déc 122014
 
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Le procès en lien avec l’occupation de l’usine Jeannette, toujours en cours, devait avoir lieu hier, jeudi 11 décembre 2014. Six personnes, qui étaient poursuivies pour trouble illicites, repasseront au tribunal le 29 janvier 2015.

La solidarité devant le tribunal est la bienvenue.

déc 062014
 
logement

Tant qu’il y aura des gens à la rue, nous occuperons !!!

Depuis le mois de mai 2013, dans de nombreuses villes de France, le gouvernement socialiste a décidé de diminuer les budgets attribués aux DDCS (Directions Départementales de la Cohésion Sociale, en charge, entre autres, de l’hébergement d’urgence) et expulse par milliers des centres d’hébergement d’urgence, principalement des demandeuses et demandeurs d’asile. En effet, les politiques d’austérité (associées à la xénophobie d’État?) continuent de frapper les populations les plus précaires (sans papier-e-s, chômeur-euse-s, salarié-e-s, intérimaires, etc…). On estime à trois millions le nombre de logements vides en France, que les autorités refusent de réquisitionner alors qu’elles ont le pouvoir de le faire : il s’agit donc bien d’un choix politique que de jeter puis de laisser des individu-e-s à la rue et ce, entre autres, au profit de la spéculation immobilière, vecteur principal de la hausse des loyers.

Actuellement à Caen, ce sont plus de 150 personnes qui sont à la rue. Face à cette situation intolérable, de puis juin 2013, l’ A.G a squatté successivement 4 lieux dont 3 ont été expulsés. Le 4 ème actuel, situé 11-13 allée du saut du loup , vient d’obtenir récemment un délai de 7 mois (ce après quoi, le squat sera expulsable). Mais nous ne sommes pas dupes : cette décision arrange par certains aspects la préfecture (en se défaussant d’une partie de ses « obligations » tout en maintenant cachée la misère dont elle est responsable dans un lieu peu visible). Comme toujours, la justice bourgeoise privilégie le droit à la propriété à la satisfaction des besoins fondamentaux.

Depuis plus d’un an, la préfecture promet l’ouverture d’une structure d’hébergement d’une centaine de places (qui n’est toujours pas ouverte !) qui en réalité, s’apparente plus à un camp (logements préfabriqués avec une surveillance accrue et quotidienne) qu’à une réelle solution de logement dans de bonnes conditions (ces lieux n’ont pas pour vocation à être pérennes). Cette structure, excentrée du centre-ville, s’inscrit dans une politique de ségrégation spatiale (parquer loin du centre les populations les plus pauvres) et ne correspond aucunement à une création de places : en effet, il s’agit de vider les hôtels et ce, à des fins commerciales et touristiques.

Depuis le début de cette lutte, la situation est loin de s’améliorer : de plus en plus de personnes sont jetées à la rue. Face à cette régression, l’ A.G de lutte contre toutes les expulsions a décidé d’ouvrir un autre lieu au 37, rue Beuvrelu. L’occupation n’est pas pour nous une fin en soi mais un moyen d’action qui s’inscrit dans une lutte plus large contre les politiques antisociales et xénophobes de l’État ainsi que contre la spéculation immobilière.

Les premiers temps d’une occupation rendue publique sont toujours un peu « délicates » car la police peut tenter, avec la bénédiction de la Préfecture, une expulsion manu militari illégale. Vous êtes donc invité-e-s à y passer régulièrement dès cet instant, pour commencer à y organiser une nouvelle mise en place de la logistique d’accueil (ménage, bouffe, cuisine, dortoirs…) dans la bonne humeur et, bien sur, discuter de ce fonctionnement en assemblée générale.
Un logement pérenne et décent pour tous et toutes !

Des papiers pour toutes et tous !

CONTRE CES MESURES XENOPHOBES, ANTISOCIALES ET SECURITAIRES, LA SOLIDARITE EST NOTRE ARME !

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, Tous les vendredis, à 18h, au 11-13 Allée du Saut du loup

Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions
Contact : ag-contre-expulsions[@]mailoo.org

nov 142014
 
fric flic

Au rassemblement de 18h en centre-ville (place Bouchard), une centaine de personnes sont présentes. Le cortège part, en reprenant les slogans sur les flics, la violence d’Etat et la répression. Grosse présence de la BAC autour de la manif. Ils restent à distance, mais très rapprochés tout de même. Le cortège arrivé devant le tribunal, la brigade d’intervention se déploie. Des BACeux sont derrière et sur les côtés, ça sent la provoc’ pour faire des interpellations. Après un moment de flottement, le cortège tourne à droite pour rester dans les rues passantes du centre-ville, toujours en gueulant les slogans et la BAC toujours autour qui provoque (par exemple un BACeux qui dit « ta gueule » à quelqu’un qui reprend le slogan « flics, juges, assassins »). La manif continue à défiler en centre-ville un bon moment. Au moment de se disperser, les BACeux vont suivre un petit groupe, bientôt rejoint en solidarité par beaucoup de monde. Petit coup de pression qui n’entame pas la détermination à continuer.

Mardi 18/11 17h, RDV arrêt de tram Université, campus 1, Discussion sur le rôle de la police, l’ordre qu’elle protège etc.

Mercredi 19/11 17h, Assemblée Générale, RDV arrêt de tram Université, campus 1

photos sur résistances-caen :

nov 082014
 
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A l’appel de l’assemblée générale qui s’est constituée suite à la mort de Rémi Fraisse, une grosse centaine de personnes se sont retrouvées place Bouchard dès 13h30 pour la troisième manif. Un peu après 14h, le cortège part pour un trajet en centre-ville. « La police tue, la police mutile, violence d’Etat, violence du capital », « flics, juges, assassins », « à bas la répression » etc. sont scandés, pétards et fumigènes égayent le trajet. Plusieurs tags vont être effectués le long du trajet, notamment sur le tribunal et sur les banques.

Prochaine AG mercredi 18h sous-sol bâtiment Lettres, campus 1, arrêt de tram Université.

Prochaine manif jeudi 18h place Bouchard.

Autour du maintien de l’ordre

 Posted by on 6 novembre 2014 at 11 h 14 min  A la une, Actualité nationale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire  Commentaires fermés
nov 062014
 
fric flic

Quelques textes sur le maintien de l’ordre… On ne peut par ailleurs que conseiller d’aller dans la rubrique Bibliothèque de ce site, où il existe un thème sur la police et la répression, avec notamment une brochure sur les armements de la police.

Tant qu’il y aura de l’argent:

Une nouvelle rubrique sur tantquil! Un panorama international du maintien de l’ordre. Cette rubrique  a pour objectif de faire une présentation rapide de ce qu’est le   « maintien de l’ordre », a l’échelle internationale. En quoi consiste-il ? Quelles sont ses fonctions ? Comment évolue-t-il ? Le budget qui lui est consacré est il soumit au même impératif économique d’austérité que le reste des dépenses des états ?  

Il s’agit ainsi de démonter les discours qui le sous-tendent ( dissociation casseurs/bon manifestants, discours délirant sur les « agents provocateurs anarchistes infiltrés », les « faux étudiants », « faux lycéens », «  faux chômeurs », etc.).

Comprendre les mécanismes du « maintien de l’ordre » est, dans cette période de crise et de (probables) affrontements qui s’ouvre, une nécessité. 

Chaque force de police a ses particularités et ses méthodes. Par exemple les policiers anti-émeute hollandais utiliseront des petits boucliers ronds en osier alors que les français auront des boucliers carrés en plexiglas et les policiers allemands se passeront carrément de boucliers. Néanmoins, on peut dégager plusieurs grands modèles de maintien de l’ordre. 

Nous nous intéressons ici au modèle français.

Canon à eau

Le maintien de l’ordre à la française nait en 1921 avec la création de la gendarmerie mobile.  Il est renforcé en 1945 par la création des CRS (compagnies républicaines de sécurité). Mais ce ne sera que dans les années 60 qu’un modèle particulier va émerger. Auparavant, la police se contentait de foncer dans le tas et taper à qui mieux sur les manifestants en essayant de les disperser. Cette tactique pouvait facilement se retourner contre les policiers si les manifestants étaient suffisamment déterminés. Ce fut le cas lorsque les ligues fascistes infligèrent une sévère correction à la police le 6 février 1934, manquant de peu de prendre le parlement, ou le 28 mai 1952 à l’occasion de la manifestation contre la venue du général Ridgway où  les communistes blessèrent plusieurs centaines de policiers.

Après la semaine des barricades à Alger en janvier 1960 marquée par le décès de 14 gendarmes mobiles en une seule manifestation, alors que la contestation dans la rue gagnait du terrain, puis explosa après mai 68, les forces de police inventèrent progressivement le modèle français de gestion des foules. Il consiste en deux volets.

Les deux volets du modèle français de gestion des foules:

Le premier est la « prévention ». Lors de l’évènement où la foule se réunit, les forces de police anti-émeutes ne se montrent que très peu, bien qu’étant en capacité d’intervenir quasi immédiatement. Ça ne veut pas dire que la police n’est pas présente mais juste que les policiers se font plus discrets. En effet, agents des renseignements généraux et policiers en civils sont présents de manière extensive dans la foule pour ficher et repérer « meneurs » et « fauteurs de trouble ». Cela permet ensuite des arrestations ciblées.

La « coproduction de l’ordre public ».

Cette prévention s’accompagne aussi de ce que la police appelle la « coproduction de l’ordre public ». En termes plus crus, cela veut dire que c’est souvent les organisateurs des manifestations qui vont faire le travail de la police pour étouffer les actes violents. C’est alors aux services d’ordres des organisateurs de manifestations de réprimer les manifestants qui pourraient sortir de la légalité ou être violents.

Malgré quelques syndicats qui vont dans le sens inverse, le service d’ordre de la CGT  en est le meilleur exemple. Il peut aller jusqu’à interpeller des « casseurs » pour les remettre à la police comme par exemple lors des manifestations contre le CPE à Lyon. Cette « coproduction » ou sous-traitance de travail de police fonctionne d’autant mieux que les services d’ordre « passent » beaucoup mieux que les CRS ou la BAC auprès des manifestants.

Le deuxième volet est la  répression. Lorsque les diverses mesures de « prévention » ne suffisent pas, celui-ci rentre en jeu. Ici aussi, la police adopte une stratégie indirecte mais extrêmement brutale. Les forces anti-émeutes cherchent à éviter le combat au corps à corps que ce soit en ligne ou en mêlée. Il est plus dangereux pour les policiers,  mais surtout risque de causer la mort de manifestants d’un coup de matraque mal placé (comme par exemple le 2 avril 2009 lors du G-20 de Londres). A la place, elles préfèrent la mise à distance des manifestants par le biais de gaz lacrymogènes (CS). Ceux-ci interdits dans de nombreux pays d’Europe, sont des gaz de combat non létaux qui servent à la police française pour faire reculer les foules et les disperser. Une fois une zone saturées de gaz,  les forces de l’ordre la prennent par une charge très disciplinée. Des grilles anti-émeutes empêchant le contact direct entreflic-bouclier2 policiers et manifestants peuvent compléter ce dispositif. Les interpellations sont souvent effectuées par la BAC sur des manifestants repérés au préalable.

Pour résumer, le modèle français repose sur deux pivots : une part importante donnée à la prévention, consistant à éviter la confrontation et à sous-traiter le travail de police le plus possible aux organisateurs d’évènements publics. Le deuxième est répressif. Bien qu’extrêmement brutal, il repose paradoxalement sur la mise à distance des émeutiers par le biais de gaz lacrymogènes, tactique assez difficile à battre pour les manifestants…

Nous avons déjà présenté deux modèles de maintien de l’ordre, le modèle allemand basé sur l’intimidation et la pression policière et le modèle français, basé sur la délégation d’une partie du travail de police aux organisateurs de manifestations et sur une répression à posteriori. Ces dernières années, ces modèles se sont durcis de plus en plus, avec l’introduction de nouvelles armes comme les grenades offensives dont l’utilisation par les gendarmes à provoqué la mort de Rémi Fraisse à la Zad du Testet le 25 octobre 2014, mais aussi de nouvelles méthodes, inspirées de la contre insurrection militaire…

Un durcissement du maintien de l’ordre à l’échelle européenne

Cela a commencé avec le mouvement altermondialiste. Celui-ci a été l’occasion pour les manifestants de l’Europe entière de se rencontrer et de lutter ensemble, voire d’affronter la police. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il a aussi été l’occasion pour les différentes polices de collaborer étroitement et de mettre en place de nouvelles méthodes de maintien de l’ordre.

Ainsi, les mobilisations altermondialistes furent le prétexte à l’introduction de moyens de fichages et de quadrillages inédits, mais aussi à une collaboration à l’échelle européenne des forces de police. Ce sont des contrôles aux frontières permettant d’empêcher des militants d’accéder aux lieux de manifestation. C’est aussi le blocage de zones urbaines entières comme par exemple au contre-sommet de l’OTAN de Strasbourg où l’autoroute menant à la ville et de larges portions du centre-ville furent bloqués par la police.

Ce durcissement du maintien de l’ordre est plus global, il ne concerne pas que les contre- sommets altermondialistes. Par exemple, en Angleterre, à partir des années 1980, sous le gouvernement de Margaret Thatcher, dans un contexte de conflits sociaux exacerbés (grèves des mineurs, émeutes contre la Poll tax …), le maintien de l’ordre se durcit et va se militariser. On constate l’apparition d’unités ayant une culture du conflit et du maintien de l’ordre très dures tels que les SPG (special police groups).

En France, il est possible d’observer un durcissement similaire. Ainsi, Hacène Belmessous explique notamment dans son livre « Opération Banlieue«  qu’il y a une hybridation entre militaire et policier dans le maintien de l’ordre dans les cités et quartier populaires. Mathieu Rigouste trace de son côté dans son livre « L’ennemi intérieur«  un parallèle entre les méthodes de la guerre contre-insurrectionnelle mises en œuvre au cours des guerres de décolonisation et les récentes mutations du maintien de l’ordre dans les Zones Urbaines sensibles. Les populations sont perçues comme susceptibles d’héberger un ennemi intérieur et traitées en conséquence, selon un modèle inspiré des guerres coloniales.

De nouvelles armes et de nouvelles lois

En France, les lois encadrant le maintien de l’ordre a été changée pour permettre ce durcissement. C’est le sens de la refonte du Code de la Sécurité Intérieure en 2011, et surtout du décret n° 2011-794 du 30 juin 2011.

Il permet l’utilisation d’armes à feu par la police sans qu’il n’y ait de situation de légitime défense. Cela veut dire qu’il permet à la police de tirer légalement à balles réelles sur les manifestants, ce qui peut être utile à la répression dans un contexte insurrectionnel, mais n’est pas appliqué de nos jours.

Par contre, il légitime et banalise l’usage d’armes à feu dites « non létales » (c’est à dire sensée ne pas provoquer la mort)  : flashball et autre dérivés, ainsi que les grenades de désencerclement et grenades offensives (celles dont l’utilisation à provoqué le décès de Rémi Fraisse.)

L’introduction et la banalisation de ces armes de maintien de l’ordre est la conséquence de la nouvelle doctrine contre-insurrectionnelle du maintien de l’ordre. Elles sont toujours « non-létales », c’est-à-dire qu’elles ne sont pas conçues pour tuer, même si elles peuvent le faire. Par contre, elles sont beaucoup plus dévastatrices pour leurs victimes.

On peut citer le flashball, qui tire des balles en caoutchouc très puissantes, les grenades de « désencerclement », qui ont le même effet que le flashball et saturent une zone d’éclats de flashball et qui ne font vraiment pas dans la dentelle. Enfin, il y a les grenades offensives ou à effet de souffle qui assourdissent, désorientent et qui, à courte portée, peuvent causer beaucoup de dommages.

Lance grenades

Du maintien de l’ordre classique à la répression de type militaire : pas de rupture, mais une continuité.

La conséquence de ces évolutions est la création d’une zone grise entre maintien de l’ordre classique et répression militaire, d’une continuité entre « non-létal » et mortel.

Le résultat direct de la mise en place de ce nouveau maintien de l’ordre a été une brutalité policière accrue. Les mutilations sont devenues plus fréquentes et on ne compte plus les yeux perdus à cause de tirs de flashball. A l’heure où nous écrivons ces lignes, c’est Rémi Fraisse qui a perdu la vie à cause d’une grenade offensive sur la ZAD du Testet.

Ces nouvelles lois sont la matérialisation d’une militarisation du maintien de l’ordre ou plutôt d’une hybridation entre policier et militaire. Par ailleurs, l’armée est aussi formée au contrôle des foules, ce qui lui permet de faire du maintien de l’ordre à l’étranger (par exemple au Kosovo). Cela leur permet aussi de pouvoir intervenir en France comme le permet la loi, depuis le Décret 2007-586 du 24 avril 2007, ce qui fait froid dans le dos…

« En dernier ressort, elles peuvent être requises pour des opérations de force nécessitant des mesures de sûreté exceptionnelles »

Ce durcissement a plusieurs conséquences. La première est à notre désavantage : la répression est beaucoup plus dure. Le fait de risquer de perdre un œil, voire la vie en allant manifester peut en décourager plus d’un ou une, ce qui est très compréhensible.

D’un autre côté, une des tactiques du pouvoir a été de diviser manifestants violents et non-violents. C’est beaucoup plus difficile à faire lorsque n’importe quel manifestant peut perdre un œil. De plus vis-à-vis de l’opinion publique, il est beaucoup plus difficile de délégitimer des « casseurs » qui jettent des pierres qui ne blessent pas les CRS, lorsque « les casseurs » repartent avec des blessés et des morts dans leurs rangs.

Enfin, une brutalité policière accrue risque d’avoir un effet inverse : elle peut pousser des personnes qui, au départ n’auraient pas fait le choix de la violence à rejoindre les rangs de ceux qui résistent de manière plus dure.

En tous cas, la balle est dans notre camp.

nov 022014
 
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Tract diffusé à Caen vendredi 31 octobre:

Un camarade a été assassiné par les flics, victime d’une explosion de grenade offensive au niveau du dos. Ca s’est passé dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre, à la zone à défendre (ZAD) du Testet, dans le Tarn. Rémi Fraisse luttait avec d’autres, contre un barrage qui menace d’engloutir 48 hectares de zone humide pour le profit de quelques uns et unes. L’Etat a répondu par l’occupation militaire de la zone. Armé-es de leur détermination, les militants ont tenté malgré tout de bloquer les travaux en occupant, en sabotant, en s’affrontant avec les flics.

Cela fait longtemps que cette mort, on la sent venir : tirs de flashball qui crèvent les yeux (2007 à Nantes, 2009 et 2010 à Montreuil, 2011 à Audincourt, 2013 à Villomomble et Grenoble, 2014 à la Réunion et à Nantes etc.), grenades offensives qui mutilent (2001 à Lille, 2007 à Grenoble, 2009 à Strasbourg, 2012 à la ZAD près de Nantes etc.), tirs tendus de grenades lacrymogènes en pleine tête (2009 à Bastia, 2010 à Caen etc.). Les flics ont tué, lors de la manifestation antinucléaire à Malville en 1977 (Vital Michalon) ou lors de la tentatieve de réforme universitaire en 1986 (Malik Oussékine), comme régulièrement dans les quartiers, Clichy-sous-Bois en 2005 (Zyed Benna et Bouna Traoré), Villiers-le-Bel en 2007 (Moushin Sehhouli et Larami Samoura), la liste est longue…

Ce n’est pas une bavure. Une bavure c’est quand l’encre sort trop vite d’un stylo. Nous parlons ici d’un homicide. Un homicide commis par les flics. Les flics font leur travail : les flics cherchent à blesser, à mutiler, les flics tuent. Ils sont la violence d’Etat, donc ils se servent de leurs armes. Leur rôle est de réprimer celles et ceux qui s’opposent au pouvoir, qui troublent le bon ordre social et n’entrent pas dans les bonnes cases.

A la ZAD du Testet, contre le barrage du Tescou, comme avant cela près de Nantes à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, contre l’aéroport Grand-ouest, et actuellement dans la Somme, contre la ferme-usine des « mille vaches », dans les mouvements sociaux, l’Etat réprime militairement et brutalement toute contestation, quelle que soit sa forme. Nous appelons chacun et chacune à se solidariser avec la lutte du Testet, ainsi qu’avec toutes les luttes visant à s’émanciper  de toute forme de domination.

Dans de nombreuses villes de France et d’ailleurs, les manifestations se succèdent : Rennes, Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Marseille, Londres, Bruxelles… A plusieurs reprises, les flics sont intervenues de manière violente. Des interpellations ont eu lieu (Paris, Nantes, Rennes etc.). Ce n’est qu’un début. Il n’y aura pas de retour au calme.

Pour plus d’informations sur la lutte du Testet:

http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

Pour plus d’informations sur les armes des forces de l’ordre:

http://zad.nadir.org/IMG/pdf/ARMEMENTSPOLICE_A3.pdf

Nous ne laisserons pas le silence retomber, nous n’oublierons pas !

Assemblée générale mercredi 5 novembre 18h Université campus 1 RDV Phénix

 

nov 012014
 
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Manif dynamique vendredi soir à Caen, suite à la mort d’un camarade tué par les flics à la zad du testet. Au moins 200 personnes au RDV devant la Préfecture, malgré une forte présence policière (CRS, brigade locale d’intervention, BAC). Le cortège part en centre-ville, slogans, pétards et fumigènes. Après une longue virée en centre-ville où des gens se solidarisent pendant le trajet, le cortège traverse la place du théâtre et se rapproche du petit commissariat rue des Jacobins. Malgré la présence de flics, plusieurs tags sont effectués sur le comico. Le cortège retourne en centre ville et se dissout là-bas.

Réunion mercredi 18h sous-sol bâtiment lettres, campus 1, arrêt de tram Université.

photos: http://www.resistances-caen.org/

sept 072014
 
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CONTRIBUTION. RECONSTRUIRE DES PERSPECTIVES REVOLUTIONNAIRES.

Ce qui frappe aujourd’hui, c’est la solide résignation et l’inertie politique. Le monde apparaît de plus en plus comme une immense machine de gestion qui élimine toute perspective de vivre autrement. Plus, le système capitaliste et industriel d’aujourd’hui a évincé jusqu’à la capacité à imaginer autre chose.

Il persiste toujours des révoltés et des empêcheurs de tourner en rond qui refusent l’idée qu’il n’y aurait pas d’ennemis à combattre, que les structures de domination seraient indépassables, que la civilisation capitaliste serait immuable. Comme toute civilisation, elle finira pourtant par s’achever. Elle n’aura probablement pas duré très longtemps. Ce que le système a réussi de mieux, c’est de s’incorporer en chacun de nous, de s’être rendu « naturel » et « nécessaire » dans les esprits, tout autant que matériellement. Au cas où, les capitalistes, politiciens et technocrates ont mis de leur côté une foule de gadgets et de dispositifs répressifs. On ne sait jamais.

Les fractions rebelles ne portent aujourd’hui pas suffisamment de perspectives révolutionnaires. Trop souvent, l’idée de révolution devient un slogan, un moyen de se positionner politiquement sur l’échiquier politique, un gage de radicalité. Le Spectacle, pour paraphraser les situationnistes, en a même fait une marchandise. L’époque fait tout pour ne pas prendre cette idée au sérieux. Si c’est au moment où l’idée de rupture semble la plus lointaine qu’il faut la marteler avec le plus d’insistance, il ne faudrait pas pour autant en faire un réflexe idéologique. Elle mérite mieux.

Nous nous retrouvons finalement dans la situation des révoltés et révolutionnaires de la fin 18ème et du début 19ème siècles, qui ont construit le vieux mouvement ouvrier et les formes d’activités communistes, socialistes et anarchistes. Ce que des historiens non alignés comme Edward Thompson ont contribué à montrer, c’est qu’il n’y a jamais eu de prolétariat spontané, ni de sujet révolutionnaire naturel. L’émergence des aspirations révolutionnaires n’est pas seulement le fruit des conditions sociales, mais surtout du volontarisme de militants, s’appuyant sur la sociabilité de la rue, la diffusion de journaux et de brochures, la débrouille solidaire des petites gens, et la rancœur vis-à-vis des exploiteurs. Au départ, quelques personnes volontaristes se sont battus et ont su trouver un écho dans une fraction large des populations. Ils n’étaient pas bien nombreux, puis leur révolte a résonné.

Ils ne sont pas partis de rien : les références étaient les formes d’autogouvernement et de lutte des paysans, le communalisme et l’autonomie des villes, les théories de Rousseau, Godwin, Thomas Paine et d’autres intellectuels. Ils ont aussi repris à leur compte l’espace public bourgeois qui luttait contre la vieille société aristocratique, le détournant pour lutter pour leur dignité et la justice sociale. C’est peut-être un élément essentiel qui a permis la constitution des mouvements contre l’Etat et le capital, et au-delà contre toutes les formes de domination. Rien ne prouve aujourd’hui la nécessité d’un tel appui. Il est clair que les mouvements révolutionnaires dans un direction libertaire ne résonnent pour l’instant que faiblement dans une situation contre-révolutionnaire, et doivent en finir avec les faux amis qui bloquent toute conflictualité ouverte tels le citoyennisme et l’extrême-gauche nationaliste et productiviste. Par ailleurs, les ravages industriels et le réchauffement climatique pressent de plus en plus à en finir avec le monde tel qu’il tourne au désastre. Un mouvement comme la lutte dite contre le CPE, en 2006, a par ailleurs montré que dans certaines situations, les révoltes pouvaient être soutenues par une large partie des populations, même si elles ne s’impliquent pas ou peu dans la lutte.

Nous ne partons pas de rien non plus : les mouvements révolutionnaires d’autrefois donnent des appuis théoriques et pratiques. S’il y a à trouver les mots et les pratiques d’un mouvement révolutionnaire d’aujourd’hui, jeter aux oubliettes des expériences d’émancipation qui sont allées plus loin que n’importe quelle lutte récente serait de la folie. La reconstruction d’un réel mouvement révolutionnaire passe par une analyse lucide des révolutions espagnoles et russes, des révoltes de l’après première guerre mondiale, des guerres de libération nationale, des soulèvements antibureaucratiques au sein du bloc soviétique, de l’effervescence des années 60 et 70 au sein des pays les plus riches. Sur ce point des analyses ont déjà été produites, et des discussions engagées.

Par ailleurs, les luttes d’aujourd’hui ne sont pas sans apports. Toute perspective révolutionnaire et libertaire ne peut se penser qu’en résonnance avec les luttes concrètes. Les révoltes successives en Grèce nous apprennent par exemple que tenir la rue ne suffit pas pour en finir avec l’Etat, mais qu’investir uniquement les alternatives sans grèves insurrectionnelles et soulèvements cherchant à en finir avec l’Etat et le capital ne permet qu’une amélioration ponctuelle et parcellaire des situations individuelles. En outre, à l’heure où l’exercice du pouvoir est supranational (G8, FMI, Banque mondiale, OMS, OMC, UE etc.), où les entreprises qui dominent sont multinationales et plus puissantes que la plupart des Etats (Barclays, Axa, Natixis, Mitsubishi, Shell, Veolia, Gazprom, Google, GDF-Suez, Novartis, Nestlé, State Grid Corporation, Wells Fargo, Samsung, IBM etc.), la généralisation du conflit à d’autres pays et des coordinations mondiales sont indispensables. D’autres luttes peuvent fournir des éléments pour la constitution d’un mouvement révolutionnaire en résonnance avec son temps. C’est le cas des communautés indigènes du Mexique, par leur autonomie et leur ancrage solidaire, mais aussi par la révélation de la force d’une identité collective exprimée dans une dimension culturelle. D’ailleurs, pas de mouvement révolutionnaire sans contenus culturels populaires, qui ne sont pas seulement artistiques comme voudrait nous le faire croire un monde désincarné, mais des références partagées et des vécus communs. Les révoltes au Maghreb, en Turquie, au Brésil, en Chine etc. sont aussi porteuses d’apports. Les luttes à venir qui iront le plus loin dans des perspectives révolutionnaires viendront sans doute des pays qu’on dit « périphériques ». En France, la lutte contre le CPE a montré la force de vivre collectivement en autogestion : rien ne remplace l’expérience commune de la révolte et de l’auto-organisation. Une grève, au-delà de ce qu’elle revendique, est surtout un moment de suspension de la routine capitaliste et de réappropriation de sa vie. La révolte de Guadeloupe en 2009 a dévoilé des pistes pour que s’impulse une grève générale qui se concrétise en une révolte populaire massive, en continuant à bouffer sans aller travailler, mais aussi des impasses à éviter. Le dernier mouvement des retraites a réaffirmé la nécessité de s’organiser de façon autonome sans être à la traîne des partenaires sociaux et des intersyndicales, et en portant des positions plus offensives contre l’Etat et le capital. La lutte contre l’aéroport de Notre-dame-des-Landes et la création de la ZAD va peut-être donner la victoire que le mouvement social cherche depuis des années. Sur ce point de l’analyse des luttes plus récentes, tout est encore à approfondir. Refaire l’histoire des mouvements locaux notamment reste largement à faire et à transmettre. Le mouvement social n’est pas condamné à ne pas avoir de mémoire…

De tous ces apports, il n’y a aucun programme révolutionnaire à conclure : la seule révolution légitime est une révolution qui cherche à en finir avec tout ce qui nous opprime, et en premier lieu avec les dirigeants qui cherchent à dicter nos vies, serait-ce pour faire notre bonheur. En revanche, des pistes révolutionnaires, des repères, des références à quoi se raccrocher peuvent être avancées. Ce n’est pas dans l’urgence de l’action que les questions peuvent se poser avec lucidité et se réfléchir ; c’est en revanche la situation révolutionnaire et celles et ceux qui la mèneront qui les trancheront.

 

La question du surgissement. Qu’est-ce qui fait que des gens rentrent en lutte et se mettent à imaginer d’autres manières de vivre collectivement ? Cette question est peut-être la plus importante aujourd’hui. Mener des enquêtes sociales, à la fois pour savoir qui nous sommes, qu’est-ce qui mobilise, comment émerge du nouveau, mais aussi comme moyen de rencontres et d’informations, est une piste pour y répondre. Les perspectives révolutionnaires ne sortent pas de nulle part, ou d’un sujet révolutionnaire qui n’existe pas en soi. Et si la révolution ne devait pas arriver, nous aurons déjà organisé un noyau du nouveau monde dans la coquille de l’ancien, nous aurons commencé à vivre dans l’esprit de l’anarchie, en essayant de ne plus être dominé ni de dominer, nous aurons été un peu plus vivants. Et c’est bien là l’objectif, l’activité révolutionnaire transformant nos vies avec toutes les contradictions qui ne peuvent être pensées comme telles que parce que justement on est en mouvement. La pureté et l’exhaustivité sont le privilège des inactifs. Ce qui n’empêche pas de vouloir être conséquent…

Le surgissement passe aussi par construire un mouvement révolutionnaire explicite et s’assumant comme tel, qui pose des bases et des perspectives révolutionnaires claires, y compris dans des situations réformistes : en finir avec le salariat, la propriété privée, l’argent, la production industrielle, les frontières, l’administration séparée, la représentation sont déjà quelques objectifs. L’époque nous rend presque honteux de vouloir renverser le vieux monde, et c’est peut-être ce que capitalistes et bureaucrates ont réussi de mieux.

Ce mouvement révolutionnaire assumé doit aussi être autonome : autonome non seulement par rapport aux organisations partisanes et syndicales, mais qui cherche aussi à développer ses propres dynamiques et ses propres rythmes, sans être à la traîne de situations réformistes et de mots d’ordre défensifs. Si c’est dans les luttes que des choses se partagent et que des gens se rencontrent, construire des dynamiques révolutionnaires demande de sortir de l’urgence de la lutte et de développer des espaces et des moyens d’autonomie. Construire un mouvement révolutionnaire, c’est s’organiser pour lutter contre ce qui nous opprime, créer des structures favorables à l’entraide et permettant de gagner un peu d’autonomie : fédérations d’entraide, magasins gratuits, ateliers coopératifs, potagers et vergers collectifs, causeries populaires, concerts gratuits, coopératives de consommation, communautés intentionnelles, contre-culture etc. C’est aussi entretenir des liens avec celles et ceux qui veulent en finir avec la domination sans taire les divergences, conspirer sans cesse pour en finir avec le vieux monde. Autodéfense, face aux administrations qui nous enserrent, au sexisme, aux racistes, aux patrons et au travail, mutualité, pour vivre mieux dès maintenant et donner au mouvement davantage d’autonomie et de puissance, action politique, de l’intervention au sabotage et à la grève insurrectionnelle, tant pour convaincre qu’en découdre.

 

La question du pouvoir et de l’institution. La domination ne s’évapore pas. Il est donc impossible de penser en finir avec tout ce qui nous opprime sans institutions libres ni structures qui permettent aux gens de vivre ensemble sans se dominer. L’acte de détruire les catégories existantes du pouvoir ne comble pas le vide en lui-même, comme pouvait le laisser supposer l’optimisme de Bakounine, pour qui la destruction est un acte constructif en soi un peu de manière magique. Surtout qu’aujourd’hui, on peut en finir avec les technocrates, il y aura toujours à faire avec leurs désastres, au premier rang desquels les déchets nucléaires et la radioactivité. Sans s’avancer sur des questions qui pourraient être spécifiques (que faire avec les pollutions dont on hérite ?), cet état de fait renforce la nécessité de s’organiser pour se défaire de la domination. Par conséquent, il faut bien envisager et construire les institutions libres qui seront les lieux politiques, c’est-à-dire de prises de décisions collectives, tant du moment révolutionnaire que de l’après. Auto-institution, c’est-à-dire l’anarchie : un monde sans ancrage absolu auquel raccrocher les valeurs et les vérités, mais dans lequel c’est la société qui se dote explicitement de ses croyances et principes, toujours fragiles, toujours discutables. Ce n’est pas pour cela qu’il n’y a pas de rites, de symboles, de rapports sociaux qui ont tendance à s’autonomiser et s’échapper à la conscience. Le tout est de briser le fétichisme et d’être conscient que les relations et les objets apparemment figés sont en réalité des éléments d’une construction sociale en cours qui ne peut que nous échapper en partie. Le tout est d’en faire un savoir qui n’en supprime pas la véritable magie : la question de la domination ne se rationalise pas – ce qui revient en fait à la refouler et la faire ressurgir – mais elle se contrôle et s’expie. Le rite fonctionne mieux que le rationalisme pour éliminer la domination, ce qui ne veut pas dire que les personnes croient réellement aux symboles. L’important, c’est que ça marche et que la société soit équilibrée et sans rapports stables de domination. La révolution aura quelque chance de subvertir le monde désincarné d’aujourd’hui si nous sommes capables d’inventer d’autres formes sociales et culturelles qui nous permettent non pas la maîtrise mais la lucidité.

Le drapeau de la révolution, c’est l’autogouvernement, et donc l’absence de chefs et de dirigeants qui guident les autres. Sur une base essentiellement territoriale, sectorielle, affinitaire ? Sortir du productivisme et du carcan capitaliste du travail passe par ne pas reproduire un fédéralisme basé sur les catégories productives, surtout que cela alimente l’illusion qu’il suffirait de tenir les moyens de production pour mener une révolution, comme si le pouvoir n’était pas aussi militaire, politique, symbolique et dans nos têtes. Une base territoriale, avec la ségrégation spatiale qu’on connaît et dont on ne peut qu’hériter au début, laisserait s’organiser entre eux des bourgeois et réactionnaires. Sans oublier que certains espaces sont durablement contaminés pour très longtemps. Une base affinitaire laisserait la part belle aux guerres de chapelle. Que les révolutionnaires les plus avancés s’assument et s’organisent pour éviter que la révolution se fixe et finalement échoue sera essentielle, à la condition d’avoir en tête les dérives avant-gardistes et l’intention de partager et convaincre. Renouer avec le fédéralisme, avec pour principe la liberté individuelle dans la responsabilité collective. Eviter la résurgence d’un Etat qui ne dirait pas son nom implique de mettre au premier plan l’auto-organisation des opprimés, et permettre que se créent autant d’espaces collectifs d’organisation que ne le souhaitent les protagonistes, espaces pouvant être en conflit avec d’autres. C’est pourquoi il faudra tout autant mettre l’accent sur les convergences, sur la fédération. Et trouver des solutions contre les groupes qui en profiteront pour satisfaire leurs propres intérêts, qui tomberont dans des dérives autoritaires, qui alimenteront des logiques haineuses…

 

La question de la généralisation du conflit. Sans attendre une potentielle situation favorable qui, si on ne la provoque pas, ne vient jamais, en découdre avec le vieux monde demande de s’organiser et de la lucidité. Chaque lutte ne peut pas être envisagée comme séparée, comme un combat spécifique, mais bien comme une pierre de l’édifice révolutionnaire. Il n’y a pas de conflit central, à même de créer une situation révolutionnaire, ou plutôt il y en a plusieurs. Bon courage à celles et ceux qui voudraient mesurer quelle domination est la plus centrale entre l’exploitation, le racisme, le patriarcat, les ravages industriels etc.

La question de la généralisation du conflit, c’est aussi celle du mode d’organisation et des bases d’une communauté de lutte. Tendre dès le départ vers une direction réellement révolutionnaire (en finir avec le salariat, la propriété privée, les lieux séparés de la société où se prennent des décisions etc.) est la condition d’une subversion du monde tel qu’il est et d’éviter de ne changer que les chefs. En même temps, ce ne seront pas les militants doctrinaires qui feront la révolution, et des directions très diverses et tout à fait opposées seront en présence.

Renforcer son autonomie, qu’elle soit de subsistance, politique, culturelle, est le seul moyen de ne pas se faire absorber par le système et la réaction. Cette autonomie se pose aussi par rapport au rythme de la révolte : pas toujours être dans l’urgence activiste et défensive. Pour autant, une lutte est justement le moment où tout peut se discuter, les rencontres se font, les expériences mutuelles sont les plus solides, bien au-delà des milieux militants et autres révolutionnaires professionnels. Ces derniers seront même probablement à la traîne d’un soulèvement révolutionnaire. C’est donc aussi la question de la composition qui se pose, et surtout de la manière dont les positions des uns, des unes et des autres peuvent se construire, s’exprimer, s’opposer. C’est peut-être le point le plus central et le plus difficile. On n’a pas encore trouvé mieux que les assemblées populaires, les conseils de travailleurs ou de bon gouvernement, les arouch, ou peu importe comment on nomme les formes d’autogouvernement.

 

La question du processus révolutionnaire. Les expériences révolutionnaires passées montrent que toute phase de transition vient en réalité fixer et stopper la révolution avant qu’elle ne devienne irréversible. Les plus opportunistes en profitent alors pour instituer un gouvernement provisoire sans lien avec le soulèvement, leur garantissant le maintien de leurs privilèges. En revanche, une révolution ne se réalise pas spontanément, en quelques jours ou quelques semaines. Les rapports de domination ont la fâcheuse tendance à persister, et en finir avec les capitalistes ne suffit pas à en finir avec le capitalisme, avec les autoritaires en finir avec l’autoritarisme etc., même si c’est un début nécessaire. Le carcan du système n’est pas seulement extérieur, c’est aussi des rapports, habitudes et imaginaires qui nous tiennent. Pas de transformation extérieure sans transformation intérieure dans le même mouvement. De toute façon, ce n’est pas parce qu’une révolution est faite qu’il n’y en a plus à faire. Il y a, et aura, toujours des situations de domination à combattre. Ce sera probablement bien plus facile, et ces situations ne se fixeront pas en division permanente de genres, de classes et de statuts.

Par ailleurs, une révolution, avant de se réaliser, fait toujours face à des forces contre-révolutionnaires. Comment continuer la révolution tout en organisant de façon conséquente la défense ? Comment ne pas instituer une hiérarchie paramilitaire ? Parmi les revendications des Enragé-es de la révolution française, parmi lesquels Pauline Léon, il y avait celui du droit de s’armer, y compris et surtout pour les femmes. Si l’Etat se définit d’abord par le monopole de la violence, c’est une revendication justifiée. A la condition de ne pas créer le far west, ce qui pose la question du contrôle collectif de l’usage des armes… En tous cas, pas de révolution sans envisager sérieusement les problèmes d’ordre politico-militaire qu’une telle initiative fera surgir, surtout dans un contexte jamais égalé d’un surarmement des appareils étatiques.

La meilleure défense, c’est l’attaque. La révolution doit sans cesse avancer, et l’expérience montre que ce n’est surtout pas la question de la défense contre la réaction qui doit servir de prétexte au ralentissement du processus révolutionnaire. Il est trop tard pour gagner militairement quand les gens ont appris à vivre autrement, il est trop tard pour gouverner quand la plupart des personnes vivent ici et maintenant comme s’ils étaient déjà pleinement libres.

                                                   

 

Non pour demain, c’est pour aujourd’hui qu’il faut lutter pour une révolution, parce que c’est la condition de vivre un peu plus libre et plus joyeusement.

Et parce que la résignation et le pessimisme nous emmerdent.

 

Piou-Piou

 

mai 092014
 
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Après seulement une semaine, le squat du 5 place du 36ème RI à Caen a été expulsé ce vendredi matin à 7h par les CRS et les flics locaux. Les expulsé-es des centres d’hébergement d’urgence s’y étaient installé-es. Le bâtiment vide depuis plusieurs années appartient au groupe Allianz, société d’assurances au capital de près d’un milliard d’euros…

RDV : ce vendredi 9 mai AG au campus 1, arrêt de tram Université, au sous-sol du bâtiment Lettres (à gauche à partir de l’arrêt de tram), à 17h

manif à 18h à partir du Phénix, campus 1

BESOIN URGENT DE MATOS : tentes, matelas, couvertures principalement. Dépôt toute la journée au sous-sol du bâtiment Lettres, campus 1, arrêt de tram Université.

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