déc 092012
 

Sommet franco-italien : la police étouffe et réprime massivement l’opposition au Lyon-Turin

Lundi 3 décembre

Info par mail : « vers 20h30 les 25 per­son­nes blo­quées dans la nasse sont repar­ties avec ou sans contrôle d’iden­tité.(..) C’est pour ça qu’ils ont été plus longs à démon­ter leur matos et à partir, rue Vauban que sur les autres côtés. on n’a pas vu de panier à sala­des »

22 h 20 : Témoignage d’un des inter­pel­lés « Je fais partie des 15 per­son­nes res­tan­tes partis à Montluc. Palpation et contrôle d’iden­tité sur place, mais sur les 15 seuls 4 per­son­nes (dont moi) n’avions pas du tout de papiers. Du coup direc­tion Marius Berliet où ils nous ont refais un contrôle. On est déjà 3 à être sortis, le 4e ne devrait pas tarder. Pas de pour­suite. Par contre un flic m’a dit que ceux qui se sont fais attra­pés ce matin à 11h ne sont pas prêt de res­sor­tir, appa­rem­ment ça ne s’est pas bien passé en Garde à Vue. »

21 h 00 : la lutte contre les pro­jets pha­rao­ni­ques conti­nue ! Un appel depuis la Zad demande un sou­tien à Notre-Dame-des-Landes mer­credi 5 décem­bre.

20 h 45 : point sur la répres­sion :

  • 31 personnes en garde-à-vue, réparties dans les locaux suivants : commissariat de la place Bahadourian, commissariat de Villeurbanne, commissariat du 6e, direction de la logistique de la police (rue de l’Espérance - Maison-neuves).
  • 5-6 personnes en contrôle d’identité, Fort Montluc.
  • Environ 20 personnes en contrôle d’identité au Fort Montluc sont sorties.
  • 4 personnes en contrôle d’identité ou en garde-à-vue dont on n’a pas de nouvelles…

APPEL :
Si vous avez des infor­ma­tions sur les per­son­nes arrê­tées, merci de contac­ter la Legal team ! Il s’agit des arres­ta­tions sui­van­tes :

  • une personne avec une casquette bleue, interpellée vers 19 h 20 rue Vauban ;
  • deux personnes d’origine italienne, en face de la gare de la Part-Dieu, ce matin ;
  • une femme et un homme, rue Anatole France, ce matin.

20 h : l’hélico a repris ses rondes entre la Part-Dieu et les Brotteaux, cette fois avec le pro­jec­teur allumé.

19 h 56 : Finalement deux pièges se refer­ment de chaque coté de la place du coup : 50 per­son­nes sont à l’inté­rieur.

19 h 50 : un mec est « audi­tionné » dans une voi­ture de la Bac depuis un moment déjà.

19 h 47 : on entend un groupe rue Vauban « Libérez nos cama­ra­des ».

19 h 44 : Une ving­taine de per­son­nes prises dans une nasse angle place Jules Ferry et rue Vauban.

19 h 40 : fina­le­ment ils ont réussi pres­que tous à sortir, par petits grou­pes 10 res­tent sur la place des Brotteaux et 150 CRS avan­cent et les blo­quent contre une bar­rière.

19 h 10 : les ita­liens étant dans les bus il res­te­rait 250 à 300 per­son­nes sur place

18 h 58 : le troi­sième bus vient de partir, empor­tant également des CRS, les autres mani­fes­tants ne peu­vent pas sortir. Certains arri­vent néan­moins à s’échapper par des trap­pes ou des sous-sols mais ils ne sont pas nom­breux

18 h 45 Point sur la répres­sion :

  • sur les per­son­nes arrê­tées Place Saint-Louis, envi­ron 20 sont toujours en garde-à-vue, toujours dans les mêmes commissariats.
  • la personne arrêtée à la Part-Dieu est toujours en garde à vue
  • 9 personnes ont été arrêtées et sont en garde-à-vue au commissariat de Villeurbanne
  • 1 personne a été arrêtée au Brotteaux, après une charge de CRS
  • on est toujours sans nouvelles de 12 personnes au total qui ont été interpellées dans la journée au Péage de Vienne, Rue Anatole France et devant la Gare de La Part-Dieu. Si vous avez des infos, contactez la legal team ! Numéro de la Légal Team 06 43 08 40 32

La charge a été de courte durée un mani­fes­tant a été arrêté appa­rem­ment par des poli­ciers ita­liens en civils.

18h27 : Charge sur les mani­fes­tants en cours.

18h23 Des ter­reaux à Charpennes en pas­sant par les cor­de­liers tout l’atti­rail répres­sif est de sortie, les témoins hors de la place décri­vent un déploie­ment de grande enver­gure. Les vélos qui vou­draient ren­trer dans le 6e n’ont pas le droit de cir­cu­ler dans la zone.

18h20 : Deux bus sont déja partis sans qu’aucun des mani­fes­tants ne puis­sent passer.

18h02 : les flics refu­sent de lais­ser partir les mani­fes­tants mais veu­lent bien rela­cher les bus.

17h47 : Un léger mou­ve­ment vers les bar­ri­ca­des bld des Belges mais le canon a eau se retourne vers les gens . Ils sont tou­jours tota­le­ment encer­clés, une pré­sence de sou­tien der­rière les bar­ri­ca­des serait la bien­ve­nue mais atten­tion on est sur­doté en tor­tues ninja aujourd’hui, ne pas pren­dre de ris­ques inu­ti­les.

17h37 : les bus bou­gent à nou­veau les gens à pied essaient de sortir en se pro­té­geant au milieu des véhi­cu­les.

17h33 : On nous signale une dizaine de four­gons de CRS plan­qués du côté de la place des ter­reaux…on nous signale aussi que der­rière les bar­riè­res Rue Récamier et Cuvier c’est blindé de GM’s.

17h20 : les bus ita­liens peu­vent faire demi-tour et quit­ter la place, ils s’apprè­tent à remon­ter le bou­le­vard des belges mais res­tent encore immo­bi­li­sés, les par­ti­ci­pants essaient de sortir en même temps que les bus.

17h13 : les ita­liens vou­draient bien repar­tir et deman­dent à rejoin­dre les bus, la coor­di­na­tion de la mani­fes­ta­tion tente tou­jours une média­tion et obte­nir une sortie des mani­fes­tants sans contrôle.

17 h : les per­son­nes venues en ren­fort et dési­rant rejoin­dre la manif ne peu­vent même pas passer tout est bloqué dans les deux sens. Des ren­forts seraient sou­hai­ta­bles pour que l’on revive pas une deuxième prison à ciel ouvert comme à Bellecour en 2010.

16h50 : les pre­miè­res lacry­mos sont tirées.

16h40 : départ de la mani­fes­ta­tion mais blo­cage des CRS. Situation très tendue.Des grilles ont été pla­cées sur toutes les rues adja­cen­tes, les mani­fes­tants ten­tent de se dépla­cer rue Jules Ferry, vers le Parc de la Tête d’or, des pétards sont jetés au sol, les négo­cia­tions sont en cours pour qu’il y ait une dis­per­sion sans contrôle d’iden­tité,

16h30 : point sur la répres­sion :

-* Sur les per­son­nes arrê­tées Place Saint-Louis et enfer­mées au Fort Montluc, envi­ron 20 vont en garde-à-vue. Elles sont répar­ties entre le com­mis­sa­riat de la Guillotière Place Bahadourian, le com­mis­sa­riat de Villeurbanne (Gratte-Ciel a priori), et un local spé­cial, la Direction de la Logistique de la police située au 20 rue de l’Espérance, quar­tier Maison Neuve.

  • 4 autres personnes ont été enfermées au Fort Montluc ; 3 sont sorties mais 1 est mise en garde-à-vue.
  • 6 personnes ont été arrêtées pour contrôle d’identité ou autres puis relâchées. Nous sommes sans nouvelles de 12 personnes au total qui ont été interpellées au Péage de Vienne, Rue Anatole France ainsi que devant la Gare de La Part-Dieu. Si vous avez des infos, contactez la legal team !
    Numéro de la Légal Team 06 43 08 50 32

16h20 Devant l’impos­si­bi­lité de bouger des négo­cia­tions sont en cours avec les forces de l’ordre pour essayer de faire en sorte que les par­ti­ci­pants au ras­sem­ble­ment se dépla­cent un peu. Toute avan­cée vers la part-dieu a l’air impos­si­ble ils atten­dent une déci­sion leur per­met­tant de bouger par exem­ple du cote de Charpennes. Ils ont dit que les mille per­son­nes actuel­le­ment pré­sen­tes refu­se­raient tout contrôle d’iden­tité à la fin ou en sortie du ras­sem­ble­ment

16h00 12 cars anti-emeu­tes sont en place, bar­ra­ges fil­trants, les gens sor­tent 1 par 1 et sont contro­lés au pas­sage.

15h50 la place est tota­le­ment qua­drillée, les CRS sont par­tout, les fla­sh­ball prêts à tirer, les tuyaux prêts à arro­ser, plus per­sonne ne peut quit­ter la zone, un groupe essaye cepen­dant de créer une dyna­mi­que pour bouger de la zone.

15h30 : deux héli­co­ptè­res sur la zone.

15h20 Les bus vien­nent d’arri­ver aux Brotteaux. C’est très festif, on les accueille, le ras­sem­ble­ment double de volume, l’héli­co­ptère revient. La place a été tota­le­ment fermée, le départ en mani­fes­ta­tion semble com­pro­mis pour l’ins­tant.

15h08 : les héli­co­ptè­res font une pause. Ravitaillement ?

crédits :https://twitter.com/Romain3889

15 h : un feu d’arti­fice a un peu affolé les keufs pen­dant les prises de paro­les des col­lec­tifs No-Tav, mais tout va bien c’était pour rire.

15 h : les bus vien­nent de passer le péage de Saint Quentin Fallavier.

14h45 : le ras­sem­ble­ment compte main­te­nant 500 per­son­nes, il y a diver­ses prises de paro­les des dif­fé­rents col­lec­tifs No Tav pré­sents .

les RG ont demandé la com­mu­ni­ca­tion du trajet envi­sagé par les mani­fes­tants, ils se ren­sei­gnent… mais d’ores et déjà des bar­riè­res anti-émeutes ont été pla­cées sur le péri­mè­tre afin que les mani­fes­tants ne puis­sent entrer dans le péri­mè­tre de la gare Part-Dieu.

les deux grou­pes annon­cés n’en seraient qu’un (rue Hachette et rue du repos) ces 25 per­son­nes seraient actuel­le­ment rete­nues pour contrôle d’iden­tité. Comme ils n’ont pas fait appe­ler d’avocat, il s’agi­rait bien d’un simple contrôle et non d’une garde à vue.

14h40 : les cars ita­liens auraient été arrê­tés à la péri­phé­rie de Lyon

Pendant qu’on empê­che la mani­fes­ta­tion, que les mani­fes­tants sont cernés de flics et d’héli­co­ptè­res, les bureau­cra­tes signent des accords sur le Lyon-Turin. Sur Rue89Lyon :

Frédéric Cuvillier, minis­tre délé­gué en charge des Transports, et Corrado Passera, minis­tre du Développement économique (avec délé­ga­tion trans­ports) ont donc signé la décla­ra­tion rela­tive au Lyon-Turin, sans que son contenu soit dévoilé davan­tage.


14h00 Les 11 bus ita­liens ont fina­le­ment passés a fron­tière et sont atten­dus à 14h30 à Lyon. 1 seul bus n’a pu passer.

13h45 ils sont main­te­nant 400 sur la place.

13h30 ça bouge pas trop, toutes les issues sont blo­quées y’aurait bien eu deux grou­pes de gens contrô­lés ce matin dont un a été inter­pellé

13h20 l’hélico fait des ronds au-dessus de la place.

13h15 Certains GM qui gar­dent la zone rouge étaient à NDDL la semaine der­nière, ils sont vrai­ment trim­bal­lés de par­tout !

13 h 10 : on attend confir­ma­tion d’une cin­quan­taine d’inter­pel­la­tions qui auraient eu lieu dans le 3e, rue Jeanne Hachette, ils ont été amenés au Fort Mont-luc .

13h05 : pré­ci­sions sur les inter­pel­la­tions de ce matin. 25 per­son­nes ont été cueillies ce matin à la sortie d’un squat rue du Repos. Il sem­ble­rait que ce ne soient pas des ita­liens, mais des oppo­sants à Notre Dame des Landes venus en sou­tien. Ils n’ont tou­jours pas été relâ­chés.

13 h : on nous signale la pré­sence de flics en mode « tor­tues ninja » en fac­tion devant la gare de Jean Macé, atten­tion si vous arri­vez par là. Pas de pré­sence poli­cière très visi­ble dans les rues autour de la Part-Dieu.

13 h : 300 per­son­nes sont déjà au rendez-vous aux Brotteaux. Deux héli­co­ptè­res sur­vo­lent la place. Des canons à eau sont là aussi. Le quar­tier est tota­le­ment encer­clé.

12h30 : tous les cars ita­liens (à l’excep­tion d’un venant de Milan, à confir­mer) ont réussi à passer la fron­tière, après que les flics aient bien pris leur temps pour qu’ils arri­vent en retard au ras­sem­ble­ment qui a déjà débuté aux Brotteaux. Photo des dan­ge­reux anar­cho-auto­no­mes d’ultra-gauche blo­qués à la fron­tière sur le site de La Stampa.

2 ita­liens arrê­tés à la gare gar­dées deux heures en GAV.

25 inter­pel­la­tions place Saint-Louis après un impor­tant déploie­ment poli­cier. Apparemment des No Tav ita­liens.

12 cars venant d’Italie avec 700 oppo­sants au TAV sont en route vers Lyon, la majo­rité auraient réussi à passer malgré les embrouilles à la fron­tière.

11h40 : un héli­co­ptère sur­vole la Guillotière.

Le Progrès pré­pare la répres­sion en toute tran­qui­lité et titre « Sommet franco-ita­lien : sécu­rité maxi­mum face à l’ultra-gauche ». Tremblez braves gens. On y apprend qu’un « centre névral­gi­que de sur­veillance ultra-sécu­risé » est déjà mis en place dans le quar­tier de la pré­fec­ture.

L’enjeu, c’est également la sécu­rité : des cen­tai­nes de gen­dar­mes et poli­ciers, les trou­pes d’élite du Raid, le GIPN, des héli­co­ptè­res sont mobi­li­sés. Le quar­tier de la pré­fec­ture sera placé sous haute sur­veillance. Pour coor­don­ner l’ensem­ble des opé­ra­tions, un Centre Opérationnel Zonal a été délo­ca­lisé à proxi­mité de la pré­fec­ture sous la direc­tion du préfet délé­gué à la sécu­rité Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts. Un centre névral­gi­que de sur­veillance ultra-sécu­risé pen­dant les quel­ques heures du sommet. Car au total, ce sont deux chefs d’Etat et une quin­zaine de minis­tres des deux pays qui seront pré­sents pour une série d’entre­tiens bila­té­raux.

Samedi 1er décembre

Gros succès du concert orga­nisé au Grrrnd Zéro en sou­tien aux inculpés de la lutte No Tav.

Plusieurs bus venant du Val Susa ont été arrê­tés et l’un d’entre eux a été forcé de faire demi-tour. Traduction d’un mes­sage des 15 invi­tés aux confé­ren­ces :

« Le bus qui était sensé arri­ver aujourd’hui du Val de Suse a été bloqué depuis 7h du matin a Modane, tout le monde a été amené au com­mis­sa­riat et fouillé soi­gneu­se­ment. Actuellement ils sont ren­voyés en Italie, il ne peu­vent pas passer la fron­tière sous pré­texte que cer­tai­nes per­son­nes ont des pré­cé­dents concer­nant des mani­fes­ta­tions No Tav. La police affirme ’’ce sont donc des per­son­nes non dési­rées, on appli­que la res­tric­tion Schengen’’. »

Les TCL ont annoncé d’impor­tan­tes modi­fi­ca­tions de la cir­cu­la­tion des trans­ports en commun « pour des mesu­res de sécu­rité » :

Tramway T1 : ne cir­cule plus entre Perrache et gare Part-Dieu de 5 h à 18 h - cir­cu­la­tion nor­male entre Montrochet et Perrache et entre la gare Part-Dieu et IUT Feyssine.
Métro B : ne des­sert plus la sta­tion Place Guichard de 5 h à 18 h. La sta­tion Brotteaux est fermée de 12 h à 18 h - atten­tion la sta­tion sera des­ser­vie et la des­cente pos­si­ble à cet arrêt.

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Lyon 03/12 : un succès malgré tout

Réflexions à chaud sur les points forts et les limites de la journée de mobilisation franco-italienne contre la ligne à grande vitesse.

 

La jour­née du 3 décem­bre à Lyon a repré­senté un moment impor­tant pour le mou­ve­ment No Tav. Pour la pre­mière fois Français et Italiens ont réussi à cons­truire ensem­ble une ini­tia­tive dans l’une des deux capi­ta­les de l’hypo­thé­ti­que future ligne à grande vitesse. Pour être plus précis, il vau­drait mieux dire que la jour­née s’est dérou­lée de Turin à Lyon, et retour, étant donné qu’il nous a fallu 9 heures pour arri­ver à des­ti­na­tion et 4 autres pour sortir de la place Brotteaux après 2 heurs de pré­sence au sein d’un scé­na­rio sur­réel : assié­gés puis empa­que­tés au moyen de la tech­ni­que du « cat­tling » (lit­té­ra­le­ment « bétail ») par plus de 1300 poli­ciers (CRS) et gen­dar­mes fran­çais pour les 1000 mani­fes­tants pré­sents.

Comme dans mille autres occa­sions le mou­ve­ment No Tav a conquis mètre par mètre sa capa­cité d’action, habi­tué à ne rien deman­der et à pren­dre ce qu’il peut en com­bat­tant col­lec­ti­ve­ment : 3 heures de contrôle à la fron­tière, 1 heure à atten­dre que le der­nier bus soit auto­risé à partir, une autre heure encore blo­qués aux portes de la ville par les forces de l’ordre déci­dées à nous sou­met­tre à un contrôle sup­plé­men­taire (dont le seul but était en fait de nous faire perdre du temps et de nous faire arri­ver en retard) contre lequel nous nous sommes rebel­lés en masse. Chaque moment, chaque obs­ta­cle à dépas­ser a néces­sité une grande déter­mi­na­tion et des nerfs d’acier : nous avons du haus­ser le ton, tenter de des­cen­dre des auto­bus dans les­quels nous étions séques­trés, mena­cer de blo­quer l’auto­route, résis­ter aux char­ges des CRS sur la place.

Entre 400 et 500 per­son­nes, lyon­nais ou venus d’autres villes de France (notam­ment les cama­ra­des qui lut­tent contre le méga-aéro­port de Notre-Dames-des-Landes), nous ont attendu pen­dant plus de 4 heures sous une pluie fine mais conti­nue, dans un climat humide et désa­gréa­ble. Notre arri­vée a été fêtée avec des feux d’arti­fice et des cris de joie. De nom­breu­ses inter­ven­tions ont détaillé les rai­sons de notre oppo­si­tion aux grands pro­jets inu­ti­les, qui tou­jours plus ser­vent de pont trans­na­tio­nal entre des batailles qui trou­vent un ter­rain commun non pas dans un « envi­ron­ne­men­ta­lisme » géné­ri­que, mais à partir d’une cri­ti­que inté­grale de tout un modèle économique et qui remet en cause la des­ti­na­tion de la richesse col­lec­tive, qui pose la ques­tion de pour­quoi nous tra­vaillons, qu’est-ce que nous pro­dui­sions, quels buts don­nent forme à nos actions col­lec­ti­ves. Derrière ces pro­jets aux dimen­sions pha­rao­ni­ques, il y a tou­jours le détour­ne­ment d’une part très impor­tante de la fis­ca­lité géné­rale pré­le­vée pour être mise en cir­cu­la­tion et faire tra­vailler des entre­pri­ses pri­vées, des amis, des clients qui en tire­ront une uti­lité consi­dé­ra­ble mais extrê­me­ment cir­cons­crite et par­tiale. La bataille livrée depuis plus de dix ans dans le Val de Suse contre la ligne à grande vitesse reven­di­que la déci­sion depuis le bas sur quoi, com­ment et pour­quoi pro­duire un projet, un objet, un ser­vice, etc.

Telle était la signi­fi­ca­tion pre­mière de cette jour­née de lutte : dénon­cer cette expro­pria­tion depuis le haut, infor­mer le plus grand nombre pos­si­ble de lyon­nais que tout cela les concerne. Cet objec­tif a été en partie empê­ché par un dis­po­si­tif de contrôle poli­cier sophis­ti­qué et effi­cace (nous en repar­le­rons). Malgré tout, l’emploi d’autant d’hommes, l’uti­li­sa­tion de tech­no­lo­gies sophis­ti­quées et cou­teu­ses, la para­ly­sie d’une partie de la ville, le cout total d’une mise en scène aussi mus­clée de la capa­cité de pré­ven­tion et de contrôle de l’Etat fran­çais indi­quent aux auto­ri­tés et à la partie de la ville qui a pu en être témoin que l’oppo­si­tion est forte, ancrée, qu’elle se pose donc comme un fait poli­ti­que impor­tant.

L’élaboration de la jour­née accom­plie ensem­ble et la par­ti­ci­pa­tion malgré tout impor­tante (600 per­son­nes venues d’Italie un lundi, plu­sieurs cen­tai­nes en France alors que la ques­tion est encore peu connue et la lutte encore à ses débuts) ne doi­vent pour­tant pas nous exemp­ter d’avan­cer cer­tai­nes cri­ti­ques – que nous espé­rons cons­truc­ti­ves – sur la façon d’agir des com­po­san­tes fran­çai­ses du mou­ve­ment (nous pro­po­sons ces cri­ti­ques à l’ensem­ble de ceux qui ont agi col­lec­ti­ve­ment sur la place et non pas à des grou­pes précis de cama­ra­des, cons­cients des efforts mis en œuvre par eux et des dif­fi­cultés ren­contrées pen­dant ce mois et demi de cons­truc­tion de la jour­née).
Nous nous sommes en effet retrou­vés plus d’une fois aux prises avec des ini­tia­ti­ves aléa­toi­res, des choix impul­sifs et des com­por­te­ments incom­pré­hen­si­bles sur la façon de réagir à la force déployée par l’adver­saire. Ceci s’expli­que cer­tai­ne­ment par les dif­fi­cultés de com­mu­ni­ca­tion entre des façons de faire et des tra­di­tions diver­ses mais aussi, dans de nom­breux cas, par une atti­tude expli­ci­te­ment auto­cen­trée, idéo­lo­gi­que, peu habi­tuée à se confron­ter à des com­po­si­tions dif­fé­ren­tes de celle des habi­tuels milieux mili­tants (avec leurs manies et leurs fixa­tions qui n’ont par­fois pas grand-chose à voir avec le contexte et les objec­tifs de la jour­née).
Selon nous, ces dif­fi­cultés sont symp­to­ma­ti­ques d’un niveau assez « pauvre » du débat sur le nœud cen­tral de l’agir poli­ti­que et des luttes : com­ment faire ensem­ble. Problème d’orga­ni­sa­tion et de sub­jec­ti­vité. Au refus a priori, et d’après nous idéo­lo­gi­que, de se mesu­rer à ce pro­blème, sou­vent caché der­rière des prin­ci­pes comme « per­sonne ne peut juger si une action est juste ou erro­née » ou bien « chacun est libre de faire ce qu’il veut », cor­res­pond un manque d’assomp­tion de res­pon­sa­bi­lité sur le fait de lancer une ini­tia­tive, de l’orga­ni­ser, de la mener à terme.
A un cer­tain moment, la res­pon­sa­bi­lité quant au sort des lyon­nais sur la place a été repor­tée sur les épaules des No Tav ita­liens, dont on ne pou­vait pour­tant pas exiger une pré­sence et une énergie illi­mi­tées (du fait de la com­po­si­tion même des bus). La majeure partie d’entre nous, ainsi que de nom­breux habi­tants du Val de Suse et les cama­ra­des de Milan, sont partis avec les deux der­niers bus, pous­sés de force et escor­tés jusqu’au péage de l’auto­route à plu­sieurs dizai­nes de kilo­mè­tres de Lyon.
Si nous met­tons en avant ces réflexions cri­ti­ques, ce n’est pas pour nous placer sur un pié­des­tal ou parce que nous vou­drions donner des leçons à nos cou­sins de l’autre coté des Alpes mais parce qu’au cours de sa longue et sinueuse his­toire le mou­ve­ment No Tav est par­venu à bâtir une façon de faire, de pren­dre des déci­sions et de bouger ensem­ble qui fonc­tionne et qui, malgré les évidentes dif­fé­ren­ces, a cons­truit une unité de fond sur la méthode qui a donné des résul­tats impor­tants et nous a permis et nous permet encore aujourd’hui de durer face à un ennemi plus forts et doté de moyens bien plus impor­tants. En dépit des appa­ren­ces, c’est avec une grande humi­lité que nous expo­sons ces réflexions. Parce que nous croyons que des embryons d’élaboration com­mune pos­si­ble sont bien pré­sents et sus­cep­ti­bles d’être appro­fon­dis.

Pour conclure, une obser­va­tion sur l’action de la police fran­çaise. Le des­ti­na­taire cette fois est plutôt le mou­ve­ment ita­lien. De nom­breu­ses réflexions et cri­ti­ques ont été mises en avant quant à la façon d’agir des forces de l’ordre. L’usage à bout por­tant et en quan­tité abon­dante du lacry­mo­gène en spray et la dimen­sion liber­ti­cide de ce confi­ne­ment ont été jus­te­ment dénon­cées. Mais le risque ici est de perdre de vue l’aspect à notre avis le plus impor­tant de ce mode d’action.
A bien y regar­der, la police fran­çaise est bien plus effi­cace sur le plan de la pré­ven­tion et du contrôle des mani­fes­ta­tions. Ce n’est pas dans l’inten­tion de pro­vo­quer que nous disons que, au fond (et en fait pas si au fond que ça), cette effi­ca­cité est le désir de la gauche ita­lienne. Une police qui ne tache pas de sang les trot­toirs, qui ne laisse pas de mar­ques de coups, qui ne charge pas de façon indis­cri­mi­née les manifs mais les contrôle de manière exem­plaire, totale. Demander que soit ins­crit le numéro d’iden­ti­fi­ca­tion des poli­ciers sur l’uni­forme ou le casque peut être consi­déré comme une bataille impor­tante mais cela ne résou­dra en rien notre pro­blème : com­ment être plus fort, plus malins, plus effi­ca­ces que ces dis­po­si­tifs de contrôle.
Les forces de police fran­çaise sont plus avan­cées, démo­cra­ti­ques et effi­ca­ces que les forces ita­lien­nes. C’est une effi­ca­cité qui part de la dimen­sion de gran­deur incor­po­rée dans la tech­no­lo­gie nucléaire (lire sur ce point cer­tains com­men­tai­res sur les médias mains­tream fran­çais) et qui arrive jusqu’à la bonne éducation du poli­cier qui te répond gen­ti­ment qu’il n’a pas le droit de te parler, qu’il ne fait qu’exé­cu­ter des ordres et qui ensuite te gaze en plein visage (mais seu­le­ment si tu résis­tes de manière exa­gé­rée à ses exi­gen­ces).

Notre pro­blème à nous, c’est com­ment cons­truire les condi­tions pour rompre ce méca­nisme. Nous vou­lons résis­ter de manière exa­gé­rée. Cela signi­fie s’équiper, être plus intel­li­gents et effi­ca­ces que notre adver­saire, pré­dis­po­ser les condi­tions de pos­si­bi­lité, les déve­lop­per et les rendre plus opé­ran­tes. Pour faire tout cela, nous devons être prêts à aban­don­ner cer­tai­nes obses­sions inu­ti­les, iden­ti­tés puris­tes, tra­di­tions dont il est dif­fi­cile de se débar­ras­ser mais aussi com­bat­tre cer­tai­nes illu­sions à la vie dure quant à la pos­si­bi­lité de réforme ou la démo­cra­ti­sa­tion des forces de l’ordre, Qu’elles soient plus démo­cra­ti­ques ou plus trans­pa­ren­tes, les forces de l’ordre ne ces­se­ront jamais d’être ce qu’elles sont. Elles seront juste pus effi­ca­ces et notre impuis­sance n’en sera que plus grande.

Voulons nous vrai­ment nous donner de la peine pour ça ? Ne dési­re­rons-nous pas plus inten­sé­ment inven­ter et cons­truire de nou­veaux mondes ?

La rédac­tion d’Infoaut de retour de Lyon
Traduit depuis infoaut.org

 

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Le 3 décembre vu par les Italiens

Que s’est-il passé le 3 décembre à Lyon ? Le récit vu par les Italiens venus du Val de Suse pour la manifestation.

D’un côté il y avaient les gou­ver­ne­ments des crises économiques, de l’autre l’Europe des peu­ples, des citoyens en lutte. Les pre­miers ont signé l’énième pro­to­cole vide de contenu et inu­tile, puis­que sans finan­ce­ment. Les seconds ont tenté de mani­fes­ter leur pensée, leur oppo­si­tion à ces choix.

Les pre­miers, Monti et Hollande, avec toute leur géné­ro­sité, ont convaincu les jour­naux et la TV - qu’eux même gou­ver­nent - que tout allait désor­mais filer droit, sur le Lyon-Turin, sur les répon­ses à donner à la crise, et sur bien d’autres choses encore. Protégés par des mil­liers de poli­ciers ils ont signé, parlé, pho­to­gra­phié, mangé aux frais des citoyens qui étaient tenus à des kilo­mè­tres.

Les NO TAV, les véri­ta­bles citoyens, ceux qui payent les choix de ces gou­ver­ne­ments, ont été escor­tés, et blo­qués pen­dant au moins 4 heures à la fron­tière, puis encore blo­qués aux portes de Lyon, et grâce à leur téna­cité, ont fina­le­ment rejoint la place concé­dée pour mani­fes­ter.

Partis à 6h du matin, arri­vés à Lyon à 15h30. Puis arrive la sur­prise : sur la place, les liber­tés s’arrê­tent à la des­cente du bus. Ici, à Lyon, c’est la police du gou­ver­ne­ment Hollande qui com­mande, et tout cor­tège est inter­dit, comme il est inter­dit à chaque per­sonne de s’éloigner de la place. Interdit de quit­ter la place ! Ce sont les ordres.

Puis vers 18h il fait nuit, et pour la police il est l’heure de faire ren­trer les NO TAV à la maison, et pour cela hommes et femmes, vieux et enfants sont char­gés et matra­qués, gazés aux lacry­mo­gè­nes vers les bus. Puis les bus sont réqui­si­tion­nés pas les agents qui mon­tent, frap­pent tous ceux qui se lèvent de leur siège. Dans un cas le chauf­feur est rem­placé par un CRS qui conduit le bus vers la fron­tière. Dans un autre cas, les agents montés dans le bus gazent au lacry­mo­gène pro­vo­cant des malai­ses chez pra­ti­que­ment tous les pas­sa­gers. Chaque bus est ainsi escorté, sous la menace, sur l’auto­route, puis encore blo­qués vers 20h30.

Deux faces d’un même pro­blème ? Non, abso­lu­ment pas. D’un côté, dans les palais de la répu­bli­que, des bour­reaux-bureau­cra­tes qui, au nom des ban­ques et de la crise, sont dis­po­sés à passer sur le corps des per­son­nes, au point de faire couler le sang.

De l’autre, l’Europe des peu­ples, des sim­ples gens, des citoyens qui, malgré les vio­len­ces et les injus­ti­ces qu’ils subis­sent depuis des années, conti­nuent et conti­nue­ront à se battre. Ce n’est pas un pro­blème qui sup­pose une média­tion, c’est que la partie saine doit avoir raison de la partie malade.

Mouvement NO TAV
www.notav.info/

 

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Témoignage de Anonyme :

Nous vous pro­po­sons un témoi­gnage à deux voix sur la jour­née de contes­ta­tion au projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin qui se dérou­lait à Lyon le 3 décem­bre.
Ce récit n’est en aucun cas un texte poli­ti­que mais sim­ple­ment une vision per­son­nelle du dérou­le­ment du ras­sem­ble­ment au Brotteaux.

Alors voilà, pour une fois dans la semaine nous nous sommes levé-e-s tôt pour rejoin­dre le rdv fixé à midi. A notre arri­vée, envi­ron 500 per­son­nes étaient ras­sem­blées dans le froid et ten­taient de se réchauf­fer autour d’un bra­sero ou d’une soupe.
Différents col­lec­tifs pro­po­saient des bro­chu­res et des tracts sur un info-kios­que mis à dis­po­si­tion. Les per­son­nes souf­frant vrai­ment du froid pou­vaient ache­ter des pulls estam­pillés « NOTAV » et ainsi allier l’agréa­ble à l’utile en ren­flouant la caisse de sou­tien du-dit col­lec­tif.

A partir de ce moment une inter­mi­na­ble attente com­men­çait. Nous avions tout loisir d’obser­ver le dis­po­si­tif de nasse poli­cière se mettre en place. Qu’ atten­tions nous alors ? Les bus arri­vant d’Italie, blo­qués une pre­mière fois à la fron­tière puis aux portes de Lyon. Cela ne nous sur­pre­nait pas car ces métho­des répres­si­ves sont sou­vent uti­li­sées en contre sommet et autres ras­sem­ble­ment de contes­ta­tion.

Toutefois, nous avons pro­fité de ce temps d’immo­bi­lité pour échanger nos impres­sions sur les moda­li­tés de ce ras­sem­ble­ment. Ainsi, l’endroit du rendez-vous ne nous sem­blait pas stra­té­gi­que car il y a peu de visi­bi­lité dans ce quar­tier d’habi­ta­tion bour­geoise.
Le ras­sem­ble­ment ayant été déclaré en pré­fec­ture, nous avons appris que l’orga­ni­sa­tion s’est vu pro­po­ser d’autres lieux que la place Guichard située à proxi­mité de la zone rouge. Un ras­sem­ble­ment non déclaré sur la presqu’île nous aurait semblé plus judi­cieux. Dans ce cas, il se serait agit de se réap­pro­prier la rue. Cela nous sem­blaient plus inté­res­sant que d’être encer­clé-e-s sur une place. Cependant les orga­ni­sa­teurs-trice-s avaient sûre­ment leurs rai­sons pour léga­li­ser le ras­sem­ble­ment. Pendant ces trois heures d’attente nous réflé­chis­sions à un départ en manif car la nasse n’était pas encore bou­clée. Les per­son­nes arri­vant en bus aurait pu nous rejoin­dre ailleurs que sur cette place.

Autour de 15h30 les cars arri­vè­rent enfin et le dis­po­si­tif poli­cier se referma aus­si­tôt. Au son de trom­pette et de fan­fare nous nous fai­sions à l’idée que cette garde à vue col­lec­tive à ciel ouvert ne fai­sait que com­men­cer.
Plus tard, fruit d’une frus­tra­tion géné­rale, un cor­tège se forma dans un but inconnu pour nous, mais la pers­pec­tive de cette émulation nous réchauffa les pieds et l’esprit un court ins­tant. La troupe de déplaça sur envi­ron 12m jusqu’à un cordon de keufs et s’immo­bi­lisa devant le canon à eau.
Pendant ce temps un groupe de per­son­nes se diri­gea vers une bar­rière anti-émeute et se mit à mani­fes­ter leur colère en la secouant . Il ne fallut pas long­temps pour que les lardus réa­gis­sent à coup de spray lacrymo. Suite à ça, les gens-tes ont re-convergé au centre de la place.
Entre temps la nuit était tombée, ce qui ren­dait plus agréa­ble le gaspi de nos fumi­gè­nes et autres feux d’arti­fi­ces.

Des annon­ces nous appri­rent que les orga­ni­sa­teurs-trices ten­taient de négo­cier naï­ve­ment avec la police notre sortie de la nasse. On nous expli­qua que les gen-te-s venue en car d’Italie étaient auto­risé-e-s à partir et que nous devions nous immis­cer par petit groupe der­rière les cars.
Pour nous, cette solu­tion était vouée à l échec. Effectivement les forces de l’ordre ont manœu­vré pour escor­ter chaque bus et leurs per­met­tre de passer le cordon. Ce qui leurs per­met­taient de char­ger a coup de bou­clier, de gaz et de tonfa, les per­son­nes qui était der­rière les bus.
Nous étions un bon nombre à nous ques­tion­ner quand au sens du mot soli­da­rité au moment où les orga­ni­sa­teur-trice-s négo­ciaient des sor­ties par­tiel­les. On enten­dait des remar­ques telles que « on est tous la pour la même cause ce qui nous a tous mis dans la même merde, on devrait tous sortir ensem­ble » ou « soit tout le monde sort, soit tout le monde reste ».

Avant le pas­sage du pre­mier bus, on enten­dait les orga­ni­sa­teur-trice-s relayer au méga­phone les ordres de la police, à savoir : « on nous dit de recu­ler der­rière le deuxième bus ».
Nous ne com­pre­nions pas la légi­ti­mité de cer­tain-e-s à négo­cier pour nous. D’autant plus que ces trac­ta­tions naïves nous met­taient en danger.
Après plu­sieurs char­ges, tous les bus sor­ti­rent de la nasse pen­dant que les autres résis­taient comme ils pou­vaient aux char­ges répé­tées. A ce moment là, des flics mon­taient dans les cars pour les escor­ter.

Vers 19h00, Une rumeur se répand sur la pos­si­bi­lité de sortir de la nasse par un autre coté de la place. Des petit grou­pes com­men­cè­rent à quit­ter les lieux.

Cette après midi fut longue et éprouvante. Nous avons été sur­pris par l’absence de prise de déci­sion col­lec­tive. Nous avions l’impres­sion que cer­tain-e-s orga­ni­sa­teur-trice-s se sen­taient dans le devoir de négo­cier avec la police. Nous pen­sons que dis­cu­ter avec les auto­ri­tés est inu­tile. Nous ne vou­lons pas qu’un petit groupe de per­son­nes bien qu’orga­ni­sant le ras­sem­ble­ment, se per­mette de tout contrô­ler.

Témoignage de jojo le zigoto :

Voici un petit récit qui com­mence à partir de 19h envi­ron, au moment où les forces de l’ordre et de la morale nous ont refait le coup : On vous dit com­ment sortir, et après on vous cogne !!!

Ce n’est pas une réflexion qui va très loin, le but n’est pas d’expri­mer une pensée sur l’uti­lité de tel ou tel mou­ve­ment, telle ou telle résis­tance. Le but est de faire res­sen­tir à ceux qui vou­dront bien pren­dre le temps de lire ce texte, ce que moi et mes potes on a tous res­sen­tis.

19h : On décide qu’on va essayer de sortir en inter­ca­lant des grou­pes de la foule entre les bus. C’est ce que nous auraient dit les flics. Pour nous, qui avons vécu la prison Bellecour du 21 octo­bre, que ce soir à l’inté­rieur ou à l’exté­rieur, on sait que quand les flics nous pro­po­sent une porte de sortie, c’est bien sou­vent de la lacrymo qui nous attend. La suite va mal­heu­reu­se­ment nous donner raison.

Pendant un bon bout de temps (j’avais autre chose à faire qu’à regar­der ma montre je vous l’avoue), les trac­ta­tions conti­nuent. Le pre­mier bus se pré­sente avec der­rière lui un bon groupe de fran­çais et d’ita­liens qui sont restés sur la route avec nous par soli­da­rité. D’abord restés bien sage­ment der­rière le bus, les gens s’impa­tien­tent, par­qués comme des bêtes qui deman­de­raient à leur sei­gneur de pou­voir quit­ter l’enceinte du châ­teau en toute quié­tude après trois jours de siège. On est donc beau­coup à aller au contact de la ligne de flics, bien gen­ti­ment, sans aucune agres­si­vité, pour voir ce qui se passe. Et ben je vous le donne en mille, il ne se passe RIEN.
D’un coup, les pre­miè­res lignes de CRS ou GM, j’sais plus, lon­gent le pre­mier bus pour l’isoler (oh tiens, on s’en dou­tait pas !) du reste des mani­fes­tants et ainsi le faire sortir seul. La ten­sion monte, les gens pro­tes­tent. Le pre­mier bus est isolé, mais les ita­liens dedans refu­sent de partir sans nous. Des flics mon­tent alors dans le bus. Ca met vrai­ment la pres­sion, on com­mence à s’énerver de tant d’injus­tice, de tant de trac­ta­tions menées par les flics. Ils nous disent qu’on sort comme ci comme ça, pour en fait isoler les bus des fran­çais à pied, afin de pou­voir contrô­ler mas­si­ve­ment tout le monde. En plus de ça, leur agres­si­vité et leurs vio­len­ces ont encou­ragé, et c’est bien normal les gens à pied à la révolte, dans l’objec­tif de faire un maxi­mum d’inter­pel­la­tions.
Une ligne se crée devant les flics après que le pre­mier bus soit sortit sous l’auto­rité de keufs montés dedans. Une petite attente a lieu, sans que aucun caillou ou cock­tail molo­tov gicle vers les flics, comme on pu le lire dans un cer­tain jour­nal lyon­nais puant de fas­cisme. Et, les connards de jour­na­leux d’extrême droite, on a pas empê­ché les bus de partir, c’est eux qui ont refusé de déga­ger par SOLIDARITE !! Pour pas nous lais­ser dans la merde ! Capiche ? Fumiers de médias dés­in­for­ma­teurs.

Et là, qu’est ce qu’on vous avait dit, on n’a pas confiance. Et ben voi­lààààà ! Coooomme d’habi­tude ! Une grosse charge du côté gauche de la ligne, avec gazage et inter­pel­la­tion, voilà ! Nous n’avions fait preuve d’aucune vel­léité d’atta­quer les flics, aucun caillas­sage n’avait été noté à ce moment, rien. Ils nous ont char­gés sur une place d’où nous ne pou­vions de toute manière pas sortir.
Alors là par contre, on n’a pas eu à faire d’AG plé­nière pour déci­der ce qu’on allait faire. Epaules contre épaules, cœur contre cœur, fran­çais et ita­liens mélan­gés, on s’est défen­dus. On s’est battus pour nous défen­dre, on s’est battus contre une répres­sion féroce (les flics durant les affron­te­ments étaient bien plus nom­breux que nous). Durant cette bagarre com­plè­te­ment iné­gale, un de mes amis s’est mangé un coup de matra­que téles­co­pi­que dans le coude. Je rap­pelle que cette arme n’est des­ti­née qu’à la défense, même pour un flic, et que dans ce cas là, elle a été uti­li­sée durant une charge, donc en toute illé­ga­lité.
J’ai vu de mes pro­pres yeux un mec juste devant moi, qui a failli se faire arra­cher par les flics. Petit moment de gloire bien modeste : mon pote et moi on s’est accro­chés à lui comme si notre vie en dépen­dait pen­dant que trois flics l’empoi­gnaient. C’est alors qu’un flic énervé de ne pas pou­voir le serrer (il avait les traits défor­més par la haine, il m’a vrai­ment fait flip­per) s’est mis à cogner comme un sourd à coups de poings sur le haut du crâne de notre cama­rade, que nous avons réussi à extraire en tirant sur sa veste comme des mala­des, alors même que ces bâtards de flics nous gazaient dans les yeux pour nous empê­cher de l’aider. Avec mon pote on s’est retrou­vés à baver nos tripes par terre à quatre pattes comme des chiens, la gorge et les yeux en feu, mais en ayant sauvé l’cul de ce mec qui a mangé sévère. Merci aux équipes médi­ca­les qui ont fait un super tra­vail ce soir là. A toi cama­rade que je ne connais pas, si tu lis ces quel­ques lignes, j’espère que tu vas bien, que ta tête ne bour­donne pas trop et que ta volonté dans la lutte est intacte. J’aurais plein d’autres moments incroya­bles à raconter, comme ces filles nues qui cares­saient les bou­cliers des GM, ou ces ita­liens à qui je pre­nais le bras face aux flics, on ne par­lait pas la même langue, mais c’était pour nous le même combat.
Bilan, on s’est tous moi et mes potes faits gazer 5, 6 fois en une heure, on a mangé des coups de matra­que, de bou­cliers, mais on ne s’est pas fait serrer.
On a pu sortir de cette véri­ta­ble sou­ri­cière quand les flics de l’autre bout de la place ont décidé de faire sortir les gens au compte goutte. On vou­lait pas partir, pas lais­ser ces jeunes et ces vieux ita­liens, qui se sont battus ce soir là à nos côtés. Et alors qu’on se deman­dait s’il fal­lait quit­ter les lieux, nos cama­ra­des NO TAV nous ont dit : Il faut que vous par­tiez. Nous on va rester là, faire du cinéma, pen­dant que vous partez. Mais tant qu’il y aura des fran­çais sur la place, on ne par­tira pas. J’en ai encore des fris­sons quand j’écrit ces mots, et on a pas vrai­ment eu le temps de les remer­cier, les « ritals », comme on les appe­lait affec­tueu­se­ment, car la ligne de GM char­geait encore, avec der­rière eux un nou­veau cordon tout frais arrivé, accom­pa­gné de leur gros joujou le canon à eau. Ca nous a vrai­ment fait mal d’aban­don­ner nos amis ita­liens, mais là, la sou­ri­cière se refer­mait sur nous qui n’étions plus assez pour résis­ter.
On a pu alors sortir en petits grou­pes, par un bar­rage fil­trant.

Ce soir a été vécu par nous comme un moment de répres­sion pure face à des mani­fes­tants qui encore une fois, n’avaient pas de mas­ques à gaz (j’en ai vu aucun durant les affron­te­ments), pas de cou­teaux, pas de bidons d’essence pour faire des cock­tails (nan mais sans dec’ les jour­na­lis­tes, véri­fiez vos sour­ces, on a lu un nombre de conne­ries et de suren­chè­res ahu­ris­san­tes une fois ren­trés !!), ni de RPGs pour des­cen­dre l’hélico. Mais de toute façon, à Lyon, on a l’habi­tude, c’est pas comme si c’était la pre­mière fois que ça arri­vait…
Bref, voilà, c’est déjà trop long, j’ai oublié des choses, pas pu expri­mer toute la haine pro­fonde que j’ai res­senti devant tant de vio­lence d’Etat, ni la bonne rigo­lade de voir les visiè­res des GM cou­ver­tes de molards, de voir une gen­dar­mette pani­quer face à nous et se barrer de sa ligne, de voir un GM pleu­rer par qu’ils se sont gazés entre eux, on a pres­que eu e vie de lui filer un coup de sérum.

Continuez la lutte, les jeunes les vieux, on les emmerde de toute façon ! Salut !

Témoignage de pitrognages :

Nous avons assisté ce lundi 3 décem­bre à une réelle démons­tra­tion de force de la part de l’état.
Bien que se soit le préfet de police de lyon et ses sous fifres qu’y ont orga­ni­sés cette sou­ri­cière. M. HOLLANDE se voit for­cé­ment com­plice d’une répres­sion quasi fas­ciste.

Une ving­taine « d’arres­ta­tion pré­ven­tive » ( décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen : arti­cle 10 « Nul ne doit être inquiété pour ses opi­nions, même reli­gieu­ses, pourvu que leur mani­fes­ta­tion ne trou­ble pas l’ordre public établi par la Loi » ) com­ment peut on trou­bler l’ordre public en se diri­geant paci­fi­que­ment dans une mani­fes­ta­tion ?? com­ment pouvez vous donc jus­ti­fier des pri­va­tions de liber­tés que ces gens ont subis ?

je ne cite­rais pas tous les arti­cles de cette décla­ra­tion qui m on semblé être bafouées à cette mani­fes­ta­tion ainsi que samedi der­nier. la libre cir­cu­la­tion des biens et des per­son­nes, le droit de mani­fes­ta­tion, le droit d’opi­nion… n’avait vous pas honte M. HOLLANDE ,étant vous même issue d’un partie se pré­ten­dant socia­liste, d’être le pré­si­dent d’une société fas­ci­sante ? la sfio est bien loin aujourd’hui..

Lundi, quand « per­sonne » ne pou­vait sortir du carré sécu­ri­taire ins­tallé par les crs, nous avons pu tout de même admi­ra­ble­ment remar­quer que les man­teaux en four­ru­res du 6e eux le pou­vaient… en revan­che si vous veniez de la guillo­tière …

le canon a eaux braqué sur les mani­fes­tants… devons nous pren­dre sa comme une pro­vo­ca­tion ?

aujourd’hui, vous « tapez » avant de parler, vous « déci­dez » plutôt que de consul­ter…

je me sens per­son­nel­le­ment bien loin de tous ça. sans patrie, sans dra­peaux, sans fron­tiè­res… Mais voyez bien, que même dans vos idées de répu­bli­que démo­cra­ti­que, vous ne res­pec­tez plus rien.
Le peuple se DOIT donc de vous les rap­pe­ler, par TOUTES formes de mobi­li­sa­tions !

 

Source : Rebellyon.

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