déc 222014
 
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La matinée du mardi 16 décembre nous a surpris par une vague de perquisitions et d’arrestations. Elle nous a surpris ? Nous ne mentirons pas. Reprenons depuis le début. Le matin du 16 décembre ne NOUS A PAS surpris. La police autonome catalane, les Mossos d’Esquadra, la Guardia Civil et les agents judiciaires de l’Audienca Nacional [1] sont partis à l’assaut de plus de 10 domiciles et de quelques locaux anarchistes à Barcelone, Sabadell, Manresa et Madrid, avec leur lot de perquisitions, d’arrestations, de confiscation de matériel de propagande et informatique, en plus de profiter de l’occasion pour tout retourner et piller aussi, en utilisant tout le corps anti-émeute de la Brigade Mobile des Mossos d’Esquadra, dans la vieille Kasa de la Muntanya, un espace occupé qui vient de fêter ses 25 ans.

 

Selon la presse, qui a comme toujours démontré son rôle de porte-voix policier, l’objectif de ces arrestations est de désarticuler « une organisation criminelle à finalité terroriste et de caractère anarchiste violent ». Bien qu’il soit facile de répéter une fois de plus une phrase tout faite, nous allons le faire : la seule organisation criminelle qui cherche à terroriser les gens de par son caractère violent est l’État et ses tentacules : la presse, l’appareil juridique, ses corps répressifs et ses politiciens, d’où qu’ils proviennent.

Pourquoi cette répression ne nous surprend-t-elle pas ? Parce que nous l’attendions.

Il ne s’agit pas de jouer à l’oracle, rien de tout cela, seulement de savoir lire entre les lignes et, parfois de façon littérale, les événements. Comme cela s’est déjà déroulé avec la détention d’autres compagnon-ne-s l’année passée, il y a longtemps que s’orchestrent des vagues comme celle de mardi contre les milieux libertaires et anti-autoritaires. Et si les différentes rafles n’ont jamais été aussi grandes, elles mettaient en évidence un horizon semé de situations de ce genre.

Opération « à l’italienne ».

Depuis deux décennies, le milieu anarchiste de la région voisine qu’est l’Italie vit de temps en temps, et de façon toujours plus régulière ces dernières années, des macro-opérations similaires à celle de mardi. Pas seulement du fait de leur aspect de rafles simultanées et de perquisitions dans différentes maisons, mais aussi à cause de l’utilisation de noms faciles à retenir et un certain humour noir, comme dans le cas de la présente opération, surnommée Pandora car dans ce cas, selon ce que la presse a répété de ses sources judiciaires, « c’était une boîte qui, du fait des nombreuses frayeurs que nous avions, était impossible à ouvrir ». Par « nombreuses frayeurs », ils se réfèrent à différentes actions ayant eu lieu ces dernières années sur tout le territoire de l’État espagnol. Pour revenir aux opérations italiennes, il suffit de rappeler les noms de quelques-unes de celles de ces dernières années, comme l’Opération Thor, dont le nom renvoyait à l’accusation d’une série d’attaques au marteau contre des distributeurs automatiques et autres bureaux ; l’Opération Ixodidae, qui se réfère au nom technique de la famille des tiques, la façon qu’avaient les fascistes de nommer les communistes et les anarchistes ; ou d’autres comme Ardire, Cervantes, Nottetempo, etc.

En plus de la procédure et de la nomenclature, un facteur qui nous rappelle lui aussi beaucoup le pays voisin est le rôle de la presse, laquelle nous a aussi aidé-e-s à voir ce qui était sur le point d’arriver. Depuis environ 3 ans, voire un peu plus, la presse espagnole a commencé une campagne pour préparer le terrain de manière à ce que des opérations comme celles-ci ne soient pas seulement possibles, mais aussi prévisibles. En pointant du doigt des milieux, et même parfois des espaces précis ou des personnes avec leurs nom et prénom, des collectifs, etc, elle travaille à construire une image caricaturale et un rien bizarre d’un ennemi intérieur qui, bien que cela soit habituel depuis des décennies, a pris ces dernières années les caractéristiques très spécifiques de « l’anarchiste violent », de « l’insurrectionnaliste », de « l’anti-système qui s’infiltre dans les mouvements sociaux », etc.

Le fiasco chilien

L’année 2010 a été une année glorieuse pour l’État chilien. En plus de l’élection comme président de Sebastián Piñera, de droite, entrepreneur et quatrième fortune du pays, une opération policière, médiatique et judiciaire contre le milieu anti-autoritaire est orchestrée avec plus d’une dizaine de perquisitions et d’arrestations, connue en tant qu’Opération Salamandre, plus connue comme « Caso bombas » puisqu’elle prenait comme point de départ l’enquête sur une série d’attaques à l’explosif survenues les années précédentes, et la création à travers l’imaginaire policier d’une macro-structure hiérarchique d’un supposé réseau chargé de toutes ces détonations : un cirque qui non seulement a affaibli l’image de l’État, en plus de le tourner en ridicule, mais qui a surtout mis en évidence la grossièreté des procédures d’investigation, qui incluent falsification de preuves, chantage et pression pour obtenir des informations ou des « repentis », hasard, etc. La procès a abouti à la relaxe de toutes les personnes mises en cause, et à une soif de vengeance de la part de l’État chilien contre le milieu et les personnes mêlées à l’enquête.

Un an après la finalisation de cette farce qu’était le « Caso bombas », et à travers une autre opération, de ce côté-ci de l’océan cette fois, les ministères, les juges et les policiers espagnols et chiliens ont travaillé de concert sur un nouveau cas. Mónica Caballero et Francisco Solar, tous deux auparavant poursuivi-e-s dans le « Caso bombas », sont arrêté-e-s à Barcelone, où ils vivaient alors, avec trois autres personnes qui ont plus tard été écartées de l’affaire, sous l’accusation d’avoir posé un engin explosif dans la Basilique du Pilar à Saragosse, la conspiration en vue de réaliser un acte similaire et l’appartenance à une supposée organisation terroriste. Ces compagnon-ne-s sont actuellement en prison préventive, en attente d’un procès dont on ignore la date, et nous ne savons pas non plus en quoi leur procès sera altéré par cette nouvelle vague répressive.

La situation est plus ou moins connue de tous et toutes, et si nous sommes bien sûr-e-s d’une chose, c’est que les récentes arrestations servent à donner corps à une affaire qui ne tient pas debout toute seule.

Un hasard ?

Quelques heures avant les arrestations de mardi, le gouvernement espagnol faisait écho dans ses médias du fait que « les ministères de l’Intérieur d’Espagne et du Chili ouvrent une nouvelle phase de collaboration renforcée dans la lutte contre le terrorisme anarchiste ». Le lundi 15 décembre dernier, le ministre de l’Intérieur espagnol, Jorge Fernández Díaz, a rencontré au Chili le vice-président et ministre de l’Intérieur chilien Rodrigo Peñailillo, dans le Palais de La Moneda, siège du gouvernement à Santiago du Chili. « Dans la lutte contre le terrorisme, le Chili trouvera en l’Espagne une solide alliée », se gargarisait l’Espagnol, tandis qu’il recevait la Grande Croix de l’Ordre du Mérite chilien, « la plus grande décoration de mérite civil du pays », selon la presse, un trophée que l’État chilien octroie en ce cas pour le labeur policier et comme récompense pour l’arrestation des compagnon-ne-s Mónica et Francisco l’an passé.

En plus de ces prix et de ces éloges, Fernández le commercial a vendu un peu de sa marchandise : perfectionnement policier, judiciaire, matériel répressif varié, etc.

Et ce qui reste à venir…

Quel sera le prochain épisode répressif ? Nous l’ignorons. Jusqu’à présent, on ne sait presque rien de comment vont nos compagnons et compagnonnes, de quoi on les accuse exactement, à quelles mesures répressives ils et elles seront soumis-es, si la prison préventive les attend, etc.

Ce qui est sûr, c’est que cette opération n’est pas un fait isolé, mais plutôt qu’elle est le maillon de plus d’une chaîne. Une chaîne répressive parfois brutale et parfois subtile, dans laquelle peuvent rentrer les nouvelles lois (il n’y a qu’à penser à la récente Ley Mordaza [2]), l’assaut mené contre les sans-papiers par des rafles racistes toujours plus énormes, la brutalité policière, ou encore l’aspiration à gérer la misère et à administrer la répression (qui est ce que fait l’État, après tout) par une partie de la pseudo-gauche (avec Podemos [3] en tête) qui se réduit de façon toujours plus évidente à une parodie d’elle-même. Expulsions locatives, matraques, fascistes, durcissements légaux et punitifs en tout genre, jeux de miroirs nationalistes et sociaux-démocrates sont ce que nous réservera le présent. Il n’y a rien de pire à attendre : le pire n’est jamais parti.

L’éventail des possibilités de l’antiterrorisme espagnol est un fourre-tout. Il est là, bien en vue, pour nous rappeler que pour l’État, lutter signifie terrorisme. Il fonctionne comme un épouvantail. Allons-nous nous laisser effrayer ?

L’État et ses agents disent avoir ouvert la boîte de Pandore. Dans la mythologie grecque, Pandore est l’équivalent de l’Ève biblique. Avec la misogynie caractéristique des deux mythologies, Pandore ouvre sa boîte comme Ève mange sa pomme, et libère tous les maux qui s’y trouvaient.

Nous sommes capables de créer notre propre narration et de nous foutre leur mythologie merdique là où ça nous chante. Notre histoire est différente. La « boîte » que cette opération répressive a ouverte nous exhorte à agir, à ne pas baisser la garde, à rester attentif-ves à leurs prochains mouvements. Elle nous fait penser et repenser quel est le monde que nous voulons et quelle est la distance entre ce monde et le leur. Elle nous amène à voir l’urgence d’agir, d’aller de l’avant.

Les compagnonnes et compagnons arrêté-e-s font partie de différents projets, espaces, collectifs, etc., et il est très important que ceux-ci ne retombent pas, que la ruine (dans tous les sens du terme) à laquelle ces situations mènent généralement ne génère pas d’impuissance et de sentiment de paralysie.
Nous disons toujours que « la meilleure solidarité, c’est de continuer la lutte ». D’accord, mais, qu’est-ce que ça veut dire dans la pratique ? On répète souvent le slogan « s’ils touchent à une personne, ils nous touchent tou-te-s ». Cela s’est laissé démontrer par les réponses et les manifestations qui ont eu lieu dans différents endroits, ainsi que par la chaleur inconditionnelle des compagnon-ne-s resté-e-s dehors.

Nous pouvons être sûr-e-s d’une chose, et c’est que les compagnonnes et compagnons détenu-e-s peuvent sentir cette chaleur qui passe outre les barreaux et l’isolement, parce que c’est cette même chaleur qu’ils et elles ont su donner lors d’autres occasions.

Barcelone, 18 décembre 2014

[Repris de Contrainfo.]

Source : Base de données anarchiste.

 

déc 182014
 
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Encore une garde à vue pour faire taire !

Dimanche en fin d’après-midi dans l’Est parisien, on pouvait voir de nombreux tags fleurir sur les murs de la ville grise, comme « L’État tue, crève l’État », « Nique la police », « Flics porcs », « Feu aux prisons », « Devenons ingouvernables », « Brûlons les frontières », « À bas la résignation », « Flics assassins », « À bas les frontières ».

Un peu plus tard, trois patrouilles de BAC déboulant à toute berzingue ont ramassé plusieurs individus dans le quartier des Amandiers (20e). Parce que les actes anonymes qui viennent perturber la volonté de pacification du pouvoir sont pour ce dernier une insulte à son autorité, cinq compagnonNEs ont été accusé-e-s d’être responsables de ces textes rageurs et croupissent actuellement en garde-à-vue.

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Rue des Amandiers, mardi 16 décembre 2014

Depuis des semaines dans plusieurs villes, nous sommes nombreux à avoir pris les rues, de jour comme de nuit, individuellement ou collectivement, pour exprimer notre rage contre la police et le monde d’exploitation et de domination qu’elle entend défendre. La nuit dernière encore à Paris, suite à ces énièmes arrestations , des passant-e-s ont pu lire avec un sourire en coin les inscriptions « Un flic=1 balle », « Un comico= une rafale » sur les postes de police de la Place des Fêtes (19e) et de la rue de l’Orillon (11e).

Alors, comme il n’est pas question d’accepter sans broncher la normalité du sale travail quotidien des chtars, faite de contrôles, tabassages, arrestations, enfermement, mutilations et trop souvent d’assassinats, continuons chacun-e à sa manière, à manifester notre hostilité solidaire contre ce monde de fric et de flics.

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Des passant-e-s solidaires,
15 décembre 2014

Source: Indymédia Nantes.

déc 182014
 
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« Operación Pandora »

Espagne : Grosse vague de perquisitions et arrestations à Barcelone et Madrid

mercredi 17 décembre 2014

Ce mardi (16/12/2014), à 5h du matin, commençait la bien nommée opération antiterroriste appelée « Pandore », contre le dit « terrorisme anarchiste ». Des personnes ont été arrêtées, accusées d’appartenir à une organisation anarchiste à laquelle plusieurs attaques par engins explosifs sont attribuées. L’opération, sous la direction de la Cour Nationale de Madrid, a mobilisé 450 flics des Mossos d’Esquadra catalans, qui dès 5h30 ont perquisitionné 13 domiciles en Catalogne -8 à Barcelone, un à Sabadell et un à Manresa- mais aussi une personne à Madrid par la Guardia Civil.

 

Les flics sont rentrés dans le squat Kasa de la Muntanya, à Barcelone, autour duquel des centaines de policiers se sont déployés, pendant qu’un hélicoptère assistait l’opération en éclairant les lieux. Les médias présentent la Kasa de la Muntanya comme le « centre opérationnel des terroristes anarchistes » (sic !). La perquisition a duré plus de 13 heures, pendant lesquelles la vingtaine d’habitants était retenue dans le gymnase du squat, tandis que les flics fouillaient chaque pièce de l’immeuble. Ensuite ont eu lieu d’autres perquisitions, dans les Athénées libertaires de Sant Andreu et du Poble Sec, à Barcelone. Les flics ont embarqué les portables, ordinateurs et matériel informatique, de l’argent liquide et des livres.

Au cours de l’opération sept femmes et quatre hommes ont été arrêté-e-s, entre 31 et 36 ans, de nationalités espagnole, uruguayenne, italienne et autrichienne.

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Le juge Javier Gómez Bermúdez, en charge de l’opération

Les arrestations sont liées à plusieurs attaques qui ont eu lieu en 2012 et 2013, notamment des attaques explosives sur des DAB de succursales bancaires. L’Audience Nationale fait un lien entre ces attaques et le Comando Insurreccional Mateo Morral, qui a revendiqué avoir posé une bombe dans la cathédrale madrilène de La Almudena le 7 février 2013, et une autre à la basilique El Pilar de Saragosse le 3 octobre 2013. Deux attaques pour lesquelles sont accusé-e-s les compagnon-ne-s Mónica Caballero et Francisco Solar, arrêté-e-s le 13 novembre 2013 à Barcelone, et en prison depuis.

On peut remarquer la coordination immédiate qui a lieu entre l’Audience Nationale, les flics catalans et les médias, tous servant la même version des faits, en mettant en scène un état d’alerte maximum.

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Manif de solidarité à Barcelone

À 19h plusieurs milliers personnes ont manifesté dans le centre ville de Barcelone, en bloquant plusieurs rues, il s’agit d’une des plus grandes marches solidaires spontanées depuis les années 70 en Catalogne. Des vitrines de banques et d’agences immobilières ont été fracassées, des projectiles ont été lancés sur les flics, et des bennes à ordures ont été brûlées. A priori il n’y aurait pas eu d’arrestations malgré quelques charges policières au cours de cette manifestation. D’autres manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays. A Madrid il y aurait au moins trois arrestations.

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Manif de solidarité à Madrid

Ces quelques manifestations offensives sont importantes, elles montrent à l’Etat que les anarchistes ne se terrent pas sous la première grotte dès que la répression frappe. Les compagnons devraient faire face au juge Javier Gómez Bermúdez, ce mercredi 17 décembre ou demain, accusés d’ »appartenance à une organisation criminelle de nature anarchiste à des fins terroristes », rien que ça. Il sera alors décidé de les libérer ou de les incarcérer en détention préventive.

Nous ajouterons des informations sur ce site lorsque nous en aurons plus.

Solidarité avec les compagnon/nes arrêtés en Espagne le mardi 16 décembre.
Liberté pour Monica et Francisco.
Liberté pour tou/tes les prisonnier/es de la guerre sociale.

[Synthèse réalisée à partir de sites compagnons et de la presse à purée espagnole, le mercredi 17 décembre 2014.]

Source : Non fides.

 

déc 132014
 
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Etats-Unis : Emeutes en Californie contre la police et son monde

lundi 8 décembre 2014

Mercredi 3 décembre 2014, le policier ayant étouffé à mort Eric Garner à Staten Island (New-York) le 17 juillet 2014 a été relaxé par la justice américaine. Cela quelques jours après le non-lieu prononcé à l’encontre du flic meurtrier de Mike Brown à Ferguson. La rue continue à exprimer sa rage, et ce loin de l’image pacifiste et résignée que tentent de véhiculer les réformistes de gauche/d’extrême-gauche (avec les “die-in”, où il s’agit de s’étendre sur le sol en faisant le mort devant la police). D’autres ont choisi de rendre les coups, notamment en Californie (à Berkeley [1], Oakland..) et à Seattle.

 

Dans la soirée de samedi 6 décembre, la marche pacifique organisée par Occupy Wall Street prévue à Berkeley a été rompue vers 18h30 à Shattuck. Des manifestants au visage masqué, répartis en petits groupes, ont brisé des vitres de commerces (de bouffe et de vins et entreprises le long de l’University Ave. près du Martin Luther King Blvd). Certains comme ‘RadioShack’ (qui vend des bidules informatiques et multimédia) a été vidé de son contenu. D’autres manifestants ont brisé des distributeurs de billets de banque à coups de marteaux et incendié des poubelles à travers la rue. Rapidement après les premières vitrines tombées, la police a demandé à la foule de se disperser, et en échange a reçu une pluie de projectiles divers (pierres, pavés, bouteilles…). Un flic a dû être hospitalisé pour une luxation à l’épaule après avoir été frappé avec un sac de sable. Plusieurs véhicules de police ont été endommagés. Le parcours de la manif a aussi été recouvert de nombreux graffitis contre la police.

La presse évoque également plusieurs destructions plus tard dans la nuit dans le centre-ville d’Oakland, parlant de “vandales et d’anarchistes s’attaquant à la propriété” et de plusieurs arrestations (sans en dire plus).

Vendredi soir, des manifestants ont bloqué l’autoroute (Interstate 880) à Oakland, perturbé la circulation des transports en commun BART du quartier Castro de San Francisco.

A Seattle, plusieurs flics ont été caillassés lors d’une manif qui a tenté de bloquer une grosse artère du trafic routier. 7 personnes ont été interpellées.

[Reformulé de leur presse par Le chat noir émeutier.]

Notes

[1Berkeley est situé au nord de Oakland, à la périphérie de San Fransciso.

déc 122014
 
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Le procès en lien avec l’occupation de l’usine Jeannette, toujours en cours, devait avoir lieu hier, jeudi 11 décembre 2014. Six personnes, qui étaient poursuivies pour trouble illicites, repasseront au tribunal le 29 janvier 2015.

La solidarité devant le tribunal est la bienvenue.

déc 072014
 
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Le 3 décembre : bloquons l’usine Nobelsport (fabricant d’armement de répressions)

 

Appel du Collectif 29 contre les répressions policières

Contre la violence d’Etat, son INjustice, sa police et ses armes : bloquons l’usine Nobelsport (fabricant d’armement de répressions)

PONT DE BUIS (FINISTERE-29) – LE MERCREDI 3 DECEMBRE

 

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Le 26 octobre dernier, Rémi Fraisse, étudiant de 21 ans est décédé sur le site de Sivens dans le Tarn lors de la manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers d’opposant-es au barrage. Il a été tué par l’explosion d’une grenade offensive de la gendarmerie.

Ce drame n’est pas un accident, il est le résultat de plusieurs mois de violences policières croissantes envers les opposant-es pour imposer un projet inutile dont la pertinence est aujourd’hui même remise en cause par un rapport d’experts : trop coûteux, pas adapté aux besoins réels, entraînant des dégradations et destructions environnementales sans réelle prise en compte des solutions alternatives possibles et existantes…

Loin d’être une exception, la mort de Rémi Fraisse s’ajoute à la liste déjà longue des victimes de la répression policière. Malik Oussekine tué lors d’une manifestation en 1986, Wissam El Yamni tabassé à mort par des policiers le 9 janvier 2012, Amine Bentounsi tué d’une balle dans le dos à Noisy-Le-Sec, Abdelhak Goradia tué lors d’une reconduite à la frontière en août 2014…

La répression à laquelle ont dû faire face les opposant-es au barrage de Sivens n’est pas isolée. De nombreux-ses manifestant-es sont gravement blessés et mutilés par les forces de l’ordre dans le cadre de luttes légitimes, des dizaines de syndicalistes sont poursuivis suite à des grèves.

C’est par peur de voir se multiplier les résistances et les alternatives que le gouvernement crée un climat de violences et de criminalisation des mouvements sociaux et écologiques. Un jeune de 21 ans est mort, tué par la police, tandis que médias et gouvernement nous font croire que ce sont les manifestant-es qui sont violents.

Cette violence répressive qui ne vise qu’à défendre la loi du profit ne doit pas rester sans réaction. Partout en France exigeons-l’arrêt immédiat de toutes les poursuites judiciaires à l’encontre des personnes ayant participéaux manifestations des dernières semaines, mais aussi aux manifestations de soutien aux ZAD deNotre Dame des Landes et de celle du Testet.

-l’amnistie pour toutes les personnes condamnées.

-la libération des camarades emprisonnés, notamment Enguerrand, en grève de la faim et maintenu arbitrairement en détention par le procureur de Nantes.

Partout en France organisons-nous pour lutter contre toutes les violences policières, dans les villes, les quartiers, les facs, les ZAD !

Partout en France, bloquons les usines qui fabriquent les armes qui blessent, mutilent et tuent. Ces usines sont complices et actrices de la violence d’Etat. 

A Pont-de-Buis dans le Finistère, l’usine Nobelsport fabrique des grenades, lacrymogènes et flash-balls qu’elle vend à l’armée et à  la police.

le mercredi 3 décembre,  rendez-vous à Pont-de-Buis(finistère)

à partir de 10h devant l’espace François Mitterrand

pour une manif et un blocage de l’usine Nobelsport.

(Pour un départ de Brest en covoiturage, RDV à 9h à l’entrée du parking de Kerfautras.)

Exigeons :L’interdiction des armes soi-disant non létales utilisées par le bras armé de l’Etat (grenades, flash-ball, Taser…)Le désarmement de la policeLa fin des violences policières et judiciaires

 Vidéo de la manif’ : http://www.youtube.com/watch?v=6Vg6bZBinLs
Source : Indymédia Nantes.

Quelques réflexions après la manif du 22.

 Posted by on 4 décembre 2014 at 5 h 56 min  Actualité nationale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire  Commentaires fermés
déc 042014
 
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C’est à cela je crois que l’on peut mesurer la qualité d’un dispositif politico-militaire en régime démocratique bourgeois : quand il contient la contestation sociale en périphérie du royaume de la marchandise

Quelques réflexions après la manif du 22…
Chronique (novembre 2014)

Combien étions-nous en ce samedi 22 novembre à défiler dans les rues de Nantes contre la répression policière ? 1500 ou plus ? En tout cas beaucoup plus qu’attendu, aussi bien du côté des organisateurs que du côté de l’Ordre. Pourtant, tout avait été fait pour dissuader le citoyen honnête à venir garnir les rangs de cette manifestation. Du côté de l’Ordre, nombreux étaient ceux qui prédisaient que Nantes, de nouveau, serait réduite en cendres, serait transformée en « zone d’affrontement direct », serait, serait, serait … d’où l’impressionnant déploiement de forces physiques et matérielles à laquelle nous fûmes confrontés.

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Il y a un point commun entre partisans de l’Ordre et certains opposants : l’inflation verbale. On aime se griser avec les mots : dans un cas pour faire peur aux indécis et au citoyen lambda ; dans un autre parce qu’on aime jouer avec les références guerrières et viriles pour démarquer son territoire de celui des militants plus institutionnels pour qui la non-violence, le débat citoyen sont l’alpha et l’oméga de la politique.

Je ne me retrouve pas plus dans le discours de ceux que l’émeute fait « triper » que dans celui des « colombes ». Non, pas plus à Notre-Dame qu’à Sivens, nous ne sommes en zone de guerre. Et tant mieux. Cela ne veut nullement dire que le déploiement policier sur ces zones, que l’équipement utilisé ne soient pas significatifs ; cela veut dire que l’État démocratique bourgeois n’est pas encore entré dans une phase critique qui nécessite un recours systématique à des formes radicales de répression de masse. L’État français n’est pas l’État turc (kémaliste ou islamiste) ou l’État mexicain (priiste ou non). Il gère et fixe des limites à ses troupes, en croisant les doigts pour qu’elles respectent son cahier des charges. C’est pour cela que l’on parle encore de bavures : la bavure n’est pas son pain quotidien mais le symbole de son échec à maintenir l’Ordre [Je n’ai jamais été convaincu par le discours de ceux qui considèrent que les bavures commises lors d’affrontements politiques et sociaux, et celles qui sont la conséquence d’interpellations « qui tournent mal » sont de même nature. À la différence des premières, la xénophobie et le racisme de classe sont bien souvent au cœur des secondes. Et, que je sache, lorsque ces bavures provoquent des mouvements de protestation violents, ceux-ci ne provoquent pas d’autres morts. Faire le distinguo entre ces deux formes de « crimes d’État » ne signifie pas qu’il ne faille les lier dans une même opprobre et un même combat.]. Ce sont les États faibles qui tuent, parce que leur pouvoir repose sur leur capacité à faire peur.

Un tract intitulé « Contre la violence d’État, solidarité et résistance ! » a été diffusé samedi. Les auteurs expliquent que la brutalité croissante des forces de l’ordre est liée à la « volonté réfléchie de l’État de soumettre l’ensemble de la société aux intérêts du patronat ». C’est vrai mais à mes yeux insuffisant. Je pense que la brutalité croissante des forces de l’Ordre est liée avant tout au fait que les résistances au monde tel qu’il va sont de plus en plus fortes et “désarçonnantes” pour les gestionnaires de l’Ordre. Le pouvoir sait gérer une lutte ouvrière, même radicale. Il sait qu’il y aura des périodes de tension, peut-être des heurts et des dégradations mais qu’à la fin, il sera trouvé un compromis sur le nombre de licenciés, de reclassés, sur l’envergure du plan de sauvegarde de l’emploi. Mais dans le cas de Notre-Dame des Landes ou de Sivens, pas de compromis possible : c’est aéroport ou pas, barrage ou pas. Et comment sécuriser des zones rurales qui s’étendent sur des hectares ? Comment affronter des formes d’action bien loin des traditionnels défilés urbains ? Comment faire face à des militants déterminés qui osent assumer un rapport de force musclé et qui, surtout, sont organisés pour cela ? Là, sur ces terrains-là, face à cette adversité-là, parce qu’il ne peut y avoir qu’un gagnant et qu’un perdant, l’État balbutie son bréviaire répressif.

Violence, non violence ? Ce débat n’a pas de sens. L’Inde n’est pas devenue indépendante grâce à la non-violence gandhienne mais parce que pratiques de désobéissance civile et émeutes sociales ont fini par contraindre la puissance coloniale britannique à se retirer. La condition noire aux États-Unis ne s’est pas améliorée (pour les classes moyennes essentiellement) parce que Martin Luther King était un prêcheur charismatique de talent,  mais parce que son discours et celui porté par les Black Panthers ont fini par fragmenter le « camp des blancs », obligeant celui-ci à promouvoir un nouveau compromis ethnico-social. Les projets d’aéroport et de barrage sont actuellement en « stand-by » parce que résistances institutionnelles et radicales ont trouvé jusqu’à aujourd’hui encore un modus vivendi.

Combien étions-nous ce samedi-là dans les rues de Nantes ? Je ne sais. À un moment, j’ai pris un chemin de traverse pour retrouver la tête de cortège au niveau de la Préfecture, là où des échauffourées eurent lieu, parce que pour la première fois les manifestants pouvaient être en contact avec les robocops [Lors du défilé, les robocops bloquaient les accès aux rues menant au centre-ville, mais ils étaient systématiquement en retrait d’une cinquantaine ou centaine de mètres. Hormis du côté de la Préfecture, il n’y eut qu’un seul endroit où ils furent à un jet de pierre des manifestations : sur la place devant l’ancien palais de justice. Et là, quelques projectiles ont fusé…]. J’ai trouvé cette balade significative. Là, rue du Calvaire, cours des 50-Otages, les citoyens sans aucun doute honnêtes vaquaient à leurs occupations, les bras chargés de paquets, alors qu’à quelques centaines de mètres, le canon à eau entrait en action. C’est à cela je crois que l’on peut mesurer la qualité d’un dispositif politico-militaire en régime démocratique bourgeois : quand il contient la contestation sociale en périphérie du royaume de la marchandise.

Patsy – Le monde comme il va, 23 novembre 2014

Source : Jura Libertaire.

A Saint-Denis aussi, ça bouge et ça flique.

 Posted by on 2 décembre 2014 at 2 h 36 min  Anarchisme, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire  Commentaires fermés
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dimanche 30 novembre 2014

En réaction aux violences policières, le lundi 10 novembre, des élèves de plusieurs lycées de Saint-Denis décident de bloquer l’entrée de leurs bahuts. Après avoir mis le feu à des conteneurs et poubelles devant les portes de leurs lycées ils partent en manif sauvage dans le centre ville. Il y aura quelques attaques sur des vitrines de magasin sur le trajet, une incursion dans le Go Sport et une attaque contre un bus des expulseurs de la RATP. La station de métro Basilique sera fermée pendant plus d’une heure, et le tramway sera aussi stoppé. Pour gérer cette belle horde d’ados enragés, plus de 200 flics seront déployés, aidés d’un hélicoptère.

 

Dans une continuité répressive le jeudi 13 novembre les élèves du lycée pro ENNA se font charger par la police montée sur la Place du 8 mai, devant leur bahut. En parallèle 300 rroms se font expulser d’un hangar vide qu’ils occupaient depuis septembre.
D’un autre côté certains en profitent pour surfer sur la vague sécuritaire. Le même jeudi, 150 gardien-nes d’immeubles de Plaine Commune Habitat manifestent pour réclamer plus de sécurité ; une revendication qui va dans le sens des divers politicards locaux qui au dernier conseil municipal ont débattu sur la sécurité, en évoquant l’installation de nouvelles caméras et l’embauche de plus de 200 flics.
Comme si l’occupation policière des dernières semaines n’était pas suffisante. Car depuis le petit éclat surprise du 10 novembre il y a eu pendant plusieurs jours des CRS aux quatre coins de la Place du 8 mai et dans les rues Gabriel Péri et République, en mode ont tient la rue, des crottins de cheval qui parsèment le centre ville pour nous rappeler que les flics montés sont passés par là, et qu’ils n’hésiteront pas au besoin à charger de nouveau les lycéens (ou autres) un peu trop destructeurs à leur goût.

Zone de Sécurité Prioritaire, gentrification et nid de flics

Mais ne nous trompons pas, l’occupation policière à Saint-Denis ne date pas des éclats lycéens de ce mois de novembre. Depuis 2012, le centre ville de Saint-Denis est classé en Zone de Sécurité Prioritaire. Ce qui veut dire une omniprésence de flics (BAC, municipale, etc), une quarantaine de caméras installées, et d’autres à venir.
Et ces dernières semaines on a pu observer que la police municipale prend de plus en plus son aise pour emmerder les vendeurs ambulants, que ce soit sur le marché ou devant la gare, où ces sadiques en uniforme s’amusent à faire cavaler les vendeurs de maïs ou de cacahuètes qui ne veulent pas se faire voler leur seul moyen de survie.

C’est que Saint-Denis n’est pas n’importe quelle ville de banlieue. Des gens dans de beaux bureaux planifient un vaste projet de transformation de cette agglomération aux portes de Paris. On le voit avec le nouveau tramway qui va bientôt être inauguré, et avec la rénovation de certains quartiers, notamment autour de la gare et de la Plaine, sorte de nouveau quartier des affaires parisien.

Et ça n’est pas difficile de voir que le processus de gentrification est déjà en marche. On peut prendre pour exemple le TGP (le Théâtre Gérard Philippe) qui propose des navettes spéciales pour pouvoir rentrer sur Paris après les représentations… une astucieuse manière d’attirer les bobos parisiens dans la ville, d’habituer leurs narines à l’air ambiant.
Certes pour le moment ça n’est pas avec le nombre de bars PMU au mètre carré que le centre ville de Saint-Denis va se transformer en un brooklyn pour hipsters, mais on peut facilement imaginer le vent tourner rapidement comme on peut le voir dans des quartiers parisiens comme la Goutte d’Or ou Belleville, à coup d’augmentation des loyers, d’expulsions d’immeubles déclarés vétustes pour les besoins de la gentrification, de chasse aux pauvres et de réaménagement du territoire. En gros, une aseptisation de la ville, qui repoussera les pauvres toujours plus loin en banlieue.

Et cerise sur le gâteau (probablement pas sans lien avec le reste), en 2017, un nouveau commissariat ainsi que l’antenne francilienne de l’Institut national de la police scientifique (INPS), la crème des crèmes de la police en blouse blanche, vont s’installer à Saint-Denis. Au total, près de 500 policiers s’implanteront sur le site de l’ancienne Sécurité sociale, avenue Jean-Moulin, en plein centre ville.

Alors à Saint-Denis comme partout ailleurs, nique la police et la rénovation urbaine !

[Extrait de Lucioles n°20, Bulletin anarchiste de Paris et sa région, décembre 2014.]

Source : Non Fides.

Police partout ! Assemblées itou ?

 Posted by on 2 décembre 2014 at 2 h 23 min  Actualité nationale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire  Commentaires fermés
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GREVE CHEZ CITROEN-JAVEL, PARIS, 1938

Police partout ! Assemblées itou ? Réflexions collectives de retour du Testet

Nous nous constituons en assemblée depuis plus d’un an en Ariège.
Nous nous réunissons une fois par mois pour apprendre à discuter, hors de l’urgence, de nos pratiques collectives et des luttes auxquelles nous participons. Certain.es d’entre nous se sont rendu.es au rassemblement du 25 octobre au Testet au cours duquel un manifestant a été tué par les gardes mobiles. Face à la confusion politicienne et médiatique, nous voulions soulever quelques questions qui nous semblent essentielles pour les luttes à venir.

• L’opposition au barrage du Testet exprime un refus de l’aménagement économique du territoire. Ici une carrière, là une éolienne, ailleurs une ligne de TGV ou un aéroport : en réaction à ces agressions et à cette dépossession, les habitant.es réagissent, les luttes locales se multiplient. Pas un hectare ne doit échapper à la valorisation marchande. Ni à la police.

• Chaque jour, la police gaze, blesse, estropie. Elle tue aussi. C’est dans son rôle, elle est la main armée des dirigeants au pouvoir, de la classe dominante et possédante. Avec le meurtre de Rémi, cette réalité nous éclate à la figure, une fois
de plus. La violence d’État exercée et justifiée avec cynisme a provoqué la colère de la rue. À côté des hommages à la mémoire de Rémi s’exprime aussi la haine d’un pouvoir assassin. Et la rue, son désordre, sa vie propre – et sale – ne peut qu’avoir tort, être coupable.

• Rémi Fraisse est le premier manifestant tué par la police en France depuis 1986. Cette fois, les médias s’acharnent à créer une image propre et récupérable de Rémi en invoquant son milieu social, son absence de casier judiciaire, son dit pacifisme. Sa mort est devenue une affaire d’État. La semaine précédente, la police toulousaine abattait Timothée Lake, un jeune homme du même âge, soupçonné de braquage et muni d’un pistolet en plastique. Un simple article dans la presse locale. Les morts qui comptent sont ceux que l’on peut utiliser pour se faire une place au chaud au
gouvernement, dans l’opposition ou à la table des futures négociations sur le barrage du Testet.

• Les « casseurs » , « djihadistes verts », et autres « nihilistes noirs » ont envahi… la presse. Et tout le monde est sommé de se positionner, de se désolidariser. Journalistes, politiciens et militants autoproclamés « pacifistes » réactivent une opposition artificielle entre dits violents et dits non-violents. Cette stigmatisation permet de déshumaniser celles et ceux qui ne respectent pas la légalité, offrant ainsi un permis de tuer à une police militarisée. Comme si la police avait face à elle des adversaires de force égale, des « professionnels de l’affrontement », des « combattants ».

• Considérer qu’il est « violent » de casser une vitrine ou de jeter une motte de terre sur des militaires en armure revient à vider ce mot de son sens. Ces pratiques qualifiées de violentes ont existé de tous temps et coexistent avec beaucoup d’autres. Beaucoup de manifestant.es passent des unes aux autres. Une manifestation n’est pas un « cortège discipliné et pacifique ». Si une manifestation ne porte pas en elle de menace de désordre, quel rapport de force peut-elle créer ?

• À l’heure où les vendeurs de solutions politiques dénoncent le fait même de se protéger de la police, la seule forme de violence tolérée devient celle exercée contre soi-même. Faire des grèves de la faim, se coucher devant des bulldozers, s’enterrer ou se dénuder à la merci de la violence étatique, n’est pas, pour nous, relever la tête face à la destruction organisée de nos vies. Nous refusons de nous soumettre au culte du martyr, à l’image choc qui ferait basculer l’opinion publique.

• Les questions de la confrontation avec la police, de la peur qu’elle suscite, sont inévitables et devraient être posées en assemblée au lieu d’être évacuées sous prétexte de pacifisme ou appropriées par des petits groupes. Quels rapports avons-nous à l’action directe, à l’illégalité ? Pourquoi et comment riposter ? Comment se protéger les un.es les autres ? Comment prendre en charge les conséquences judiciaires ? L’assemblée nous parait un outil indispensable pour fabriquer la confiance et la solidarité nécessaires à une action collective. A fortiori pour réagir à un événement aussi grave que la mort d’un manifestant.

2 novembre 2014
Assemblée Al Païs

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  sur Rebellyon.

Nous étions plus de 4000 ce samedi après-midi 29 novembre à Lyon. Les nombreux appels avaient donné le ton et si la mobilisation appelée par les habituels « partis et syndicats de gôche » ciblait uniquement le FN et son congrès, l’opposition du jour couvrait un champ quelque peu plus large : celui du racisme (d’état) et de la violence policière (lesquels s’exercent régulièrement de façon conjointe). Quel intérêt d’ailleurs de s’opposer uniquement à un FN bunkerisé à la tête d’Or protégé par la police, et que médias et politiques ont déjà rendu « acceptable » en reprenant et appliquant ses idées racistes et réactionnaires.

Le déploiement policier du jour était sans commune mesure pour une manifestation « antifasciste » : plusieurs dizaines de camions de CRS, autant de gardes mobiles, la BAC, un canon lance à eau, et même un hélicoptère. Mais depuis plusieurs semaines et les mobilisations anti-répressions, nasses policières [1] et déploiement ostentatoire sont devenus la règle, peu s’en sont étonnés. L’histoire avait déjà été vendue au quidam par les médias et le préfet Carenco : un centre-ville impraticable et des hordes de « casseurs » à la violence prétendument « gratuite ».

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La pression policière s’est fait sentir avant même le début de la manifestation : les bus venant de Paris, d’Italie, de Grenoble ou de Berne ont été arrêtés sur le trajet, avec contrôle systématique des papiers et fouille. Certains n’ont pas pu se rendre au point de départ de la manifestation. Sur place des barrages de police sur toutes les rues débouchant à Jean Macé ont permis aux flics de fouiller une bonne partie des manifestants (on vous laisse deviner les critères arbitraires de ciblage) et d’arrêter au moins une personne. D’autres personnes ont été embarquées par la police après des fouilles et contrôles dans un bar.

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La manifestation finit tout de même par quitter la place Jean Macé pour remonter l’avenue Jean Jaurès vers 15h. Partis et associations ouvraient le cortège suivi des syndicats (surréaliste camion-scène de concert de la CFDT). La deuxième moitié de la manifestation s’agrégeait derrière une banderole : « OFFENSIVE CONTRE LE RACISME D’ÉTAT LE FN ET LES VIOLENCES POLICIÈRES » . Les habituels slogans contre le FN et le racisme d’état fusent, quelques pétards explosent le long du cortège, quelques coups de bombes de peinture sur les murs ou directement sur le sol finissent de poser l’ambiance. La présence policière se fait moins pesante aux abords du cortège, les flics sont regroupés devant et derrière la manifestation.

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À l’approche de Saxe Gambetta, l’ambiance commence à monter. Quelques banques sont taguées, leurs vitrines et distributeurs prennent des coups. Un flic en civil (DCRI ?) présent au bord du cortège est pris à partie et doit fuir. Les flics commencent alors à mettre la pression sur l’arrière du cortège, et beaucoup de gens remontent sur les côtés. La manifestation arrivée sur le cours Gambetta, les premières grenades lacrymo tombent. Quelques mouvements de foules font accélérer la manifestation. Jusqu’au pont de la Guillotière, les banques continuent de prendre des coups et le Mc Donald perd ses vitrines.

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À la fosse aux ours sur les quais, les CRS chargent le cortège et scindent la manifestation en deux. Une partie des personnes déjà engagée sur le pont fait demi-tour, et fait face à la police, pendant que la fin du cortège se retrouve prise dans une nasse, encerclée par les flics. Le reste de la manifestation continue de traverser le pont, puis de suivre les quais en direction des Terreaux. Ceux qui ont échappé à la nasse sont finalement obligés de suivre le reste du cortège sous la pression policière. Un canon lance à eau se met à asperger la foule au croisement de la rue de la Barre. Les CRS talonnent le cortège, projectiles divers contre lacrymo. Cette marche forcée continuera jusqu’à la passerelle du collège, à quelques centaines de mètres seulement de la place des Terreaux. Les flics y empêchent le cortège de poursuivre alors que les lacrymo tombent jusque dans les premiers rangs de la manifestation. Quelques groupes continuent dans les ruelles de la presqu’île, d’autres traversent le Rhône sur l’injonction des flics. Si plus rien ou presque ne se passe en centre-ville à partir de ce moment-là, le quadrillage policier se maintient tout le début de soirée, les quelques groupes de manifestants restés sur les quais se retrouvant rapidement face aux flics.

Le bilan répressif de la manifestation, outre les violences physiques d’une police sur les nerfs, s’élève à au moins 17 personnes interpellées selon les informations de la Caisse de Solidarité. Au moins une des personnes arrêtées avant le début de la manifestation a déjà été relâchée.

MàJ 30/11 1h30 : La police annonce 14 interpellations, dont au moins cinq pour « agressions physiques sur des policiers ».

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« Un autre témoignage

J’étais au sein de la manifestation de samedi 29 novembre après midi. En arrivant, déjà un contrôle d’identité et fouille de sac pour un ami et moi, tandis que d’autres amies ne se sont pas fait contrôler. En effet, nous étions habillés avec des vestes de sport et sac à dos tandis qu’elles étaient habillées en « filles ».

Attente longue place Jean Macé, départ vers 15h. A l’arrière du cortège, alors que nous venions de quitter Jean Macé, une charge de policiers a fait paniquer la foule. C’était le long de l’avenue Jean Jaurès, ou des vitrines ont été brisées. Les différentes organisation de queue de cortège (CNT, AL, NPA…) se sont retrouvées mélangées, et au niveau du métro Saxe-Gambetta, des grenades lacrymogènes ont été lancées. Les manifestants se sont précipités en avant en direction de la place du Pont tandis que d’autres leur permettaient de s’éloigner des CRS (au moins un centaine) en formant un ligne à l’arrière du cortège. Au niveau de la place du Pont, les restes de la queue de cortège étaient plutôt compacts, et des colonnes de CRS avançaient à côté de nous en resserrant le passage (il y avait des barrières en travers des voies du tram). Le reste de la manifestation à ce moment était déjà au-delà du pont de la Guillotière. Aux environs de 15h30, notre groupe a été bloqué pendant quelques minutes place du Pont, un cordon de CRS nous empêchait d’aller sur le pont de la Guillotière. Nous étions 500 personnes, le reste de la manifestation était déjà sur le pont. Ensuite, nous avons réussi à passer en formant des lignes et en se tenant par les coudes. Une fois sur le pont, nous étions sur la droite puisque les policiers avançaient toujours en même temps que nous sur la gauche. Nous sommes restés un long moment (20 minutes ?) au bout du pont, bloqués par une trentaine de camions derrière, par le canon à eau en direction de Bellecour, et encadrés par des CRS. Vers 16h, nous avons fini par avancer parce que des personnes ont négocié un parcours en direction de Perrache. Nous avons tourné à droite, jusque devant l’Hôtel-Dieu, et nous sommes restés encore 30 minutes là. Des fascistes ont été aperçus, entraînant un mouvement de foule, les policiers ont bloqué la foule, protégeant les fascistes qui se trouvaient juste derrière eux. Vers 16h30 enfin nous avons tourné pour passer dans le tunnel qui redescend le long des quais en direction de Perrache, toujours encadrés par un dispositif policier impressionnant. Le cortège a continué d’avancer vers le sud, jusqu’à ce que nous arrivions au voies du tram T2/T1, à côté du pont Galieni. À 17h20 environ la sono a fait l’annonce comme quoi le moment était venu de se disperser, en direction de la gare de Perrache et de Jean Macé pour que les personnes venant d’autres villes puisse retrouver leurs transports. Nous n’avons pu sortir de la manifestation que au compte-gouttes, triés par les policiers.

Une manifestante. »

 

Complément : Rendu du procès : Refus de comparution immédiate, procès fixer au 8 janvier pour les 2 personnes. En attendant contrôle judiciaire avec pointage une fois par semaine au commissariat de leur ville et interdiction de sortir de leur département.

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