les manifestations étudiantes, la manifestation syndicale du 26 mars], les émeutes d’août 2011 et le mouvement Occupy…

Tous ces mouvements ont enflammé nos écrans depuis la rue. Beaucoup de gens considèrent que c’est dans ces moments qu’Indymedia est le meilleur, fournissant une vision structurée et détaillée des évènements et de leurs causes qui ne peut être trouvée nulle part ailleurs. Cet impératif demeure.

Avec Indymedia, le mouvement contestataire mondial a construit collectivement un espace de communication planétaire. Nourri par les subjectivités de milliers d’individus et de groupes, Indymedia a donné une voix à un « nous » collectif. Cette approche ne se combine pas bien avec l’attitude individualiste qui prévaut dans les médias sociaux, où les blogs, profils, statuts et galeries de photos constituent des expressions individuelles qui s’entrecroisent.

De nouveaux défis

Désormais, la communication digitale semble être constituée à partir d’un sujet actif à la fois collectif et singulier, qui approche le « nous » à partir d’une identité individuelle affirmée (« je »). Mais ce sujet n’est pas en soi individualiste et dépolitisé. On peut aussi le voir comme une expression de la multitude, qui ne s’organise pas à travers une unité, mais via des singularités agissant ensemble. Les indigènes Tojolabal du Chiapas ont un pronom spécifique pour désigner ce sujet situé entre le « je » et le « nous » ; une approche de la subjectivité qui a été cruciale pour le mode d’organisation zapatiste.

Nous, à Londres, considérons que les défis consistent aujourd’hui davantage à collectiviser les contributions individuelles, en les sélectionnant, les éditant et les partageant à partir d’une mer de contenu, à promouvoir une collaboration et une solidarité réelles qui survivent plus longtemps que la dernière nouveauté à la mode. Nous croyons aussi que la capacité de publier et de naviguer anonymement sur internet est une nécessité fondamentale. Nous savons que la plupart des gens choisissent des plateformes commerciales plutôt que des outils alternatifs et autonomes, mais nous vous encourageons vivement à utiliser et soutenir aussi des fournisseurs alternatifs et les acteurs qui mènent campagne dans ce domaine, ainsi qu’à apprendre comment vous protéger.

Nous pensons aussi que disposer d’espaces physiques pour travailler collectivement et nous coordonner est essentiel. Et que maintenir les archives des campagnes et actions passées est une tâche importante. Parce que trop d’histoire se perd au fond des erreurs 404 quand les sites disparaissent et que les entreprises s’écroulent, alors nous nous engageons à faire en sorte que les archives web que constituent les informations collectées au cours de ces 13 années restent accessibles, en tant que ressource importante et mémoire historique.

En réalité, nous sommes très fiers de notre contribution au cours de ces 13 années passées à mettre en place et à faire fonctionner une structure de publication ouverte. Nous pensons avoir créé un morceau fondamental « d’infrastructure autonome » dont les mouvements ont énormément profité, et en faisant ça, nous avons aussi mis en pratique nos idées politiques et notre approche « DIY » de l’implication politique directe. L’ouverture, l’horizontalité, la transparence et des pratiques à la fois collaboratives et participatives ont été des éléments centraux d’Indymedia et de nos politiques radicales.

Nous ne partons pas sur une défaite, nous nous dirigeons vers d’autres projets, plus excitants, qui nous semblent nécessaires et qui ne peuvent être menés tant que nous maintenons un site qui ne nous apparait plus comme essentiel, d’un point de vue stratégique ou tactique. La vision reste la même, comme beaucoup des difficultés auxquelles nous devons faire face – on se retrouve dans la rue !

JPEG - 118.3 ko
En décembre 2010, le relais de la révolte étudiante.
Ici l’occupation et le saccage du siège du parti conservateur par plusieurs milliers de personnes, largement relayés par Indymedia Londres.

Notes

[1] Le collectif d’Indymedia Londres est à l’initiative d’un système de publication pour les sites Indymedia appelé HyperActive. En 2008, le collectif expliquait l’organisation de ce nouveau système de publication.

[2] UK Uncuts est le nom donné aux mobilisations contre les coupes budgétaires] et les politiques d’austérité en Grande-Bretagne.

Source : http://atelier.mediaslibres.org/Farewell-from-Indymedia-London-l.html

mai 032013
 

brasero-4Le quatrième numéro de la revue « Brasero » vient de paraître, avec un dossier autour de l’autonomie.

Il est possible de le télécharger sur le lien suivant :

http://www.petit-fichier.fr/2013/04/26/brasero-4/

Avec au sommaire :

Dossier « Autonomie »
Autonomies : des multiples conceptions de l’autonomie – Page 3
Attaques, alternatives et aménagements – Page 5
Alternatives et autonomie – Page 6
L’université autonome – Page 8
Présentation de la brochure : Associationnisme, autonomie et solidarité – Page 10
De quelle autonomie parle-t-on ? L’autonomie version libérale – Page 12
Extrait du livre de Ronald Creagh, Utopies américaines – Page 14

Nuisances (ZAD, Nucléaire, TGV)

Brèves antinucléaires
Castor 2010 – Procès en appel des 7du GANVA – Page 15
Pas de sushi, l’état geiger n°3 – Page 15
Antinucléaire Mix-texte vol.0 – Page 16
L’état fait jouer sa justice face à l’opposition au nucléaire et à la THT – Page 16
Un lieu pour la lutte, présentation et appel à dons – Page 17

Brèves sur des revues caennaises
Caen Nécropole – Page 20
Panopticopolis – Page 21
La ZAD partout, par tous ! – Page 22
Contre l’aéroport et son monde, seule la lutte décolle – Page 24

Squat politique le « Mât-Noir »
Retour sur l’expérience du « Mât-Noir » – Page 25
Ateliers du mercredi soir – Page 28

Divers
Atelier autour du théâtre de l’opprimé-e du 21 au 23 septembre 2012 – Page 29
De l’isolement du ressenti dans l’activisme politique – Page 30
Monsieur « Passe-moi l’mot » – Page 31
Procès ADN – Page 32
Présentation du COSAC – Page 33
Sous la cendre, http://sous-la-cendre.info/ – Page 34
Festival « Do It Together » 29/30/31 mars 2013 – Page 35

Sitemap