La voiture est indispensable

 Posted by on 25 février 2013 at 15 h 05 min  Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés
fév 252013
 

Lorsque les « anti-bagnoles » s’attaquent au symbole de liberté qu’est la voiture, lorsqu’ils dénoncent la société du tout-automobile, on leur rétorque assez souvent que, de toute façon, « la voiture est indispensable ». Cette affirmation, péremptoire, suffit généralement à détruire dans l’œuf toute discussion future: tout argument, toute idée avancée par les « anti-bagnoles » est balayée par le caractère parfaitement indispensable de l’objet. Nous verrons alors nombre de militants tenter d’infirmer cette allégation, sans jamais réussir à faire changer d’avis leur interlocuteurs.

Disons-le tout net : oui, aujourd’hui, la voiture est indispensable. Alors, quoi, les écolos ont-il bouffé de la vache du cheval enragé? Comment peuvent-ils ne pas voir que la voiture est indispensable? Pourquoi se battent-ils contre ce qui est nécessaire?

Je pense pour ma part que l’incompréhension entre « anti » et « pro » vient d’un problème de temporalité. Lorsqu’un anti-voiture expose ses idées, on imagine généralement qu’il veut voir disparaître l’intégralité des voitures de la rue dès le lendemain. Mais alors, rétorque le quidam judicieusement, comment je fais pour aller au boulot? Faire mes courses? Emmener le gamin à son cours de Rugby? Aller voir tante Germaine ce week-end? Et les magasins, comment seront-ils approvisionnés?

Bien entendu, chacun de ces problèmes a une réponse, mais la plupart du temps elles s’étalent dans le temps. Réponse typique pour le trajet au boulot: habiter moins loin du boulot, relocaliser l’activité, prendre les transports en commun, développer les réseaux de transport en commun, développer les réseaux cyclables, etc.

Ainsi, d’une problématique présente, la réponse se projette dans le futur.

Et même si, pour une grosse partie des déplacements, il existe une alternative (aller chercher son pain à 500m, se rendre à la gare située à 1km, etc.), il n’en demeure pas moins qu’en l’état actuel de la société, la voiture est indispensable pour la majeure partie de la population.

Alors, quoi, est-ce que « Un Vélo Qui Roule » a retourné sa veste? Serait-on subitement devenus pro-voiture?

Hé bien non, au contraire: le fait que la voiture soit indispensable aujourd’hui est un argument supplémentaire en faveur de la lutte contre la société du tout-automobile. Dire « la voiture est indispensable », c’est aussi dire « nous n’avons pas le choix ». C’est cette dictature extraordinaire qu’il faut absolument combattre. Comment a-t-on pu, en quelques dizaines d’années à peine, passer d’un monde sans voitures ou presque, à un monde où celle-ci est indispensable? L’homme aurait besoin d’eau, de nourriture, d’air, de sommeil… et d’une voiture? Comment peut-on accepter d’être à ce point inféodé à cet objet de métal puant, bruyant, terriblement dangereux et incroyablement coûteux [1] ?

L’action individuelle, à base de « si on veut, on peut » [2], certes nécessaire et salutaire, n’est pas suffisante pour combattre l’implacable rouleau-compresseur qui, à force de bétonnage et d’étalement urbain, rend la voiture indispensable. Ainsi, se battre contre la société du tout-voiture revient à réclamer que la voiture redevienne un moyen de transport parmi d’autres, qu’on peut choisir d’utiliser ou non. Ce combat devrait être mené à la fois par les amoureux de la voiture et leurs détracteurs, puisqu’il revient à réclamer le retour du choix pour tous. Et puis, nul doute que nombre d’automobilistes aimeraient voir les bouchons disparaître…

Obtenir ce simple résultat serait un formidable pas en avant et requiert déjà d’incroyables décisions politiques et changements de mentalités: arrêt de l’étalement urbain et de son corollaire le mitage, relocalisation des activités, ralentissement de la ville [3], fin des gigantesques pôles commerciaux au profit des commerces de proximité [4], arrêt de la glorification irrationnelle de la possession d’une voiture notamment à travers la publicité, etc.

Une fois ce combat mené et gagné, il sera beaucoup plus simple de réagir aux éventuels problèmes soulevés actuellement, par exemple sur l’état des réserves pétrolières ou de matériaux: si vraiment le prix du pétrole continue d’augmenter, alors il sera aisé de se passer de voiture dans une société qui n’est plus construite pour elle, et si on trouve effectivement une super-énergie-propre-révolutionnaire-grace-au-progrès, il sera de même aisé de continuer à utiliser la voiture si on veut.

Source: http://unveloquiroule.fr/ via Carfree.free.fr

[1] d’après l’Automobile club de France (lobby pro-voiture), on a les chiffres suivants pour 2011 :

- Voiture neuve « low cost » de 4 CV, 9000 km par an : 4500€/an (0,50€ du km)
- Voiture neuve de 6 CV, 9000 km par an : 6000€/an (0,65€ du km)
- Voiture d’occasion de 6 CV, 9000 km par an : 2500€/an (0,30€ du km)
- Voiture neuve de 5 CV, 15000 km par an : 7500€/an (0,50€ du km)

source : http://www.automobile-club.fr/budget

[2] voir par exemple http://carfree.free.fr/index.php/2005/02/28/le-mythe-de-lindispensable-automobile/

[3] voir la campagne pour la ville à 30km/h : http://www.fubicy.org/spip.php?article365

[4] ce qui permettrait, de surcroît, de revitaliser l’activité économique, si l’on en croit Christian Jacquiau dans Les Coulisses de la grande distribution, sorti en 2000, où il indique que chaque emploi créé dans la grande distribution détruit trois à cinq emplois dans le secteur des PME et du commerce de proximité, ce qu’a confirmé la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP). Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Jacquiau

373 milliards d’euros par an

 Posted by on 18 décembre 2012 at 13 h 32 min  Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés
déc 182012
 

373 milliards d'euros par an

Voici la facture totale de l’automobile en Europe qui n’est pas payée par les automobilistes, mais par tous les contribuables et donc ceux qui n’ont pas de voiture et même par les générations futures.

L’automobiliste est un drôle d’animal. Parfois il se considère comme un mouton tondu par l’Etat, mais le plus souvent comme une simple « vache à lait ». A l’entendre, vu toutes les taxes qu’il paie, non seulement il finance largement les investissements publics nécessaires à sa pratique de la voiture (construction et entretien des routes et autoroutes), mais en plus il est « racketté » par l’Etat.

Bien plus, certains automobilistes sont même persuadés qu’il soutiennent à bout de bras la société; grâce aux multiples taxes, ce seraient eux qui financent la sécurité sociale ou l’aide « aux assistés« . De véritables philanthropes ces automobilistes!

Et bien non, désolé d’avoir à le re-dire, mais les automobilistes ne payent même pas les coûts que la société de l’automobile engendre. Une étude de l’Université technique de Dresde (Allemagne) nous rappelle que chaque automobile immatriculée en Europe génère, en moyenne, 1.600 € de coûts non couverts chaque année. La somme globale de ces externalités représente 373 milliards d’euros par an.

Comment ça? Mais quels sont ces coûts non financés par les automobilistes? Au choix: le bruit, la pollution, le changement climatique, les accidents de circulation, etc. Car si l’automobiliste paye de nombreuses taxes en achetant son carburant, son assurance voiture, le prix des péages autoroutiers, les amendes, etc. il ne paye jamais pour les murs antibruit le long des routes, les soins pour les gens malades du bruit routier, de la pollution, ou même les accidentés de la route! Quant au réchauffement climatique ou à la diminution de la biodiversité, on n’en parle même pas…

Mais alors, qui paie? L’étude allemande se fait un devoir de le rappeler: « les personnes résidant le long des routes principales, les contribuables, les personnes âgées ne possédant pas de voiture, les pays voisins, les enfants, les petits-enfants et toutes les générations futures subventionnent le trafic actuel ».

Mémorisez bien la fin de la phrase: « le trafic actuel est subventionné« . En fait, les automobilistes ne sont rien d’autre que des « assistés« , des « parasites« … Ils sont exactement ce que beaucoup d’entre eux dénoncent le plus souvent: « moi je bosse et je paye des taxes pour financer tous les assistés… »

Pauvres automobilistes… Ils ne financent même pas les dégâts qu’ils provoquent. Et ce sont tous les autres qui payent, les « sans voiture », les « sans grade » et, encore plus grave, les enfants et les générations futures à qui on laissera une planète pourrie et qui devront se débrouiller avec. Mais on s’en fout, du moment qu’on peut faire du 130 sur l’autoroute!

Alors moi je dis, ayons un véritable discours de droite! Y’en a marre de subventionner les assistés de la bagnole! Coupons leur les crédits et qu’ils se mettent vraiment à bosser ces fainéants (c’est-à-dire à travailler suffisamment pour payer les dégâts qu’ils provoquent). Les automobilistes sont des hippies drogués à la bagnole, qu’on les mette au turbin! Ils sont restés bloqués dans les années 1970, comme s’ils n’étaient jamais redescendus d’un mauvais trip au LSD, après avoir trop gobé de « trente glorieuses ».

Et puis moi je dis que ce n’est pas aux cyclistes et aux piétons qui se lèvent tôt de payer pour les feignasses de la bagnole! Alors c’est simple, moi je dis à chaque automobiliste, la France tu l’aimes ou tu la quittes! Et si tu l’aimes, tu payes les dégâts que tu provoques à notre beau pays et à ses habitants! Donc, au moment de remplir ta déclaration d’impôt cette année, je te demande de faire un chèque supplémentaire de 1.600 euros pour payer les externalités négatives liées à ta bagnole.

Et si tu refuses de payer, tu prends ta bagnole et tu te casses à Néchin!

Source: http://www.actu-environnement.com/ae/news/couts-caches-automobile-etude-17313.php4 via carfree.free.fr

 

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