Sommet franco-italien : la police étouffe et réprime massivement l’opposition au Lyon-Turin
Lundi 3 décembre
Info par mail : « vers 20h30 les 25 personnes bloquées dans la nasse sont reparties avec ou sans contrôle d’identité.(..) C’est pour ça qu’ils ont été plus longs à démonter leur matos et à partir, rue Vauban que sur les autres côtés. on n’a pas vu de panier à salades »
22 h 20 : Témoignage d’un des interpellés « Je fais partie des 15 personnes restantes partis à Montluc. Palpation et contrôle d’identité sur place, mais sur les 15 seuls 4 personnes (dont moi) n’avions pas du tout de papiers. Du coup direction Marius Berliet où ils nous ont refais un contrôle. On est déjà 3 à être sortis, le 4e ne devrait pas tarder. Pas de poursuite. Par contre un flic m’a dit que ceux qui se sont fais attrapés ce matin à 11h ne sont pas prêt de ressortir, apparemment ça ne s’est pas bien passé en Garde à Vue. »
21 h 00 : la lutte contre les projets pharaoniques continue ! Un appel depuis la Zad demande un soutien à Notre-Dame-des-Landes mercredi 5 décembre.
20 h 45 : point sur la répression :
- 31 personnes en garde-à-vue, réparties dans les locaux suivants : commissariat de la place Bahadourian, commissariat de Villeurbanne, commissariat du 6e, direction de la logistique de la police (rue de l’Espérance - Maison-neuves).
- 5-6 personnes en contrôle d’identité, Fort Montluc.
- Environ 20 personnes en contrôle d’identité au Fort Montluc sont sorties.
- 4 personnes en contrôle d’identité ou en garde-à-vue dont on n’a pas de nouvelles…
APPEL :
Si vous avez des informations sur les personnes arrêtées, merci de contacter la Legal team ! Il s’agit des arrestations suivantes :
- une personne avec une casquette bleue, interpellée vers 19 h 20 rue Vauban ;
- deux personnes d’origine italienne, en face de la gare de la Part-Dieu, ce matin ;
- une femme et un homme, rue Anatole France, ce matin.
20 h : l’hélico a repris ses rondes entre la Part-Dieu et les Brotteaux, cette fois avec le projecteur allumé.
19 h 56 : Finalement deux pièges se referment de chaque coté de la place du coup : 50 personnes sont à l’intérieur.
19 h 50 : un mec est « auditionné » dans une voiture de la Bac depuis un moment déjà.
19 h 47 : on entend un groupe rue Vauban « Libérez nos camarades ».
19 h 44 : Une vingtaine de personnes prises dans une nasse angle place Jules Ferry et rue Vauban.
19 h 40 : finalement ils ont réussi presque tous à sortir, par petits groupes 10 restent sur la place des Brotteaux et 150 CRS avancent et les bloquent contre une barrière.
19 h 10 : les italiens étant dans les bus il resterait 250 à 300 personnes sur place
18 h 58 : le troisième bus vient de partir, emportant également des CRS, les autres manifestants ne peuvent pas sortir. Certains arrivent néanmoins à s’échapper par des trappes ou des sous-sols mais ils ne sont pas nombreux
18 h 45 Point sur la répression :
- sur les personnes arrêtées Place Saint-Louis, environ 20 sont toujours en garde-à-vue, toujours dans les mêmes commissariats.
- la personne arrêtée à la Part-Dieu est toujours en garde à vue
- 9 personnes ont été arrêtées et sont en garde-à-vue au commissariat de Villeurbanne
- 1 personne a été arrêtée au Brotteaux, après une charge de CRS
- on est toujours sans nouvelles de 12 personnes au total qui ont été interpellées dans la journée au Péage de Vienne, Rue Anatole France et devant la Gare de La Part-Dieu. Si vous avez des infos, contactez la legal team ! Numéro de la Légal Team 06 43 08 40 32
La charge a été de courte durée un manifestant a été arrêté apparemment par des policiers italiens en civils.
18h27 : Charge sur les manifestants en cours.
18h23 Des terreaux à Charpennes en passant par les cordeliers tout l’attirail répressif est de sortie, les témoins hors de la place décrivent un déploiement de grande envergure. Les vélos qui voudraient rentrer dans le 6e n’ont pas le droit de circuler dans la zone.
18h20 : Deux bus sont déja partis sans qu’aucun des manifestants ne puissent passer.
18h02 : les flics refusent de laisser partir les manifestants mais veulent bien relacher les bus.
17h47 : Un léger mouvement vers les barricades bld des Belges mais le canon a eau se retourne vers les gens . Ils sont toujours totalement encerclés, une présence de soutien derrière les barricades serait la bienvenue mais attention on est surdoté en tortues ninja aujourd’hui, ne pas prendre de risques inutiles.
17h37 : les bus bougent à nouveau les gens à pied essaient de sortir en se protégeant au milieu des véhicules.
17h33 : On nous signale une dizaine de fourgons de CRS planqués du côté de la place des terreaux…on nous signale aussi que derrière les barrières Rue Récamier et Cuvier c’est blindé de GM’s.
17h20 : les bus italiens peuvent faire demi-tour et quitter la place, ils s’apprètent à remonter le boulevard des belges mais restent encore immobilisés, les participants essaient de sortir en même temps que les bus.
17h13 : les italiens voudraient bien repartir et demandent à rejoindre les bus, la coordination de la manifestation tente toujours une médiation et obtenir une sortie des manifestants sans contrôle.
17 h : les personnes venues en renfort et désirant rejoindre la manif ne peuvent même pas passer tout est bloqué dans les deux sens. Des renforts seraient souhaitables pour que l’on revive pas une deuxième prison à ciel ouvert comme à Bellecour en 2010.
16h50 : les premières lacrymos sont tirées.
16h40 : départ de la manifestation mais blocage des CRS. Situation très tendue.Des grilles ont été placées sur toutes les rues adjacentes, les manifestants tentent de se déplacer rue Jules Ferry, vers le Parc de la Tête d’or, des pétards sont jetés au sol, les négociations sont en cours pour qu’il y ait une dispersion sans contrôle d’identité,
16h30 : point sur la répression :
-* Sur les personnes arrêtées Place Saint-Louis et enfermées au Fort Montluc, environ 20 vont en garde-à-vue. Elles sont réparties entre le commissariat de la Guillotière Place Bahadourian, le commissariat de Villeurbanne (Gratte-Ciel a priori), et un local spécial, la Direction de la Logistique de la police située au 20 rue de l’Espérance, quartier Maison Neuve.
- 4 autres personnes ont été enfermées au Fort Montluc ; 3 sont sorties mais 1 est mise en garde-à-vue.
- 6 personnes ont été arrêtées pour contrôle d’identité ou autres puis relâchées. Nous sommes sans nouvelles de 12 personnes au total qui ont été interpellées au Péage de Vienne, Rue Anatole France ainsi que devant la Gare de La Part-Dieu. Si vous avez des infos, contactez la legal team !
Numéro de la Légal Team 06 43 08 50 32
16h20 Devant l’impossibilité de bouger des négociations sont en cours avec les forces de l’ordre pour essayer de faire en sorte que les participants au rassemblement se déplacent un peu. Toute avancée vers la part-dieu a l’air impossible ils attendent une décision leur permettant de bouger par exemple du cote de Charpennes. Ils ont dit que les mille personnes actuellement présentes refuseraient tout contrôle d’identité à la fin ou en sortie du rassemblement
16h00 12 cars anti-emeutes sont en place, barrages filtrants, les gens sortent 1 par 1 et sont controlés au passage.
15h50 la place est totalement quadrillée, les CRS sont partout, les flashball prêts à tirer, les tuyaux prêts à arroser, plus personne ne peut quitter la zone, un groupe essaye cependant de créer une dynamique pour bouger de la zone.
15h30 : deux hélicoptères sur la zone.
15h20 Les bus viennent d’arriver aux Brotteaux. C’est très festif, on les accueille, le rassemblement double de volume, l’hélicoptère revient. La place a été totalement fermée, le départ en manifestation semble compromis pour l’instant.
15h08 : les hélicoptères font une pause. Ravitaillement ?
- crédits :https://twitter.com/Romain3889
15 h : un feu d’artifice a un peu affolé les keufs pendant les prises de paroles des collectifs No-Tav, mais tout va bien c’était pour rire.
15 h : les bus viennent de passer le péage de Saint Quentin Fallavier.
14h45 : le rassemblement compte maintenant 500 personnes, il y a diverses prises de paroles des différents collectifs No Tav présents .
les RG ont demandé la communication du trajet envisagé par les manifestants, ils se renseignent… mais d’ores et déjà des barrières anti-émeutes ont été placées sur le périmètre afin que les manifestants ne puissent entrer dans le périmètre de la gare Part-Dieu.
les deux groupes annoncés n’en seraient qu’un (rue Hachette et rue du repos) ces 25 personnes seraient actuellement retenues pour contrôle d’identité. Comme ils n’ont pas fait appeler d’avocat, il s’agirait bien d’un simple contrôle et non d’une garde à vue.
14h40 : les cars italiens auraient été arrêtés à la périphérie de Lyon
Pendant qu’on empêche la manifestation, que les manifestants sont cernés de flics et d’hélicoptères, les bureaucrates signent des accords sur le Lyon-Turin. Sur Rue89Lyon :
Frédéric Cuvillier, ministre délégué en charge des Transports, et Corrado Passera, ministre du Développement économique (avec délégation transports) ont donc signé la déclaration relative au Lyon-Turin, sans que son contenu soit dévoilé davantage.
14h00 Les 11 bus italiens ont finalement passés a frontière et sont attendus à 14h30 à Lyon. 1 seul bus n’a pu passer.
13h45 ils sont maintenant 400 sur la place.
13h30 ça bouge pas trop, toutes les issues sont bloquées y’aurait bien eu deux groupes de gens contrôlés ce matin dont un a été interpellé
13h20 l’hélico fait des ronds au-dessus de la place.
13h15 Certains GM qui gardent la zone rouge étaient à NDDL la semaine dernière, ils sont vraiment trimballés de partout !
13 h 10 : on attend confirmation d’une cinquantaine d’interpellations qui auraient eu lieu dans le 3e, rue Jeanne Hachette, ils ont été amenés au Fort Mont-luc .
13h05 : précisions sur les interpellations de ce matin. 25 personnes ont été cueillies ce matin à la sortie d’un squat rue du Repos. Il semblerait que ce ne soient pas des italiens, mais des opposants à Notre Dame des Landes venus en soutien. Ils n’ont toujours pas été relâchés.
13 h : on nous signale la présence de flics en mode « tortues ninja » en faction devant la gare de Jean Macé, attention si vous arrivez par là. Pas de présence policière très visible dans les rues autour de la Part-Dieu.
13 h : 300 personnes sont déjà au rendez-vous aux Brotteaux. Deux hélicoptères survolent la place. Des canons à eau sont là aussi. Le quartier est totalement encerclé.
12h30 : tous les cars italiens (à l’exception d’un venant de Milan, à confirmer) ont réussi à passer la frontière, après que les flics aient bien pris leur temps pour qu’ils arrivent en retard au rassemblement qui a déjà débuté aux Brotteaux. Photo des dangereux anarcho-autonomes d’ultra-gauche bloqués à la frontière sur le site de La Stampa.
2 italiens arrêtés à la gare gardées deux heures en GAV.
25 interpellations place Saint-Louis après un important déploiement policier. Apparemment des No Tav italiens.
12 cars venant d’Italie avec 700 opposants au TAV sont en route vers Lyon, la majorité auraient réussi à passer malgré les embrouilles à la frontière.
11h40 : un hélicoptère survole la Guillotière.
Le Progrès prépare la répression en toute tranquilité et titre « Sommet franco-italien : sécurité maximum face à l’ultra-gauche ». Tremblez braves gens. On y apprend qu’un « centre névralgique de surveillance ultra-sécurisé » est déjà mis en place dans le quartier de la préfecture.
L’enjeu, c’est également la sécurité : des centaines de gendarmes et policiers, les troupes d’élite du Raid, le GIPN, des hélicoptères sont mobilisés. Le quartier de la préfecture sera placé sous haute surveillance. Pour coordonner l’ensemble des opérations, un Centre Opérationnel Zonal a été délocalisé à proximité de la préfecture sous la direction du préfet délégué à la sécurité Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts. Un centre névralgique de surveillance ultra-sécurisé pendant les quelques heures du sommet. Car au total, ce sont deux chefs d’Etat et une quinzaine de ministres des deux pays qui seront présents pour une série d’entretiens bilatéraux.
Samedi 1er décembre
Gros succès du concert organisé au Grrrnd Zéro en soutien aux inculpés de la lutte No Tav.
Plusieurs bus venant du Val Susa ont été arrêtés et l’un d’entre eux a été forcé de faire demi-tour. Traduction d’un message des 15 invités aux conférences :
« Le bus qui était sensé arriver aujourd’hui du Val de Suse a été bloqué depuis 7h du matin a Modane, tout le monde a été amené au commissariat et fouillé soigneusement. Actuellement ils sont renvoyés en Italie, il ne peuvent pas passer la frontière sous prétexte que certaines personnes ont des précédents concernant des manifestations No Tav. La police affirme ’’ce sont donc des personnes non désirées, on applique la restriction Schengen’’. »
- à lire aussi : No TaV : blocage et contrôles à la frontière
- article sur le sujet sur Rue89Lyon
Les TCL ont annoncé d’importantes modifications de la circulation des transports en commun « pour des mesures de sécurité » :
Tramway T1 : ne circule plus entre Perrache et gare Part-Dieu de 5 h à 18 h - circulation normale entre Montrochet et Perrache et entre la gare Part-Dieu et IUT Feyssine.
Métro B : ne dessert plus la station Place Guichard de 5 h à 18 h. La station Brotteaux est fermée de 12 h à 18 h - attention la station sera desservie et la descente possible à cet arrêt.*******************************************
Lyon 03/12 : un succès malgré tout
Réflexions à chaud sur les points forts et les limites de la journée de mobilisation franco-italienne contre la ligne à grande vitesse.
La journée du 3 décembre à Lyon a représenté un moment important pour le mouvement No Tav. Pour la première fois Français et Italiens ont réussi à construire ensemble une initiative dans l’une des deux capitales de l’hypothétique future ligne à grande vitesse. Pour être plus précis, il vaudrait mieux dire que la journée s’est déroulée de Turin à Lyon, et retour, étant donné qu’il nous a fallu 9 heures pour arriver à destination et 4 autres pour sortir de la place Brotteaux après 2 heurs de présence au sein d’un scénario surréel : assiégés puis empaquetés au moyen de la technique du « cattling » (littéralement « bétail ») par plus de 1300 policiers (CRS) et gendarmes français pour les 1000 manifestants présents.
Comme dans mille autres occasions le mouvement No Tav a conquis mètre par mètre sa capacité d’action, habitué à ne rien demander et à prendre ce qu’il peut en combattant collectivement : 3 heures de contrôle à la frontière, 1 heure à attendre que le dernier bus soit autorisé à partir, une autre heure encore bloqués aux portes de la ville par les forces de l’ordre décidées à nous soumettre à un contrôle supplémentaire (dont le seul but était en fait de nous faire perdre du temps et de nous faire arriver en retard) contre lequel nous nous sommes rebellés en masse. Chaque moment, chaque obstacle à dépasser a nécessité une grande détermination et des nerfs d’acier : nous avons du hausser le ton, tenter de descendre des autobus dans lesquels nous étions séquestrés, menacer de bloquer l’autoroute, résister aux charges des CRS sur la place.
Entre 400 et 500 personnes, lyonnais ou venus d’autres villes de France (notamment les camarades qui luttent contre le méga-aéroport de Notre-Dames-des-Landes), nous ont attendu pendant plus de 4 heures sous une pluie fine mais continue, dans un climat humide et désagréable. Notre arrivée a été fêtée avec des feux d’artifice et des cris de joie. De nombreuses interventions ont détaillé les raisons de notre opposition aux grands projets inutiles, qui toujours plus servent de pont transnational entre des batailles qui trouvent un terrain commun non pas dans un « environnementalisme » générique, mais à partir d’une critique intégrale de tout un modèle économique et qui remet en cause la destination de la richesse collective, qui pose la question de pourquoi nous travaillons, qu’est-ce que nous produisions, quels buts donnent forme à nos actions collectives. Derrière ces projets aux dimensions pharaoniques, il y a toujours le détournement d’une part très importante de la fiscalité générale prélevée pour être mise en circulation et faire travailler des entreprises privées, des amis, des clients qui en tireront une utilité considérable mais extrêmement circonscrite et partiale. La bataille livrée depuis plus de dix ans dans le Val de Suse contre la ligne à grande vitesse revendique la décision depuis le bas sur quoi, comment et pourquoi produire un projet, un objet, un service, etc.
Telle était la signification première de cette journée de lutte : dénoncer cette expropriation depuis le haut, informer le plus grand nombre possible de lyonnais que tout cela les concerne. Cet objectif a été en partie empêché par un dispositif de contrôle policier sophistiqué et efficace (nous en reparlerons). Malgré tout, l’emploi d’autant d’hommes, l’utilisation de technologies sophistiquées et couteuses, la paralysie d’une partie de la ville, le cout total d’une mise en scène aussi musclée de la capacité de prévention et de contrôle de l’Etat français indiquent aux autorités et à la partie de la ville qui a pu en être témoin que l’opposition est forte, ancrée, qu’elle se pose donc comme un fait politique important.
L’élaboration de la journée accomplie ensemble et la participation malgré tout importante (600 personnes venues d’Italie un lundi, plusieurs centaines en France alors que la question est encore peu connue et la lutte encore à ses débuts) ne doivent pourtant pas nous exempter d’avancer certaines critiques – que nous espérons constructives – sur la façon d’agir des composantes françaises du mouvement (nous proposons ces critiques à l’ensemble de ceux qui ont agi collectivement sur la place et non pas à des groupes précis de camarades, conscients des efforts mis en œuvre par eux et des difficultés rencontrées pendant ce mois et demi de construction de la journée).
Nous nous sommes en effet retrouvés plus d’une fois aux prises avec des initiatives aléatoires, des choix impulsifs et des comportements incompréhensibles sur la façon de réagir à la force déployée par l’adversaire. Ceci s’explique certainement par les difficultés de communication entre des façons de faire et des traditions diverses mais aussi, dans de nombreux cas, par une attitude explicitement autocentrée, idéologique, peu habituée à se confronter à des compositions différentes de celle des habituels milieux militants (avec leurs manies et leurs fixations qui n’ont parfois pas grand-chose à voir avec le contexte et les objectifs de la journée).
Selon nous, ces difficultés sont symptomatiques d’un niveau assez « pauvre » du débat sur le nœud central de l’agir politique et des luttes : comment faire ensemble. Problème d’organisation et de subjectivité. Au refus a priori, et d’après nous idéologique, de se mesurer à ce problème, souvent caché derrière des principes comme « personne ne peut juger si une action est juste ou erronée » ou bien « chacun est libre de faire ce qu’il veut », correspond un manque d’assomption de responsabilité sur le fait de lancer une initiative, de l’organiser, de la mener à terme.
A un certain moment, la responsabilité quant au sort des lyonnais sur la place a été reportée sur les épaules des No Tav italiens, dont on ne pouvait pourtant pas exiger une présence et une énergie illimitées (du fait de la composition même des bus). La majeure partie d’entre nous, ainsi que de nombreux habitants du Val de Suse et les camarades de Milan, sont partis avec les deux derniers bus, poussés de force et escortés jusqu’au péage de l’autoroute à plusieurs dizaines de kilomètres de Lyon.
Si nous mettons en avant ces réflexions critiques, ce n’est pas pour nous placer sur un piédestal ou parce que nous voudrions donner des leçons à nos cousins de l’autre coté des Alpes mais parce qu’au cours de sa longue et sinueuse histoire le mouvement No Tav est parvenu à bâtir une façon de faire, de prendre des décisions et de bouger ensemble qui fonctionne et qui, malgré les évidentes différences, a construit une unité de fond sur la méthode qui a donné des résultats importants et nous a permis et nous permet encore aujourd’hui de durer face à un ennemi plus forts et doté de moyens bien plus importants. En dépit des apparences, c’est avec une grande humilité que nous exposons ces réflexions. Parce que nous croyons que des embryons d’élaboration commune possible sont bien présents et susceptibles d’être approfondis.Pour conclure, une observation sur l’action de la police française. Le destinataire cette fois est plutôt le mouvement italien. De nombreuses réflexions et critiques ont été mises en avant quant à la façon d’agir des forces de l’ordre. L’usage à bout portant et en quantité abondante du lacrymogène en spray et la dimension liberticide de ce confinement ont été justement dénoncées. Mais le risque ici est de perdre de vue l’aspect à notre avis le plus important de ce mode d’action.
A bien y regarder, la police française est bien plus efficace sur le plan de la prévention et du contrôle des manifestations. Ce n’est pas dans l’intention de provoquer que nous disons que, au fond (et en fait pas si au fond que ça), cette efficacité est le désir de la gauche italienne. Une police qui ne tache pas de sang les trottoirs, qui ne laisse pas de marques de coups, qui ne charge pas de façon indiscriminée les manifs mais les contrôle de manière exemplaire, totale. Demander que soit inscrit le numéro d’identification des policiers sur l’uniforme ou le casque peut être considéré comme une bataille importante mais cela ne résoudra en rien notre problème : comment être plus fort, plus malins, plus efficaces que ces dispositifs de contrôle.
Les forces de police française sont plus avancées, démocratiques et efficaces que les forces italiennes. C’est une efficacité qui part de la dimension de grandeur incorporée dans la technologie nucléaire (lire sur ce point certains commentaires sur les médias mainstream français) et qui arrive jusqu’à la bonne éducation du policier qui te répond gentiment qu’il n’a pas le droit de te parler, qu’il ne fait qu’exécuter des ordres et qui ensuite te gaze en plein visage (mais seulement si tu résistes de manière exagérée à ses exigences).Notre problème à nous, c’est comment construire les conditions pour rompre ce mécanisme. Nous voulons résister de manière exagérée. Cela signifie s’équiper, être plus intelligents et efficaces que notre adversaire, prédisposer les conditions de possibilité, les développer et les rendre plus opérantes. Pour faire tout cela, nous devons être prêts à abandonner certaines obsessions inutiles, identités puristes, traditions dont il est difficile de se débarrasser mais aussi combattre certaines illusions à la vie dure quant à la possibilité de réforme ou la démocratisation des forces de l’ordre, Qu’elles soient plus démocratiques ou plus transparentes, les forces de l’ordre ne cesseront jamais d’être ce qu’elles sont. Elles seront juste pus efficaces et notre impuissance n’en sera que plus grande.
Voulons nous vraiment nous donner de la peine pour ça ? Ne désirerons-nous pas plus intensément inventer et construire de nouveaux mondes ?
La rédaction d’Infoaut de retour de Lyon
Traduit depuis infoaut.org
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Le 3 décembre vu par les Italiens
Que s’est-il passé le 3 décembre à Lyon ? Le récit vu par les Italiens venus du Val de Suse pour la manifestation.
D’un côté il y avaient les gouvernements des crises économiques, de l’autre l’Europe des peuples, des citoyens en lutte. Les premiers ont signé l’énième protocole vide de contenu et inutile, puisque sans financement. Les seconds ont tenté de manifester leur pensée, leur opposition à ces choix.
Les premiers, Monti et Hollande, avec toute leur générosité, ont convaincu les journaux et la TV - qu’eux même gouvernent - que tout allait désormais filer droit, sur le Lyon-Turin, sur les réponses à donner à la crise, et sur bien d’autres choses encore. Protégés par des milliers de policiers ils ont signé, parlé, photographié, mangé aux frais des citoyens qui étaient tenus à des kilomètres.
Les NO TAV, les véritables citoyens, ceux qui payent les choix de ces gouvernements, ont été escortés, et bloqués pendant au moins 4 heures à la frontière, puis encore bloqués aux portes de Lyon, et grâce à leur ténacité, ont finalement rejoint la place concédée pour manifester.
Partis à 6h du matin, arrivés à Lyon à 15h30. Puis arrive la surprise : sur la place, les libertés s’arrêtent à la descente du bus. Ici, à Lyon, c’est la police du gouvernement Hollande qui commande, et tout cortège est interdit, comme il est interdit à chaque personne de s’éloigner de la place. Interdit de quitter la place ! Ce sont les ordres.
Puis vers 18h il fait nuit, et pour la police il est l’heure de faire rentrer les NO TAV à la maison, et pour cela hommes et femmes, vieux et enfants sont chargés et matraqués, gazés aux lacrymogènes vers les bus. Puis les bus sont réquisitionnés pas les agents qui montent, frappent tous ceux qui se lèvent de leur siège. Dans un cas le chauffeur est remplacé par un CRS qui conduit le bus vers la frontière. Dans un autre cas, les agents montés dans le bus gazent au lacrymogène provocant des malaises chez pratiquement tous les passagers. Chaque bus est ainsi escorté, sous la menace, sur l’autoroute, puis encore bloqués vers 20h30.
Deux faces d’un même problème ? Non, absolument pas. D’un côté, dans les palais de la république, des bourreaux-bureaucrates qui, au nom des banques et de la crise, sont disposés à passer sur le corps des personnes, au point de faire couler le sang.
De l’autre, l’Europe des peuples, des simples gens, des citoyens qui, malgré les violences et les injustices qu’ils subissent depuis des années, continuent et continueront à se battre. Ce n’est pas un problème qui suppose une médiation, c’est que la partie saine doit avoir raison de la partie malade.
Mouvement NO TAV
www.notav.info/
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Témoignage de Anonyme :
Nous vous proposons un témoignage à deux voix sur la journée de contestation au projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin qui se déroulait à Lyon le 3 décembre.
Ce récit n’est en aucun cas un texte politique mais simplement une vision personnelle du déroulement du rassemblement au Brotteaux.Alors voilà, pour une fois dans la semaine nous nous sommes levé-e-s tôt pour rejoindre le rdv fixé à midi. A notre arrivée, environ 500 personnes étaient rassemblées dans le froid et tentaient de se réchauffer autour d’un brasero ou d’une soupe.
Différents collectifs proposaient des brochures et des tracts sur un info-kiosque mis à disposition. Les personnes souffrant vraiment du froid pouvaient acheter des pulls estampillés « NOTAV » et ainsi allier l’agréable à l’utile en renflouant la caisse de soutien du-dit collectif.A partir de ce moment une interminable attente commençait. Nous avions tout loisir d’observer le dispositif de nasse policière se mettre en place. Qu’ attentions nous alors ? Les bus arrivant d’Italie, bloqués une première fois à la frontière puis aux portes de Lyon. Cela ne nous surprenait pas car ces méthodes répressives sont souvent utilisées en contre sommet et autres rassemblement de contestation.
Toutefois, nous avons profité de ce temps d’immobilité pour échanger nos impressions sur les modalités de ce rassemblement. Ainsi, l’endroit du rendez-vous ne nous semblait pas stratégique car il y a peu de visibilité dans ce quartier d’habitation bourgeoise.
Le rassemblement ayant été déclaré en préfecture, nous avons appris que l’organisation s’est vu proposer d’autres lieux que la place Guichard située à proximité de la zone rouge. Un rassemblement non déclaré sur la presqu’île nous aurait semblé plus judicieux. Dans ce cas, il se serait agit de se réapproprier la rue. Cela nous semblaient plus intéressant que d’être encerclé-e-s sur une place. Cependant les organisateurs-trice-s avaient sûrement leurs raisons pour légaliser le rassemblement. Pendant ces trois heures d’attente nous réfléchissions à un départ en manif car la nasse n’était pas encore bouclée. Les personnes arrivant en bus aurait pu nous rejoindre ailleurs que sur cette place.Autour de 15h30 les cars arrivèrent enfin et le dispositif policier se referma aussitôt. Au son de trompette et de fanfare nous nous faisions à l’idée que cette garde à vue collective à ciel ouvert ne faisait que commencer.
Plus tard, fruit d’une frustration générale, un cortège se forma dans un but inconnu pour nous, mais la perspective de cette émulation nous réchauffa les pieds et l’esprit un court instant. La troupe de déplaça sur environ 12m jusqu’à un cordon de keufs et s’immobilisa devant le canon à eau.
Pendant ce temps un groupe de personnes se dirigea vers une barrière anti-émeute et se mit à manifester leur colère en la secouant . Il ne fallut pas longtemps pour que les lardus réagissent à coup de spray lacrymo. Suite à ça, les gens-tes ont re-convergé au centre de la place.
Entre temps la nuit était tombée, ce qui rendait plus agréable le gaspi de nos fumigènes et autres feux d’artifices.Des annonces nous apprirent que les organisateurs-trices tentaient de négocier naïvement avec la police notre sortie de la nasse. On nous expliqua que les gen-te-s venue en car d’Italie étaient autorisé-e-s à partir et que nous devions nous immiscer par petit groupe derrière les cars.
Pour nous, cette solution était vouée à l échec. Effectivement les forces de l’ordre ont manœuvré pour escorter chaque bus et leurs permettre de passer le cordon. Ce qui leurs permettaient de charger a coup de bouclier, de gaz et de tonfa, les personnes qui était derrière les bus.
Nous étions un bon nombre à nous questionner quand au sens du mot solidarité au moment où les organisateur-trice-s négociaient des sorties partielles. On entendait des remarques telles que « on est tous la pour la même cause ce qui nous a tous mis dans la même merde, on devrait tous sortir ensemble » ou « soit tout le monde sort, soit tout le monde reste ».Avant le passage du premier bus, on entendait les organisateur-trice-s relayer au mégaphone les ordres de la police, à savoir : « on nous dit de reculer derrière le deuxième bus ».
Nous ne comprenions pas la légitimité de certain-e-s à négocier pour nous. D’autant plus que ces tractations naïves nous mettaient en danger.
Après plusieurs charges, tous les bus sortirent de la nasse pendant que les autres résistaient comme ils pouvaient aux charges répétées. A ce moment là, des flics montaient dans les cars pour les escorter.Vers 19h00, Une rumeur se répand sur la possibilité de sortir de la nasse par un autre coté de la place. Des petit groupes commencèrent à quitter les lieux.
Cette après midi fut longue et éprouvante. Nous avons été surpris par l’absence de prise de décision collective. Nous avions l’impression que certain-e-s organisateur-trice-s se sentaient dans le devoir de négocier avec la police. Nous pensons que discuter avec les autorités est inutile. Nous ne voulons pas qu’un petit groupe de personnes bien qu’organisant le rassemblement, se permette de tout contrôler.
Témoignage de jojo le zigoto :
Voici un petit récit qui commence à partir de 19h environ, au moment où les forces de l’ordre et de la morale nous ont refait le coup : On vous dit comment sortir, et après on vous cogne !!!
Ce n’est pas une réflexion qui va très loin, le but n’est pas d’exprimer une pensée sur l’utilité de tel ou tel mouvement, telle ou telle résistance. Le but est de faire ressentir à ceux qui voudront bien prendre le temps de lire ce texte, ce que moi et mes potes on a tous ressentis.
19h : On décide qu’on va essayer de sortir en intercalant des groupes de la foule entre les bus. C’est ce que nous auraient dit les flics. Pour nous, qui avons vécu la prison Bellecour du 21 octobre, que ce soir à l’intérieur ou à l’extérieur, on sait que quand les flics nous proposent une porte de sortie, c’est bien souvent de la lacrymo qui nous attend. La suite va malheureusement nous donner raison.
Pendant un bon bout de temps (j’avais autre chose à faire qu’à regarder ma montre je vous l’avoue), les tractations continuent. Le premier bus se présente avec derrière lui un bon groupe de français et d’italiens qui sont restés sur la route avec nous par solidarité. D’abord restés bien sagement derrière le bus, les gens s’impatientent, parqués comme des bêtes qui demanderaient à leur seigneur de pouvoir quitter l’enceinte du château en toute quiétude après trois jours de siège. On est donc beaucoup à aller au contact de la ligne de flics, bien gentiment, sans aucune agressivité, pour voir ce qui se passe. Et ben je vous le donne en mille, il ne se passe RIEN.
D’un coup, les premières lignes de CRS ou GM, j’sais plus, longent le premier bus pour l’isoler (oh tiens, on s’en doutait pas !) du reste des manifestants et ainsi le faire sortir seul. La tension monte, les gens protestent. Le premier bus est isolé, mais les italiens dedans refusent de partir sans nous. Des flics montent alors dans le bus. Ca met vraiment la pression, on commence à s’énerver de tant d’injustice, de tant de tractations menées par les flics. Ils nous disent qu’on sort comme ci comme ça, pour en fait isoler les bus des français à pied, afin de pouvoir contrôler massivement tout le monde. En plus de ça, leur agressivité et leurs violences ont encouragé, et c’est bien normal les gens à pied à la révolte, dans l’objectif de faire un maximum d’interpellations.
Une ligne se crée devant les flics après que le premier bus soit sortit sous l’autorité de keufs montés dedans. Une petite attente a lieu, sans que aucun caillou ou cocktail molotov gicle vers les flics, comme on pu le lire dans un certain journal lyonnais puant de fascisme. Et, les connards de journaleux d’extrême droite, on a pas empêché les bus de partir, c’est eux qui ont refusé de dégager par SOLIDARITE !! Pour pas nous laisser dans la merde ! Capiche ? Fumiers de médias désinformateurs.Et là, qu’est ce qu’on vous avait dit, on n’a pas confiance. Et ben voilààààà ! Coooomme d’habitude ! Une grosse charge du côté gauche de la ligne, avec gazage et interpellation, voilà ! Nous n’avions fait preuve d’aucune velléité d’attaquer les flics, aucun caillassage n’avait été noté à ce moment, rien. Ils nous ont chargés sur une place d’où nous ne pouvions de toute manière pas sortir.
Alors là par contre, on n’a pas eu à faire d’AG plénière pour décider ce qu’on allait faire. Epaules contre épaules, cœur contre cœur, français et italiens mélangés, on s’est défendus. On s’est battus pour nous défendre, on s’est battus contre une répression féroce (les flics durant les affrontements étaient bien plus nombreux que nous). Durant cette bagarre complètement inégale, un de mes amis s’est mangé un coup de matraque télescopique dans le coude. Je rappelle que cette arme n’est destinée qu’à la défense, même pour un flic, et que dans ce cas là, elle a été utilisée durant une charge, donc en toute illégalité.
J’ai vu de mes propres yeux un mec juste devant moi, qui a failli se faire arracher par les flics. Petit moment de gloire bien modeste : mon pote et moi on s’est accrochés à lui comme si notre vie en dépendait pendant que trois flics l’empoignaient. C’est alors qu’un flic énervé de ne pas pouvoir le serrer (il avait les traits déformés par la haine, il m’a vraiment fait flipper) s’est mis à cogner comme un sourd à coups de poings sur le haut du crâne de notre camarade, que nous avons réussi à extraire en tirant sur sa veste comme des malades, alors même que ces bâtards de flics nous gazaient dans les yeux pour nous empêcher de l’aider. Avec mon pote on s’est retrouvés à baver nos tripes par terre à quatre pattes comme des chiens, la gorge et les yeux en feu, mais en ayant sauvé l’cul de ce mec qui a mangé sévère. Merci aux équipes médicales qui ont fait un super travail ce soir là. A toi camarade que je ne connais pas, si tu lis ces quelques lignes, j’espère que tu vas bien, que ta tête ne bourdonne pas trop et que ta volonté dans la lutte est intacte. J’aurais plein d’autres moments incroyables à raconter, comme ces filles nues qui caressaient les boucliers des GM, ou ces italiens à qui je prenais le bras face aux flics, on ne parlait pas la même langue, mais c’était pour nous le même combat.
Bilan, on s’est tous moi et mes potes faits gazer 5, 6 fois en une heure, on a mangé des coups de matraque, de boucliers, mais on ne s’est pas fait serrer.
On a pu sortir de cette véritable souricière quand les flics de l’autre bout de la place ont décidé de faire sortir les gens au compte goutte. On voulait pas partir, pas laisser ces jeunes et ces vieux italiens, qui se sont battus ce soir là à nos côtés. Et alors qu’on se demandait s’il fallait quitter les lieux, nos camarades NO TAV nous ont dit : Il faut que vous partiez. Nous on va rester là, faire du cinéma, pendant que vous partez. Mais tant qu’il y aura des français sur la place, on ne partira pas. J’en ai encore des frissons quand j’écrit ces mots, et on a pas vraiment eu le temps de les remercier, les « ritals », comme on les appelait affectueusement, car la ligne de GM chargeait encore, avec derrière eux un nouveau cordon tout frais arrivé, accompagné de leur gros joujou le canon à eau. Ca nous a vraiment fait mal d’abandonner nos amis italiens, mais là, la souricière se refermait sur nous qui n’étions plus assez pour résister.
On a pu alors sortir en petits groupes, par un barrage filtrant.Ce soir a été vécu par nous comme un moment de répression pure face à des manifestants qui encore une fois, n’avaient pas de masques à gaz (j’en ai vu aucun durant les affrontements), pas de couteaux, pas de bidons d’essence pour faire des cocktails (nan mais sans dec’ les journalistes, vérifiez vos sources, on a lu un nombre de conneries et de surenchères ahurissantes une fois rentrés !!), ni de RPGs pour descendre l’hélico. Mais de toute façon, à Lyon, on a l’habitude, c’est pas comme si c’était la première fois que ça arrivait…
Bref, voilà, c’est déjà trop long, j’ai oublié des choses, pas pu exprimer toute la haine profonde que j’ai ressenti devant tant de violence d’Etat, ni la bonne rigolade de voir les visières des GM couvertes de molards, de voir une gendarmette paniquer face à nous et se barrer de sa ligne, de voir un GM pleurer par qu’ils se sont gazés entre eux, on a presque eu e vie de lui filer un coup de sérum.Continuez la lutte, les jeunes les vieux, on les emmerde de toute façon ! Salut !
Témoignage de pitrognages :
Nous avons assisté ce lundi 3 décembre à une réelle démonstration de force de la part de l’état.
Bien que se soit le préfet de police de lyon et ses sous fifres qu’y ont organisés cette souricière. M. HOLLANDE se voit forcément complice d’une répression quasi fasciste.Une vingtaine « d’arrestation préventive » ( déclaration des droits de l’homme et du citoyen : article 10 « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi » ) comment peut on troubler l’ordre public en se dirigeant pacifiquement dans une manifestation ?? comment pouvez vous donc justifier des privations de libertés que ces gens ont subis ?
je ne citerais pas tous les articles de cette déclaration qui m on semblé être bafouées à cette manifestation ainsi que samedi dernier. la libre circulation des biens et des personnes, le droit de manifestation, le droit d’opinion… n’avait vous pas honte M. HOLLANDE ,étant vous même issue d’un partie se prétendant socialiste, d’être le président d’une société fascisante ? la sfio est bien loin aujourd’hui..
Lundi, quand « personne » ne pouvait sortir du carré sécuritaire installé par les crs, nous avons pu tout de même admirablement remarquer que les manteaux en fourrures du 6e eux le pouvaient… en revanche si vous veniez de la guillotière …
le canon a eaux braqué sur les manifestants… devons nous prendre sa comme une provocation ?
aujourd’hui, vous « tapez » avant de parler, vous « décidez » plutôt que de consulter…
je me sens personnellement bien loin de tous ça. sans patrie, sans drapeaux, sans frontières… Mais voyez bien, que même dans vos idées de république démocratique, vous ne respectez plus rien.
Le peuple se DOIT donc de vous les rappeler, par TOUTES formes de mobilisations !
Source : Rebellyon.