juin 182013
 

[Brésil] La colère grandit et se répand dans tout le pays

Lundi 17 juin, des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans tout le Brésil réclamant — entre autres  la gratuité des transports et critiquant les dépenses faites pour la Coupe du Monde de 2014. La révolte se répand dans l’ensemble du pays depuis plusieurs jours tandis que la Coupe des Confédérations vient tout juste de commencer.

BH1À Belo Horizonte, affrontements entre la police et les manifestants qui tentent d’approcher du stade Mineirao, où se tient le match Tahiti-Nigéria, dans le cadre de la Coupe des Confédérations.

http://i2.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/BH2.jpg?resize=601%2C281http://i2.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/BH3.jpg?resize=600%2C308http://i1.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/BH4.jpg?resize=601%2C339

http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/RJ1.jpg?resize=601%2C339Rio de Janeiro. Des noix de coco et cocktails molotov ont été lancés contre la police.

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http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/RJ2.jpg?resize=601%2C395Rio de Janeiro. Un groupe de manifestants a investi et vandalisé l’assemblée locale. L’entrée du bâtiment a été incendiée.
http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/RJ3.jpeg?resize=601%2C900Rio de Janeiro
http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/Maracana1.jpg?resize=600%2C360La veille, dimanche 16 juin, à Rio, des affrontements ont eu lieu aux abords du stade Maracana où se tenait le deuxième match de la Coupe des Confédérations.

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http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/SP.jpg?resize=601%2C339À Sao Paulo ainsi qu’à Curitiba, les manifestants ont tentés d’occuper le siège du gouvernement mais ont été repoussés par la police. À Brasilia, les manifestants ont percé le barrage policier et investi le toit du parlement national.
http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/021.jpeg?resize=601%2C451Curitiba
http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/0317.jpg?resize=600%2C340VOIR LA VIDÉO

Photos et informations tirées de leur presse (A Folha de S.Paulo, LeMonde.fr, Estado de Minas) par un correspondant du JL

juin 152013
 

[Brésil] Manifestation contre l’augmentation du tarif de bus à Sao Paulo

Les rues du centre de Sao Paulo ont vécues hier (11 juin) un climat de guerre durant la manifestation la plus violente contre l’augmentation du prix des transports en commun qui a duré plus de cinq heures.

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La manifestation a donné lieu à une série d’affrontements entre les participants et la police militaire ainsi qu’à des scènes de vandalisme d’une plus grande intensité que dans les deux dernières manifestations de la semaine  dernière.

La journée s’est soldée par 20 arrestations, des bus partiellement incendiés, des vitrines de magasins et de banques cassées et au moins deux stations de métro (Brigadeiro et Trianon-Masp) vandalisées.

Les manifestants ont lancé des pierres et des morceaux de bois sur la Police Militaire, qui a répondu par des tirs de flashballs, des grenades à effet moral et des lacrymogènes. Selon la police, certains groupes ont même lancés des cocktails molotov.

http://i2.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/PasseLivre2.jpg?resize=600%2C337http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/PasseLivre3.jpg?resize=600%2C338http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/PasseLivre4.jpg?resize=600%2C338

Un de nos journalistes a été témoin d’une agression contre un policier. [Après avoir saisi par le col un jeune qui taguait sur le Tribunal de Justice, le policier a été encerclé par plusieurs personnes qui l'ont roué de coups. Il est parvenu a se redresser et a pointé une arme à feu en direction des manifestants, sans quoi il aurait probablement été lynché.]

La manifestation a été organisée par le Movimento Passe Livre (Mouvement Transport Gratuit) qui se dit indépendant de tout parti politique mais y ont également participé des partis politiques de gauche et des mouvements anarchistes.

La police a estimé le nombre de participants à plus de 5000. La mairie, au travers de la Garde Civile Métropolitaine a affirmé qu’ils étaient 2500. Le mouvement protestait contre l’augmentation du ticket de bus de 03 R$ à 03,20 R$ et revendique la gratuité des transports publics.

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La manifestation d’hier a eu lieu alors que le maire Fernando Haddad (PT) et le gouverneur Geraldo Alckmin (PSDB) étaient absents de la ville. Ils ont suivi les faits depuis Paris, où ils présentent la candidature de São Paulo pour être le siège de l’Exposition universelle de 2020. Ils ne se sont pas prononcés.

PAIX ET GUERRE

La manifestation d’hier a commencé avenue Paulista à 17h et a défilé pacifiquement par la rue de la Consolação en direction du centre, en bloquant la voie.

Ensuite, elle est entrée dans l’accès à la liaison Est-Ouest, violant ainsi l’accord fait avec la police selon lequel elle devait suivre jusqu’à la Chambre municipale.

Sur le chemin, un jeune qui taguait un muret a été agressé par des policiers et arrêté. C’est là que le climat a commencé à s’échauffer.

Le premier affrontement a eu lieu dans la station de bus du parc Dom Pedro 2nd, quand le groupe a percé un barrage policier. La Force Tactique a formé une nouvelle barrière et les policiers ont été agressés à coups de pierres, de morceaux de bois et de poubelles. La Police Militaire a répliqué à l’aide de grenades lacrymogènes.

Un autre groupe de manifestants a envahi la station et a tagué un bus. La Police Militaire a tiré d’autres lacrymogènes forçant les usagers à courir désespérément.

Dans les rues qui avoisinent la place de Sé il y a eu d’autres affrontements et les portes de la station de métro ont dû être fermées.

Un groupe a rejoint l’avenue Paulista où ils ont improvisé des barricades en brûlant des poubelles et des plaques indiquant les itinéraires de bus. Des cabines téléphoniques, des poubelles ainsi que les entrées des stations de métro ont également été vandalisées. Les troubles n’ont pris fin que vers 22h30.

Une nouvelle manifestation est prévue demain (13 juin), au Théâtre Municipal.

http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/PasseLivre7.jpg?resize=600%2C337« Pour une vie sans tourniquets »

Traduit du brésilien (Folha de S.Paulo, 12 juin 2013) par un correspondant du JL

[Brésil] « Il s’agit de bien plus que ces 10 cents. Il s’agit d’une société qui en a marre des politiciens corrompus qui ne tiennent pas leurs promesses d’apporter des améliorations »

Violentes manifestations au Brésil

Des manifestations parfois violentes secouent depuis le début de la semaine les principales villes du Brésil, en particulier la plus grande, Sao Paulo, dans un contexte de mécontentement général.

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Aujourd’hui encore, un groupe d’environ 200 manifestants a bloqué, barrage de pneus enflammés à l’appui, l’accès au Stade national Mané Garrincha de Brasilia, où le coup d’envoi de la Coupe des confédérations doit être donné samedi entre le Brésil et la Japon. Hier encore, environ 5000 manifestants ont notamment bloqué des rues et vandalisé des bâtiments à Sao Paulo. Certains manifestants ont affronté la police, qui a procédé à près de 200 arrestations, tandis que des dizaines de personnes, dont des passants et des journalistes, ont été blessées.

Les forces de l’ordre répondent de plus en plus violemment à ces rassemblements, par des tirs de balles en caoutchouc et des jets de gaz lacrymogène. Une photographie, largement diffusée au cours des derniers jours, montre un caméraman aspergé de gaz poivré par un policier.

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Les raisons de cette colère ? L’augmentation des prix des transports publics, le taux élevé de criminalité, de récentes lois qui limitent les possibilités d’avorter… Mais ces manifestations interviennent à un moment particulier, la veille de la Coupe des confédérations, prélude à la Coupe du monde de 2014. Les énormes dépenses publiques nécessaires à l’organisation de ces événements, puis aux JO en 2016, suscitent nombre de protestations dans le pays, dans un climat économique morose. (…)

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Leur presse (LeFigaro.fr avec agences, 14 juin 2013)

 

Brésil : manifestations contre la hausse du prix des transports

SAO PAULO (AFP) – De violentes manifestations à Sao Paulo et Rio de Janeiro contre la hausse du prix des transports publics ont fait au moins 55 blessés et se sont soldées par plus de 160 arrestations, à trois jours de l’ouverture de la Coupe des Confédérations.

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À Sao Paulo, qui n’est que l’un des six sièges de ce tournoi international de football mais qui va accueillir l’an prochain la Coupe du Monde, la police a utilisé gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc pour disperser les plus de 5.000 personnes qui protestaient dans le centre-ville contre la hausse de 7% des billets de bus, de métro et de trains.

À Rio de Janeiro, une manifestation a rassemblé plus de 2.000 personnes, principalement des étudiants, et une autre a eu lieu dans la ville de Goiania (centre-ouest) où la compagnie de transports a suspendu la hausse de ses tarifs.

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Mardi, environ 5.000 personnes, selon la police, avaient déjà manifesté sur l’avenue Paulista, la principale artère de Sao Paulo, et provoqué de nombreux dommages : dizaines de bus incendiés, des vitrines brisées, certains manifestants ayant même usé de cocktails molotovs.

Les dégâts avaient été estimés à 50.000 dollars dans le métro.

Leur presse (Agence Faut Payer, 14 juin 2013)

 

(…) “La coupe pour qui ?”, lisait-on sur les pancartes brandies par certains des manifestants qui avaient formé des barrières humaines pour bloquer les accès au stade Mané Garrincha. (…)

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D’autres manifestations du même type ont eu lieu à Porto Alegre (sud), Curitiba (sud), Maceio (nord-est) et Natal (nord-est), et se reproduiront dans les prochains jours. (…)

Leur presse (Héctor Velasco, Agence Faut Payer, 14 juin 2013)

 

(…) Dans plusieurs villes comme Goiânia, Florianópolis ou Vitória, la mobilisation a obligé les autorités à annuler l’augmentation.

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Leur presse (CourrierInternational.com, 13 juin 2013)

 

Corruption, mauvaise gestion : São Paulo s’enflamme

(…) Si cette légère hausse a été l’étincelle, c’est maintenant toute la classe politique municipale qui est la cible de la grogne populaire. Mauvaise gestion généralisée des équipements publics, accusations de corruption… Les critiques s’accumulent. (…)

Leur presse (Philippe Vion-Dury, Rue89.com, 13 juin 2013)

 

Brésil : la crise des transports enflamme São Paulo

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(…)

Le MPL et la revendication du tarif zéro

Le Mouvement Libre Passage (MLP – Movimento Passe Livre), principal instigateur des manifestations tire son origine d’une révolte populaire spontanée, à Salvador, dans la province de Bahia, en 2003. Après cette révolte, connue comme la « Révolte du Bus », le mouvement a grandi et pris des proportions nationales. C’est au Forum social mondial, à Porto Alegre, en 2005, que la conception du droit d’aller et venir comme un droit universel a été consacré comme une priorité du mouvement.

Le mouvement revendique le changement de modèle dans le secteur du transport public. Il fonctionne actuellement sous la forme de concessions privées. Le mouvement souhaite le passage à un modèle public à même de garantir le droit d’aller et venir pour toute la population. Le MPL est très hétérogène dans sa composition et dans ses conceptions pratiques et théoriques. Si une des caractéristique fondamentales du mouvement est l’action directe dans les rues, ses membres semblent flirter avec des conceptions variées allant du marxisme à l’anarchisme en passant par la voie politique et institutionnelle.

À São Paulo et dans plusieurs capitales de provinces, la demande du tarif zéro et l’opposition à l’augmentation du prix du transport en commun trouvent un grand écho, notamment parmi la jeunesse. La composition des manifestations est hétèrogene. Ce serait une erreur d’affirmer que ces manifestations ne proviennent que de la classe moyenne — comme quelques médias brésiliens le soutiennent. La jeunesse des partis de gauche brésiliens participent aux manifestations aux côtés du MPL. (…)

http://i1.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/202.jpg?resize=600%2C400http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/06/192.jpg?resize=599%2C421

Leur presse (LeJournalInternational.fr, 14 juin 2013)

 

Source : Jura libertaire.

fév 112013
 
Lille : Un convoi de déchets nucléaires immobilisé par … des verts.
 
Un convoi hollandais a été arrêté prêt de Lille. La couverture médiatique de l’opération est portée par un certain Dominique Plancke, élu EELV, ex faucheur volontaire, chantre de la métropolisation lilloise. Le double jeu des écologistes de gouvernement est pour le coup plutôt comique. Au gouvernement, ils ferment leur gueule sur le nucléaire, à l’agglomération lilloise l’élu EELV Plancke participe au fichage généralisé en permettant le puçage RFID dans les transports de la métropôle lilloise, et dans le même temps il fait preuve d’une radicalité toute citoyenne devant les journalistes.
 
voie et canap'
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lille

Un convoi de déchets nucléaires immobilisé près de Lille

Nucléaire mercredi 06 février 2013
 
 
 

Un train transportant des déchets nucléaires en provenance des Pays-Bas et destinés au centre de retraitement d’Areva de la Hague (Manche) a été immobilisé par des militants écologistes, ce mardi soir, dans la banlieue de Lille.

Le train qui a franchi la frontière franco-belge à Mouscron (Belgique) vers 22 h a été immobilisé un peu plus tard à Marcq-en-Baroeul (Nord), dans la banlieue de Lille, à l’aide d’un fumigène lancé sur la voie, a indiqué à l’AFP Laura Hameaux, de Réseau Sortir du nucléaire.

Le train a dû s’arrêter ensuite un peu plus loin lorsque plusieurs militants se sont mis en travers de la voie.

Il a été immobilisé 45 minutes au total, en deux fois, a déclaré à l’AFP le conseiller régional écologiste Dominique Plancke. « On a montré qu’on pouvait arrêter le train où on voulait et quand on voulait. »

Le train était sur le point de repartir peu avant 23 h 30, a-t-on appris auprès de la préfecture du Nord.

Le train attendu jeudi à Valognes

D’autres actions des opposants au nucléaire, qui dénoncent la dangerosité de ces convois et l’absence de transparence qui les entoure, sont prévues ce mercredi ; notamment au Bourget (Seine-Saint-Denis) et à Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime), selon Réseau Sortir du nucléaire.

Le train devrait arriver jeudi matin à Valognes (Manche).

Le 11 décembre 2012, un autre train de déchets nucléaires en provenance des Pays-Bas avait été arrêté par des écologistes après avoir franchi la frontière franco-belge.

Source : Ouest-France.fr

fév 042013
 

Paris : énième coup de pression contre le site Non-Fides.fr

mercredi 23 janvier 2013

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Mardi 22 janvier à 16h45, la BRDP frappe à la porte d’Olivier et annonce : « perquisition ! ». Olivier est visé cette fois-ci parce que c’est à son nom qu’est hébergé le site non-fides.fr. Encore une fois, il s’agit pour eux de retrouver les auteurs du tract « Correspondants de nuit : des agents de proximité de la guerre aux pauvres » publié le 06 octobre 2010 sur Indymedia Nantes et relayé ensuite sur divers sites (dont Non Fides) et largement distribué à Belleville et dans le Nord-Est de Paris, pour lequel cinq correspondants de nuit et la mairie de Paris avaient porté plainte pour « diffamation » et « provocation à la commission d’une infraction non suivie d’effet ». De nombreuses convocations ainsi qu’une perquisition chez Dan avaient déjà eu lieu.

 

Au-delà de leurs petites enquêtes anecdotiques dans lesquelles les flics savent bien qu’ils n’obtiendront pas grand chose en terme de répression, il s’agit pour les « services spécialisés » (DCRI, SAT, etc.) et à travers eux le parquet, de maintenir la pression sur des personnes « en attente » de procès sur les affaires de machine à expulser et leurs ballades et sabotages de DAB et aussi de remettre à jour quelques données en volant des ordinateurs, clés USB, etc.

Il va de soi qu’aucun gigotement des forces de répression de l’Etat n’arrêtera nos rebellions.

Sans peur ni résignation,
vive la guerre sociale.

Des anarchistes.

N.B. : La BRDP, qui se présente elle-même comme une « antichambre de la section antiterroriste » (dixit les flics) est spécialisée dans la répression de la diffamation, jusqu’à la menace nominative. Ils se sont déjà illustrés pour leur enquête sur le texte « Analyse d’un dossier d’instruction antiterroriste » dans laquelle ils avaient interrogé un compagnon soupçonné d’animer le blog « Même pas peur », puis Olivier et Camille lors de leur arrestation en janvier 2011 par la section antiterroriste.

Source : Non fides.

jan 302013
 

Fraudeurs 2.0

La gratuité des transports en commun, on en parle souvent sur Carfree France. Certains vont plus loin et mettent en place des systèmes pour la rendre dès à présent effective.

On connaissait ainsi les mutuelles de fraudeurs, des groupes de personnes qui s’unissent et qui, par le biais d’une modique cotisation mensuelle, payent les amendes que les membres reçoivent en utilisant les transports en commun sans ticket.

Mais, avec la technologie, on peut aller encore plus loin et certains ont sauté le pas (ou le tourniquet…). A vrai dire, sur Carfree France, on n’est pas vraiment fanas de technologie en général, mais puisque les nouvelles technologies existent, autant les utiliser quand cela peut parfois être utile…

Ainsi, certains fraudeurs ont eu l’idée de créer des applications pour téléphones mobiles qui informent en temps réel les usagers des contrôles sur les réseaux de transport. Et bien sûr, ce sont les usagers eux-mêmes qui informent le système dès qu’ils constatent un contrôle, ce qui permet aux autres d’éviter une ligne de bus ou de métro ou même une station à un moment donné…

Pour une fois, des technologies comme la géolocalisation, souvent accusées de participer au flicage de la société, peuvent se retourner ainsi contre ceux qui sont chargés du flicage, ou du moins dans le cas présent les contrôleurs des transports en commun.

En France, il existe ainsi au moins cinq applications de ce type pour iphone sur les villes de Paris, Marseille, Toulouse, Lille et Lyon. On ne les a pas testées, mais on suppose que le succès de telles applications repose sur le nombre d’utilisateurs qui les utilisent: plus il y a de monde qui renseigne l’appli et plus les informations qu’elles contiennent sont pertinentes.

Du côté des applis Androïd, il existe CheckMyMetro qui rassemble un maximum d’infos sur les réseaux de transports en commun… dont les contrôles en cours! Apparemment, il existe pour l’instant quatre versions de l’appli, disponibles pour Paris, Lyon, Lille et Toulouse. A noter, il existe une autre application intitulée « Rentre avec ton pognon » (tout un programme) qui propose le même concept pour Paris, Bruxelles, Lyon, Marseille ou Bordeaux.

Aux dernières nouvelles, CheckMyMetro est aussi disponible sur l’Appstore, dans les mêmes versions que pour Androïd.

A Bruxelles, il y a même un site internet avec comptes twitter et facebook associés qui informe en temps réel des contrôles en cours sur le réseau: controlestib.be.

Voyons maintenant les arguments des pour et des contre. Les contre sont principalement du côté des sociétés de transports en commun comme la RATP par exemple. Pour eux, cela revient à diminuer les recettes et donc à répercuter les coûts sur les autres usagers, ceux qui payent. Selon eux, cela provoquera à terme une augmentation des prix… Sauf que les prix n’ont pas attendu les applis pour mobile pour augmenter régulièrement, en général une fois par an… L’argument sent donc le réchauffé. En outre, dire que cela va augmenter les prix, c’est pousser en quelque sorte les gens à frauder encore plus.

Du côté des fraudeurs qui mettent au point ce genre d’applis, ce n’est pas l’appli qui pousse à la fraude, car elle fournit seulement des informations, libre aux usagers de les utiliser ou pas, à leurs risques et dépends.

A vrai dire, l’argument n’est pas faux, et on pourrait faire un parallèle avec les détecteurs de radars ou autres outils sensés informer les automobilistes de la présence de radars sur les routes. Une polémique avait eu lieu sur ce sujet en 2011 et les « informateurs de radars » comme Coyotte par exemple avaient fini par être rendus légaux par une nouvelle réglementation en novembre 2011.

Aussi, s’il est légal pour un automobiliste d’utiliser une application lui permettant d’être informé de la présence d’un radar sur la route, pourquoi un usager des transports en commun ne pourrait-il pas utiliser une application lui permettant d’être informé de la présence de contrôleurs sur les réseaux de transports publics?

Enfin, on peut voir dans ces applications un argument qui au bout du compte milite pour la généralisation de la gratuité des transports en commun. Car si un maximum de gens les utilisent et se mettent à frauder, les réseaux de transports en commun se mettront à financer en pure perte un système de contrôle qui ne sert plus à rien. C’est un peu le jeu du chat et de la souris, sauf que maintenant, les souris ont des téléphones portables…

Par Marcel Robert 30 jan, 2013 – Via Carfree.free.fr

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