juil 282014
 
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À travers Micrurus nous — les membres du Collectif Médecine Libertaire — avons simplement souhaité penser et faire penser la médecine d’un point de vue libertaire. Autant parce que la médecine et le rapport que nous pouvons avoir à nos corps est une porte d’entrée dans le politique des plus conséquentes, que parce que ce thème a peu été exploré dans le courant de pensée « anti-autoritaire » de ces dernières années.

  Que l’on fasse une analyse structurale de l’organisation politique de la médecine occidentale ou que l’on se penche sur le biopouvoir et les rapports intimes que chacun·e d’entre nous a pu expérimenter à son contact (ou plutôt au contact de ses institutions ou de ses représentant·e·s), il y a un exercice rupturiste important à mettre en oeuvre. Cette exercice, nous le faisons nôtre dans le but d’arracher aux dominant·es ou à leurs systèmes une autonomie des corps dans une perspective émancipatrice plus large.

  La cohérence de ce premier Micrurus est aussi complexe que son sujet. Certains des textes choisis ici proposent des visions globales, d’autres adoptent des axes de réflexions plus particuliers. Nous avons également choisi de mettre en avant la place du ressenti dans l’activisme politique. Notre but ici n’est pas de construire une nouvelle doctrine, mais de rassembler des textes qui peuvent nourrir la réflexion et amener à des actions.

librement téléchargeable ici : http://sous-la-cendre.info/wp-content/files/Micrurus_0_bd.pdf

juin 182014
 
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Confrontée aux pillages de ses ressources forestières et à la destruction de l’environnement naturel par le crime organisé, la population indigène de Cheran, dans l’Etat du Michoacan, au Mexique, s’est révoltée.
Elle a chassé le maire de la ville ainsi que la police, dont elle a conservé les armes. Ce fut le début d’un processus d’auto-organisation et d’autodéfense communautaire, processus toujours en cours actuellement, où les femmes ont joué et jouent encore un rôle actif.

C’est cette expérience que relate ce documentaire, réalisé directement par des habitantEs en lutte de Cheran.

Sa traduction en français a été réalisée par le Collectif Anarchiste de Traduction de Caen (et d’ailleurs). Des tas de traductions subversives sont disponible sur le site du collectif : http://ablogm.com/cats/

Les sous titres ne se lancent pas automatiquement (j’ai pas trouvé comment faire). Il faut donc le faire manuellement en cliquant sur le petit logo sous titre en bas à droite de la vidéo.

mar 302014
 
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les Grecs réinventent l’économie solidaire

Publié le 14 juin 2013 par
Charlie Hebdo – N°1095 12 juin 2013 – Angélique Kourounis
La-crise-grecque-s-invite-en-Afrique-de-l-Ouest_largePlutôt que de continuer à subir sans broncher la « crise », un nombre grandissant de Grecs ont décidé de s’organiser en multiples réseaux de solidarité, afin de venir en aide aux plus nécessiteux.
« C’est bon pour celle-ci, les salopards n’ont pas eu le dernier mot ! » Menios, bourru, ventru, est content de lui. Il vient, en moins de quinze minutes, de rétablir le courant pour une famille qui n’a plus de quoi payer les factures d’électricité et encore moins les impôts fonciers. En l’occurrence 1 185 euros. « Comment voulez(vous que je paye, se plaint Soultana, la cinquantaine, je n’ai plus de travail depuis trois ans et mon mari non plus. on ne vit qu’avec l’aide du quartier. Notre fille est handicapée. » C’est ce dernier point qui a le plus révolté Menios  : « Ils ne devraient pas avoir le droit de faire cela à des familles aussi touchées. C’est contraire à toutes les lois. » Pas vraiment. Depuis le passage de la « Troïka » en Grèce, on peut même couper le courant aux écoles en cas d’impayés. « Je m’en fous, c’est immoral, tonne Menios, et tant que je le pourrai, je rétablirai ces foutus compteurs ! » Son collègue, venu le seconder, le calme et lui rappelle que, justement, il y a deux autres compteurs dont il faut s’occuper.
Plutôt troquer que crever
Les deux hommes font partie d’un vaste mouvement de solidarité qui s’étend dans tous le pays et qui fait tache d’huile, car il touche tous les domaines. Cela va des banques d’échanges aux dispensaires municipaux et aux cuisines collectives, en passant par l’occupation de terrains militaires, sans oublier les marchés de troc et les écoles du soir. Dans tous les quartiers se tiennent des assemblées générales ouvertes à tous. Pas de chef, pas de direction mais une volonté commune de s’en sortir, d’organiser la survie dans la dignité. « On veut reprendre nos vies en main« , explique Léandros, de l’assemblée générale de Pérama, un faubourg du Pirée touché par 70% de chômage. « On veut sortir de chez nous, ne plus être seul avec notre dépression. » Père de quatre enfants, il se démène dans son quartier pour trouver des solutions à la détresse : « On ne veut pas la charité, ni la soupe populaire, on veut de la solidarité. on veut s’organiser et réagir. »
Grece-dieu-argent2Une fois tous les quinze jours, tôt le matin, Léandros va avec ses collègues demander aux vendeurs des marchés s’ils ne peuvent pas mettre quelques sacs de marchandises de côté. Vers 14 heures, il y retourne avec d’autres récolter ces dons qui seront scrupuleusement partagés – à l’olive près – entre les 120 familles qui ont rejoint l’assemblée. Les autres jours, il fait le tour des restaurateurs qui donnent des repas. A l’aube, il songe même aller à la criée récupérer les poissons trop petits pour être vendus. Chaque fois, il va au charbon avec son badge sur le torse, « Assemblée ouverte de Pérama », de la dignité avant tout : « Je leur explique qu’on n’est pas des tire-au-flanc, ni des mendiants, on est des anciens et futurs clients dans une mauvaise passe. On a besoin d’un coup de main pour tenir le coup. »
Et ça marche ! A Pérama, mais aussi au Pirée, à Thessalonique, en Crète, partout cette solidarité gagne du terrain. « Le plus dur, confie Kostas, chômeur activiste à Athènes, est de convaincre les gens qu’ils ne sont pas responsables de cette situation. Qu’ils n’ont pas à avoir honte. » Le samedi matin, il ouvre un dépôt de vêtements – le local est prêté – où chacun vient prendre ce qu’il veut, ou donner quelque chose. Le soir, il prend des cours gratuits de guitare, et, une fois par semaine, il relaie toutes les initiatives du quartier dans une émission d’une radio pirate. « Je ne me suis jamais senti aussi utile qu’en ce moment« , dit-il en riant.
4045Konstantinos dit la même chose, mais lui a choisi de cuisiner tous les jours sur une place publique avec un grand chaudron pour partager son repas avec ceux qui n’ont plus rien. A Thessalonique, les riverains d’un énorme terrain militaire ont décidé de la transformer en potager. Chacun est responsable d’un lopin de terre qu’il cultive, mais les légumes en surplus vont vers les plus nécessiteux. Un peu partout, des professeurs organisent des cours de soutien gratuits et les médecins montent des dispensaires populaires, seul moyen pour se soigner en Grèce si l’on est en fin de droits. Pour Yiannis, activiste, cette solidarité remplit le rôle que l’Etat devrait tenir. « Mais si ça continue comme ça, observe-t-il un brin provocateur, je ne vois pas pourquoi je devrais payer des impôts…« 
mar 302014
 
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Dispensaires sociaux grecs, interview de Giorgos Vichas par Benoît Borrits

Publié le 26/03/2013 par

http://www.autogestion.asso.fr/?p=2891 et http://www.regards.fr/web/nouvel-article,6412

Giorgos Vichas, médecins et animateur du dispensaire social d'Ellinikon-Athènes

Giorgos Vichas, médecins et animateur du dispensaire social d’Ellinikon-Athènes

En visite en France pour la première initiative publique du Collectif « Solidarité franco-grecque pour la santé » en faveur des dispensaires sociaux, le Docteur Giorgos Vichas nous explique les origines de ce mouvement.

Docteur Giorgos Vichas, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis un cardiologue travaillant dans le système national de santé et je viens ici au titre de responsable du Dispensaire social métropolitain d’Ellinikon à Athènes. Le dispensaire social est une initiative de médecins bénévoles visant à assurer des soins à des patients sans sécurité sociale, sans emploi et sans ressource. En décembre 2011, après le Mémorandum de l’Union européenne, les personnes sans sécurité sociale ont été exclues du système de santé et se sont trouvées dans l’impossibilité de recourir à un médecin : c’est dans ce cadre que le dispensaire a été créé. Il faut savoir qu’au-delà d’une année de chômage, on n’est plus assuré en Grèce. Par ailleurs, pour les assurés, la part à la charge des patients pour la plupart des pathologies est passée de 10 à 25 voire 30 % des traitements. Les dispensaires sociaux grecs estiment qu’aujourd’hui, de 35 à 40 % de la population n’est plus couverte par la sécurité sociale.

En quoi consiste un dispensaire social ?

Ceux-ci se sont organisés sur trois principes fondateurs. Le premier est que le travail y est totalement bénévole et que personne ne peut recevoir d’argent dans le cadre de cette activité. Le second est que le Dispensaire fait appel à des dons de médicaments et refuse tout argent. Le troisième est le refus de tout sponsoring de la part d’un quelconque donateur. Ces principes stricts ne nous ont pas empêché de nous développer rapidement. Il y a aujourd’hui vingt dispensaires dans toute la Grèce. Nous tiendrons notre prochaine réunion de coordination dimanche prochain. Notre dispensaire d’Ellinikon, a été le premier opérationnel. Il a été rendu possible grâce à l’appui de la municipalité d’Ellinikon qui nous laisse à disposition un local de 250 m2. Notre dispensaire regroupe aujourd’hui 90 médecins, 10 pharmaciens, 15 dentistes, 10 psychologues et 120 autres bénévoles qui assurent du secrétariat et de la communication. Du point de vue des médicaments, ce sont, pour 80 %, des particuliers qui donnent des médicaments non périmés au Dispensaire. Lorsque nous manquons de certains médicaments, notamment des vaccins pour enfants, certains les achètent spécialement pour nous.

Comment faites-vous lorsque les soins à donner dépassent le cadre d’un dispensaire et nécessitent, par exemple, des opérations chirurgicales ?

Nous sommes aidés par le plus grand hôpital privé d’Athènes et les deux plus grandes maternités. Certains hôpitaux publics passent outre la loi qui interdit des prestations gratuites à des non-assurés. Nous sommes fiers d’avoir ainsi pu réaliser quatre opérations de cardiologie. Mais cela ne se passe pas non plus toujours bien. La semaine prochaine, nous entrerons de force dans la maternité de l’Hôpital Alexandra pour exiger la prise en charge de deux femmes enceintes. Le choix de cet hôpital n’est pas fortuit : il a témoigné d’une forte inhumanité à deux reprises. Le premier en refusant de rendre un nouveau-né à sa mère dans l’attente de son règlement d’hospitalisation, le second en menaçant de prison une réfugiée politique afghane à qui on exigeait le règlement de 1200 euros de frais d’hospitalisation.

Votre initiative témoigne d’une forte capacité de résilience de la société grecque. Souhaitez-vous inscrire cette démarche dans une perspective politique ?

Le dispensaire social n’a aucune existence juridique et nous ne souhaitons pas qu’il en ait une. Il n’existe qu’à cause des politiques de la Troïka et nous l’espérons temporaire. Il participe d’un mouvement pour un système de santé public, gratuit et sans corruption. Le dispensaire social agit dans deux directions simultanées. Il prend le patient par la main afin de lui redonner espoir et en même temps, il le persuade de se battre pour mettre fin à cette politique. C’est pourquoi le Dispensaire d’Ellinikon est partie prenante du processus de l’Alter-Summit européen qui aura lieu les 8 et 9 juin 2013 à Athènes.

Un dernier mot ?

Désormais la solidarité dépasse les frontières. Déjà, un groupe de médecins allemands présents à Francfort, Munich et Berlin organise la solidarité concrète à l’égard de nos dispensaires et font aussi connaître la situation sanitaire grecque en tant que résultat concret de la politique actuellement menée. Ce qui se passe aujourd’hui à Chypre est du même ressort et ne se concerne pas que nos deux pays. Il est urgent que les peuples européens expriment leur solidarité et se battent tous ensemble pour résister à la logique de ces politiques.

Pour suivre et participer à la campagne française de solidarité avec les dispensaires sociaux :http://solidaritefrancogrecque.wordpress.com/

juin 272013
 

 

 

 

 

Pourquoi Iaata.info

Il nous semble important que des collectifs et individus en lutte puissent échanger, puiser des uns et des unes, analyser ensemble des expériences et des vécus. Ce site se veut un espace, une fenêtre, un carrefour, où les méthodes, pratiques et théories, locales et anti-autoritaires, pourront se croiser. Notre monde fourmille de luttes et de réflexions en tous genres, celles qui nous intéressent sont celles allant contre les différents aspects du capitalisme, de l’impérialisme et du colonialisme.

Local ?
Des médias pour diffuser des informations sur les luttes, à échelle internationale, existent déjà, nous ne voulons pas ici retranscrire des informations qui se diffusent déjà très bien sans nous.
Des liens entre des luttes ont besoin d’être tissés et renforcés, ici à Toulouse, car c’est ici que nous sommes et, plus largement, dans le sud ouest. Partager nos petites défaites et nos grandes victoires, nos inventions loufoques et nos pirouettes verbales. Comme autant d’outils pour inspirer la galère quotidienne et se renforcer.
Les frontières des départements, des régions et des pays sont autant d’obstacles à l’information, à la discussion et à la solidarité, elles ne nous font pas rêver, nous souhaitons y faire référence le moins possible

Anti-autoritaire ?
Nous pensons que ce qui nous empêche de vivre nos vies par nous-mêmes est dû au pouvoir que quelques un.e.s prennent sur les autres.
Nous voulons nous défaire des systèmes de domination pour détruire ce monde d’exploitation.
Il nous semble que ce qui nous y conduit le plus sûrement c’est la voie de l’égalité comme abolition de tous les privilèges notamment ceux de classes, de races, de genres…

Comment participer ?
Nous souhaitons participer à la consolidation des liens entre les différents foyers de luttes dans le Sud Ouest. Nous proposons un espace d’information à la disposition des personnes présentes au sein de ces zones. Cet espace doit aussi être un outil qui permette d’échanger et de créer des perspectives de rencontres, pourquoi pas lancer des pistes de réflexion et de critique sur ce qui est en train de se faire localement. Pour cela, nous souhaitons qu’au cours du développement du site, se mette en place un réseau toujours plus important de contributeurs réguliers dans la région.
Publier informations, récits et analyses sur des événements passés, présents ou à venir, est la raison d’être de ce site. Cette possibilité est laissée à qui veut, néanmoins nous ne voulons pas être une tribune pour des propos qui iraient à l’encontre de ce qui a été précisé plus haut. Nous nous autorisons à ne pas les publier.
Les articles doivent être compréhensibles pour qui ne connaît pas leur contexte. La publication des articles est pensé comme un travail collectif, avec la possibilité de modification du texte en vue de le faire répondre aux critères du site. Ces modifications passent par la possibilité de discussions en amont de la mise en ligne.
On laisse la possibilité au lecteur d’envoyer des compléments d’informations, mais cet espace n’est pas destiné à être un lieu de dialogue ouvert.
On est dispo pour toute question, précision, critique, discussion.
À bientôt ici ou ailleurs !

mai 172013
 

Opération « antiterroriste » contre le mouvement libertaire partout en Espagne

Posted on 17 mai 2013 by juralib

http://i1.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/03/015.jpg?resize=275%2C206Aujourd’hui (15 mai) à l’aube le ministère de l’intérieur, avec l’appui de l’audience nationale (tribunal spécial), a lancé une opération antiterroriste de grande envergure sur tout le territoire espagnol. À Madrid, Valence, Barcelone ou Sabadell, différents lieux d’organisation et d’occupation anarchiste et libertaire ont été perquisitionné sans plus d’informations avec comme objectif de déstabiliser le mouvement et de procéder à des arrestations préventives.

Pour le moment, et selon les infor­ma­tions dont nous dis­po­sons, l’opé­ra­tion a été ava­lisé par le juge Santiago Pedraz suite à un décret excep­tion­nel déli­vré direc­te­ment par l’audience natio­nale équivalente à la cour suprême de jus­tice.

À Sabadell, de source poli­cière l’objec­tif affi­ché de l’opé­ra­tion était d’inter­pel­ler des mem­bres d’un col­lec­tifs anar­chiste « Bandera Negra ». Cette excuse ne convainc per­sonne et il semble que cette opé­ra­tion menée conjoin­te­ment par les dif­fé­rents ser­vi­ces de police visait prin­ci­pa­le­ment à dés­ta­bi­li­ser les foyers de lutte qui s’orga­ni­sent en ce moment par­tout en Espagne et depuis les­quels sem­blent émerger une bonne dyna­mi­que. C’est le local « Ateneu Llibertari » héber­geant dif­fé­rents col­lec­tifs qui a été per­qui­si­tionné aux pre­miè­res heures du matin.

À Gracia, dans le centre de Barcelone une autre per­qui­si­tion aurait eu lieu où une per­sonne aurait été arrêtée pour avoir publié des com­men­tai­res « vio­lents » sur FaceBook. Autant d’argu­ments reconnus comme de pures excu­ses pour atta­quer de manière directe tout ceux et celles qui conchient ce monde-là.

À Montcada dans la ban­lieue nord de Barcelone, c’est tout un ter­rain occupé depuis plus de 4 ans, la « Can piella » qui a reçu la visite de dizai­nes de Gendarmes. Préparés à résis­ter depuis 4 mois, les occu­pants de la zone avaient confec­tion­nés de mul­ti­ples bar­ri­ca­des, tran­chées pour blo­quer l’arri­vée des flics mais aussi une struc­ture métal­li­que gigan­tes­que sur le toit de la maison prin­ci­pale afin de pou­voir y résis­ter le plus long­temps pos­si­ble. Propriété d’un spé­cu­la­teur « Alcaraz » très connu dans le sec­teur, le ter­rain était un lieu devenu emblé­ma­ti­que. Les habi­tants y culti­vaient des terres avec les pay­sans du coin sur les bases d’une agri­culture écologique (can­piella.cat). Ils orga­ni­saient aussi dif­fé­ren­tes acti­vi­tés ouver­tes à tous et orien­tées vers tou­jours plus d’auto­no­mie ali­men­taire. Toutes les semai­nes des four­nées pain étaient faites ainsi qu’un ate­lier de confec­tion de bière auto­nome.

La résis­tance n’aurait duré pas plus de 3 heures. Les flics sem­blaient être bien pré­parés à l’expul­sion du lieu, 4 per­son­nes ont été arrêtées. Dans la foule, des gens se sont ras­sem­blés tout autour et une assem­blée orga­ni­sée a décidé d’aller blo­quer une auto­route ainsi que deux immeu­bles neufs lais­sés vacants dans le centre de Montcada.

La solidarité est en train de s’organiser de manière spontanée dans toute la Catalogne. Les choses risquent de bouger ces prochaines heures.

Soutien indéfectible à toutes les composantes en lutte !
Solidarité active dans toute l’Europe !

Rebellyon, 16 mai 2013

La voiture est indispensable

 Posted by on 25 février 2013 at 15 h 05 min  Ecologie / Nucléaire / OGM / Industrialisme / Nécro-technologies  Commentaires fermés
fév 252013
 

Lorsque les « anti-bagnoles » s’attaquent au symbole de liberté qu’est la voiture, lorsqu’ils dénoncent la société du tout-automobile, on leur rétorque assez souvent que, de toute façon, « la voiture est indispensable ». Cette affirmation, péremptoire, suffit généralement à détruire dans l’œuf toute discussion future: tout argument, toute idée avancée par les « anti-bagnoles » est balayée par le caractère parfaitement indispensable de l’objet. Nous verrons alors nombre de militants tenter d’infirmer cette allégation, sans jamais réussir à faire changer d’avis leur interlocuteurs.

Disons-le tout net : oui, aujourd’hui, la voiture est indispensable. Alors, quoi, les écolos ont-il bouffé de la vache du cheval enragé? Comment peuvent-ils ne pas voir que la voiture est indispensable? Pourquoi se battent-ils contre ce qui est nécessaire?

Je pense pour ma part que l’incompréhension entre « anti » et « pro » vient d’un problème de temporalité. Lorsqu’un anti-voiture expose ses idées, on imagine généralement qu’il veut voir disparaître l’intégralité des voitures de la rue dès le lendemain. Mais alors, rétorque le quidam judicieusement, comment je fais pour aller au boulot? Faire mes courses? Emmener le gamin à son cours de Rugby? Aller voir tante Germaine ce week-end? Et les magasins, comment seront-ils approvisionnés?

Bien entendu, chacun de ces problèmes a une réponse, mais la plupart du temps elles s’étalent dans le temps. Réponse typique pour le trajet au boulot: habiter moins loin du boulot, relocaliser l’activité, prendre les transports en commun, développer les réseaux de transport en commun, développer les réseaux cyclables, etc.

Ainsi, d’une problématique présente, la réponse se projette dans le futur.

Et même si, pour une grosse partie des déplacements, il existe une alternative (aller chercher son pain à 500m, se rendre à la gare située à 1km, etc.), il n’en demeure pas moins qu’en l’état actuel de la société, la voiture est indispensable pour la majeure partie de la population.

Alors, quoi, est-ce que « Un Vélo Qui Roule » a retourné sa veste? Serait-on subitement devenus pro-voiture?

Hé bien non, au contraire: le fait que la voiture soit indispensable aujourd’hui est un argument supplémentaire en faveur de la lutte contre la société du tout-automobile. Dire « la voiture est indispensable », c’est aussi dire « nous n’avons pas le choix ». C’est cette dictature extraordinaire qu’il faut absolument combattre. Comment a-t-on pu, en quelques dizaines d’années à peine, passer d’un monde sans voitures ou presque, à un monde où celle-ci est indispensable? L’homme aurait besoin d’eau, de nourriture, d’air, de sommeil… et d’une voiture? Comment peut-on accepter d’être à ce point inféodé à cet objet de métal puant, bruyant, terriblement dangereux et incroyablement coûteux [1] ?

L’action individuelle, à base de « si on veut, on peut » [2], certes nécessaire et salutaire, n’est pas suffisante pour combattre l’implacable rouleau-compresseur qui, à force de bétonnage et d’étalement urbain, rend la voiture indispensable. Ainsi, se battre contre la société du tout-voiture revient à réclamer que la voiture redevienne un moyen de transport parmi d’autres, qu’on peut choisir d’utiliser ou non. Ce combat devrait être mené à la fois par les amoureux de la voiture et leurs détracteurs, puisqu’il revient à réclamer le retour du choix pour tous. Et puis, nul doute que nombre d’automobilistes aimeraient voir les bouchons disparaître…

Obtenir ce simple résultat serait un formidable pas en avant et requiert déjà d’incroyables décisions politiques et changements de mentalités: arrêt de l’étalement urbain et de son corollaire le mitage, relocalisation des activités, ralentissement de la ville [3], fin des gigantesques pôles commerciaux au profit des commerces de proximité [4], arrêt de la glorification irrationnelle de la possession d’une voiture notamment à travers la publicité, etc.

Une fois ce combat mené et gagné, il sera beaucoup plus simple de réagir aux éventuels problèmes soulevés actuellement, par exemple sur l’état des réserves pétrolières ou de matériaux: si vraiment le prix du pétrole continue d’augmenter, alors il sera aisé de se passer de voiture dans une société qui n’est plus construite pour elle, et si on trouve effectivement une super-énergie-propre-révolutionnaire-grace-au-progrès, il sera de même aisé de continuer à utiliser la voiture si on veut.

Source: http://unveloquiroule.fr/ via Carfree.free.fr

[1] d’après l’Automobile club de France (lobby pro-voiture), on a les chiffres suivants pour 2011 :

- Voiture neuve « low cost » de 4 CV, 9000 km par an : 4500€/an (0,50€ du km)
- Voiture neuve de 6 CV, 9000 km par an : 6000€/an (0,65€ du km)
- Voiture d’occasion de 6 CV, 9000 km par an : 2500€/an (0,30€ du km)
- Voiture neuve de 5 CV, 15000 km par an : 7500€/an (0,50€ du km)

source : http://www.automobile-club.fr/budget

[2] voir par exemple http://carfree.free.fr/index.php/2005/02/28/le-mythe-de-lindispensable-automobile/

[3] voir la campagne pour la ville à 30km/h : http://www.fubicy.org/spip.php?article365

[4] ce qui permettrait, de surcroît, de revitaliser l’activité économique, si l’on en croit Christian Jacquiau dans Les Coulisses de la grande distribution, sorti en 2000, où il indique que chaque emploi créé dans la grande distribution détruit trois à cinq emplois dans le secteur des PME et du commerce de proximité, ce qu’a confirmé la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP). Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Jacquiau

Quelques pratiques alternatives urbaines…

 Posted by on 14 juillet 2012 at 17 h 51 min  Non classé  Commentaires fermés
juil 142012
 
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Brève discussion de

quelques pratiques alternatives urbaines…

Depuis quelques années (ré)émergent des expériences d’implantation rurale ou péri-urbaine. Il peut s’agir de choix individuels qui convergent vers un même espace territorial où se constitue assez rapidement un ou des réseaux ou bien d’implantations directement et immédiatement collectives.

L’installation en campagne peut offrir effectivement des avantages en terme de qualité de vie, de prise de distance d’avec la société de consommation et aussi d’avec le salariat, d’auto-production alimentaire et/ou énergétique, d’auto-construction ou de rénovation écologique, d’habitat léger (cabanes, yourtes, mobil-homes…), de réseaux d’entraide, d’échanges de biens, de produits, de coups de mains, de savoir-faire techniques, de lieux où organiser ponctuellement des rencontres libertaires régionales… Ces implantations en campagne peuvent aussi avoir parfois des inconvénients : isolement, absorption dans le travail (quand bien même il n’est pas salarié !), éloignement progressif d’avec les milieux militants urbains d’origine… D’où l’intérêt d’essayer de penser les liens villes/campagnes et aussi les liens entre les différentes expériences d’implantation rurale… ce qui n’est cependant pas l’objet de cet article.

Également se pose la question de la mise en place de pratiques alternatives urbaines dans nos milieux car, évidemment, la majorité des camarades ne souhaitent pas forcément s’installer en campagne… ou n’en n’ont pas les moyens ou l’opportunité.

En ville aussi se pose la question de l’autonomie pratique, de l’entraide quotidienne, la question de la prise de distance d’avec la consommation capitaliste et d’avec le salariat (c’est à dire la nécessité de vendre sa force de travail, et son temps, aux capitalistes ou à l’État, pour obtenir en contrepartie de cette vente une certaine quantité de cet équivalent général appelé argent, ce afin de faire face à l’actuelle monétarisation généralisée des conditions de vie)…tout en améliorant un tant soit peu ses conditions d’existence matérielles. Explorons donc quelques pistes concrètes…

Les coopératives de consommation : L’idée est de réunir, ponctuellement et/ou régulièrement un certain nombre de camarades pour se procurer collectivement un certain nombre de produits, la plupart du temps alimentaires, auprès de petitEs producteurs/rices locaux/les travaillant individuellement, en coopérative de production ou dans un cadre familial (perso le fait de démarcher des maraîcherEs salariant des ouvrierEs agricoles me défrise). L’idée est de privilégier évidemment le bio et le local et aussi, bien sûr, des producteurs/rices qui sont dans le mouvement ou proche de lui. L’achat groupé peut aussi éventuellement permettre une petite baisse de prix. Il peut y avoir aussi des coups de mains collectifs auprès des producteurs/rices en échange de produits ou d’une possibilité de glanage.

Les coopératives d’outillage : Là encore un certain nombre de camarades s’associent pour mettre en commun des outils qu’ils possèdent ou en acquérir collectivement. Ce type de coopérative peut être généraliste (outillage électro-portatif pour l’essentiel) ou plus spécialisé (outillage automobile par exemple). Les outils servent en général assez irrégulièrement et les sommes dépensées dans leur achat peuvent vite grimper alors que s’associer avec, par exemple, 10 personnes, permet d’avoir accès à une dizaine d’outils pour un coût financier très réduit individuellement (le prix moyen d’un outil en gros).

Achats groupés d’objets précis : Cela concerne des objets utiles mais qu’on est loin d’utiliser quotidiennement, ça peut être une machine à coudre, de l’électro-ménager culinaire (un service à raclette, un gauffrier …), une petite remorque, une grande tente ou une bagnole ou un petit utilitaire acheté et assuré à quelques unEs sous couvert associatif. Ce type de pratique se fait en général en petits groupes plus ou moins affinitaires, des gens qui se connaissent, se croisent régulièrement, vivent proches les uns des autres. La collectivisation d’un bien à usage occasionnel permet des économies financières parfois conséquentes.

Réseaux de récupération et d’échanges : Ils peuvent concerner de la bouffe invendue, du petit ameublement, des objets divers ayant une valeur d’usage, des fringues, de la vaisselle récupérée par connaissance ou dans les encombrants ou de l’huile de friture pour faire rouler les voitures diesels… Ces récupérations peuvent suivant les cas donner lieu à partage, distribution, échanges ou prêts…Souvent ces récups se font irrégulièrement et informellement, elles pourraient aussi éventuellement se faire plus collectivement et systématiquement…

Bourses du travail : Sous des formes plus ou moins formalisées ou informelles, cela consiste à se repasser ou à faire connaître des plans concernant des petits boulots divers, ponctuels, saisonniers ou réguliers. Ça peut servir dans les cas où des camarades ont besoin de gagner un peu de fric.

Jardinage : Cela peut être de l’incrustation individuelle ou en petits groupes dans des jardins associatifs, la recherche individuelle ou en petits groupes de terrains où cultiver un potager chez des particuliers en échange d’une partie de la production ou de coups de mains pour l’entretien du terrain ou le squattage de petits terrains vides (cours d’immeubles, coins de fac, jardins de baraques abandonnées…).

Mutuelles de fraudeurs/euses : Des usagerEs réguliers des transports en communs s’associent pour mettre en place une caisse collective permettant de payer les amendes.

Échanges de savoir : À l’occasion de travaux, d’une réparation de bagnole, ou de vélos etc… on invite les gens à filer un coup de main tout en apprenant des savoirs techniques qui peuvent s’avérer utiles, économiques et précieux. Ça pourrait se faire plus que cela ne se pratique actuellement dans notre ville.

Colocations : Plutôt que vivre chacunE dans son petit coin, on se regroupe affinitairement pour vivre dans un grand appart ou mieux encore une maison. Ça coûte souvent moins cher (ou en tout cas pas plus) tout en permettant souvent de vivre mieux. La coloc permet aussi l’achat groupé d’objets précis dont les colocataires peuvent avoir un usage régulier (machine à laver, téloche, ordinateur, vélo ou bagnole sous couvert associatif…), ce qui permet là encore des économies parfois substantielles et elle facilite aussi les possibilités de récups alimentaires et d’une manière générale les pratiques d’entraide entre colocataires. Les maisons sont à privilégier car elles peuvent offrir des jardins où cultiver un potager, des garages ou des petites dépendances où stocker du matos militant encombrant (atelier sérigraphie, matériel de cantine par exemple), des objets utiles à donner, où animer éventuellement des petits ateliers (bricolage, réparation de vélos…). Il y a bien sur aussi la possibilité éventuelle, mais souvent précaire (en terme éventuellement de condition de vie et/ou de durée d’installation), du squat d’habitation.

Voilà un petit tour d’horizon non exhaustif de quelques alternatives en milieu urbain praticables sans trop de difficultés un peu partout. Certaines se pratiquent déjà à Caen, d’autres sont en projet.

Quelques précisions :

Ces pratiques alternatives peuvent être très informelles, ou plus structurée (via des réunions régulières, une caisse collective, une charte de fonctionnement voire une façade associative légale). Elles peuvent être très affinitaires ou assez largement ouvertes. Certaines de ces pratiques n’intéresseront que peu de gens, d’autres en regrouperont beaucoup plus.

Elles permettront à une partie d’entre nous de vivre mieux, de moins travailler (un peu moins), d’avoir un peu plus de temps et, en même temps, du temps, du temps, elles nous en prendront aussi. Attention donc aussi à ne pas se trouver complètement absorbéEs par ces activités.

Je pense à ce propos qu’il ne faut pas tant rechercher la création de grosses coopératives ou de grands réseaux, lourdEs à autogérer, que la multiplication décentralisée d’initiatives de taille petite ou moyenne, regroupant de quelques personnes à 20 ou 30. Une petite trentaine de participantEs me paraît actuellement (au vu de mon expérience locale, donc limitée) être un horizon raisonnable. Au delà, j’ai tendance à craindre que cela entraîne une charge trop importante en terme d’énergie, de temps, de travail, de coordination et de liaison… en l’état actuel du mouvement ici. Il me paraît évidemment possible, en théorie comme en pratique, de mettre en place des initiatives bien plus larges numériquement parlant mais cela ne correspond, à mon avis, tout simplement pas à nos possibilités/capacités locales actuelles.

À propos de capacité, j’ajouterai que le développement de ce type de pratiques est évidemment beaucoup facilité par l’existence de locaux (loués, achetés ou squattés) servant de lieux de réunion, de débat, de rencontre, de permanence, de proposition, d’organisation et de coordination, de stockage, de dépôt, de distribution… La question de la multiplication de lieux anarchistes ou radicaux en ville, et dans les campagnes proches, me paraît hautement souhaitable à bien des points de vue. Et cette question concerne l’ensemble du mouvement. C’est en vérité une question d’importance stratégique.

Quelques remarques plus générales pour conclure :

Le développement de ces pratiques alternatives permet un accroissement, relatif mais sensible, de l’autonomie pratique et technique du mouvement ET des individuEs qui le composent (ce qui ne peut que tendre à renforcer au passage notre autonomie politique).

Il n’y a évidemment pas de quoi se pâmer d’auto-satisfaction béate parce qu’un jardin, une petite coopérative de consommation ou une coloc entre radicaux/ales voit le jour. Cela ne change pas LA vie, mais cela aide à changer un peu la notre, ce qui en soi est déjà un début qu’il n’y a pas lieu de mépriser. Ensuite cela permet de passer de la théorie à la pratique, ce qui est toujours instructif (y compris théoriquement). Cela renforce le mouvement car il apparaît alors capable de passages à l’actes collectifs et constructifs. Cela contribue à rendre nos idées concrètes et donc partageables et popularisables, entre autres par l’exemple. Appelons ça de la « propagande par le faire ».

Ces pratiques sont des formes élémentaires de résistance et je pense qu’elles constituent un point de départ, parmi d’autres. On va du simple au compliqué, de l’élémentaire au composé, du petit au grand. Il y a des étapes qu’on ne peut négliger ou griller. Le développement de notre capacité collective à autogérer et populariser ces pratiques constitue une avancée vers le développement d’une capacité populaire à autogérer une nouvelle société.

Mais ces pratiques alternatives n’offrent pas en elles-mêmes une perspective révolutionnaire. Car, franchement, une bonne part de ces pratiques peuvent être aussi expérimentées sur la base de la simple démerde individualiste ou affinitaire, d’un citoyennisme altercapitaliste, d’un environnementalisme boboisant ou même d’un nationalisme pseudo-révolutionnaire puant le néo-fascisme…

Nous ferons de ces pratiques des pratiques à caractère révolutionnaire seulement si nous sommes capables de les combiner, de les articuler progressivement avec bien d’autres pratiques et formes de luttes, sociales, culturelles et politiques, autonomes et globalement antagonistes vis à vis de l’État et du capitalisme. Et là, on va avoir intérêt à cultiver collectivement notre intelligence politique, organisationnelle et aussi humaine… parce que ça sera intéressant, enrichissant mais également incontournable… et que ça va pas être de la tarte… parce que pour un même fond subversif on peut rencontrer bien des mises en formes possibles et parce que composer avec la diversité n’est jamais ni rassurant, ni confortable ni facile…

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