déc 232014
 
centrale-nucleaire

Pour une écologie radicale et anti-nucléaire, organisons la lutte collective

Aujourd’hui, la sensibilisation aux problèmes écologiques a fait d’énormes progrès et beaucoup d’hommes et de femmes souhaitent agir pour sauvegarder l’environnement. Pour répondre à leurs attentes, il leur est proposé, en général sur le mode insupportable de la culpabilisation individuelle, de devenir des écocitoyen-ne-s responsables qui trient leurs déchets, limitent leur dépense d’eau et d’énergie, consomment « bio », « commerce équitable » ou autres produits étiquetés « verts », etc.

Bien entendu, nous sommes généralement favorables à de telles pratiques, mais nous ne sommes pas dupes. Ce n’est pas la somme de ces actes individuels dans la vie quotidienne qui résoudra les problèmes qui se posent à la Planète. Ce n’est pas l’individu qu’il faut stigmatiser, mais le système qui règne actuellement sur le Monde qu’il faut dénoncer. C’est le capitalisme qui détruit la Planète, c’est lui qu’il faut détruire. L’enjeu est à ce prix, et il n’y a rien à attendre de l’État et du capitalisme, qui avec son incroyable faculté d’adaptation propose des solutions toutes plus vertes et « durables » les unes que les autres, mais qui ne sont qu’une autre façon de faire des profits en maintenant le système d’exploitation et de domination.

TRIONS NOS DECHETS, LES CAPITALISTES ONT TOUT A Y GAGNER !

Intéressons-nous à l’exemple des déchets : le principe de leur tri et de leur recyclage est une bonne chose. Mais le but premier du recyclage pour le capitalisme ce sont les bénéfices que génère l’économie de matière première (métaux par exemple) ou d’énergie (industrie du verre ou de l’aluminium). Il s’agit aussi de réduire le volume de déchets à enfouir ou à incinérer, mais d’abord parce que cela coûte de plus en plus cher.
La volonté de moins polluer ou de diminuer le pillage de la planète, souvent présente dans les discours, n’est finalement que très secondaire dans les choix des gouvernant-e-s et des industriels. Si l’environnement avait une réelle importance pour eux, il n’y aurait pas de production d’objets inutiles et/ou nuisibles.
Les appareils de la vie courante seraient construits pour durer longtemps et non pour être remplacés le plus souvent possible ; les produits manufacturés seraient facilement recyclables au lieu d’être des mélanges complexes, difficilement séparables ; etc. Avec l’injonction au tri des déchets, c’est l’utilisateur qui se retrouve sommé d’être responsable de la gestion d’un problème qu’il n’a pourtant pas lui-même créé. Et même lorsque le recyclage semble être une « réussite » (verre, papier), la question fondamentale, c’est-à-dire celle de l’utilité réelle de la production, n’est pas posée.

A quoi bon produire du papier recyclé, si c’est pour y imprimer de la publicité, multiplier les emballages, etc ?

L’opposition radicale à l’industrie nucléaire est pour nous fondamentale.

Nous ne reviendrons pas sur les catastrophes de Tchernobyl ou Fukushima qui ont montré de quelles horreurs la filière nucléaire est capable.
Mais nous tenons à faire observer que même lorsqu’il n’y a pas d’accident grave, en fonctionnement normal donc, les installations nucléaires rejettent en permanence, dans l’environnement, des produits radioactifs, en quantités qui ne sont pas du tout « négligeables ».
Les travailleur-se-s de cette industrie sont les premier-e-s touché-e-s par cette radioactivité, et seront en première ligne en cas de pépin.
Les défenseur-se-s les plus acharné-e-s du nucléaire présentent cette énergie comme « propre » au motif qu’elle n’émettrait que peu de dioxyde de carbone. C’est vrai pour le dioxyde de carbone, mais c’est occulter qu’elle produit des quantités énormes de déchets d’une autre nature, des déchets radioactifs ingérables dont la partie la plus dangereuse est radioactive pour des millions d’années (les déchets dits « à vie courte » sont quand même nocifs pendant plusieurs siècles…).
En ce qui concerne le nucléaire dit « militaire », il va sans dire que notre opposition à la bombe, mais aussi à l’armée dans son ensemble, est totale.
Nous luttons donc pour un arrêt immédiat et définitif du nucléaire, civil et militaire !

L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, REFLET DES INTERETS PRIVES

Notre environnement, de même que les autres aspects de notre vie quotidienne, est entièrement façonné au gré des priorités de production décidées par les détenteur-trice-s du pouvoir économique et politique.
L’exemple le plus significatif, est celui des Grands Projets Inutiles (GPI) : de celui de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes à celui du Train à Grande Vitesse Lyon-Turin (TAV), en passant par les projets de barrages comme celui du Testet. Ces GPI nous sont toujours « vendus » de la même manière : ils seraient nécessaires sur un plan économique, créateurs d’emploi, et bien entendu sans conséquences importantes sur l’environnement.
Évidemment la réalité est tout autre. Derrière ce discours se cache une autre réalité : la plupart de ces projets sont des aberrations environnementales, avec la destruction de zones agricoles ou naturelles sensibles. Du point de vue économique, la « nécessité » invoquée ne répond qu’au besoin de profit des entreprises, pas à l’intérêt du plus grand nombre. En outre, ces projets sont en général réalisés en partenariat public-privé, dont la nocivité financière n’est plus à démontrer. Quant aux créations d’emplois, elles sont majoritairement limitées tant en nombre que dans le temps.
Ces exemples ne sont que les plus visibles. En vérité, notre critique s’étend à l’ensemble des projets d’aménagement du territoire, car les mêmes logiques sont à l’œuvre.

POURQUOI REJOINDRE LE CERAN, Collectif pour Une Ecologie Radicale et Anti Nucléaire ?

Ce collectif, initié par des membres d’Alternative Libertaire-Lyon et l’Organisation Communiste Libertaire-Lyon, a pour but de rassembler des individu-e-s désireux-ses de lutter pour une écologie résolument radicale, qui trouve ses fondements dans une analyse politique des problèmes environnementaux et sociaux.

Nous avons conscience que le développement durable, cette escroquerie sémantique, dont on nous rebat les oreilles, ou bien ce que nous appelons le capitalisme « vert », ne sont nullement des solutions, mais des aménagements au profit d’une fraction du Capital destinés à conserver l’essentiel.
Produire « proprement », avec des ressources « renouvelables », ne remet en cause ni la finalité de ce qui est produit, ni la façon de le faire, ni la société hiérarchique et autoritaire dans laquelle nous nous trouvons.
En cela, notre approche est radicale et nous dénonçons l’insuffisance des propositions écologiques institutionnelles, ou des mouvances ancrées dans le réformisme.

La lutte écologique ne peut qu’être menée de front avec les autres luttes sociales.

P.-S.

Contact : ceran(a)gmail.com

Source : Rebellyon.

déc 182014
 
boulons

 


RASSEMBLEMENT à Saint Lô, le 19 décembre 2014, 14h, à la préf !

 

Une troisième

ligne T.H.T.  

Trop c’est

trop !

RTE projette de construire une nouvelle ligne THT enfouie dans la Manche.

Ce projet, dénommé FAB. (France-Aurigny-Grande Bretagne), dont 25 km seront enterrés dans le nord Cotentin, impactera une aire d’étude de 22 communes entre Siouville et Bricquebec

Sous couvert d’un projet hydrolien au large du Raz Blanchard, et de nous faire avaler leur transition énergétique, il s’agit en fait d’une nouvelle autoroute de l’électricité pour interconnecter les différents pays européens.

Cette liaison Cotentin-Angleterre n’est que le symbole de l’envahisseur qui écrase tout sur son passage pour engraisser quelques oligarques et leurs grosses fortunes.

RTE n’a que faire des désirs des habitants et n’a que le soucis de faire passer ses tentacules électriques qui lui génèrent des bénéfices monstres. FAB-uleux, non ? Faramineux oui ! Coût de leur supercherie : 250 millions d’euros !

Il y a à peine 2 ans, une lutte contre la ligne T.H.T. Cotentin Maine faisait rage, en dénonçant l ‘achat des consciences et des problèmes inhérents aux lignes T.H.T., le passage en force de RTE et de l’état, le modèle de société sécuritaire et liberticide que l’on subit chaque jour. Nous avons beaucoup appris durant cette résistance. Nous pouvons faire reculer la gouvernance policière, (de plus en plus menacée à ce jour), attaquer les infrastructures électriques (qui contrôlent et irriguent toutes les strates de l ‘état et de son économie), en déjouant la surveillance des gendarmes, anticiper en enrayant le dispositif de pseudo concertation par le blocage de leurs réunions, nous défendre collectivement face à la répression et leur in-justice.

Depuis et sur ces formes de résistance, des rencontres se sont nouées, des batailles ont été gagnées, des brèches se sont ouvertes, un lieu pérenne permet de se réunir et d’inventer ensemble et autrement des perspectives joyeuses et déterminées,. Nous sommes plus nombreux, plus aguerris et plus déterminés que jamais à vouloir mettre en échec ce nouveau réseau électrique. Car il s’agit de le dénoncer de là où nous vivons, nous sommes solidaires des habitants directement concernés par le projet de ligne. Il est nécessaire de montrer qu’il y a une population qui ne s’est jamais résignée, subissant déjà le passage de 2 lignes T.H.T. aériennes.

Mettre en échec dès maintenant leur processus de concertation, qui est à nouveau un leurre car tout a déjà été réglé dans les couloirs des ministères, permettra de tisser la toile de la contestation et de mettre des bâtons dans les roues de RTE alors même qu’elles ne tournent pas encore .En créant des liens avec les communes impactées, nous imposerons, en rendant la lutte populaire et large, un rapport de force.

Seule la lutte paie, nous sommes déterminés à leur dire : non c’est non.

Plus que jamais : RTE fout le camp !

une population sous tensions et leurs complices

Source : Assemblée anti-THT.

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Réunion publique contre le nouveau projet de THT en Cotentin

P

JEUDI 11 DÉCEMBRE 2014, 20h à la Grange de Montabot (50)

Réunion publique pour discuter de la nouvelle ligne THT et envisager une mobilisation pour le 19 décembre 2014 autour d’un diner auberge espagnol (chacun.e amène de quoi manger à partager).

VENDREDI 19 DÉCEMBRE 2014 à Saint Lô (50)

* Réunion pas publique de présentation et de concertation du projet à 14H30 par RTE.
* Proposition de mobilisation contre ce projet à 14h à discuter ce jeudi 11.

RTE projette donc de construire une nouvelle ligne THT dans le Cotentin sous couvert CarteLigne320000Vd’un projet hydrolien au large du Raz Blanchard. Mais il s’agit bien d’une nouvelle autoroute de l’électricité pour interconnecter les différents pays européens, avec une liaison Cotentin-Angleterre en 320 000 V avec une capacité de 1,4 GW (production d’un EPR environ) dénommée FAB. FABuleux, non ?

Selon RTE, [l]a nouvelle interconnexion FAB permet d’accompagner la transition énergétique des deux pays en garantissant le raccordement des énergies renouvelables existantes et en projet de part et d’autre de la Manche.

Pour EDF, dont RTE est la filiale, il est question d’un EPR qui n’en finit pas de se construire à un bout de la ligne et de deux autres qui en sont au terrassement de l’autre côté de la ligne et donc de la Manche. À chacun sa vision du renouvelable…

Comme toujours et comme pour la ligne Cotentin Maine, RTE se targue de concertation. Le projet est bouclé, tout juste si le calendrier des travaux n’est pas décidé. Il est donc temps pour discuter au sens de RTE, c’est à dire présenter ce qu’ils feront que les populations soient d’accord ou non, tout en prenant soin de recueillir les avis de celle-ci, ainsi va leur démocratie.

Nous proposons d’en discuter autrement, autour d’un repas auberge espagnole, pour envisager et discuter notamment de ce que nous pourrions faire le 19 décembre 2014 à AireEtudeLigne320000VSaint Lô, mais aussi tout au long du premier trimestre 2015 où RTE se propose de présenter son projet et les travaux envisagés de manière publique cette fois dans l’aire d’étude que RTE se propose de valider ce 19 décembre, laquelle concerne 22 communes.

Histoire de bien s’informer, il est préférable de s’imprégner de la littérature de RTE sur le sujet.

La Grange de Montabot se trouve à la Bossardière sur la commune de Montabot, face au Chefresne.

Pour la rejoindre, c’est à gauche sur la route Percy-Montabot 1 km après le gros pylône, et donc à droite 1km avant le pylône si on arrive de Tessy en direction de Percy. Du marquage au sol indique l’intersection.

À jeudi.

pylones [@] riseup.net

Source : Assemblée anti-THT.

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Pourquoi ce rassemblement contre les nouvelles lignes THT Menuel- EXETER, à lʼappel du CRILAN et dʼautres antinucléaires?
Rappelons dʼabord que le CRILAN a été invité, en ce début décembre, à une réunion dite de concertation,  prévue le vendredi 19 décembre,à 14H30,  par la Préfecture de la Manche à propos dʼune présentation par RTE “dʼun début de concertation du projet FAB,dʼinterconnexion électrique sous marine et souterraine entre la France et la G.B via Aurigny.” Y sont également conviés, sur invitation, divers institutionnels, (services de lʼEtat,élus et industriels) ainsi que quelques autres associations agréées .  » Dès réception et après étude du dossier de présentation( http,://www.rte-france.com/sites/ default/files/2014_11_18_dossier-presentation_fab_v2.4.pdf), nous avons jugé utile dʼ informer les membres du collectif antinucléaire et après divers échanges, avons appelé à un rassemblement devant la Préfecture, ce 19 décembre, à partir de 14 heures.
Cette concertation nʼest quʼune mauvaise caricature de démocratie !
1° RTE fait état dʼun fuseau de moindre impact  partant de Menuel  et qui va de Sciotot au sud, jusquʼà Siouville au nord dans sa plaquette de présentation.

2° Mais en fait, un dépliant RTE, invitant le public à des réunions de concertation déjà prévues entre le 10 janvier et le 10 février 2015 , déjà dans les cartons, montre un fuseau subitement amenuisé de Menuel vers la plage du  Platé ( Tréauville),à quelques encablures au nord du port de Diélette, certainement lʼ heureuse élue, pour hériter  dʼun raccordement entre les câbles souterrains et sous marins.“qui pourrait être réalisé sous un parking”. http://www.rte-france.com/sites/default/files/2014_12_08_rte_fab_depliant-v3.pdf

3° Ce que les antinucléaires et antiTHT dénonçaient déjà lors du débat public à propos de la ligne Cotentin-Maine : “on décide dʼabord, on discute après” se reproduit donc, en pire… Quels que soient les projets, pour nous, la démocratie reste un combat de tous les jours…
De lʼimportance de lire complètement ( et même entre les lignes) les dossiers officiels :

1° Le dossier de présentation  du projet et de son aire dʼétude joint à la lettre dʼinvitation de la Préfecture ne pose pas les questions de fond quant à sa véritable fonction
2°Le projet sʼinscrit clairement dans lʼinterconnexion européenne ( validation par lʼU.E le 14/10/2013), prévue pour le grand marché, plus que pour la sécurité de lʼapprovisionnement.

3°Il a déjà été accepté par le Ministère de lʼécologie et de lʼénergie ( 15/07/2014) sans débat.

4°Dans le dossier, fourni par la Préfecture, on reconnaît que Menuel a été choisi parce que “ cʼest un point dʼentrée vers la Bretagne” qui subit durement le manque dʼélectricité aux pointes de la soirée,surtout autour de 19 heures, notamment en hiver.

5°En clair,  on comprend que lʼobjectif principal est bien de remédier à lʼincohérence du quasi tout nucléaire joint au quasi tout électrique . – EDF produit trop dʼélectricité en base fourni par le nucléaire ( environ 12%) – Pas assez pour la pointe fournie par les renouvelables plus modulables mais peu développées ( à lʼexception des barrages que lʼon veut araser sur la Sélune) et le thermique classique que lʼon tend à éliminer en France. – La mise en marche de lʼEPR, à partir de 2017/2018 dʼun côté, et de lʼautre, le développement des besoins en pointe envisagé ( voiture électrique,électronique…) accentuent lʼincohérence française. – Le projet est prévu en double pour exporter la surproduction en base, nucléaire, et importer lʼélectricité de pointe, fournie par le thermique classique anglais, producteur de gaz à effet de serre. – British Energy, filiale dʼEDF en Grande Bretagne est le commanditaire qui envisage une autre ligne entre les îles britanniques et la Bretagne.( Projet FR-IR)

Quʼon nʼappelle pas cela transition énergétique nécessitée par lʼapprovisionnement de lʼélectricité hydrolienne !

1°Les hydroliennes en Raz Blanchard nʼen sont quʼau stade du choix de la technologie et des grands opérateurs( DCNS, ALSTOM…) Rien ne prouve quʼelles seront opérationnelles et ce, massivement en 2022. .http://www.rte-france.com/sites/default/files/etude-hydrolien-2013.pdf

2° Leur production reste aujourdʼhui hypothétique en 2022 et la référence à celle-ci nʼest quʼun artifice pour faire avaler la potion amère.

3° Lʼobjectif est bien la continuation des incohérences actuelles en France et de fournir de lʼélectricité à la Grande Bretagne, tout en nous laissant la plus grande partie des risques ( accidents, attentats, gestion des déchets).

4°Le CRILAN rappelle quʼil est favorable aux énergies renouvelables mais pas comme moyen centralisé et autoritaire pour corriger quelque peu les incohérences de lʼétat nucléaire français et dʼEDF.

Nous avons besoin dʼune autre politique énergétique et non de lʼaménagement et de  la normalisation de cette dernière.

Pour le CRILAN,

Didier Anger.

Source : CRILAN

 

 

déc 182014
 
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MANIFESTATION CONTRE LA THT,LE NUCLÉAIRE & SON MONDE

Samedi 13 Décembre 2014 à 11h à Embrun près de l’Office du Tourisme (Place du Gal Dosse)

suivie d’une assemblée et d’un pique-nique partagé

Nous nous opposons à la THT parce que c’est l’artère de l’énergie nucléaire parce que le nucléaire c’est la guerre et le cancer parce que des alternatives existent parce que cela va massacrer toujours plus la vallée parce que lutter nous rend plus fort-e-s et plus solidaires parce qu’il n’y a que l’État et les patrons qui s’en frottent les mains parce que nous pouvons empêcher leurs projets !

Le projet de lignes à Très Haute Tension avance petit à petit. Un pylône design en démo à L’Argentière, La Déclaration d’Utilité Publique signée par les ministres et la préfecture, des piquets de repérages qui poussent ça et là…

L’État et Réseau de Transport d’Électricité pensent avoir gagné la partie et pouvoir bousiller un peu plus la vallée, mais c’est sans compter les habitant-e-s de la vallée et des alentours, leurs ami-e-s, toutes celles et ceux qui ne veulent pas voir ce projet se réaliser et qui mettront à la fonderie leur “beau pylône design tout neuf” !

Sous prétexte de modernisation, on nous vend de nouvelles lignes THT pour continuer de tisser le réseau européen de transport de l’énergie nucléaire. C’est clair, seul le nucléaire peut fournir une énergie assez puissante pour alimenter les réseaux de 225 000 à 400 000 volts sur des milliers de kilomètres. Ces lignes ont été multipliées depuis quelques années et partout, elles ont croisé résistances et déboulonnages : que ce soit dans le Cotentin et le Maine pour distribuer la production du futur réacteur EPR ou en Catalogne pour exporter le nucléaire jusqu’au sud de la méditerrané. On pouvait penser qu’après Fukushima, le nucléaire batterait de l’aile, mais pas du tout ! La France le développe et l’exporte un peu partout : centrales EPR à Flamanville et en Chine, centrale expérimentale ITER prévue pour 2020 à Cadarache, THT partout… Il faudra donc apprendre à vivre partout avec un dosimètre et une combinaison ? Sans oublier que le nucléaire civil est indissociable du militaire : que ce soit dans la production ou la recherche les deux sont étroitement liés. Pas de bombe atomique sans centrale, pas de centrale sans bombe atomique.

Ici, ce projet qui va défigurer encore plus la vallée devrait permettre de rabouter de futurs lignes en augmentant la puissance transportable entre la Provence et la Maurienne : des THT relieraient les centrales du Rhône à la Maurienne et la Maurienne à l’Italie. La boucle serait ainsi bouclée, la toile de RTE enserre tout les territoires. Ce quadrillage de lignes devrait aussi servir à transporter l’électricité produite par la futur centrale à bois E-ON de Gardanne qui elle se nourrira du bois des fôrets du Sud-Est : des Cévennes aux Hautes-Alpes, en passant par la Provence. Coupes rases en perspectives ! Et puis, on pense aussi au projet dévastateur du TGV Lyon-Turin qui s’il est achevé un jour devrait être très gourmand en énergie…

FACE À LA THT, AU NUCLÉAIRE ET SON MONDE : NE NOUS LAISSONS PAS FAIRE NI EN HAUTE DURANCE, NI AILLEURS

notht05 (a) riseup.net

Source : Indymédia Grenoble.

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Petit récit de la manifestation contre la THT à Embrun

Petit récit de la manifestation contre la THT à Embrun

Suite à l’appel pour une manifestation contre la THT, le nucléaire et son monde environ 300 personnes se sont réunies à Embrun ce samedi 13 Décembre 2014. L’appel à manifester lancé par quelques individus avait été relayé par des collectifs, des coordinations, des associations de la vallée, de Briançon, de Gap et d’ailleurs.

Un tour a été fait dans le centre d’Embrun. Il y avait de nombreuses pancartes, banderoles où on pouvait lire “Qui sème les volts, récolte la révolte”, “Nos montagnes valent mieux que leurs profits”, “150.000 V, 225.000 V, 400.000 V : qui dit mieux ? RTE”. Une pancarte faisait le lien avec les luttes contre la THT et le nucléaire dans le Cotentin, il y avait aussi des drapeaux de la lutte contre le projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin (No Tav) et des drapeaux, banderoles de différents collectifs comme Alpi Libre, de la coordination contre les projets nuisibles à Gap ou d’associations comme Sortir du Nucléaire Hautes-Alpes. On pouvait entendre des chansons détournées comme “RTE, tu m’auras pas !” ou des slogans comme : “THT : la tension monte”, “RTE dégage : résistance et sabotage”, “En l’air ou bien sous terre on négociera rien. La THT y’a vraiment pas moyen !”, “Dans la vallée de Haute-Durance, la THT ne passera pas, la THT on sabotera”, “THT, ni ici, ni ailleurs !”

La manifestation a été suivie d’une soupe partagée sur la place de départ. Il y a eu des prises de paroles de collectifs, d’associations ou d’individus. On aussi a entendu parler de la lutte contre la centrale à bois E-On de Gardanne, de la lutte contre le projet de Center Parcs de Roybon, d’un rendez-vous à Bussoleno ce mercredi à 17h30 en solidarité avec des prisonniers-ères de la lutte No TAV (le rendu de leur procès sera donné ce jour : le procureur a requis 9 années de prison).

Une assemblée a ensuite eu lieu sur la place afin de discuter des suites à donner à cette manifestation et à la lutte contre la THT, le nucléaire et son monde.
Des collectifs locaux se reforment dans la vallée.
Il y aura aussi une soirée le samedi 31 janvier à Châteauroux-les-Alpes avec la projection d’un film sur la lutte contre la THT et le nucléaire dans le Cotentin, une assemblée, une soupe et un concert.

Cette petite journée fut vraiment belle : pas mal de monde, beaucoup de rencontres, d’échanges. La détermination et la solidarité s’installe face à la déclaration d’utilité publique du projet de ligne à très haute tension et au monde qui va avec.

En partant de la place, on pouvait lire sur le sol : “THT, la tension monte !”

Pour être tenu-e au courant des prochaines assemblées, des événements publics, pour contacter des collectifs locaux.

Mille Bâbords, 15 décembre 2014

Source : Jura Libertaire.

déc 122014
 
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Pendant le salon international du nucléaire à Paris, certain.e.s s’activent à mouvementer le train-train quotidien

 

 

Le nucléaire, ça fume énormément

Pour un événement de l’ampleur du Salon international du Nucléaire, ou WNE, il est profondément étonnant que les médias n’aient pas davantage pris à cœur d’informer de cet événement, dont se sont par ailleurs tant vantés les pontes du nucléaire français.

Nous nous sommes donc donnés pour tâche de palier à ce manque en attirant l’attention des voyageurs du train Paris-Cherbourg du vendredi 17 octobre. En effet, ils avaient pour voisins de cabine d’indésirables futurs acheteurs potentiels de centrales nucléaires venus du monde entier au WNE, qui étaient sur le trajet retour de leur visite touristique des sites de Flamanville et de La Hague. Vers 19h30, peu avant l’escale à Caen, boum-boum-boum, psch-psch-psch, des pétards de voie, une épaisse fumée dans une armoire électrique, un message sous un pont : NUKE OFF !

C’est quand des visiteurs de centrales se mêlent aux vacanciers et que leur trajet est perturbé que le travail de dissociation entrepris par les média entre élite d’experts et information du public est en quelque sorte un peu battu en brèche.

En compensation de la gêne occasionnée pour les voyageurs (bien que regrettable un soir de départ en vacances) leur a été donné un temps – si rarement aussi généreusement offert – de réflexion et de constat, pour se rendre compte que le nucléaire ne passe pas comme une lettre à la poste.

La présence policière en gare est loin de brider notre détermination qui trouve sur les voies ferrées des brèches dans leur dispositif, là où on ne nous attend pas.

Un message pour les prétendants aux produits d’excellence français : si vous vous engagez dans le nucléaire, attendez-vous à de la résistance. Edf ne vous préviendra pas que le pack « EPR » nécessite l’extension « Maintien de l’ordre » et le budget qui va avec. Autant s’en passer.

Les petites mains gantées du Marais de Carentan

Odorante participation

Vendredi 17 octobre au matin, en gare de Caen

Quelques personnes se sont invitées dans le train des nucléophiles, le temps d’une modeste mais odorante participation à la taquinerie générale de cette journée visite promotionnelle des sites nucléaires français. A l’arrêt en gare de Caen, une fois repéré le wagon abritant les visiteurs des sites du Cotentin, plusieurs boules puantes ont été lâchées afin d’accompagner leur voyage dans les meilleurs conditions.

stinkbomb

Pétards sur les voies, ça tremble dans les wagons !

Vendredi 17 octobre 2014, 9h

A la sortie de Caen, des signaux d’arrêts d’urgence posés sur les rails ont été déclenchés par le passage du train Paris-Cherbourg afin de perturber la visite des nucléocrates internationaux venus du salon du Bourget, à Paris. Non, les sites nucléaires ne sont pas des sites touristiques comme les autres où les businessmen de tous les pays peuvent se retrouver ! Qu’ils s’attendent à nous trouver sur leur chemin que ce soit à la signature des contrats, lors des enquêtes publiques ou des chantiers en cours.

Si Areva veut se donner les moyens de vendre à l’international ses machines de mort, qu’elle explique aussi à ses nouveaux clients que le nucléaire s’accompagne d’une résistance importante de la part des populations.

Ni déchets nucléaires, ni nucléocrates sur les rails ! Stoppons le train-train quotidien du nucléaire !

Ouest-France collabore

Jeudi 16 octobre 2014, au petit matin: échanges de manchettes Ouest-France dans les tabac-presse de Rennes et Caen.

 

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Pour cibler Ouest-France et sa collaboration avec la police dans la répression des luttes lorsqu’ils refilent des photos qui envoient les accusé-e-s en zonz.

Pour informer la population de la tenue à Paris du WNE, le Salon international de promotion du nucléaire.

Pour mettre en parallèle cet événement censé faire rêver tout industriel ou élus à la puissance de l’atome, et le danger que représentent les centrales nucléaires normandes comme celles d’ailleurs.

Pour susciter l’interrogation des passant-e-s sur de potentiels titres de presse.

Manchettes manchottes

Il semblerait bien que le Ouest-France de ce lundi 13 octobre avait pris une certaine liberté de ton, c’est en tout cas ce que laissent penser les manchettes visibles aujourd’hui à diverses Maisons de la Presse et autres lieux de vente du fleuron de la Presse quotidienne régionale.

C’est que vient de débuter au Bourget, à côté de Paris, le Salon international du nucléaire, où les nucléocrates français comptent bien vendre des EPR comme des petits pains.

 

 

 

 

 

13octobre2014 manchette Ouest-France 1

 

Nuclear World Extinction !

« Le développement forcené actuel de l’énergie nucléaire est un choix irréversible que le capitalisme nous impose. De par son fonctionnement, sa nature, l’énergie nucléaire est la caricature d’un univers hiérarchisé, technocratisé, militarisé, où nous n’intervenons en rien. L’État ne respecte même plus sa propre légalité pour la construction des centrales nucléaires, l’ouverture des mines d’uranium, l’extension des usines de retraitement des déchets, etc.
Le choix de l’énergie nucléaire, de par la concentration des moyens économiques, technologiques, humains, est l’occasion rêvée pour le capitalisme de pérenniser sa domination sur nos vies. Une centrale nucléaire, une fois construite, ne peut être détruite avant 20 ans. C’est ici qu’un moratoire limité apparaît clairement comme démagogique. La valse hésitation du PS est bien dans la lignée récupératrice, démagogique, de ce parti attrape-tout. Refuser l’énergie nucléaire serait remettre en cause radicalement le capitalisme, ce qui fait sourire quand on voit la bousculade des cadres socialistes, dans la débandade forcenée de leur appétit de pouvoir. Ne nous trompons pas : nous aurons une bombe à gauche, une énergie nucléaire à gauche, avec des flics de gauche et des enterrements démocratiques. Quant au PC, avec ses vues totalitaires et bureaucratiques, il ne peut que cautionner le développement d’une énergie nucléaire, dont il aurait le contrôle.

 

Par ailleurs, le développement actuel des recherches sur l’énergie solaire, s’orientant vers de grosses unités de production, montrent que l’intérêt du capital réside dans la concentration de l’énergie,pour garder le contrôle de sa redistribution. La lutte contre le développement de l’énergie nucléaire ne peut se cantonner dans l’opposition légalistes des partis et syndicats. De même, il est évident que les manifestations antinucléaires et écologiques ont révélé l’existence d’une contestation profonde de cette société, sur les bases d’un refus de tout centralisme, toute hiérarchie, contre le travail salarié et la consommation à outrance, ces rassemblements ne peuvent suffire à stopper le pouvoir.

 

Il est indispensable d’intensifier les actions de sabotage qui touchent directement le pouvoir dans ses intérêts économiques et permettent de retarder, voire de stopper la construction des centrales, mines, usines liées au nucléaire. Quoiqu’il en soit, le nucléaire n’est qu’un des aspects les plus apparents de l’exploitation généralisée du capitalisme qui ne peut être mis en échec que par l’auto-organisation des individus et par la prise en main de tous les aspects de notre vie quotidienne. »

 

Communiqué du CARLOS (1) revendiquant les interventions de la nuit bleue antinucléaire du 19 au 20 novembre 1977
(1) Coordination Autonome des Révoltés en Lutte Ouverte contre la Société

 

D’après vous, quel âge a ce texte ?? Et bien il a 37 ans… Incroyable non ? Il a à peine vieilli d’un iota.

Si nous reprenons ce communiqué aujourd’hui, c’est qu’il résonne à nos oreilles et s’accorde à nos « réflexions ». 37 ans nous séparent, et nous réalisons qu’il aurait pu sortir de nos plumes. En 2014, le nucléaire, qu’il soit militaire, civil ou médical, comme les autres choix technologiques de la société industrielle capitaliste, détermine toujours plus nos vies. Son développement a explosé (boum), des milliers de fois avec les tirs en Algérie, dans le Pacifique et ailleurs, à Tchernobyl en 1986 et à Fukushima en 2011, sans compter les très nombreux et réguliers « incidents », laissant ces déchêts radioactifs s’entasser, dette et prison éternelles à l’échelle de la vie humaine.

 

En parallèle, les gouvernements successifs ont absorbé la plus grande partie de la contestation dans les institutions : par le biais des processus de consultation, de cogestion et d’expertise. Les nucléocrates ont repris les arguments écologistes, intégré la construction de nouvelles centrales dans la lutte contre le changement climatique. En lien avec eux, se développent les technologies du contrôle (compteurs communiquant d’électricité « Linky », d’eau, de gaz, puces RFID, vidéo-surveillance, bio-identification, drones, etc.) qui s’appuient sur le sentiment d’insécurité que fabrique la société actuelle et qui l’entretient soigneusement.

 

C’est ainsi que l’assise politique et économique actuelle de l’industrie de l’atome aboutit à une première mondiale : la tenue d’un salon international du nucléaire, le World Nuclear Exhibition, à Paris du 14 au 16 octobre 2014, où se sont pavanés toutes les entreprises et Etats liés de près ou de loin à cette mortifère industrie, et dont l’enjeu est la prolifération du nucléaire.

 

Lutter contre le nucléaire est aussi et surtout lutter contre le monde qui va avec : un système énergivore, destructeur de l’humain et de l’environnement, qui contrôle et pressurise nos vies, nous empêchant de décider par nous-mêmes la forme de nos existences. Nous pensons qu’il est aujourd’hui nécessaire de conjuguer nos forces pour attaquer ce système là où il est vulnérable en bloquant les flux, d’énergie, de transport, etc. Ces attaques doivent être protéiformes : occupations, contre-information, sabotages, actions publiques collectives, etc. Néanmoins, sans un mouvement social suffisamment fort, ces actions resteront des tentatives marginales de résistance, stigmatisées et d’autant plus facilement réprimées par l’Etat. C’est pourquoi nous lançons un appel à se rencontrer, coordonner nos actions, agir et s’organiser là où nous sommes mais aussi être capable de se donner des rendez-vous, pour que les nuits bleues d’Edf se colorent de notre indéboulonnable et saine colère !!!

 

Source : World nuclear explosion.

http://worldnuclearexplosion.noblogs.org/

 

nov 032014
 
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Petite revue de presse autour du survol de centrales nucléaires depuis quelques semaines par des drones non identifiés. Pour le momen t les autorités n’arrivent pas à identifier l’origine de cette action.

A noter que si les incursions dans les centrales nucléaires par Greenpeace démontrait la faillibilité des systèmes de sécurité des centrales, elle permettait dans le même temps aux nucléaristes de renforcer leurs dispositifs de contrôle. Ce renforcement dans les faits c’était surtout l’interdiction faite aux groupes écologistes de s’approcher des sites et des transports de  matière radioactive et même de communiquer horaires et trajets. Bref, dénoncer les failles du système a engendré un renforcement de ce dernier. C’est bien sans doute là la limite de cette action si elle est portée par des antinucléaire.

Mais à la différence de Greenpeace, cette menace est cette fois plus diffuse, et laisse planer ainsi une hostilité plus forte au délire atomique.  Et surtout pour le moment elle ne vise pas la promotion d’un groupe particulier.

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Les mystérieux drones qui ont survolé sept centrales nucléaires en France

La centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle. | AFP/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Sept sites nucléaires d’Électricité de France (EDF) ont été survolés par des drones, de nuit ou très tôt le matin. Le premier a été la centrale de Creys-Malville (Isère) en cours de déconstruction, le 5 octobre.

Les six autres ont été « visités » dans la semaine du 13 au 20 octobre, certains à plusieurs reprises : Blayais (Gironde) le 13, Nogent-sur-Seine (Aube) le 13 et le 19, Cattenom (Moselle) le 14, Chooz (Ardennes) et Gravelines (Nord) le 19, Le Bugey (Ain) le 19 et le 20.
Sur la seule journée du dimanche 19 octobre, ce sont donc quatre installations très éloignées les unes des autres – Le Bugey, Chooz, Gravelines et Nogent-sur-Seine – qui ont été ciblées. En revanche, EDF dément l’information de Greenpeace selon laquelle les centrales de Fessenheim (Haut-Rhin) et du Tricastin (Drôme et Vaucluse) auraient été elles aussi survolées.

Les centrales atomiques ne sont pas les seules à avoir été visées. Selon l’organisation écologiste, c’est aussi le cas du site de Saclay (Essonne) du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Ce dernier ne le confirme pas pour cet établissement précis – l’un de ses plus gros centres de recherche, où travaillent quelque 5 000 personnes –, mais indique que «  plusieurs de ses sites ont été survolés ces dernières semaines par des drones », sans en donner la localisation « en raison des enquêtes en cours  ».

Chez Areva, on assure, sans plus de précision, qu’«  il n’y a pas eu de survol significatif des installations », et qu’« il n’y a pas eu de menace sur [leur] sûreté ». Ce qui laisse entendre que des intrusions furtives se sont produites, mais d’engins de petites dimensions. Le groupe n’a pas déposé de plainte, au contraire d’EDF et du CEA.

Des drones de plusieurs tailles

Elément qui rend ces incursions aériennes encore plus intrigantes, sinon plus inquiétantes, les aéronefs sans pilote étaient de plusieurs types et de différentes tailles : certains de quelques dizaines de centimètres d’envergure seulement, d’autres d’un diamètre allant jusqu’à 2 mètres. Et donc, potentiellement, capables de transporter un projectile ou une charge explosive. « Les installations nucléaires sont conçues pour résister à de nombreux scénarios de catastrophes naturelles (séisme, tempête, inondation), d’accidents (incendie) ou d’actes de terrorisme ou de malveillance (sabotages, commandos) », précise à cet égard EDF.

Cette conception les place parmi les constructions les plus résistantes qui soient, notamment en comparaison d’autres installations industrielles à risques ou de lieux recevant du public, y compris vis-à-vis d’une éventuelle chute intentionnelle d’avion de ligne. Les intrus ont été détectés par les propres équipes de surveillance des centrales, explique EDF, qui ne souhaite pas préciser les moyens de repérage dont dispose chaque installation nucléaire, ni ceux dont sont équipés les pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG) : un corps de 800 gendarmes répartis à raison de trente à cinquante par site et opérationnels vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Depuis, « la vigilance a été renforcée », sans précision, là non plus, sur la nature des dispositions qui ont été prises.

Bernard Cazeneuve promet des « mesures antidrones »

Electricité de France, comme beaucoup d’industriels, a elle-même recours à des drones pour inspecter des installations difficiles d’accès, comme les réseaux de lignes électriques en Corse. Mais jamais pour surveiller ses propres centrales nucléaires. L’association Greenpeace, qui « nie toute implication », a demandé une enquête sur ces « survols suspects ».

Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a rappelé, jeudi 30 octobre sur France Info, que des « dispositifs de neutralisation des drones » existaient et qu’une « enquête judiciaire [était] en cours ». Il ne s’est cependant pas attardé sur ces modalités de neutralisation.

Source : Le Monde.

 

À CHAUD

Cinq centrales nucléaires ont été survolées vendredi soir, entre 19 heures et minuit, par des drones, a-t-on appris auprès de deux sources proches du dossier.

Les centrales de Penly (Seine-Maritime), Flamanville (Manche), Saint-Laurent-des-eaux (Loir-et-Cher), Dampierre-en-Burly (http://www.sous-la-cendre.info/spacer.gif) et Fessenheim (http://www.sous-la-cendre.info/spacer.gif) ont chacune été survolées dans la soirée, ont précisé ces sources à l’AFP. Sollicités par l’AFP, le ministère de l’Intérieur et la gendarmerie nationale n’ont pas souhaité faire de commentaires dans l’immédiat.

EDF, également interrogé, n’a pas souhaité confirmer cette information. Jeudi soir déjà, Penly ainsi qu’une autre centrale en Tarn-et-Garonne avaient été survolées vers 21 heures par des drones qui n’avaient pas été neutralisés, «car ils ne représentaient pas de menace directe» pour la sécurité des installations, avait assuré un porte-parole de la gendarmerie.

EDP porte plainte

EDF avait affirmé dans la semaine prévoir de porter plainte pour chacun de ces survols. Sept centrales nucléaires françaises avaient déjà été survolées par des drones au cours du mois d’octobre, des incidents «sans conséquences» selon EDF, mais qui ont soulevé à nouveau la question de la sécurité des sites liés à l’atome.

Le ministère de l’Intérieur a estimé jeudi que ces survols, «tous détectés», ne représentaient «aucun danger pour la sécurité des installations survolées, qui sont censées résister à des secousses sismiques de forte magnitude ou à des crashs d’avions de ligne».

Le survol des centrales nucléaires est interdit dans un périmètre de cinq kilomètres et de 1 000 mètres d’altitude autour des sites. Il est passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Source : AFP

Survol de centrales nucléaires: qui se cache derrière les drones ? « Nous n’avons aucune piste », dit Ségolène Royal

Publication: Mis à jour:
ShSÛRETÉ NUCLÉAIRE – Treize centrales nucléaires survolées par des drones en un mois. De quoi inquiéter responsables et associations. D’autant que Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, a indiqué dimanche 2 octobre au matin que le gouvernement n’a « aucune piste » quant à l’identité de ceux qui ont envoyé les drones.
Le Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationales (SGDSN), dépendant du Premier ministre, a tenu à rassurer dans un communiqué: « L’ensemble des services de l’Etat en charge de la sécurité et de la sûreté des points d’importance vitale (intérieur, énergie et environnement, défense) sont mobilisés depuis le début des survols pour identifier les responsables de ces actes et y mettre un terme ».

 

Le survol organisé et simultané « ne présente pas forcément de danger. Donc il n’y a pas eu spécifiquement d’ordre de tirer sur ces drones-ci », a indiqué dimanche à l’AFP un conseiller de Matignon. Il a expliqué le dispositif habituellement mis en place en cas de danger et qui ne s’applique pas à la situation présente.

« Les gendarmes qui surveillent les centrales font partie des pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie nationale. Il y a un peloton dans chaque centrale, payé par EDF, en plus de la surveillance assurée par des agents privés. Ce sont des groupes de 24 à 30 personnes qui se relaient », a dit le conseiller.

« Ces pelotons, qui ont les pouvoirs et compétences régaliens en tant que gendarmes, ont pour instruction permanente, de même que les services de l’armée de l’air chargée de la défense aérienne, d’abattre tous les aéronefs qui pourraient représenter un danger pour les centrales et cela s’applique aussi aux drones », a-t-il ajouté. « C’est une posture permanente et l’affaire actuelle n’y change rien ».

En tout, treize centrales centrales ont été survolées depuis octobre -dont l’une, Penly en Seine-Maritime, à deux reprises-, a-t-on appris ces derniers jours, ce qui a plongé les autorités dans l’embarras.

La carte des survols dans la nuit de vendredi à samedi :

La France compte au total 19 centrales nucléaires en activité, soit 58 réacteurs tous exploités par EDF. Depuis deux ans, l’électricien fait appel à des drones civils pour réaliser des photos aériennes de ses centres nucléaires.

L’ONG Greenpeace a nié toute implication mais la piste des activistes anti-nucléaires est évoqué par Fabrice Epelboin, professeur à Sciences Po Paris, interrogé par Le JDD:

« C’est typiquement le genre d’actions que l’on peut concevoir si l’on veut remettre en question le choix du nucléaire. Si en plus, ce phénomène devient viral, c’est encore plus efficace, car on lui donne une visibilité médiatique! Si je devais parier, je pencherais pour un mouvement écolo qui veut attirer l’attention sur le nucléaire en France. Car s’il s’agissait de faire exploser une centrale, je ne vois pas l’intérêt d’alerter tout le monde sur les faiblesses du système… Ce ne sont pas des terroristes ».

Le Parisien émet deux autres hypothèses. Celle de plaisantins « qui se lanceraient des défis ». Et celle de tests destinés « à mettre à l’épreuve la sécurité des centrales ». « Aucun indice en ce sens », tempère toutefois le quotidien. Le JDD avance encore une autre hypothèse, là encore peu probable, celle d’un fabricant de drones qui souhaiterait se faire de la publicité à peu de frais.

20 Minutes évoque de son côté la piste d’un « lobbying anti-drone » qui souhaiterait dénoncer la surveillance des civils. « En septembre 2013, le parti pirate avait envoyé un drone se poser à deux mètres d’Angela Merkel lors d’un meeting, pour dénoncer la surveillance policière », écrit le quotidien sur son site internet. (…)

Source : Huftington Post.

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Après EDF, le Commissariat à l’énergie atomique annonce que plusieurs cas de survol de ses installations ont été signalés. En revanche, Areva dément « tout survol significatif » de ses sites.

Source : http://www.sciencesetavenir.fr/decryptage/20141030.OBS3730/survols-de-sites-nucleaires-par-des-drones-le-cea-depose-plainte-a-son-tour.html

Survols de sites nucléaires par des drones : le CEA dépose plainte à son tour

Par Olivier Lascar. Publié le 30-10-2014 à 17h58

Après EDF, le Commissariat à l’énergie atomique annonce que plusieurs cas de survol de ses installations ont été signalés. En revanche, Areva dément « tout survol significatif » de ses sites.

SITES. Qui sont ces drones qui volent au-dessus de l’atome ? Et surtout, qui sont les pilotes ? On ne le sait toujours pas. En revanche, ce qui apparaît plus clairement, c’est quels sont les sites concernés par ces survols interdits.

Ainsi EDF a confirmé à Sciences et Avenir que 7 de ses centrales nucléaires ont fait l’objet de ces intrusions, entre le 5 et le 20 octobre 2014. Les installations concernées sont celles de Creys-Malville, en déconstruction, et les 6 centrales en exploitation de Gravelines (Nord), du Blayais (Gironde), de Bugey (Ain), de Chooz (Ardennes) et de Nogent-sur-Seine (Aube). Les sites concernés ont déposé plainte. « Survol significatif »

Mais le nucléaire en France ne se résume pas aux centrales opérées par EDF, où est fabriqué l’électricité. Il y a bien d’autres sites nucléaires – ou, selon la terminologie officielle, des INB, pour installations nucléaires de base. Il s’agit de bâtiments industriels ou de lieux de recherche, dotés ou non de réacteurs nucléaires, et où l’atome est au cœur des activités.

CONFIRMÉ. Il apparaît donc aujourd’hui que d’autres sites nucléaires ont été illégalement survolés par des drones. Ainsi, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) indique que plusieurs de ses installations ont été survolées, selon un porte-parole cité par l’agence de presse Reuters, la même source précisant que « nous ne donnons pas plus de détails pour ne pas interférer avec l’enquête ». Suite à ces intrusions, le CEA a déposé plainte.

Autre acteur majeur de l’industrie du nucléaire en France, Areva précise de son côté ne pas être concerné par ces vols intrusifs. Interrogé ce 30 octobre par Sciences et Avenir, un représentant de la multinationale « dément tout survol significatif de ses sites ». Si l’expression est opaque – à partir de quand un survol devient « significatif » ?, nous n’avons pas réussi à nous le faire préciser par Areva – il n’en reste pas moins que la société n’a pas déposé plainte dans cette ténébreuse affaire.

Source : Science et Avenir.

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Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/10/30/01016-20141030ARTFIG00356-survol-suspect-de-centrales-nucleaires-par-des-drones.php

De nouveaux survols suspects de centrales nucléaires par des drones

Par Anne Jouan Mis à jour le 31/10/2014 à 15:34 Publié le 30/10/2014 à 19:05

NFOGRAPHIE – Des centrales nucléaires ont été survolées à plusieurs reprises ces dernières semaines. Pas plus tard que dans la nuit de jeudi à vendredi, les gendarmes ont détecté deux nouvelles incursions en Seine-Maritime et dans le Tarn. L’absence de revendications inquiète les associations écologistes.

Au moins douze survols de centrales nucléaires en un peu plus de quinze jours. Et plusieurs survols de sites du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) ces dernières semaines. Autant de visites qui reposent la question de la sûreté des sites nucléaires français. Elles ont donné lieu à des dépôts de plainte de la part d’EDF mais aussi du CEA et à des signalements précis aux pouvoirs publics ainsi qu’à l’Autorité de sûreté nucléaire. Une enquête judiciaire est en cours. Les intrusions ont été effectuées de nuit ou très tôt le matin, entre le 5 et le 20 octobre dernier, dans des régions très éloignées. Ainsi, le 19 octobre, des survols ont été notifiés dans l’Ain, dans le Nord, dans l’Aube et dans les Ardennes (voir la carte ci-dessous). Un survol pourtant interdit dans un périmètre de 5 kilomètres et de 1 000 mètres d’altitude au-dessus du site.

Ce jeudi 31 octobre, on apprenait deux nouveaux survols auprès de la gendarmerie et d’EDF. Les centrales nucléaires de Penly (Seine-Maritime) et de Golfech (Tarn-et-Garonne) ont, elles, été survolées jeudi soir par des drones, a-t-on appris vendredi auprès de la gendarmerie et d’EDF, confirmant une information d’i-Télé. Le survol a été détecté par les gendarmes chargés de la protection des centrales et par des employés ». Comme dans les cas précédents, la société EDF entend porter plainte, a-t-elle affirmé.

Sur ces deux derniers survols, les enquêteurs hier ne manquaient pas de s’interroger sur un éventuel mimétisme. avec les survols précédents. Un peu, disaient-il à l’image du phénomène de clowns qui agressent les passants. « On ne parlait de rien, le phénomène n’existait que dans le Nord, les medias s’en sont emparés, il y a désormais des clowns partout dans l’Hexagone ». Certes. Sauf que la manipulation d’un drône au dessus d’une centrale est peut-être moins aisée que l’achat d’un costume de clown pour faire le malin dans les rues de sa commune..

Chacune des 19 centrales EDF bénéficie d’une équipe de protection composée d’un agent EDF et d’employés d’entreprises de sécurité. Après 2007 et l’intrusion de Greenpeace dans la centrale de Dampierre (Loiret), l’État avait créé les pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie (PSPG), chargés de la surveillance des centrales nucléaires. Tous les sites EDF disposent désormais de ces unités. Le CEA et Areva ont leurs propres forces spéciales de sécurité (FLS). « Sauf que cet été, quand nous avons pénétré sur le site du Tricastin, les PSPG n’étaient pas là car ils étaient intervenus en renfort sur le Tour de France. Quand il y a un gros événement autour d’une centrale, les gendarmes sont appelés ailleurs », affirme Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace.

«  Généralement, les associations militantes revendiquent leurs actions. Sinon elles n’ont aucun intérêt »
Nadine Schneider, porte-parole de Burestop 55

Suite à ces survols, le ministère de l’Intérieur a donné instruction de « neutraliser » les drones. Autrement dit, de les « abattre », explique un gendarme. À la condition express d’être sûr qu’il s’agit bien d’un drone. Pas question de tirer sur un ULM. Mais le phénomène étant nouveau, la question de l’attitude à adopter face à ces engins ne s’était pas posée jusqu’à présent. Ce que confirme EDF : « Jusqu’à maintenant, le protocole n’était pas d’abattre systématiquement à chaque survol. » Le colonel Jean-Pascal Breton, porte-parole de l’armée de l’air, a tenu à relativiser la menace constituée par ces drones, soulignant qu’ils étaient de petite taille.

Montré du doigt, Greenpeace a démenti toute implication dans ces survols. L’association condamne EDF « qui n’a pas été capable d’intercepter les drones ». Elle estime que ces engins auraient dû être abattus. « Généralement, les associations militantes revendiquent leurs actions. Sinon elles n’ont aucun intérêt, observe Nadine Schneider, porte-parole de Burestop 55, l’association qui lutte contre l’enfouissage de déchets nucléaires basée dans la Meuse. Ici, l’absence de revendication est troublante et inquiétante. »

Le point de vue fait l’unanimité chez les antinucléaire. « Greenpeace agit toujours à visage découvert, insiste Yannick Rousselet. Quand nous avions survolé la centrale de Bugey (Ain) en 2012, nous avions une grande voile avec le logo de l’association. Même chose pour le survol de La Hague la même année. Et nous postons les vidéos sur YouTube. »

Le réseau Sortir du nucléaire estime que les opérations du mois d’octobre « ne ressemblent pas à des actions d’antinucléaire. Nous ne voyons pas de qui elles peuvent venir dans le milieu. C’est d’autant plus inquiétant qu’elles ont l’air très coordonnées. » L’association écologiste Robins des Bois acquiesce : « Ces survols montrent que ce type de danger n’a pas été pris en compte par les installations nucléaires françaises », constate Jacky Bonnemains, président des Robins des Bois.

Des sources internes au CEA et à EDF excluent elles aussi des manifestations d’antinucléaire en raison de la non-revendication. Greenpeace assure que le site d’Areva à Pierrelate (Drôme) spécialisé dans la chimie de l’uranium a lui aussi été survolé le 27 octobre vers 19 h 45. Contactée, Areva dément « tout survol significatif de drone ».

Voir en ligne : Le Figaro

nov 022014
 
antielectoral

Malville-Sivens… on recommence. Je me souviens de cette immense procession sous une pluie morne, des cirés multicolores, et, malgré tout, de cet élan qui nous portait vers le site comme un des grands buts de notre jeunesse. Je me souviens de l’hélicoptère blanc du préfet Jannin qui tournoyait, surveillant tout, recevant et donnant certainement des ordres. Je me souviens du pré auquel les premiers milliers de marcheurs ont accédé, les autres restant bloqués sur d’étroits chemins, résultat d’une habile stratégie militaire…

Je me souviens des quelques excités, peu nombreux en vérité, tenant le devant de la scène au bas du pré. Et rapidement les tirs de grenades à cadence rapide, au bruit, au souffle ou aux gaz insupportables. Puis les fusils passant à l’horizontal. Je me souviens de Manfred Schultz, main arrachée par un de ces projectiles qu’il avait eu l’imprudence de vouloir relancer, puis de Michel Grandjean, transporté en hâte, hurlant avec son pied déchiqueté. Et du brigadier Touzeau, avant-bras explosé par la grenade qu’il allait nous envoyer – mais qu’il avait tardé à lancer. Et bien sûr, je me souviens de mon cher frère Vital, perdu de vue dans le brouillard des lacrymogènes et dont j’ai dû peu après reconnaître le corps à la mairie de Morestel.

Mutisme. Je me souviens que l’on ne nous a jamais rendu le ciré qu’il portait, que l’autopsie a conclu à une «explosion» sans plus s’avancer, et le procès à un «non-lieu» ; de l’énorme scandale qui s’ensuivit, du quasi-mutisme du gouvernement – celui-ci chargeant le médiateur de la République de prononcer quelques mots de condoléances – ; et même de l’incroyable déploiement policier lors des funérailles de notre frère, comme si «l’ennemi de l’intérieur» – voire celui de l’étranger, Jannin tonnant contre les manifestants «boches» revenant occuper la région, mais si ! – était encore à craindre.

Et puis je me souviens des socialistes montant au créneau, l’occasion étant trop belle d’envoyer des bonnes salves au pouvoir giscardien… mais refusant de s’associer à nous, la famille, pour demander une loi interdisant l’usage d’armes de guerre (dont les grenades offensives) contre une manifestation – on ne sait jamais… C’était il y a bien longtemps, trente-sept ans, à Creys-Malville.

Ignorance. Aujourd’hui, sur le site de Sivens, le même drame se reproduit à l’identique, tout aussi lamentable. Je ne connais pas Rémi Fraisse mais imagine très bien ce que sa famille ressent, et dont nous nous sentons soudain si proches. Voilà où mène l’ignorance, voire le mépris, au plus haut niveau, des questions environnementales et de l’indispensable réflexion de fond, collective et démocratique, qu’elles imposent chaque jour davantage. Les citoyens moyens sont beaucoup plus en avance que leurs élus ! Voilà où mènent les vieux réflexes de «maintien de l’ordre» par la violence d’Etat, et la mise en branle de matériel de guerre contre des manifestants – fussent-ils agités. Voilà où mène l’obsession de la conquête du pouvoir sans vraie réflexion sur ce que l’on en fera. Froncer les sourcils, faire de viriles déclarations et envoyer la troupe n’est toujours pas une politique.

Et quel beau message à destination de «la jeunesse, priorité du quinquennat» ! Depuis Malville et d’autres drames similaires, les «socialistes» n’ont rien appris, rien compris, confirmant l’adage désabusé des historiens : «La seule chose que l’Histoire nous apprend, c’est qu’elle ne nous apprend rien.»

 

Source : Libération.

oct 202014
 
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Contribution de quelques habitants de la Vienne et de la Charente à une solution originale au problème des déchets radioactifs

non-fides.fr

lundi 20 octobre 2014

A Monsieur le Préfet,

 

Sincèrement émus par les difficultés que semble rencontrer l’Etat et ses services spécialisés pour imposer ses déchets radioactifs à des populations hostiles, nous nous sommes réunis en un petit groupe d’amis, afin de leur trouver une solution et se débarrasser du même coup du problème et de ses inventeurs.

Nous avons remarqué que le principal argument que l’on oppose aux adversaires de l’enfouissement des déchets est que, puisque ces déchets existent, il faut bien en faire quelque chose et qu’il vous semble donc naturel que nous acceptions de les voir enfouis sous nos pieds, alors qu’il nous semblerait beaucoup plus naturel de commencer par en supprimer la cause.

Nous n’insisterons pas non plus sur l’ironie qu’il y a à demander maintenant de la responsabilité et du civisme à des populations dont on ne s’est jamais soucié de demander l’avis lorsque cette funeste aventure nucléaire a commencé.

Mais, foin des rancunes. Vous voyant dans l’embarras, avec vos déchets sur les bras, et bien décidés à ne pas les accepter, nous n’avons pas d’autre choix que de vous enlever cette excuse embarrassée.

Gens de peu d’instruction, vivant dans une région pauvre, éloignée des grands centres, nous sommes nous aussi confrontés journellement à des petites difficultés dans nos exploitations et nos ateliers et que nous parvenons généralement à résoudre avec très peu de moyens, un solide sens de l’observation et beaucoup d’astuce.

Aussi, ce n’est pas sans une certaine fierté que nous vous soumettons cet ouvrage absolument au-dessus de toute critique.

Résumons rapidement les données du problème tel qu’il est exposé dans les prospectus que vos services, ou quelques auxiliaires municipaux, distribuent si généreusement dans nos boites aux lettres : quelques fûts, l’équivalent d’une piscine de jardin, de déchets émettant des rayonnements alpha qu’une feuille de papier suffit à arrêter et, qui plus est, vitrifiés par un procédé absolument sûr. Avouez qu’il n’y a pas là de quoi mettre le feu à nos campagnes ni à dépenser des sommes vertigineuses dans un temps où l’impôt semble avoir du mal à rentrer.

Tout d’abord, il nous a semblé que, par une sorte d’étourderie méthodique, vous preniez le problème par le mauvais bout et qu’au lieu de vouloir concentrer ces déchets en un point, il vaudrait mieux, au contraire les disperser, tout en les gardant sous haute surveillance. Monsieur le sous-préfet de Montmorillon a, l’autre soir, presque mis le doigt dessus en nous disant qu’une famille produit en vingt-cinq ans l’équivalent d’un pot de yaourt de déchets, encore qu’il n’ait pas poussé le raisonnement assez loin ni dans la bonne direction.

De petites quantités, mais sous bonne garde, voilà qui semble a priori difficile à réaliser, mais c’est pourtant là que réside notre astuce.

Vous disposez, au sein du CEA, de la COGEMA, de l’ANDRA et d’autres organismes impliqués de près ou de loin dans l’industrie nucléaire civile et militaire, d’un nombre considérable d’employés, techniciens, ingénieurs, bien informés, connaissant parfaitement les substances en question, et les précautions qui s’imposent, et si bien assurés de leur parfaite innocuité qu’ils arriveraient presque par moment à nous en convaincre. Ils sont en outre peu susceptibles de tomber dans le panneau des théories écologiques, voire même anti-nucléaires.

La solution est là, si proche que vous ne pouviez la voir. Simple comme l’œuf de Christophe Colomb, et vous verrez que nous n’employons pas cette image au hasard. Notre idée tient en un mot. Il s’agit de confier à chacun de ces employés la garde d’une petite quantité de ces matières. Et pour cela quoi de plus sûr que leur estomac ? Chacune de ces personnes pourrait ainsi avaler, disons, la valeur d’un gros œuf de déchet vitrifiés, préalablement enveloppé d’une feuille de papier contre les rayons alpha et peut-être d’un pochon de plastique bien noué pour ne pas mouiller le papier.

On nous objectera que cela risque à la longue d’occasionner une gêne pour ces personnes. Nous pouvons vous assurer que non. Nos vaches vivent très bien avec un gros aimant dans la panse afin de retenir les corps métalliques étrangers et cela ne les gêne en rien. L’expérimentation étant déjà ainsi faite, point n’est besoin de perdre des années en longues et coûteuses recherches avant de passer à la phase pratique. De plus, vos gens travaillant la plupart du temps assis et avec leur tête à la différence de nos bêtes qui doivent faire beaucoup de chemin pour trouver leur pitance dans nos maigres pâtures, leur gêne n’en serait que moindre.

Le gros avantage que nous y voyons est, en plus de la dispersion des déchets, la vertu de l’exemple. Que diront les adversaires du nucléaires et autres esprits obtus et méfiants lorsqu’ils verrons, à la bonne mine et à la santé éclatante de tous ces employés qu’ils se trompent lourdement. Et puisqu’il est même prouvé que de faibles doses de radiation peuvent guérir certaines affections, ceux-ci s’en trouveraient de plus préventivement protégés et les autres, incrédules, seraient bien attrapés.

Il serait sûrement judicieux d’avoir différentes tailles d’œufs adaptées à la position hiérarchique de tout ce personnel. Les ingénieurs, chercheurs et autres, d’autant plus persuadés qu’ils en savent plus long sur la radioactivité, pourraient ainsi, fort de leur certitudes, stocker une quantité supérieure à celle de leurs subalternes moins avertis.

Il nous semblerait même bon d’étendre le procédé aux hommes politiques qui font ouvertement profession de foi pour l’atome, ce qui donnerait ainsi du poids à leur propos et montrerait qu’ils sont en quelque sorte prêts à payer de leur personne en renouant avec le sacrifice mythique du chef, un peu comme un Leprince-Ringuet lorsqu’il déclarait qu’il prendrait volontiers tous les déchets radioactifs dans sa cave.

Il faudrait envisager de donner une large couverture médiatique à de tels “gobage d’œufs vitrifiés” à la manière de Turgut Ozal, Premier ministre de Turquie, buvant à la télévision du thé prétendument contaminé après Tchernobyl. On imagine, par exemple, l’impact d’un Conseil général décidant de participer à l’unanimité au programme d’absorption des œufs radioactifs, il serait à coup sûr applaudi de tous ses électeurs.

On nous objectera sans doute que la quantité de déchets ne cessant de croître, nous risquons bientôt de manquer d’estomacs. Cet argument ne tient pas longtemps puisque ce genre de personnel ne cesse lui aussi de croître à la mesure des déchets. On en voit jusque dans nos campagnes compter nos bêtes, mesurer notre lait et s’inquiéter de nos cultures, percevoir ou octroyer taxes et subventions, et nous tenir si bien occupés par toutes sortes de formulaires et imprimés qu’on en viendrait parfois à croire que ce sont eux qui travaillent et que nous sommes à leur service. Nous avons même récemment découvert cette race plus particulière qui regarde en ce moment notre sous-sol prétendument granitique avec cet air inimitable du représentant qui veut vous vendre un aspirateur sans garantie, ou de ces brocanteurs prêts à vous échanger vos meubles de famille contre d’autres en formica, en vous assurant que vous faites une bonne affaire.

D’autres esprits chagrins nous diront que, lors des réunions techniques, colloques et autres séminaires où ces spécialistes s’assemblent, ainsi que dans les plus hautes instances où les hauts fonctionnaires, moins nombreux mais avec des œufs plus gros, décident de nos destins, il y aurait un risque pour le public de voir la concentration de radioactivité augmenter dangereusement. Cette objection non plus ne tient pas puisque généralement, dans ces occasions, le public n’est pas invité.

Le dernier argument que l’on nous opposera est que ces sortes de personnes, cette tribu du nucléaire, sont des citadins, et qu’à l’issue de leur longue vie, ils risqueraient à nouveau de concentrer la radioactivité dans quelques cimetières des grandes villes, réduisant ainsi nos efforts à néant.

Là encore, ce point ne résiste pas à l’analyse. Bien que n’ayant pas fait de longues études, ni étudié la sociologie, nous n’en avons pas moins remarqué que si nos campagnes se dépeuplent, c’est que nos enfants vont grossir les grandes villes et leurs banlieues. Ils y travaillent, la plupart du temps, dans ces divers services dont le système productif actuel a si impérieusement besoin et donc probablement aussi dans les vôtres.

Mais s’ils nous regardent lorsqu’ils passent avec un rien de commisération, ils n’en dédaignent pas moins à revenir couler leurs vieux jours et à se faire enterrer là où leurs parents sont nés. Ainsi donc, en fin de cycle, tous ces œufs ne se retrouveraient pas dans le même panier, mais répartis également sur les 36 000 communes de France.

Mais nous voyons déjà venir l’ultime objection : le jour de leur décès, que nous souhaitons le plus tardif possible, en les enterrant nous n’aurons rien réglé à votre problème.

C’est oublier les ressources de notre artisanat local.

Nous avons encore de vaillants maçons capables de confectionner de solides cercueils en béton armé et d’habiles plombiers qui pourraient faire une petite doublure en acier inoxydable pour peu que vous leur en fournissiez le croquis. Ainsi, même ce petit travail un peu spécial serait de nature à soutenir l’économie locale et chaque commune pourrait en bénéficier sans risques de jalousie.

On imagine aisément les cérémonies d’enfouissement grandioses auxquelles cela pourrait donner lieu, et nous tenons d’ailleurs à votre disposition un modèle de tombeau adapté, orné d’une croix un peu spéciale.

Ayant ainsi balayé tous les arguments sérieux que l’on pourrait nous opposer, nous considérons que vous n’avez plus de raisons fondées de poursuivre vos investigations chez nous, ni même ailleurs, et vous cédons bien volontiers tous les brevets que vous ne manquerez pas de prendre sur notre invention.

Comité “on n’est jamais si bien servi que par soi-même”.
1990.

 

Emission de radio sur le nucléaire

 Posted by on 7 octobre 2014 at 11 h 31 min  Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés
oct 072014
 
centrale-nucleaire-300x225
Une émission de radio sur le nucléaire, "Nucléaire, la fabrique de l'oubli" commence à être diffusée sur Radio Escapades : 1° lundi du mois à 17h, rediffusion le vendredi à 18h
 
et sur Radio Bartas (107.7), dimanche à 17h et mardi à 21h.
 
Bientôt, ces épisodes seront disponible en ligne sur : lafabriquedeloubli.noblogs.org. Vous pouvez aussi y consulter les références des textes utilisés dans les différents épisodes, au fur et à mesure de leur sortie. N'hésitez pas à vous rendre à cette adresse pour plus d'informations et à faire circuler l'information...
 
En attendant, le premier épisode, ainsi qu'une petite présentation du projet sera écoutable en ligne sur le site de radio escapades sur la page de l'émmission "légitime offense" : http://www.radioescapades.org/emissions/legithime-offense à partir du 8 octobre. Ou en redif vendredi 10 à 18 h sur : http://radioescapades.org/live.html
sept 252014
 
Pas_de_sushi_3

Nous relayons cette lettre ouverte d’un irradié non consentant à la rédaction de sciences et vie. Cette lettre répond sans, s’illusionner sur ses destinataires, au dossier « Accident nucléaire comment la France s’y prépare » du science et vie de septembre 2014. Bien évidemment, docilement soumis à son idéologie technophile, les auteurs du dossier relaie les prétentions nucléocratiques entrevues en Biélorussie et plus encore aujourd’hui au Japon à nous faire vivre une fois l’accident advenu un dosimètre autour du coup en zone contaminée. La tragédie de Fukushima a finit de faire basculer la stratégie communicationnelle des nucléaristes. Si la possibilité de l’accident n’est définitivement plus niée et qu’il est même devenu probable, il faut dorénavant nous apprendre à accepter de vivre au milieu des résidus radioactifs qui ne manqueront pas de peupler nos vies, et qui d’ailleurs dans une moindre « mesure » la peuplent déjà. Puisque de Biélorussie au Japon l’urgence est à sauver l’économie plus que les vies, « Science et vie morbide » nous prépare à vivre cette routine du désastre.  Comme le souhaite la lettre ouverte aux auteurs du dossier : « je vous souhaite à tous de beaux cancers » que ne manqueront pas de soigner Areva médical qui vise à s’installer à Caen.  L’économie a parfois des ressources qui semblent sans doute à tord inépuisables.

A
 la 
rédaction 
de
 Science
 et 
vie
Aux 
sieurs 
Vincent Nouyrigat 
et 
Frédéric
Pajak

Messieurs,
C’est 
avec 
un 
dégoût 
mêlé
 de
 pitié 
que
 j’ai 
aperçu 
la
 une
 de 
votre 
magazine.
 Afin
 de
 connaître 
plus 
en 
détail 
l’étendue 
de 
ce
 désastre
 culturel 
et 
politique 
– 
en 
attendant
 la
 catastrophe 
radiologique
 annoncée
–
je 
me 
suis 
forcé
 à 
lire 
cette
 chose.
Je 
sais 
depuis 
longtemps 
que 
le 
monde 
radioactif
 dans
lequel 
les
 experts 
de 
la
 question 
entendent 
nous
 faire 
vivre 
se
 déploie 
inlassablement
 depuis 
Los
Alamos, 
en
 dépit 
de 
tout. 
Je 
sais
 aussi
 que 
l’Etat,
 en 
France,
est 
actionnaire 
majoritaire
 de 
l’industrie
 nucléaire,
 y
 compris
 et
 surtout
 de
 l’armement,
 dont
 les
 réacteurs
 fabriquent,
 entre
 autres, 
le 
plutonium 
et 
autres 
saletés 
qui 
lui
 sont 
nécessaires. 
Je 
sais 
aussi
 que 
les
 Français,
en 
dépit 
de 
la 
terreur 
qu’une
 industrie
 de 
la 
radioactivité 
suscite 
chez
 tout
 humain 
un 
peu 
conscient 
de 
la 
vie 
et 
des
 enjeux,
 sont 
fiers
 comme 
des 
coqs
 de 
leur
  «
savoir
faire
»
 nucléaire
 et
 de 
leur 
armement. 
Ils 
pourront
 toujours
 venir 
pleurnicher,
 le
 moment 
venu,
 sur 
leurs 
cancers 
et 
leurs 
beaux 
terroirs
 détruits
 avec 
le 
même
 savoir‐ faire.
Quelques 
mois 
avant 
Fukushima, 
Science 
et 
vie
 (juillet
2010)
 nous 
expliquait
 que 
«
la 
vie 
reprend 
le
 dessus
» 
à
 Tchernobyl.
 On
 y 
causait 
bio diversité 
et 
génomique
 de
 bazar,
on 
traitait
 sur 
le 
même 
plan 
incendies
 de 
forêts 
et 
irradiation 
des
 territoires, 
la
 vie 
humaine 
et
 sociale 
était 
a 
peu 
près
 absente 
des 
doctes 
réflexions 
des
 pacificateurs
 mis 
a 
contribution.
 Aujourd’hui
 dans 
un 
prétendu
 «
après 
Fukushima
» 
—
 comme 
si
 l’affaire 
était
 réglée 
— 
les 
industriels 
de 
la
 radioactivité 
ont
 décidé 
de 
changer
 leur
 missile 
d’épaule.
 Depuis 
le 
temps 
que 
les
 Verts 
et
 autres 
citoyens 
avides 
de 
transparence
 et
 de
 consommation
 dans 
le
 confort 
hurlent 
à
 la
 désinformation,
 à 
l’omerta,
les 
radieux
 experts
 font
 amende
 honorable
:
 la
 catastrophe
 est
 non
 seulement
 fort
 probable,
 imminente
 mais, 
surtout ,
elle 
est 
dans 
l’ordre 
des
 choses.
 Ils
 ont
 fini
 par 
admettre 
qu’on
 ne 
pouvait 
plus 
le
 cacher.
 Et, bien
 sûr, 
les
 «
acteurs
» du 
nucléaire 
et de 
la 
protection
 dite
 civile 
nous 
garantissent 
qu’ils
 sont 
prêts 
à
 gérer
 au 
mieux un
Fukushima 
français.
Autre
 nouveauté,
 non
 des
 moindres,
 les
 grands
 manitous
 de
 l’atome
 ne
 garantissent
 plus
 rien 
du
 tout, 
simplement 
qu’ils 
feront, 
au 
fond,
 ce 
qu’ils 
pourront.
C’est
 à 
dire 
pas 
grand‐chose
 si non 
nous
 confiner
 et
 organiser
 notre
 consentement 
à 
la
 vie 
en
 milieu 
irradié. 

Ce
 que 
tout 
observateur,
 même 
négligent,
 sait
 de 
longue 
date.
 Mais
 cet
 aveu 
seul
 suffirait
 à 
l’enterrement 
du 
nucléaire.
Ce 
changement 
d’attitude
 dont
 vous 
faites 
état
 dans 
votre
 dossier
 marque
 un
 achèvement
 dans 
l’habituation 
à 
l’horreur.
 Plutôt
 sexy
 pour
 une 
époque 
placée,
 paraît‐il,
 sous
 le 
signe
 de
 la 
rationalité 
et 
de 
la
«
science
» 
:
 vie 
assistée

 par 
ordinateur,
 OGM,

 surveillance
 tous
 azimuts,
 guerre
 spatiale,
 climatique,
 pillages
 hystériques
 des
 ressources 
etc.
 Après 
tout 
il
 est 
logique 
d’accepter
 enfin
 officiellement 
que 
l’industrie
 atomique 
est
 contre 
la 
vie 
puis que 
la 
majorité
 semble 
impuissante 
face 
aux 
armes 
à
 déchets
 «
appauvris
», 
au 
calvaire 
des 
mineurs 
d’uranium 
au
Niger 
et
 ailleurs
 ou
 au
 spectacle 
d’enfants‐balises 
japonais 
élevés
 avec
 des 
dosimètres.
Vous 
me 
rétorquerez
 que
 vous 
ne 
faites 
là 
que 
votre 
travail
 de 
journalistes
 et,
 assurément,
 votre
 dossier
 est
 exhaustif.
 Vous
 jouez
 même
 avec
 quelques
 petites
 transgressions
 nécessaires,
 comme
 
 cette
 remise
 en
 question
 du
 modèle
 prédictif
 probabiliste 

officiel
 qui 
voulait
 nous 
faire 
croire,
 à 
l’aide
 d’une 
équation 
à 
deux
 sous,
 que
 l’éventualité
 d’une
 catastrophe
 était
 presque
 nulle.
 Ou
 les
 questions
 sinistres
 et
 évidemment 
sans 
réponse
 que 
vous 
posez
 ici
 et
l à,
 afin 
de 
montrer
 qu’on
 ne 
vous 
la
 fait
 pas.
Vous
 donnez 
la
 parole 
à
 une
 horde
 d’experts
 et 
contre‐experts,
 illustres
 ou 
non
;
 personne 
ne 
pourra
 vous 
accuser
 de
 ne 
pas 
être 
objectifs. 
Vous
 roulez 
même 
un
 peu 
les
 mécaniques
 en
 évoquant
 des
 «
questions
 que
 jusqu’ici
 personne
 n’avait
 osé
 poser
».
 Comme 
si 
avant 
vous 
personne
 ne 
s’était 
jamais 
inquiété
 de
 rien,
 mais 
la 
mémoire
 historique
 n’est
 pas
 ce
 qui
 vous
 étouffe.
 Des
 décennies
 de
 mouvements
 antiguerre,
 antibombe,
 antinucléaire,
 une
 longue
 série
 de
 désastres
 civils
 avec
 leur
 cortège
 de
 médecins 
et 
de 
chercheurs,
sans 
parler
 de 
la 
Guerre
 froide 
et
 de
 ses 
centaines
 de 
tirs
 nucléaires 
qu’il
 était 
convenu 
d’appeler
 «
essais
», 
tout
 cela 
n’est
 rien 
en 
regard
 de 
votre
 sotte 
prétention 
journalistique
 à 
révéler… 
ce
 que 
vos
 donneurs 
d’ordre
 consentent 
à
 révéler.
 Ce
 qui, 
au 
passage, 
rejette 
dans 
les
 ténèbres 
toute 
révélation
 antérieure,
 éclipsée
 par
 votre 
génie 
d’enquêteurs.
Mais 
la
 réalité 
est 
bien 
plus 
sordide 
:
 vous 
êtes 
salariés, 
aux
 ordres,
 vous 
n’avez
 de 
liberté
 de 
parole 
que
 celle
 consentie
 par
 vos
 donneurs 
d’ordre 
via
 votre 
rédaction.
 N’ayant 
pas
 cette 
limitation,
 j’ai 
ici
 le 
mauvais
 goût
 de
 ne
 parler
 qu’en 
mon 
propre
 nom
 et
 celui
 de
 tout
 humain
 qui
 n’en
 peut
 plus
 de
 ce
 monde
 où
 seule
 la
 marchandise
 conditionne 
la 
vie
 et 
la
 mort,
où 
la 
soumission 
à
 tous 
les 
diktats 
morbides 
de 
l’économie,
 aux 
impératifs
 de 
la 
guerre 
pour 
l’énergie, 
l’organisation 
de 
la 
peur 
et 
de 
la 
haine 
sont
 de
 règle.
Votre
 dossier
 est
 donc
 destiné
 à
 nous
 faire
 accepter
 l’inacceptable,
 puisque
 Jacques 
Repussart 
de 
l’IRSN
 l’a 
dit
:
 «
il 
faut 
imaginer 
l’inimaginable
».
 Ceux
 qui
 posaient
 encore
 récemment 
aux 
maîtres
 de 
l’atome 
ont 
enfin 
compris 
qu’il
 leur 
fallait
 avouer
 une
 bonne
 fois
 pour 
toutes 
:
 qu’ils 
nous 
tiennent 
tous 
en
 otages,
 pro 
comme 
anti, 
au 
nom
 du
 «
progrès
» 
technique 
dont
 on 
nous
 rebat 
les 
oreilles
 et
 qui
 est
 désormais 
le
 seul 
horizon
 qui
 fasse
 sens
 pour 
une
 société qui
 n’en 
a
 plus. 
Que
 nous
 avons 
intérêt 
à
 filer
 doux 
et 
à
 accepter
 avec 
reconnaissance 
notre
 rôle 
de 
victimes 
consentantes,
puisque 
la
 majorité 
à
 déjà
 tout
 accepté 
au
 nom
 de
 la
 mythique 
indépendance 
énergétique.

Je 
vous 
souhaite 
à 
tous 
de 
beaux
 cancers.
Un 
irradié 
non 
consentant.
Saclay
 le 
14
 septembre 
2014
.

Une version est disponible dans la partie bibliothèque :

http://sous-la-cendre.info/?dl_id=325

CRUAS , le changement c’est maintenant !

 Posted by on 26 août 2014 at 17 h 57 min  Actualité nationale  Commentaires fermés
août 262014
 
centrale-nucleaire-300x225

 

Cruas : « le changement c’est maintenant »1

Le changement des quatre générateurs  de vapeur de la centrale de Cruas-Meysse a commencé. Le pouvoir nucléariste se prépare donc à prolonger la durée de vie de la centrale. Démarrée en 1984, elle devrait être active jusqu’en 2045. Et les nucléocrates nous expliquent que multiplier par deux la durée de vie des centrales est « sans danger ».

La mafia nucléariste continue la politique du fait accompli qu’elle pratique depuis le tout début de l’ère nucléaire. Elle a toujours outrepassé le refus du nucléaire par les populations, tandis que la solidarité de toute la classe politique avec le développement de cette forme d’énergie, incarnant les intérêts stratégiques de l’Etat, ne s’est jamais démentie.

Pourtant l’époque où le nucléaire pouvait être présenté comme un progrès sans danger a proprement disparu. Partout s’amassent les démentis aux affirmations rassurantes. Tchernobyl puis Fukushima en sont les plus terribles exemples. Mais « Il n’y a pas de risque zéro » et ce risque est le prix à payer pour bénéficier des bienfaits insipides du capitalisme. Et pour les pouvoirs, il n’est pas question de laisser quiconque s’en prendre à ses intérêts, d’arrêter quoi que ce soit.

Après Tchernobyl, les nucléaristes français ont commencé à tester la « possibilité » de vivre en zone contaminée, c’est-à-dire de mourir en douceur dans des zones devenues inhumaines. Avec Fukushima ces études se sont amplifiées. La survie en zone contaminée est le seul avenir que nous propose cette société. Ainsi, à Cruas, les nucléocrates font changer les générateurs de vapeurs et les alternateurs par des « nomades du nucléaire »2. Ils servent de viande à rems avec les chômeurs. Selon l’article 20 de la loi sur l’insertion professionnelle, ceux-ci peuvent être employés, par des entreprises pour une période d « essai » de deux mois. Le chômage existe depuis le début du capitalisme, soit deux siècles.

Les chômeurs doivent -ils pour autant aliéner encore et toujours leur existence en acceptant le chantage permanent à l’emploi et ses cortèges de misères associés ? Ils trouvent aujourd’hui naturel de se sentir étranger à leur vie, tant ils sont habitués à en être dépossédés. Dépossédés de tout pouvoir d’intervention sur leur destin, on les invite à des débats de sociétés.

Nous avons quitté la table de négociation : pour nous, le débat public, la chaîne humaine, la chaîne de l’humanité torturée, la décroissance, la sobriété énergétique…

EDF, Areva, les entreprises qui interviennent dans le processus nucléaire et tous les publicitaires de ce monde nucléarisé, nous ont déclaré la guerre. Si nous ne sommes pas capables de nous imaginer une autre existence et de nous battre pour la réaliser, alors il ne nous reste plus qu’à nous préparer à mourir dans l’existence actuelle, tracée et domestiquée.

Solidaire de la lutte en cours contre le projet d’une centrale en Italie à Rondissone et de la lutte en Turquie contre la construction d’une centrale à Akkuyu.

A nous de voir si nous voulons vivre libres et solidaires ou mourir comme des cobayes avec un compteur Geiger en main3.

Attaquons le nucléaire et son monde

partout où c’est possible.

Des individus associés

lelabo

1Blague d’un futur président lors de sa campagne électorale

2Film de Christian Ugolini « silence radio » http://www.dailymotion.com/playlist/x25cju_ugolinichristian_silence-radio/1#video=xx0mjy

3« Je suis devenu le cobaye de ce désastre«  notait à juste titre l’ un de ces villageois japonais . P43 de fukushima paradise paru dans la collection mutines séditions et la canaille.

 

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