jan 282014
 
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Un marginal proche de groupes néonazis locaux fait feu en pleine rue sur des militants de la cause des sans-papiers : cela s’est passé vendredi à Clermont. L’enquête a été expédiée et l’affaire jugée hier… pour l’enterrer plus vite, à quelques semaines des municipales ?

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« J’étais en train de boire une bière dehors, quand un type est arrivé en hurlant. » Quelques secondes plus tard, Marion reçoit un plomb dans le cuir chevelu alors qu’elle tente, avec une vingtaine de personnes, de se replier dans le squat associatif l’Hôtel des vils, à Clermont-Ferrand. L’assaillant tire à huit reprises.

Ce vendredi 18 janvier 2014, RUSF organise une soirée pour deux étudiantes arméniennes expulsées. Il est 23 heures quand Kevin Pioche, un jeune skinhead, tire avec un fusil à canon scié sur un groupe de personnes situé sur l’avenue de l’Union soviétique devant le lieu du concert. Outre Marion, Boris qui vit dans le lieu, reçoit huit impacts de plombs. Il sera opéré de la main le lendemain. Cassandre, étudiante, était présente dans ce groupe : « Il tirait en avançant. Tout le monde s’est barricadé dans le squat. » Les intentions étaient meurtrières. « Je l’ai vu, j’ai tilté et j’ai dit « on rentre ». Et là, j’ai entendu des coups de feu », continue Marion. Les voisins alertent la BAC et les pompiers. L’assaillant fuit, récupéré par une voiture postée plus loin.

Attirail crypto-nazi

Le lendemain, le tireur se rend au commissariat. Il est jugé lundi 21 et condamné à deux ans de prison ferme. Pour l’avocat des victimes, Me Borie, « C’est le procès de la misère des désinsérés ». Kevin Pioche, ancien tatoueur, est en effet SDF depuis deux ans, et il a eu une vie difficile. C’est ce qu’il a expliqué à la barre. Son quotidien : chasser les antifas, monter sur les toits de la ville – on le voit en photo au dessus de la place de Jaude.

Sa page Facebook – disparue depuis hier – affiche un attirail crypto-nazi hétéroclite. Des photos le montrent entouré de jeunes rasés à croix celtique et blouson noir. Se surnommant « Krakow », qui signifie Cracovie (près d’Auschwitz), ou « El muerte », il arbore un drapeau fleur de lys et, clairement, ses convictions « anti-antifas ». Le 11 janvier, il modifie sa page en affichant l’image d’un cagoulé. « Wir sind die skins », peut-on lire en allemand (« Nous sommes les skins »). Elle mentionne ailleurs « Exécuteur à Waffen SS volontaire ». Des signes avant-coureurs de son passage à l’acte ?

Selon les victimes, qui ont porté plainte, Kevin était un individu connu en ville et plusieurs incidents avaient eu lieu ces derniers mois, comme la présence bruyante de groupes identitaires perturbant des Cercles de silence, ces rassemblements de protestation contre l’enfermement des immigrés. Pour un membre de la CNT : « C’est depuis la projection de Welcome (ndlr : le film sur un migrant qui tente de passer en Angleterre), à l’occasion de laquelle les fachos avaient affiché des bandeaux « Goodbye », que la tension est montée à Clermont-Ferrand ». À la Ligue des droits de l’homme, on évoque des manifestations de soutien aux étrangers « encadrées » par des fascistes. Une technique très usitée à Lyon, place forte des Identitaires…

Les tensions tragiquement illustrées par le meurtre de Clément Méric à Paris, en juin 2013, n’épargnent plus l’Auvergne. Un drame dont on n’est pas passé loin à Clermont, résume Me Borie.

Une opération préméditée ?

Du côté des plaignants, on s’étonne que la police et la Justice aient banalisé l’affaire, alors qu’aux yeux de tous, elle résulte d’un contexte qui se dégrade de façon alarmante. Marion parle « d’une agression politique », mais lorsqu’elle a déposé plainte, le policier l’a détournée de cette qualification [1], imité plus tard par l’avocate du prévenu.

Me Borie subodore pourtant que l’opération avait des complices, car le soir du forfait, Kevin a été récupéré par une Twingo blanche. Pour lui, il ne s’agit pas d’un coup de colère, mais « d’une opération plus organisée. » À en croire un militant antifa qui a souhaité conserver l’anonymat, « Pioche a été lâché en amont du boulevard et repris par la Twingo blanche. À l’intérieur, j’ai reconnu des membres de Génération identitaire. C’est clairement une attaque politique contre le concert RUSF. Pioche est le Lumpen de la bande. Les autres sont des fils de bourgeois. » D’après Didier, un autre témoin, « Pioche squattait à Chamalières, dans sa famille skinhead. » Boris renchérit : « Il y avait des menaces sur les réunions RUSF. Je reste persuadé que la stratégie de la comparution immédiate sert à éviter de montrer que c’était une véritable attaque concertée. »

Devant les questions du procureur sur ses opinions politiques, Kevin s’est renfrogné, lâchant : « J’ai pas envie de le dire. » Le procureur a demandé quatre ans ferme. Au vu des peines prononcées habituellement pour des faits de ce genre, Cassandre et Marion ont trouvé celle-ci plutôt légère.

Évacuer l’affaire, vite

La presse, dans un premier temps, est restée prudente. Le journal La Montagne a estimé qu’il n’y avait aucune certitude sur l’appartenance du prévenu à un groupe d’extrême droite, RTL affirmant le lendemain qu’un skinhead avait tiré sur deux passants… Pourtant, ce jeune chômeur auquel on peut trouver des circonstances atténuantes, est bel et un bien un militant d’extrême droite qui faisait le coup de poing dans une ville où se déroulent de nombreuses actions ciblant les immigrés : chant de faux muezzin le matin, distribution de tracts pro-chrétiens dans les rues entourant la cathédrale…

Reste que le parquet a bouclé le dossier très rapidement et que la police n’a pas recherché la voiture, ni entendu les plaintes des autres participants. Comme si cette affaire devait être enterrée rapidement. Il est vrai qu’au pays des bougnats, et de Brice Hortefeux, les frontières entre FN et UMP ne sont plus étanches – comme en témoigne le passage de François Barrière, ex-FN et ex-MNR, sur la liste de Jean-Pierre Brenas, candidat UMP qui a attiré avec lui Gilles-Jean Portejoie, ex-socialiste, à la mairie.

À deux mois des municipales, il était peut-être délicat de trop exposer une telle affaire à Clermont-Ferrand.

Notes

[1] Edit du 23/01, 23h30, par la rédaction : selon des précisions apportées par l’intéressée, l’officier de police a en réalité mis en doute le fait qu’elle ait vu le fusil à canon scié dans la main de l’agresseur, et par ailleurs refusé de consigner l’immatriculation de la voiture au motif qu’elle ne l’avait pas relevée elle-même. Elle a également tenu à préciser que, opposée aux peines carcérales, elle n’avait pas souhaité une condamnation plus lourde, et qu’il lui avait été seulement rapporté que, pour des faits de ce genre, sa durée aurait pu être plus longue.

Regards.fr

 

Atheneo du Puy de Dôme. [Communiqué] : L’HDV, un squat en paix

Publié 23 jan 2014 dans Non classé 0 Commentaires

transmis par l’HDV
Bal tragique à l’Hôtel des Vil-e-s, 2 blessé-e-s, Marion Tefflon et Boris « Pare Balles » Noris sauvent soixante personnes du fusil d’un chasseur myope non idéologisé.
L’histoire commence dans la principauté de Chamalières, havre de paix et de sécurité pour une trentaine de néo nazis qui s’épanouissent dans une réserve naturelle protégée : 12 % de logements vides, 15% de logements sociaux, 30 policiers municipaux et 65 % des ménages qui paient l’impôt sur le revenu, une sorte de Center Park dirigé par un roi aimable et doux. Mais quelle mouche a bien pu pousser les sympathisants des panzers et des chants de la Waffen SS à quitter leur belles côtes pour le centre ville (tout noir) de Clermont ?
1 – le refus des clermontois d’un local FN à Clermont
2 – la menace d’une invasion maoïste
3 – leur grands frères de Lyon qui les traitent de couille molle
4 – rendre une bd à la bibliothèque
5 – aller voir un concert qui dénonce les expulsions illégitimes d’immigrés
Tout cela à la fois sans doute. Mais maintenant, après des heures d’enquête et des témoins dignes de foi, nous pouvons nous positionner :
Vous ne nous ferez jamais dire que depuis un an, des milices d’extrême droite en mal de pluralisme politique ont multiplié leurs agressions dans le centre ville de Clermont, tabassant et violant « de temps à autres » le militant de gauche, la maghrébine… Nous ne sommes pas de cette engeance paranoïaque et complotiste !
De même, nous tenons à faire taire les rumeurs comme quoi la police aurait bâclé ou précipité l’enquête. Grâce à leurs services, nous sommes maintenant persuadé-e-s que l’auteur de la fusillade se promenait seul, perdu hors de Chamalières, un fusil à canon scié lui servant de cane (quand on a rien chez soi, on fait avec ce qu’on a, à quoi vous réduit la misère je vous jure), se rendant au Raymond Bar à la recherche d’un hypothétique concert. Quelle ne fut pas sa surprise de tomber sur un squat dont il ignorait l’existence et dont il apprend consterné qu’on y pratique le prix libre. Il a eu ce geste noble (vu dans un « Envoyé spécial » sur l’intervention Serval au Mali) de tirer huit coups en l’air pour prévenir qu’il arrivait et dégager la chaussée encombrée de pré-pubères communistes. Mais par une grande maladresse, combinée à notre malchance naturelle, il n’a pu éviter que les plombs tirés ne croisent quelques malheureuses têtes, mains, coudes et autres mollets. Toutefois, nous aurions souhaité une meilleure répartition des plombs dans le public. Avec deux victimes, on voit bien qu’encore une fois ce sont toujours les mêmes qui vont toucher de la thune, ce qui va à l’encontre de notre aspiration à une répartition égalitaire des richesses.
Ce communiqué en hommage aux victimes permettra de rééquilibrer la partialité des médias locaux toujours prompts à crier au loup quand la bergère est occupée à vendre de la coke. Et si pour vous la plaisanterie a assez durée, alors unissons nous autour de positions communes, refusons le fascisme, la misère qui l’alimente, son impunité, pour qu’il ne revienne plus frapper à notre porte.
sept 292013
 
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Bas les pattes devant Snowden, Manning, Assange et les résistants au techno-totalitarisme

mardi 18 juin 2013 par Pièces et main d’œuvre

Nul ne peut plus nier ce que les opposants à la tyrannie technologique dénoncent depuis des années : les objets intelligents qui envahissent nos vies (ordinateurs, Internet, téléphones mobiles et smartphones, GPS) donnent au pouvoir les moyens de la surveillance généralisée.

En dévoilant des documents secrets, un ex-agent américain révèle que la NSA (Agence nationale de sécurité) espionne les internautes du monde entier, dans le cadre du programme clandestin « Prism » mis en place par George Bush et poursuivi par Barak Obama. Sont visés les utilisateurs d’Internet et des « réseaux sociaux » (Google, Facebook, Apple, Youtube, Yahoo, Skype, DropBox, Microsoft, AOL) soit, à l’ère numérique, à peu près tout le monde.

Les esprits forts diront qu’ils le savaient déjà. Les esprits forts savent toujours tout. Edward Snowden, lui, prouve ce qu’il dit. Et les médias du monde entier ne peuvent faire autrement que de publier ses déclarations, alors que les dénonciations des esprits critiques restaient confinées et refoulées à quelques milieux restreints.

Edward Snowden agit sans le soutien d’aucune organisation, d’aucun parti, d’aucun collectif. Heureusement – il n’aurait rien fait. Son geste relève de ce qu’Orwell nommait la « décence ordinaire ». « Je ne peux, en mon âme et conscience, laisser le gouvernement américain détruire la vie privée, la liberté d’Internet et les libertés essentielles pour les gens tout autour du monde au moyen de ce système énorme de surveillance qu’il est en train de bâtir secrètement. » (1) À 29 ans, il sacrifie sa carrière et sa vie personnelle, choisit la désertion, risque la prison pour trahison (comme le soldat Manning, auteur des fuites vers Wikileaks) voire un « accident ». Il affronte seul les services secrets de la première puissance mondiale.

En France depuis le 10 juin 2013, aucune des organisations qui, avant ou depuis le meurtre de Clément Méric, clament l’urgence de la « lutte antifasciste », n’a pris la défense de Snowden. Aucune manifestation de soutien, aucun communiqué, aucun appel contre la surveillance totale, y compris celle de la DGSE française (services secrets extérieurs), comparée par un ex-agent à une « pêche au chalut ». (2) À ce jour, le seul appel pour l’asile politique de Snowden en France émane de Marine Le Pen. Un coup de pub dont le Front de Gauche n’a pas été capable.

Edward Snowden : « Ma grande peur concernant la conséquence de ces révélations pour l’Amérique, c’est que rien ne changera. [Les gens] ne voudront pas prendre les risques indispensables pour se battre pour changer les choses… Et dans les mois à venir, les années à venir, cela ne va faire qu’empirer. [La NSA] dira que… à cause de la crise, des dangers auxquels nous devons faire face dans le monde, d’une nouvelle menace imprévisible elle a besoin de plus de pouvoirs, et à ce moment-là personne ne pourra rien faire pour s’y opposer. Et ce sera une tyrannie clé-en-main. »

Snowden a raison. En France, le rétro-fascisme à front bas et crâne ras, qu’on reconnaît au premier coup d’œil, obsède l’anti-fascisme rétro, patrimonial et pavlovien, tout ému de combattre la bête immonde qu’on lui a tant racontée et qu’il croit connaître. Il est vrai qu’ils partagent quelquefois les mêmes goûts en matière de look et de dress code. Les skinheads, c’est quand même plus simple que les RFID et la « planète intelligente » d’IBM. Dénoncer « les origines françaises du fascisme » (Zeev Sternhell, Là-bas si j’y suis, France Inter) et « le retour des années 1930 » (Le Nouvel Observateur et cie), c’est plus facile que de s’attaquer au techno-totalitarisme. D’autant que celui-ci est pourvoyeur d’emplois et de croissance économique, donc « progressiste » et « de gauche ». Qu’importe que 64 millions de moutons soient pucés, tracés et profilés, si la filière micro-électronique prospère, de STMicroelectronics à Gemplus et Thales. Pour Pierre Gattaz, nouveau président du Medef, et le lobby de l’industrie électronique : « La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. » (3)

Personne pour s’aviser que nous ne sommes pas dans les années 1930. Qu’après des décennies d’accélération technologique, à l’heure de la contention électronique, le « fascisme » aussi s’est modernisé. Il n’a plus le visage du Dictateur. Même plus celui de Big Brother. Mais celui des myriades d’actionneurs, capteurs, nano-processeurs, datacenters, super-calculateurs, Little Brothers, qui maillent, structurent, activent et pilotent la société de contrainte.

Les documents publiés par Snowden confirment ce que nous avons décrit de la police des populations à l’ère technologique. (4) La presse fait mine de découvrir l’espionnage par Internet. Quitte, comme le site du Monde, à le faire sous une bannière publicitaire pour IBM et « la planète intelligente ». C’est-à-dire, le projet de puçage électronique de chaque chose et chaque être sur Terre, via des puces communicantes. Le projet, bien avancé, d’un Internet des objets, élargit le réseau à chaque objet et être vivant pucé, qui nous interconnecte (nous incarcère) en permanence avec notre environnement (notre cage). Un filet électronique dont il sera impossible de s’extraire. Si les révélations de Snowden vous émeuvent, « la planète intelligente » d’IBM vous glacera. (5)

Pendant que les attardés lèvent le poing, farouches et déterminés contre le spectre « des heures les plus sombres de notre Histoire », le pouvoir resserre le filet électronique. Avec l’approbation béate de la majorité « parce que la technologie, tout dépend de ce qu’on en fait. »

« Ainsi donc, notre génération du lien social et du réseau virtuel, notre génération qui a fait tomber des dictatures par la force de baïonnettes informatiques, notre génération devra, donc, comme les autres, payer le prix du sang et apprendre, comme les autres, que l’engagement est un risque, une créance prise sur la vie, une créance que les plus courageux et les plus innocents paient et remboursent de leur mort. » (6) Il y a dans ces lignes des condisciples de Clément Méric tout l’aveuglement de l’époque sur elle-même.

Passons sur cette « génération », qui confond « lien social » et laisse électronique – après tout, elle n’a rien connu d’autre et ses mentors la maintiennent dans sa niaiserie.

Facebook n’a pas plus balayé Ben Ali et Kadhafi, (7) que les abrutis de Troisième Voie et des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires ne menacent la démocratie. « Une mouvance qui compterait 1000 adhérents et 4000 sympathisants selon son chef. Mais 500 selon les autorités. » (8) « Les JNR, totalement dévouées à sa personne (NdA : de Serge Ayoub, leur chef), mais qui ont très peu à voir avec un quelconque militantisme politique ». (9) « Il est impossible de décrire Troisième Voie comme un groupe de combat ou séditieux » (Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême-droite). (10) « Ce sont des jeunes extrêmement précarisés issus de familles très populaires avec des parents bénéficiant des aides sociales. Ils ont un faible niveau de diplôme (…) En fait, ils appartiennent au sous-prolétariat des zones rurales et péri-urbaines. Ils ont grandi dans des familles où, le plus souvent, un seul des parents travaille. Quand ils n’ont pas été élevés au sein de familles monoparentales avec leur mère dans une grande précarité » (Stéphane François, historien). (11)

Ils sont, en somme, le pendant rural des délinquants de banlieue. De ceux qui, en septembre 2012, massacrèrent Kevin et Sofiane à la Villeneuve d’Echirolles, parce qu’ils étaient d’un quartier différent. Même profil socio-économique. Ni plus avisés, ni moins violents, non moins déstructurés par la déferlante des écrans et la dissolution du tissu social. Des exclus des métropoles high-tech et de la compétition internationale, comme eux trahis par la gauche. Pas plus que pour les délinquants, leur condition n’excuse leurs gestes. Pas plus que les délinquants, ils n’incarnent le « renouveau fasciste ».

Mais ils sont plus spectaculaires et moins virtuels que le techno-totalitarisme et, partant, plus faciles à désigner. « La grande nouveauté est que, grâce à Internet, certains informaticiens ont les moyens d’imposer leur vision du monde au reste de la population. Au lieu d’écrire des essais philosophiques dans l’espoir d’influencer les générations futures, ils réalisent leur projet de société. Le fait d’être d’accord ou non avec eux est sans objet, car ils ont déjà rapproché le monde de leur idéal » (Christopher Soghoian, militant américain de la protection de la vie privée). (12) La tyrannie technologique est plus pervasive et redoutable que 500 brutes alcoolisées. Elle exige de ses opposants plus que du pathos et des postures. Combattre le techno-totalitarisme, c’est-à-dire l’attaque la plus performante contre notre liberté et contre la possibilité de choisir ce qui nous arrive, impose l’effort de comprendre la nature de cette attaque, et ses spécificités. Nous ne sommes pas dans les années 1930 ; il nous faut penser notre époque pour affronter notre ennemi actuel, et non les avatars du passé.

Entiers et naïfs, nous pensons que le secret est de tout dire. Et donc, quel que soit le mépris dans lequel les tiennent les beaux esprits, nous ne pouvons qu’approuver et soutenir ceux qui par leurs actes individuels livrent au public les preuves de sa servitude et tentent d’éveiller sa conscience. On verra ce que le public et ceux qui parlent en son nom font de ces révélations. Si peu d’illusions qu’on se fasse sur une société qui a accepté avec enthousiasme depuis des années une telle déchéance, il est sûr qu’on n’a aucune issue à attendre d’un « encadrement législatif » de type CNIL mondialisée, pas plus que d’une surenchère technologique pour crypter ses communications électroniques et fabriquer soi-même ses logiciels « libres », ni d’une énième bouillie citoyenniste pour assurer la veille de notre désastre.

Il n’est pas sûr qu’il y ait d’issue, ni que celle-ci dépende de nous. S’il y en a une, on ne peut la trouver à partir d’élucubrations nostalgiques et complaisantes, mais seulement à partir d’une conscience vraie de notre situation.

Comme disait le fondateur d’IBM : - Think.

***

NOTES :
- (1) Le Monde, 11/06/2013
- (2) Le Monde, 12/06/2013
- (3) Livre bleu du GIXEL (Groupement des industries de l’interconnexion, des composants et des sous-ensembles électroniques) sur le développement de la filière électronique, 2004. Voir aussi RFID : la police totale, le film, par Subterfuge et Pièces et main d’œuvre (http://www.piecesetmaindoeuvre.com/…)
- (4) cf Terreur et possession, enquête sur la police des populations à l’ère technologique, Pièces et main d’œuvre (L’Echappée, 2008)
- (5) cf « IBM et la société de contrainte », in L’Industrie de la contrainte, Pièces et main d’œuvre (L’Echappée, 2011)
- (6) Libération 10/06/2013
- (7) cf L’emprise numérique, C. Biagini (éditions l’Echappée, 2013)
- (8) Libération 14/06/2013
- (9) Le Monde, 11/06/2013
- (10) Libération, 14/06/2013
- (11) Id.
- (12) Le Monde, 17/11/2012

Libération animale et fachos.

 Posted by on 11 août 2013 at 23 h 49 min  Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite  Commentaires fermés
août 112013
 
AGduCRAC-mars2013
LE CRAC et les fachos !http://reseau-ethique.org/le-crac-et-les-fachos/

24 juin 2013

Il y a quelques mois, lors d ’une manifestation à Alès, une membre du cortège contre la corrida à lancer des propos racistes à l ’encontre d ’un jeune marié (voir article ici : http://reseau-ethique.org/racisme-dans-les-manifs-pour-les-animaux/).

Le CRAC (Comité Radicalement Anti Corrida, groupe organisateur de cette manifestation) par le biais de son président JP Garrigues a réagit quelques jours plus tard lorsque cette information a été relayée dans des médias, en condamnant cet acte et en rappelant que le CRAC est opposé au racisme et autre forme de discrimination (article et réaction ici http://www.midilibre.fr/2012/10/23/des-propos-racistes-chez-des-anticorridas,582759.php).

Hors, nous venons de recevoir dans notre courrier, une photo de l ’Assemblée Générale du CRAC datant de MARS 2013 !

On peut retrouver ici, autour de jp garrigues, président du CRAC, nathalie krier (nath animaliste sur facebook) avec les autres membres du bureau du CRAC tout sourire dont jérôme lescure (auteur du controversé A.L.F le film – article ici http://reseau-ethique.org/a-l-f-le-film-a-ne-pas-voir/) :

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Il faut rappeler que cette personne fait partie du groupe fasciste 3ème voie dont un des membres (ami lui-aussi de nathalie krier) à tué un jeune de 18 ans (voir article ici http://reseau-ethique.org/liste-noire-nath-animaliste/).

Le CRAC a depuis un bon moment laissé la porte ouverte aux fachos de tous bords en organisant des manifestations unitaires aux cotés de la fondation de bardot la facho.

Voilà le résultat des infiltrations de l ’extrême-droite la plus radicalement violente que connais notre pays. : Des fachos décomplexés qui n ’hésitent pas a porter en héros le meurtrier d ’un jeune tué pour son engagement militant antiraciste et antifasciste.
Pas de fachos, même pour les animaux !

A.L.F. le film …à ne PAS voir !La sortie imminente d ’un film de Jérôme Lescure intitulé « A.L.F. LE FILM » a motivé un grand nombre de militantes et militants qui œuvrent parfois dans l ’ombre pour défendre les animaux.

A.L.F. (Animal Liberation Front – Front de libération Animal) est une organisation qui existe vraiment et mène des actions illégales radicales comme le sauvetage et la libération d ’animaux dans des élevages ou des laboratoires (beaucoup aux USA et Angleterre, mais aussi à travers toute la planète).

Le réalisateur, Jérôme Lescure, a posté sur internet la présentation de son film soutenu, entre autres, par brigitte bardot (via sa fondation qu ’elle représente et dont elle est la responsable !). Jérôme Lescure, fier de ce soutien, à posté la lettre de soutien et d ’encouragement signée de la main de bardot (avec l ’entête de sa fondation !).

Mais, fait révélateur : Jérôme Lescure n ’a cependant pas répondu aux messages demandant des explications et n ’a pas non plus hésité à supprimer, sans exception, tous les commentaires opposés à ce soutien incohérent !

Pourquoi incohérent ?

Les positions politiques d’extrême-droite de bardot ne sont plus à faire (5 condamnations pour incitation à la haine raciale, soutien inconditionnel à lepen pour les élections…).

Or, le sujet de ce film est une découverte en forme de plongée dans le milieu militant d ’actions directes pour les animaux qu ’est l ’A.L.F.

Cette organisation véhicule des valeurs éthiques envers les animaux sur des bases antispécistes (contre la domination d ’une espèce sur une autre, ce qui englobe bien évidement les dominations et discriminations humaines, tels le racisme, le sexisme, l ’homophobie ou toute autre). L ’A.L.F. est enfin une organisation qui remet en cause le capitalisme lui-même avec ses dérives consuméristes qui détruisent les humains, les animaux et la planète pour le profit, c ’est pourquoi l ’A.L.F. est donc une organisation qui se revendique d ’extrême-gauche et libertaire !

Il est donc incompréhensible que Jérôme Lescure par le biais de son film, traite d ’un sujet aussi radical , non pas en y enlevant l ’éthique et les valeurs, mais en les remplaçant par ce soutien fascisant à l ’opposé des positions réelles de l ’A.L.F. !

Pour cette raison, nous appelons toutes les militantes et tous les militants éthiques à NE PAS ALLER VOIR CE FILM et à relayer cette information le plus possible !

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Pour préserver l ’intégrité des valeurs de l ’A.L.F. :
NON À « ALF LE FILM » de Jérôme Lescure !

Ce film est également soutenu par « le klan du loup » groupuscule néo-nazi qui infiltre la cause animale !
Voir l ’article de fond sur le site de « la terre d ’abord » :
En cliquant ici ! http://laterredabord.fr/?p=4520

Source : Forum anarchiste.

Agressions néonazies à Metz et Lyon.

 Posted by on 27 juin 2013 at 10 h 07 min  Actualité nationale  Commentaires fermés
juin 272013
 

Néonazis à Metz et Lyon

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[Metz] Un Sénégalais agressé par des néonazis

Trois hommes ont été mis en examen, mercredi, pour une bagarre au centre-ville de Metz, au cours de laquelle une victime a reçu un coup de couteau.

La brigade des violences urbaines de la Sûreté départementale a interpellé, cette semaine, trois hommes soupçonnés d’avoir participé à une rixe sanglante au centre-ville de Metz.

C’était le 9 juin. Vers 5h30, un groupe de quatre individus quitte un bar de nuit. Place Jean-Paul-II, ils croisent leur future victime. Après les insultes, les coups. Dans la bagarre, elle reçoit un coup de couteau dans le dos. Cet homme d’une trentaine d’années gît au sol lorsqu’il est secouru. Ses jours ne sont pas en danger, mais « il l’a échappé belle », selon des sources médicales. Ses blessures lui valent dix jours d’ITT.

Les enquêteurs travaillent à partir d’un téléphone portable retrouvé sur les lieux. Son possesseur et deux complices sont identifiés. Arrêtés mardi, ils auraient reconnu la bagarre mais imputent le coup de couteau à la quatrième personne du groupe. Elle n’a pas encore été retrouvée. Déféré mercredi soir, le trio a été mis en examen pour violences aggravées. Le parquet de Metz vise notamment des violences à caractères raciales. Les assaillants font partie ou sont proches des Hammerskins, un groupe d’extrême droite à l’idéologie néonazie. La victime, elle, est d’origine sénégalaise. « Ce mobile est envisagé mais n’est pas encore prouvé », tempère Hadrien Baron, vice-procureur au parquet de Metz. « La victime ne parle pas d’insultes racistes », ajoute Me Olivier Rondu, avocat d’un des auteurs présumés. En fuite, le chaînon manquant pourrait s’être réfugié à l’étranger, au sein d’un autre groupe des Hammerskins. En attendant la fin des investigations, les trois mis en examen, originaires de Metz et Toul, ont été laissés libres, sous contrôle judiciaire.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Republicain-lorrain.fr, 21 juin 2013)

 

[Lyon] Agression raciste : prison ferme

Deux jeunes liés à une mouvance d’extrême droite ont été condamnés ce soir à Lyon à des peines de prison ferme pour l’agression violente de quatre personnes en mai, dont l’une était d’apparence asiatique. Le tribunal correctionnel a condamné le premier à 18 mois de détention dont six avec sursis, et le second à douze mois de prison dont six avec sursis.

Le 18 mai vers 3H00 du matin, quatre amis rentraient chez eux à vélo dans le IIIe arrondissement de Lyon lorsqu’une dizaine de jeunes leur ont barré la route. Ils se sont adressés à l’un d’eux : “Tu fréquentes une Asiatique, tu déshonores la France”.

Très vite, alors que le jeune homme tentait de les calmer, ils l’ont frappé à coups de pieds et de poings, jusqu’à ce qu’il perde connaissance, puis s’en sont pris à son compagnon.

Christophe, 24 ans, en détention provisoire depuis son arrestation le 18 mai, a reconnu son appartenance au mouvement d’extrême droite le Gud (Groupe union défense), tandis que son acolyte, qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire, a dit en être “sympathisant”. La peine la plus lourde est revenue au premier. Un troisième prévenu, arrêté le même soir, a été mis hors de cause par la défense et les parties civiles, et a même été identifié comme appartenant à un groupe d’extrême gauche par la présidente du tribunal. Il a été relaxé.

Visiblement encore très choquées par l’agression, les deux victimes des coups ont fait état à la barre de nombreuses blessures, dont un traumatisme crânien et des dents cassées, tandis que la jeune femme “asiatique” (originaire de la Réunion, ndlr), suffocante, s’est dite “traumatisée”.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeFigaro.fr avec l’Agence Faut Payer, 20 juin 2013)

 

Source : Jura Libertaire.

juin 122013
 

A propos du meurtre d’un jeune antifasciste parisien.

Considérations sur l’assassinat de Clément Méric

“La lutte contre le fascisme ne peut être menée de façon efficace qu’en frappant les institutions politiques et économiques, dont il émane et dont il tire sa source. Les révolutionnaires, du reste, qui visent à la chute du capitalisme et de l’Etat, s’ils se laissaient attirer par le fascisme, comme un éclair par le paratonnerre, s’ils consacraient leurs forces et s’ils s’épuisaient à le combattre seul, rendraient un service aux institutions; institutions qu’ils souhaiteraient pourtant démolir”.

Luigi Fabbri, anarchiste italien,

in “La contre-révolution préventive”, 1922

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L’assassinat de Clément Meric, jeune antifasciste parisien, par ailleurs décrit comme anarchiste et vegan, n’est pas -comme on a pu le lire un peu partout- uniquement le fait de la “violence” des “groupes d’extrême-droite” ou le résultat d’une “rixe”, et moins encore un “fait divers”. C’est un meurtre avec une motivation politique, fruit d’un climat et d’une dynamique amorcée il y a déjà un moment. Climat qui est conforté par l’actuel gouvernement (et les précédents) qui premièrement laisse la part belle à des mouvements réactionnaires, hétéro-patriarcaux et fascisants du type “printemps français” ou de la “manif pour tous”, mais d’autre part cultive depuis des années une répression féroce contre toute initiative révolutionnaire, et un violence oppressive simplement “trop commune” contre les pauvres en général ou encore contre les immigré-e-s.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : les mouvements du type “Manif pour tous”, “Printemps français”, et autres agitations réacs, catholiques intégristes et néo-fascistes ne sont pas le terreau sur lequel prospère la violence politique de type fasciste, mais bien un autre symptôme de ses symptômes. Symptôme de la nouvelle contre-insurrection préventive (puisque c’est bien en ces termes là que parlent les Etats et leurs institutions) amorcée en France au moins depuis les émeutes de 2005 et le mouvement du printemps 2006 (dit “Anti-CPE”), et un peu partout dans le monde ces dernières années, contre les efforts révolutionnaires et contre toute révolte contre les conditions de vie qui nous sont faites.

La mort tragique de ce camarade non seulement en appel malheureusement d’autres (puisqu’il n’y aucune raison – sinon temporaire – pour que les fascistes continuent d’agir comme ils l’ont toujours fait, et pire encore), mais doit emporter avec elles quelques illusions sur l’antifascisme : il ne peut pas, et ne pourra jamais se concevoir comme une lutte spécifique et séparée, ou menée par des spécialistes. Il doit s’inscrire dans la lutte contre toutes les formes de domination, contre le capitaliste, et contre l’Etat. Luttes et révoltes diverses auxquel-le-s certain-e-s antifascistes, comme Clément, ont pris part jusqu’à maintenant.

Sans quoi on se condamne à laisser intactes les racines de ce qu’on prétend combattre.

En effet, ce qu’on appelle le fascisme, ou toute autre forme de “contre-révolution préventive” (pour reprendre le nom de l’ouvrage de Luigi Fabri), ne s’incarne pas seulement, ni essentiellement dans les groupuscules nationalistes, nazis ou fascistes qui n’en sont que la queue de pan, ou le sommet de l’Iceberg (au choix).

Il s’incarne bien plutôt dans la violence du système étatico-capitaliste au quotidien, et la nécessité pour ce dernier de renforcer en permanence ses fondations, tout en produisant et laissant croître toutes formes de “violences illégales” et autres “initiatives citoyennes” qui le protègent et assurent sa pérennité, en particulier dans les moments de troubles.

Il s’agit, en dernier lieu et à tout prix, de préserver un certain type de rapport social.

Qu’on ne s’illusionne donc pas à ce sujet : la dissolution des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (si elle a bien lieu…) ou d’autres groupes nationalistes et fascistes non seulement ne changera rien au problème, mais n’est certainement pas une “victoire”. Car au delà de l’absurdité qui consiste à se reposer sur les décisions du ministère de l’intérieur, le terreau sur lequel prospère la violence autoritaire, oppressive et réactionnaire de ces groupes trouve ses fondements dans la réalité quotidienne de l’exploitation, de la domination, et de la violence du capitalisme et de l’Etat.

Autant les rafles de sans-papiers que les “veillées citoyennes” dans les halls d’immeuble, et l’intégration parfaite du Front National dans le jeu de la politique. Autant les cordons de CRS que les organisations “révolutionnaires” qui appellent au clame pendant les émeutes, autant les agressions et le bashing hétéro-sexistes revendiqués (ou pas) que l’assimilationnisme social-démocrate et ses mensonges, autant les “travailleurs sociaux” qui poucavent que les lois racistes, autant la psychiatrisation des soit-disant “déviants” qu’une population toute entière sous antidépresseurs, autant les milices privées utilisées dans les expulsions locatives que les vigiles d’entreprise, autant les briseurs de grève bénévoles que la police et les syndicats jaunes, autant le mépris de la vie animale que la cruauté envers les humains, autant les groupes catholiques intégristes que les journalistes aux ordres, etc.

Concernant, justement, le traitement médiatique et politique de cette “affaire” : elle s’est faite en plusieurs phases. D’abord, la première récupération social-démocrate du Parti de Gauche et du Front de Gauche qui se sont empressés de venir faire les charognards sur le cadavre encore chaud du camarade (et ce n’est malheureusement pas une image puisque le communiqué du P.d.G a été pondu dans l’heure suivant son décès) qui sera ensuite décrit par les médias comme “proche du front de gauche” (direct matin du 7 Juin), alors que rien n’est moins faux. Un parti qui ose venir nous parler de “république” et de “non-violence”, et se demandent pourquoi ils se font huer et insulter. Ensuite, la seconde récupération sociale-démocrate, celle du Parti Socialiste au gouvernement qui en même temps que ses ouailles se pavanent au rassemblement à Paris (même si ils s’en sont heureusement faits chassés), envoie sa police faire une rafle massive de sans-papiers dans le quartier de Barbès (voir communiqué ci-dessous).

Le traitement médiatique enfin, qui offre une tribune inespérée au dirigeant des J.N.R, le désormais tristement célèbre Serge Ayoub, qui en profite lui aussi pour “condamner la violence de l’extrême gauche” en jouant les victimes sur toutes les chaines qui lui tendent un micro et une caméra. On retiendra quand même (pour la rigolade) sa tirade sur “la grève générale et la non-violence” quand les journaleux lui demandent quelles sont ses armes.

Certains médias, type TF1, BFM Tv, l’Express, le Figaro ou le Parisien (pour ne citer que les plus fameux), n’hésitent pas quant à eux à mettre sur le même plan les fascistes et leurs adversaires, renvoyant dos à dos les deux parties : qu’ils ne s’étonnent pas ensuite de faire des cibles remarquables.

Car, en effet, médias, gouvernement, sociaux-démocrates de toute engeance, et Serge Ayoub (et donc les J.N.R), tous sans exception -avec plus ou moins de nuances- se retrouvent dans la condamnation morale de la violence révolutionnaire (ou même défensive d’ailleurs) lors même qu’il ne s’agit pas de ça à priori. Même et surtout quand les fascistes tuent, on s’empresse de rappeler dans une urgence paniquée qu’il faut s’en remettre “à la République et à la Démocratie” et ne surtout pas céder aux passions révolutionnaires…

Nous savons donc désormais mieux que jamais ce qu’il nous faudra, entre autres, assumer.

Action directe contre l’Etat et le capitalisme, contre la récupération et les discours moralisateurs. Contre la république, la social-démocratie et le fascisme.

Le Cri Du Dodo

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[Quelques communiqués et tracts avec lesquels nous sommes à peu près d'accord]

Les assassins de Clément Méric

Source : Panthères Enragées

Le gang fasciste qui a assassiné Clément Méric,  un camarade antifasciste, vegan et anarchiste, est composé d’Esteban Morillo et de sa copine Katia Veloso. Ces ordures avaient voulu créer un groupe de “Section défense animale” et étaient présents lors d’une marche anti-fourrure.

Nous avions dénoncé cette présence fasciste. Les organisateurs,  soutenus par la fondation brigitte bardot, n’avaient pas trouvé opportun d’exclure ces individus de cette marche. Pour nous, ces organisations ont du sang sur les mains et ils ont permis à ces assassins de venir faire du repérage des militants veganEs antifascistes. Une proche de ces assassins étaient venus provoquer les veganEs antifascistes à la marche d’Emagny contre la fourrure et les prendre en photo Info ici.

Nous publions les informations sur ces personnes que nous avons trouvé sur le net ;

Katia Veloso :

Membre de troisième voie et à l’initiative de la section défense animale.

Les membres de troisième voie à la marche contre la fourrure :

Le tueur Esteban sur la droite à coté de la militante Nath Animaliste (pseudo facebook) :

Katia Veloso à la même marche :

Serge Ayoub dénonçant les veganEs antifascites :

veganantifa

Nous, veganEs antifascistes demandons à chaque personne de la protection animale ou de la libération animale de prendre ses responsabilités face à ces individus. Ils doivent être chassés de tout nos rassemblements.

Nous avons dénoncé dans les rassemblements la présence de ces fascistes, nous savions que des personnalités de la protection animale connaissaient les opinions politiques de ces individus et qu’ils ont fermé les yeux.

NI OUBLI, NI PARDON !

Nous, veganEs Antifascistes, sommes opposéEs à ces individus et la libération animale comme lutte révolutionnaire antispéciste d’émancipation n’a rien à voir avec le fascisme !

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L’état et la démocratie ne seront jamais des remparts face au fascisme

vendredi 7 juin 2013

Source : Indymedia Paris

Jeudi soir, Clément Méric, militant syndicaliste et antifasciste a été assassiné par des néo-nazis à Paris. Nombreux sont celles et ceux qui, se reconnaissant dans son engagement, ont été saisi d’effroi par cette tragédie d’une vie brisée en quelques secondes. L’expression de la colère et de la douleur suscitée par sa mort ont du mal à se frayer un chemin au milieu du vacarme médiatique et des commentaires autorisés de toutes les crapules politiciennes. Les charognards sont de sortie qui se ruent sur le cadavre pour promouvoir la défense de leur sainte trinité : l’Etat, la République, la Démocratie.

Pour autant, la gauche de pouvoir est dans son rôle quand elle s’appuie sur une vision purement morale de l’antifascisme. Pour donner en exemple les temps bénis du présent, rien de mieux que d’agiter la menace du retour à un passé obscur et barbare. En désignant le fascisme comme ennemi principal, on aboutit logiquement à une conséquence : regrouper contre lui toutes les bonnes volontés à partir du plus petit dénominateur commun, sa contradiction fantasmée, la démocratie. On peut donc, comme Jean-Luc Mélenchon, faire de l’antifascisme tout en soutenant un programme social-patriote. On peut aussi, par exemple, vouloir comme Manuel Valls « éradiquer la violence d’extrême droite » le matin et faire rafler 150 sans-papiers à Barbès l’après-midi…

Alors bien sûr la mort de Clément Méric s’inscrit dans un contexte marqué par la résurgence de l’agitation des groupuscules nationalistes, par la campagne homophobe conduite ces derniers mois par les catholiques intégristes, par la stabilisation électorale du FN à un niveau élevé. Faits d’actualité face auxquels le « mouvement social » (feu la lutte des classes) s’est montré impuissant. Pour autant, le fascisme demeure en France une idéologie ultra minoritaire sans véritable impact. Il lui manque pour devenir une véritable force politique deux choses essentielles : une capacité à mobiliser autour de son projet par la violence et l’encadrement social et une fragilisation du consensus telle qu’il apparaisse à l’état et au capital comme le dernier recours pour leur sauvegarde. Le fascisme n’a jamais vaincu la démocratie dans une lutte à mort, il a toujours prospéré sur son épuisement.

La réaction unanime de la classe politique pour condamner le meurtre illustre d’ailleurs la marginalité de leurs auteurs. Arrêtés très vite, il y a fort à parier qu’ils seront condamnés de manière « exemplaire » et que quelques organisations de l’ultra droite seront dissoutes dans la foulée. Du point de vue de la riposte, nous n’avons rien à attendre de la justice et du ministère de l’intérieur. La demande pathologique formulée par les partis et syndicats d’une réponse ferme du pouvoir témoigne de leur faillite sur le terrain social à l’heure où partout en Europe l’état et le capitalisme approfondissent la guerre aux prolétaires.

Il y a en France des fascistes qui tuent au nom de leur idéologie fanatique. Face à eux, nous devons rendre coup pour coup et les empêcher de parader dans les rues afin de ne plus avoir à pleurer la mort d’un camarade de 19 ans. Mais n’oublions pas que ce que redoutent les immigrés, d’avantage que quelques crânes rasés, c’est la police républicaine. Que les roms ces derniers temps ont plus à craindre de leurs voisins citoyens à peine moins pauvres qu’eux et gagnés à l’idéologie sécuritaire et raciste que des partisans d’Adolf Hitler. Que même sans néo-nazis cette société révèle quotidiennement son visage de domination et d’exploitation.

L’état et la démocratie ne seront jamais des remparts face au fascisme

Pas de quartiers pour les nazis, pas de quartiers pour l’état, pas de quartiers pour le capitalisme

Contre la barbarie de ce monde-ci, et pour que le meurtre de Clément Méric ne trouve pas son ultime dénouement dans un tribunal, ranimons dans les luttes et dans la rue la lueur vacillante d’un futur révolutionnaire.

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Contre tous les fachos

vendredi 7 juin 2013

Source : Indymedia Paris

Contre les nazillons de service, les identitaires, les France aux français, les Soral, Ayoub, Gabriac, Dieudonné, et tous les adeptes du bras levé. Contre les racistes patentés, contre ceux qui ont la haine des reubeus, des renois, et contre l’antisémitisme bien installé, contre l’« islamophobie » galopante. Contre les patriotes et les apologistes de la Nation, contre toutes celles et ceux qui sont à la recherche de bonnes vieilles valeurs en ce temps de crise, du genre : le travail et la méritocratie, la famille et le mariage, la patrie et la France des terroirs. Contre le poujadiste « produire français » (qu’est-ce qu’on en a à foutre ?!). Contre la franchouillardise crasseuse et les populistes de gauche comme de droite. Contre tout ceux qui flattent ces bas instincts pour leur petit pouvoir…

Contre les chantres de l’ordre moral, qui voudraient nous dire avec qui, quand et comment on baise. Contre ceux qui nous disent qu’il faut pas être pédé car « c’est sale », car « la nature c’est papa dans maman », car « les homos au bûcher ». Contre tous ceux qui nous sermonnent, à coups de religion, de prières, de « y a écrit dans le bouquin », de « bidule l’a dit il y a X siècles », de « c’est péché, c’est mal »… et qui nous disent plus généralement d’accepter notre pauvre sort sans broncher.

Contre les fâcheux qui s’ignorent car ils sont de « gauche » : tout comme leurs voisins de « droite », ils n’aiment pas les rroms, ni trop les pauvres d’ailleurs, ni trop les gens ivres le soir dans la rue d’ailleurs, ni trop les racailles d’ailleurs, ni trop les prolos d’ailleurs… par contre ils aiment, sans trop l’avouer quand même, l’ordre et la sécurité, et bénissent ceux qui installent de la vidéosurveillance de partout, des flics à chaque coin de rue et de la sécurité aseptisante dans les moindres recoins. Contre tous les petits fachos à cheveux longs, contre tous les petits fachos bobos bien intégrés bien nourris bien démocrates bien branchés.

Contre la police. Contre la police sarkoziste. Contre la police socialiste. Contre les flics, les vigiles, les militaires.

Contre le réflexe fasciste et réac, malheureusement si facile à activer en temps de « crise », car on sait que ça toujours été l’instrument favori de ceux qui sont au pouvoir pour nous diviser (et pour mieux régner), nous autres les exploités, les galériens, les pauvres.

(A)

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Violences d’extrême droite, violences d’état [relayé pour info]

vendredi 7 juin 2013

Source : Indymedia Paris

Mercredi 5 juin 2013, un jeune camarade de notre union syndicale a été battu à mort par un fasciste. Le lendemain, à l’heure même où nous étions réuni-e-s en silence à l’endroit où Clément avait été tué, nous recevions des sms nous informant que le ministre de l’intérieur organisait une rafle massive de sans-papiers à quelques stations de métro de là, à Barbès.

Ceci n’est pas possible, nous vivons cela comme une insulte à la mémoire de Clément, de ses engagements. Le fascisme c’est un ensemble. Un gouvernement PS ne peut appeler à participer à un rassemblement contre la violence fasciste et dans le même temps organiser une rafle. Une époque ne se définit pas comme fasciste uniquement lorsque quelques individus extrémistes se sentant tout puissants tuent en plein cœur de la ville.

Quand un gouvernement rafle des personnes par centaines dans un quartier bouclé, cela participe d’un ensemble. La chasse aux rroms qui ont des papiers européens et aux africain-e-s qui n’en ont pas participe du même contexte politique que les manifs et discours homophobes et que les violences de rue des skinheads et groupes nationalistes fascistes. Le fascisme c’est un ensemble.

Face à la montée du fascisme, chacun-e se retrouve placé-e face à sa responsabilité. Appeler à des manifs ne suffira pas à dédouaner ceux qui ont fait le choix de la discrimination vis-à-vis des étrangers. Clément Méric (nous citons son prénom et son nom, car c’est ainsi qu’on parle d’un militant adulte et responsable) ne restreignait certainement pas son combat antifasciste aux seuls extrémistes au crâne rasé. Ce soir nous sommes en colère, nous sommes écœuré-e-s, et nous pensons devoir à sa mémoire de ne rien concéder ni sur les violences d’extrême droite, ni sur les violences d’état : les rafles organisées doivent cesser ! Liberté de circulation pour tou-te-s ! Le fascisme est une gangrène, soit on l’élimine soit on en crève !

Isabelle et Olivier, instits et syndicalistes

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Communiqué suite à la manifestation en hommage à Clément à Poitiers

Source : L’Epine Noire.

Le jeudi 6 juin à 18 h 30 a eu lieu à Poitiers comme dans de nombreuses autres villes une manifestation organisée à l’appel du groupe unitaire contre l’extrême droite de la Vienne à la suite de la mort de Clément Méric à Paris. Nous avons été agréablement surpris de l’ampleur de la manifestation organisée dans la journée même (entre 250 et 300 personnes), mais nous avons cependant quelques critiques à émettre et besoin de rappeler certains faits.

Nous nous étonnons que des cadres du Parti socialiste de la mairie de Poitiers soient venus sans honte se montrer en mémoire de quelqu’un qui les combattait politiquement. En effet, rappelons que Clément était certes un militant antifasciste mais qu’on ne saurait le réduire à cela. Il était révolutionnaire, et impliqué dans les luttes contre le capital et fatalement contre le gouvernement socialo-écologiste actuel. Antifasciste convaincu, il militait aussi contre toutes les formes d’exploitation et de domination : le sexisme, le racisme et l’homophobie…

Revenons à la manifestation poitevine, non déclarée comme le veut la tradition ici, et regroupant des individus (libertaires ou proches), encartés de gauche et d’extrême gauche et autres membres d’associations. Voilà bien longtemps que tout ce beau monde n’avait pas été réuni. En effet, le bras de fer entre la mairie socialiste et les associations, les anarchistes et surtout dernièrement le DAL 86 dure depuis plusieurs années, et la gouvernance de M. Claeys nous montre le véritable visage de la social-démocratie depuis.

Nous avons donc pu voir nos braves cadres locaux se retirer du cortège au niveau de la mairie alors que ce dernier évoluait vers la préfecture. Très bien, nous dirons-nous, mais cette manœuvre semble aussi avoir été tactique. Car, plus d’une heure après la fin de la manifestation, deux personnes ont été arrêtées et emmenées au poste pour « manifestation illégale » et « outrage aux forces de l’ordre » (des « Flics porcs assassins » s’étant glissés dans les slogans scandés). Ces deux personnes seront relâchées le lendemain et passeront en Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Devant le procureur, donc. Mais le fait intéressant à noter ici est cette phrase lâchée par un conseiller municipal et conseiller de Grand Poitiers bien connu comme bureaucrate de la lutte (notamment au sein des MJS lors du mouvement anti-CPE) : « Ce n’est pas une manifestation, mais un rassemblement silencieux contre les violences de l’extrême droite ». Voilà, tout est dit. Vous vous êtes fait attraper ? Vous ne pouvez que vous en prendre à vous-mêmes. Il ne fallait pas faire de manif (ou du moins pas jusqu’au bout)… puisqu’il existe une pression de la préfecture vis-à-vis des manifestations non déclarées depuis environ un an, et relayée par son chien de garde édenté : la mairie.

Ici donc, les socialistes poitevins suivent la ligne dictée par l’Elysée et le taulier de la place Beauvau : s’émouvoir de manière hypocrite sur la violence et la dangerosité idéologiques des groupes fascistes bien connus. Alors que ce sont ces mêmes socialistes qui, de par leur politique, ne contribuent point à faire reculer les pratiques et idées de l’extrême droite ; bien au contraire, celle-ci s’en est servie à plusieurs reprises afin de gagner des élections, de promouvoir des politiques sécuritaires de la République (n’oublions pas que les centres de rétention, ces prisons démocratiques pour étrangers, datent de l’ère mitterrandienne). Par ailleurs, le jour même où Clément a été agressé, la police de Manuel Valls procédait à une grande rafle de sans-papiers dans le quartier populaire de Barbès à Paris. République, sacro-sainte République! Tel un chant incantatoire, ce terme sonnait creux pour Clément et ses camarades ! Alors, fichez-nous la paix avec cet appel à un front républicain chimérique.

La République n’est qu’un champ de bataille symbolique pour les aspirants au pouvoir, ça fait bien longtemps que son caractère attractif et magique n’opère plus ! Bref, nous nous opposons fermement à cette tentative de récupération étatique de la mort de Clément.

De plus, nous pensons que la dissolution de groupes fascistes ne changera pas la donne. Hormis leur caractère symbolique orchestré par le pouvoir et une partie de la gauche, l’Histoire nous a montré à plusieurs reprises que la dissolution de ces groupes est un leurre (des Ligues des années 1930 à Unité radicale des années 2000, en passant par Ordre nouveau des années 1970) : ils se sont toujours reformés, ils ont juste eu besoin de changer de nom. Mais nous n’appelons pas non plus à une « justice pour Clément ». Cette justice qui nous condamne aussi bien et que nous combattons tous les jours.

Soulignons que depuis plusieurs années les fascistes et autres nazillons ressortent dans la rue et souhaitent la reprendre, galvanisés par les scores de leurs homologues dans de nombreux pays en Europe (Grèce, Hongrie…) sur fond de crise économique. Nous ne découvrons rien, dans plusieurs villes les fascistes sont très actifs, et s’adonnent à des actions violentes et/ou symboliques : Lyon, Toulouse, Tours, Besançon, etc. Mais les dernières manifs contre le mariage homosexuel leur ont permis de se rencontrer, de recruter, bref d’avoir un nouveau souffle, avec la complicité des médias ayant offert leurs micros sur des plateaux d’argent à des mouvements réactionnaires de toutes sortes disséminant leurs discours haineux.

Par exemple, nous avons remarqué qu’ils sont de plus en plus présents sur Poitiers, du moins par leurs affiches et autocollants. Qu’ils soient à Méridien Zéro, au Mouvement Action Sociale, au Parti de France, à l’Œuvre Française ou au plus traditionnel Front National, les militants fascistes tentent de s’implanter localement et durablement. Ils se sentent même pousser des ailes. Pour preuve, début mai ont été découvertes des affiches, collées dans les rues de Poitiers, comprenant les photos de deux militants du NPA avec comme surtitre « Wanted » et cette légende : « Tags dégueulasses, gribouillis partout, panneaux sales, portes tatouées ? Assez ! La police s’en occupe pas on va s’en occuper ! ».

En mémoire de notre camarade Clément, nous souhaiterions que les bureaucrates politiques, membres du gouvernement et autres charognards de la presse fassent profil bas sur le sujet. Pour vous, fascistes, belek : une attaque contre un est une attaque contre tous.

 Dieu pardonne, pas le prolétariat !

 L’Épine noire

Source : le cri du dodo.

avr 172013
 

A l’initiative du Café citoyen de l’Arcadie de Caen, et en partenariat avec l’IAE (Institue des Administrations d’Entreprises), Etienne Chouard animera une conférence-débat suivie d’un atelier constituant le vendredi 19 avril à 19h, sur le thème : « Ne rêvons pas la Révolution, réécrivons la Constitution » !

Mais qui est Etienne Chouard ? Pour y répondre, citons un texte tiré du site Rebellyon.info

Ces der­niè­res années, Etienne Chouard s’est tour à tour déclaré admi­ra­teur de Thierry Meyssan (« un homme char­mant, calme et cultivé, rigou­reux dans ses ana­ly­ses, très convain­cant sur une série de sujets qu’il connaît par­fai­te­ment » [1]), de Jacques Cheminade ( « un homme cultivé et pas­sion­nant », une « authen­ti­que sen­ti­nelle du peuple » [2]), et d’Alain Soral.

Concernant ces trois per­son­nes, il déclare : « je trouve l’accu­sa­tion « fas­ciste » à leur endroit tout à fait dif­fa­ma­toire et infon­dée » [3].

D’autre part, il adule l’énarque François Asselineau, dont les confé­ren­ces sont selon lui « remar­qua­ble[s], admi­ra­ble­ment péda­go­gi­que[s] et com­plète[s] », quand elles ne sont pas tout sim­ple­ment « excep­tion­nelle[s] » [4]). Ce der­nier le lui a bien rendu en l’invi­tant il y a quel­ques mois à la pre­mière uni­ver­sité d’automne de l’UPR, où Chouard a ren­contré Robert Ménard, un homme « cou­ra­geux » dont le « combat pour la liberté d’expres­sion n’est pas facile » [5]). Rappelons que les deux der­niers ouvra­ges de l’ex-porte-parole de Reporters sans fron­tiè­res s’inti­tu­lent Vive Le Pen ! Et Vive l’Algérie fran­çaise !.

Toujours du côté des anti-euro­péens de droite, il encense le député euro­péen bri­tan­ni­que Nigel Farage, copré­si­dent du groupe Europe liber­tés et démo­cra­tie (cons­ti­tué de l’UKIP bri­tan­ni­que et de la Ligue du Nord ita­lienne), qui serait donc un « remar­qua­ble résis­tant à la tyran­nie mon­dia­liste » [6].

Etienne Chouard a même accepté en octo­bre 2011 de débat­tre, à l’invi­ta­tion du sul­fu­reux Jean Robin, avec Yvan Blot, théo­ri­cien his­to­ri­que du Grece, du Club de l’Horloge et du Front natio­nal. Sans rien dire du carac­tère fas­ciste du bon­homme, Chouard le pré­sente au contraire sur son site comme « un « libé­ral » radi­cal » avec qui il a « sans doute quel­ques désac­cords très nets » mais chez qui il trouve néan­moins « de nom­breu­ses obser­va­tions per­ti­nen­tes et utiles sur les objec­tifs et métho­des de l’oli­gar­chie mar­chande qui se pré­pare à nous esso­rer » [7].

À deux repri­ses au cours de l’année 2012, c’est avec Marion Sigaut, l’« his­to­rienne » maison d’Égalité et Réconciliation (« qui est consi­dé­rée par cer­tains comme dia­bo­li­que et par d’autres comme héroï­que [...], mais qui, en tout cas, ne manque pas de cou­rage »), qu’il a accepté de débat­tre. Il en garde un sou­ve­nir ému : « nos échanges sont tou­jours bien­veillants et fra­ter­nels ; cons­truc­tifs. J’aime bien cette femme ; elle est géné­reuse et cou­ra­geuse, et elle a plein de choses impor­tan­tes à nous dire » [8].

Mais le « père Chouard » (sic), comme il aime à se qua­li­fier lui-même, va plus loin en conseillant car­ré­ment à son public de s’inté­res­ser aux thèses du néga­tion­niste amé­ri­cain Eustace Mullins, et qui ten­draient à prou­ver que « les sio­nis­tes » seraient en fait les vrais ins­ti­ga­teurs de la Shoah. Non seu­le­ment l’idole des « citoyens » et des « indi­gnés » n’y a « pas trouvé une seule pensée anti­sé­mite », mais il dit y avoir décou­vert au contraire « une infor­ma­tion très inté­res­sante, et des FAITS étonnants » [9].

Ailleurs sur le web, on peut l’enten­dre pro­fé­rer, entre autres énormités : « Je suis natio­na­liste parce que si je perd la Nation, je perds ce que Robespierre m’a donné comme outil pour résis­ter à Monsanto » [10].

déc 052012
 
Camarades,

(Sur la photo : Les fascistes d’Aube Doré… Groupe para-militaire, parlementaire, soutien objectif du pouvoir en place)

Les fascistes d'Aube Doré... Groupe para-militaire, parlementaire, soutien objectif du pouvoir en place.Le but de ce message est de vous informer brièvement de ce qui se passe ces derniers jours en Grèce et lancer un appel international à la solidarité à tous les anarchistes à travers le monde. —- La Grèce est à un tournant critique, et de nombreux changements importants ont lieu dans une société ainsi que sur le plan politique et économique. —- La désintégration et la dissolution du modèle dominante – jusqu’à récemment – de pouvoir et d’exploitation est plus qu’évident, il définit ce que l’on appelle communément la « crise ». Ce que nous vivons aujourd’hui est l’absence totale d’un système capable d’obtenir un large consensus social, et qui est ainsi engagé dans une attaque frontale qui est inconditionnelle et sans prétexte. —- Au départ de ce que l’on a appelé « crise », l’attaque s’est produite en des termes matériels.

Avec la dévaluation du travail, la réduction des salaires, la « flexibilité » des conditions de travail, l’institutionnalisation de la précarité, l’augmentation du prix des biens de consommation et les factures de services publics, l’augmentation des impôts et des coupes dans les prestations sociales. Dans le même temps, la vente de la richesse publique à des particuliers, la présence policière généralisée dans les rues, les ventes aux enchères, la hausse du chômage a commencé…

En outre, l’attaque sans précédent au moyen de propagande fut déclenchée. Les médias contrôlés par l’État et le capital ont libéré un rythme effarant des scénarios catastrophes… « Si la troïka n’approuve pas le prochain versement du prêt, nous allons tomber en morceaux » divulgation »… Avec tout cela, le mécanisme de communication du Pouvoir est de gérer en permanence un état de confusion et de terreur afin d’assurer la paralysie de la société par le biais d’extorsion.

Cependant, la résistance n’a jamais cessé pour une partie de la société grecque et du prolétariat. De temps en temps, des appels à des grèves générales sont repris à des degrés différents par des gens qui résistent activement et expriment leur volonté de lutter contre les conditions imposées par l’État et le Capital.

Lors de la grève générale du 11 mai à Athènes, une fois de plus des milliers de manifestants ont défilé et manifesté leur opposition aux nouvelles mesures antisociales du gouvernement grec qui affecte les travailleurs et la majorité de la population. Lors de la manifestation, tandis qu’une grande partie des manifestants se dirigeait vers le parlement, les flics ont attaqué sans provocation et de façon vicieuse les blocs les plus radicaux – les anarchistes et anti-autoritaires, les assemblées de quartier, les syndicats, la gauche extra-parlementaire – en les attaquant avec une sauvagerie sans précédent et tirant des centaines de grenades lacrymogènes contre eux, jusqu’à ce que ces blocs soient dispersés. Plus de 100 manifestants ont été hospitalisés, tandis que d’autres ont été opérés.

Notre camarade Yannis, aujourd’hui rétabli, est celui dont la santé était dans la situation la plus critique. Ayant subi une attaque meurtrière par les flics qui lui ont fait des blessures graves à la tête, il a été transféré à l’hôpital dans un ante mortem (avant la mort) – selon le rapport médical délivré plus tard. Une fois que les médecins ont déterminé l’ampleur de l’hémorragie interne la tête, il a immédiatement subi une intervention chirurgicale, il a été intubé à la clinique de soins intensifs. Sa situation reste critique mais stable, sans être sûr d’avoir échappé au danger pour sa vie ou sa santé.

Il est évident que ces attaques meurtrières contre les grévistes, lors de la démonstration du mercredi 11 mai, a eu un seul but : intimider les gens et tous ceux qui résistent aux attaques du pouvoir et de l’État capitaliste. Il s’agissait de faire un exemple visant à l’assujettissement des personnes en envoyant le message suivant : restez à la maison, tranquilles et disciplinés.

Dans ce contexte les discours sur la souveraineté devient de plus en plus à droite et/ou à ses dérivés para-étatiques. Les flambées de violence raciste ont récemment été multipliées à travers le pays, et atteint un point culminant la semaine dernière. A la suite du meurtre de sang-froid, pour un col, d’un résident dans le centre d’Athènes et pour lequel de nombreux immigrants ont été accusés, un pogrom sans précédent contre les migrants a été déclenché. Des groupes de fascistes organisés et/ou autonomes, des racistes et des extrémistes de droite ont profité de l’occasion pour se rassembler tous les soirs pour attaquer les immigrés, en blessant plusieurs. Il semble que la mort d’un migrant ait été causé par eux. Dans le même temps, les néo-nazis, aux côtés de la police, attaquent aussi les squats dans le centre-ville, ce qui conduit nos camarades à devoir se défendre au péril de nos vies contre la police et la brutalité fasciste.

La gravité de la situation est évidente. Une fois que la société accepte une attaque sans précédent contre les parties les plus radicales – l’un des principaux étant le milieu anarchiste – ils sont sous surveillance policière et sous la menace des attaques fascistes (littéralement cette fois, si l’on considère leur rage meurtrière).

C’est la raison pour laquelle nous lançons un appel urgent à la solidarité internationale !

La solidarité a toujours été une des caractéristiques des valeurs des anarchistes. Nous comptons toujours sur la solidarité pour soutenir nos luttes et stopper la logique d’isolement et de retrait dans la vie privée promue par le pouvoir de l’État, et aussi afin de lutter contre l’état capitaliste d’individuation et de démantèlement de toute notion collective.

Maintenant que la société grecque et le prolétariat souffrent d’une détérioration sans précédent des conditions de vie, maintenant que les anarchistes sont sous une telle oppression qui prend des formes de réelles tentatives d’assassinat, maintenant que les milieux politiques anarchistes sont sous le feu de la violence étatique et de la menace fasciste, nous avons besoin de voir nos camarades à travers le monde appeler à des actions et à être solidaires de notre lutte ; par l’organisation d’événements, de manifestations, de marches, de manifestations, en rédigeant des textes, par la parole et les actes, tout ce que les camarades jugent le plus approprié ; toute expression de la solidarité révolutionnaire, que seuls les anarchistes savent et veulent démontrer, va dynamiser notre esprit et renforcer nos luttes.

Avec nos salutations fraternelles,

Groupe des communistes libertaires (Athènes)
revue Eutopia

traduit par les Relations internationales de la Fédération anarchiste (FA)

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