déc 062014
 
logement

Tant qu’il y aura des gens à la rue, nous occuperons !!!

Depuis le mois de mai 2013, dans de nombreuses villes de France, le gouvernement socialiste a décidé de diminuer les budgets attribués aux DDCS (Directions Départementales de la Cohésion Sociale, en charge, entre autres, de l’hébergement d’urgence) et expulse par milliers des centres d’hébergement d’urgence, principalement des demandeuses et demandeurs d’asile. En effet, les politiques d’austérité (associées à la xénophobie d’État?) continuent de frapper les populations les plus précaires (sans papier-e-s, chômeur-euse-s, salarié-e-s, intérimaires, etc…). On estime à trois millions le nombre de logements vides en France, que les autorités refusent de réquisitionner alors qu’elles ont le pouvoir de le faire : il s’agit donc bien d’un choix politique que de jeter puis de laisser des individu-e-s à la rue et ce, entre autres, au profit de la spéculation immobilière, vecteur principal de la hausse des loyers.

Actuellement à Caen, ce sont plus de 150 personnes qui sont à la rue. Face à cette situation intolérable, de puis juin 2013, l’ A.G a squatté successivement 4 lieux dont 3 ont été expulsés. Le 4 ème actuel, situé 11-13 allée du saut du loup , vient d’obtenir récemment un délai de 7 mois (ce après quoi, le squat sera expulsable). Mais nous ne sommes pas dupes : cette décision arrange par certains aspects la préfecture (en se défaussant d’une partie de ses « obligations » tout en maintenant cachée la misère dont elle est responsable dans un lieu peu visible). Comme toujours, la justice bourgeoise privilégie le droit à la propriété à la satisfaction des besoins fondamentaux.

Depuis plus d’un an, la préfecture promet l’ouverture d’une structure d’hébergement d’une centaine de places (qui n’est toujours pas ouverte !) qui en réalité, s’apparente plus à un camp (logements préfabriqués avec une surveillance accrue et quotidienne) qu’à une réelle solution de logement dans de bonnes conditions (ces lieux n’ont pas pour vocation à être pérennes). Cette structure, excentrée du centre-ville, s’inscrit dans une politique de ségrégation spatiale (parquer loin du centre les populations les plus pauvres) et ne correspond aucunement à une création de places : en effet, il s’agit de vider les hôtels et ce, à des fins commerciales et touristiques.

Depuis le début de cette lutte, la situation est loin de s’améliorer : de plus en plus de personnes sont jetées à la rue. Face à cette régression, l’ A.G de lutte contre toutes les expulsions a décidé d’ouvrir un autre lieu au 37, rue Beuvrelu. L’occupation n’est pas pour nous une fin en soi mais un moyen d’action qui s’inscrit dans une lutte plus large contre les politiques antisociales et xénophobes de l’État ainsi que contre la spéculation immobilière.

Les premiers temps d’une occupation rendue publique sont toujours un peu « délicates » car la police peut tenter, avec la bénédiction de la Préfecture, une expulsion manu militari illégale. Vous êtes donc invité-e-s à y passer régulièrement dès cet instant, pour commencer à y organiser une nouvelle mise en place de la logistique d’accueil (ménage, bouffe, cuisine, dortoirs…) dans la bonne humeur et, bien sur, discuter de ce fonctionnement en assemblée générale.
Un logement pérenne et décent pour tous et toutes !

Des papiers pour toutes et tous !

CONTRE CES MESURES XENOPHOBES, ANTISOCIALES ET SECURITAIRES, LA SOLIDARITE EST NOTRE ARME !

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, Tous les vendredis, à 18h, au 11-13 Allée du Saut du loup

Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions
Contact : ag-contre-expulsions[@]mailoo.org

Grande opération policère contre les sans-papiers.

 Posted by on 16 octobre 2014 at 15 h 41 min  Actualité Internationale, Sans-papiers, Immigrations  Commentaires fermés
oct 162014
 
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[Tract] Aliam vitam, alio mores* : du 13 au 26 octobre, grande opération policière contre les sans-papiers

jeudi 16 octobre 2014

Pour les deux semaines du 13 au 26 octobre, l’Union Européenne a lancé une opération policière de grande envergure appelée « Mos maiorum« ** visant à lutter contre l’immigration clandestine, mobilisant 18 000 policiers et se traduisant par des contrôles d’identité accrus dirigés vers les personnes sans papiers. Le but est de réaliser une collecte massive d’informations pour mieux connaître la façon dont les sans-papiers sont arrivés là afin de mieux leur barrer la route à l’avenir en ciblant mieux les points de passages à surveiller et en démantelant les réseaux de passeurs. Pour amasser ces informations, la consigne est d’arrêter le plus possible de sans-papiers et de les interroger (âge, sexe, nationalité, date et lieu d’entrée dans l’UE, trajet et moyen de transport, prix payé, destination, éventuels faux papiers, démarches de droit d’asile…).

 

Tout cela n’est pas une nouveauté, car même si elles risquent d’être plus nombreuses durant cette période, les rafles et les expulsions font rage dans toute l’Europe contre ceux dont les puissants ne veulent pas ou plus. En parallèle à l’effacement relatif des frontières entre les pays de l’UE, les frontières extérieures de l’Europe se ferment de plus en plus violemment à tous ceux qui espèrent trouver ici une vie plus facile et moins dangereuse qu’ailleurs, rejoindre des proches ou fuir une situation jugée invivable.
Mais dans tous les pays (« développés » ou non ), c’est le même système de domination qui pourrit les rapports et les conditions de vie : le capitalisme et l’exploitation économique assignent chacun à un niveau de l’échelle sociale, et plus tu es pauvre, plus ils veillent à ce que tu restes à ta place, à trimer et te laisser humilier, par le patron, le contrôleur, le client, le flic, le juge, le prof…
Les politiques migratoires, en en laissant entrer certains et pas d’autres selon des critères de rentabilité économique, tentent de maîtriser les flux migratoires mais surtout de faire peur à tous par les contrôles, les expulsions ou les séjours en Centres de Rétention pour que la part de sans-papiers tolérés en Europe se tiennent à carreaux, et acculés dans la clandestinité acceptent n’importe quel travail sous-payé sans pouvoir se plaindre de quoi que ce soit. Les frontières et les absurdes identités préfabriquées qui vont avec, les nationalités, sont pour les puissants un outil pour se partager le bétail humain à gouverner, trier les indésirables, diviser les exploités et leur faire accepter des conditions de misère.

Avec cette nouvelle opération, qui a visiblement un but médiatique (faire voir aux bons citoyens que la police travaille et que les États protègent la civilisation des barbares…), la politique européenne anti-immigration va peut-être se renforcer encore, mais pas changer de fond.
Qu’est ce qui peut faire changer la donne ? Nous, les exploités, avec ou sans papiers. Parce que la chasse aux immigrés clandestins est une partie de la guerre que le pouvoir mène tous les jours contre tous les pauvres, les indésirables. Une guerre à laquelle trop souvent on ne riposte pas.
Mais on pourrait s’opposer aux rafles de sans-papiers dans la rue, ou décider de s’en prendre aux institutions, aux entreprises, aux personnes qui rendent possibles l’enfermement et les expulsions. La liste est longue : balances (RATP, banques, bureaux publics), transports utilisés pour les expulsions (SNCF, Air France), constructeurs de centres de rétention (Bouygues, Vinci, Eiffage), associations qui y travaillent et donc les cautionnent (Croix Rouge, Ordre de Malte, Cimade, France Terre d’Asile)…

Pourquoi ne pas partir à l’attaque de tous ceux qui, politiciens, patrons, flics, exploiteurs de toute sorte, font de nos vies un perpétuel esclavage, qu’on ait ou pas leurs papiers ?

À bas toutes les frontières et les nations ! Contre les politiciens, flics et collabos qui les font exister, passons à l’attaque !

* Aliam vitam, alio mores : « Autre vie, autres mœurs »
** Mos maiorum : « Mœurs de nos anciens »

Source : Non fides.

 

juil 032014
 

[Calais] Expulsions et arrestations en masse – 2 juillet 2014

02 juillet 2014

AttentionAuFeuLe lieu de distribution des repas (de l’association Salam) où étaient installé-e-s 400 migrant-e-s depuis les expulsions du 28 mai a été évacué par les flics ce matin. Trois gros squats ouverts en février ont été expulsés lors de la même opération, à grand renfort de lacrymos.  Malgré les tentatives des soutiens pour bloquer les bus, des centaines de personnes sans papiers (320 selon la préf) ont été raflées et déportées vers différents centres de rétention : Coquelles (Calais), Lille-Lesquin, le Mesnil-Amelot (77). Une cinquantaine de mineurs ont été transférés dans un camp à Boulogne sur mer et près de Béthune. Aux dernières nouvelles 50 migrant-e-s étaient encore retenu-e-s sur le lieu de distribution des repas. Enfin certaines personnes ont été embarquées pour Boulogne et Dunkerque, certainement pour attendre leur transfert vers le centre de rétention dans des commissariats. Apparemment des places sont en train d’être aménagées à Saint Jacques de la Lande (Rennes) à grand renfort de transferts, et d’autres sont mises à disposition à Plaisir (78), Palaiseau (91), Oissel (Rouen). Le président de Salam, un membre de l’Auberge des Migrants et un membre de No Border ont été arrêtés et placés en garde-à-vue.

En ce début d’été qui n’annonce pas les vacances pour tout le monde (à Paris les larbins du pouvoir se démènent actuellement pour faire place nette aux touristes en raflant dans les transports en commun), continuons à lutter contre les frontières et leurs prisons !
Et bien sûr, force, courage et détermination à celles et ceux qui s’endormiront en taule ce soir.

Repris de sanspapiersnifrontieres

mai 092014
 
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Après seulement une semaine, le squat du 5 place du 36ème RI à Caen a été expulsé ce vendredi matin à 7h par les CRS et les flics locaux. Les expulsé-es des centres d’hébergement d’urgence s’y étaient installé-es. Le bâtiment vide depuis plusieurs années appartient au groupe Allianz, société d’assurances au capital de près d’un milliard d’euros…

RDV : ce vendredi 9 mai AG au campus 1, arrêt de tram Université, au sous-sol du bâtiment Lettres (à gauche à partir de l’arrêt de tram), à 17h

manif à 18h à partir du Phénix, campus 1

BESOIN URGENT DE MATOS : tentes, matelas, couvertures principalement. Dépôt toute la journée au sous-sol du bâtiment Lettres, campus 1, arrêt de tram Université.

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mai 012014
 
apres-la-rue-de-bayeux-nouveau-squat-place-du-36eme

Non seulement, aucune solution n’a été mise en place pour reloger les personnes à la rue, expulsées du 115, qu’elles soient françaises ou étrangères, mais aujourd’hui la préfecture, par l’intermédiaire de la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale), jette de nouvelles familles avec enfants à la rue.

Elle recommence comme l’an dernier à pareille époque à dire qu’il n’y a pas assez de crédits pour les hébergements. Mais rien n’a été fait pour ouvrir de nouvelles places de CADA (Centre d’Acceuil pour Demandeurs d’Asile).

La DDCS dit qu’elle va boent$ot ouvrir une structiure de 100 places, mais ce n’est pas pour loger celles et ceux qui sont à la rue, c’est pour vider une partie des hotels (70ème anniversaire du débarquement et jeux équestres obligent…).

Elle va donc continuer à jeter à la rue des familles avec enfants, voire même aussi des personnes malades.

Lors d’une action en référé contre la préfecture, son représentant ose justifier l’action de celle-ci, pour refuser de loger une famille (un couple avec 2 enfants de 5 et 15 ans) sous prétexte  que cette famille a trouvé refuge au squat du 103-109 rue de Bayeux.

L’ordonnance de référé du tribunal administratif du 18 avril 2014 déclare :

« … il résulte de l’instruction que la famille B… occupe un immeuble actuellement « squatté » également par d’autres familles demandeurs d’asile, dont il n’est pas soutenu qu’il offrirait des conditions matérielles telles qu’elles seraient incompatibles avec le respect de la dignité humaine ; qu’ainsi l’autorité administrative ne peut pas être regardée dans les circonstances de l’espèce, comme porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d’asile… »

De fait, la justice reconnait indirectement l’utilité du squat, qui loge 75 personnes (dont 16 enfants) et évite à la préfecture de faire face à ses obligations légales en matières d’hébergement des demandeurs d’asile.

Aujourd’hui, la lutte continue face à l’attitude de la préfecture. Il n’est pas question que les occupant-e-s que les occupants du 103-109 rue de Bayeux se retrouvent à la rue.
C’EST POURQUOI NOUS VENONS A l’INSTANT D’OUVRIR UN NOUVEAU SQUAT au 5 rue St Jean 14000 Caen.
L’assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions !

Caen. Après la rue de Bayeux, nouveau squat place du 36e

Un immeuble situé 5, place du 36e régiment d’infanterie, est occupé depuis mardi par une centaine de personnes. Une initiative de l’Assemblée générale contre les expulsions.

Une centaine de personnes, pour la plupart sans-papiers et demandeurs d’asile, ont investi mardi cet immeuble inoccupé depuis plusieurs années. Composé de douze appartements répartis sur quatre étages, il se trouve en bas de la rue Saint-Jean, à côté du garage Citroën. Le propriétaire pourrait être une compagnie d’assurance.

La majorité d’entre eux, au nombre de 71 dont 16 enfants, déménagent en ce moment de leur précédent squat, situé au 103-109 rue de Bayeux. Un immeuble occupé par une cinquantaine de familles depuis le mois d’octobre 2013. (ouest-france)

Municipales à Rennes. Le meeting de Nathalie Appéré interrompu et annulé

 Posted by on 27 mars 2014 at 10 h 29 min  Actualité nationale  Commentaires fermés
mar 272014
 
le-meeting-de-nathalie-appere-interrompu-et-annule

 

Le meeting de la gauche mercredi soir à Rennes a été annulé.

 

Une cinquantaine d’activistes ont envahi la salle de la Cité avant le début de la réunion.

 « Si chacun doit être libre dans la République d’exprimer son opinion, empêcher le débat démocratique n’a jamais fait avancer une cause quelle qu’elle soit. »

Nathalie Appéré, candidate au second tour des municipales à Rennes, a eu ces mots au moment où le meeting de la gauche unie qui devait se tenir à la salle de la Cité a été annulé.

Les manifestants dénoncent l’expulsion d’un étudiant guinéen

Une cinquantaine de manifestants, se prétendant étudiants, ont investi la salle, en criant « libérez Ali, libérez Ali ! »

Ils protestent contre l’expulsion qui vise un étudiant guinéen. Les manifestants sont intervenus bruyamment avant le début du débat. Ils sont montés sur la scène, empêchant la tenue du meeting. Les organisateurs ont été contraints d’annuler.

Source : La presse, Ouest France.

mar 262014
 
Publié le 25 mars 2014 sur le blog "Sans papiers ni frontières" puis le
même jour sur Squat!net:
http://sanspapiersnifrontieres.noblogs.org/post/2014/03/25/paris-sous-marin-policier-devant-une-maison-occupee/
http://fr.squat.net/2014/03/25/paris-sous-marin-policier-devant-une-maison-occupee/



> Paris: Sous-marin policier devant une maison occupée

Suite à la révolte du vendredi 14 février au centre de rétention de
Vincennes
[http://sanspapiersnifrontieres.noblogs.org/post/2014/02/14/vincennes-emeute-au-centre-de-retention/],
un feu d’artifice est tiré devant la prison pour étrangers. Deux détenus
sont condamnés à deux mois ferme, accusés d’avoir jeté une porte sur les
flics et l’un d’eux à deux mois de sursis supplémentaires pour avoir
refusé de donner son ADN. Deux autres personnes sont écrouées
[http://sanspapiersnifrontieres.noblogs.org/post/2014/02/18/revolte-a-vincennes-dedans-et-dehors-4-incarcerations-rassemblement-ce-soir/],
accusées d’avoir participé au feu d’artifice, puis d’avoir en garde à
vue refusé de donner noms, empreintes, photos et ADN aux flics.

Mardi 25 février, une audience de remise en liberté s’est tenue pour ces
dernier-e-s. Une vingtaine de compagnons étaient présents pour apporter
du soutien aux deux incarcéré-e-s. La juge a décidé de les faire sortir
après huit jours de taule et trois de garde à vue et dépôt avec le même
contrôle judiciaire que leurs trois co-inculpé-e-s, interdiction
d’entrer en contact et de quitter l’Ile-de-France.

Dans l’après-midi, certains compagnons présents sont suivis plus ou
moins ostensiblement. Dans le métro, le bus, dans la rue, parfois avec
un appareil photo… un flic a même pris le taxi. Dans la soirée, tandis
que les deux fraîchement libéré-e-s sont à Fleury pour prendre leurs
affaires, la surveillance est toujours plus visible. Une maison occupée,
dans le 19e arrondissement de Paris est particulièrement ciblée.

Déterminé-e-s, un groupe de personnes solidaires décide de ne pas
laisser les flics faire leur sale boulot tranquilles, et poursuit l’un
d’eux dans la rue. “Sale flic”, “Tu le diras à tes collègues”, “Eh mais
d’habitude quand on traite les gens de flics ils se retournent”, “Police
dégage”, “Remets jamais plus les pieds dans le quartier t’es grillé”.
Une partie du dispositif était apparente : alors qu’à quelques rues de
là, cinq ou six flics complotaient, le groupe découvre une camionnette
Citroën Jumpy blanche immatriculée 9420 XC 94, vingt mètres au dessus de
la maison. Les vitres arrières sont voilées par une bâche noire qui
semble bouger, et des signes de présence émanent de la voiture lorsque
le joyeux groupe s’approche.

S’approchant encore, il entend distinctement un son électronique en
fonctionnement, laissant penser qu’à l’intérieur de la voiture se trouve
du matos d’écoute et d’enregistrement. Menaces, boucan dans le
voisinage, secouage de voiture, le(s) flic(s) dedans a(ont) dû avoir un
petit coup de stress et deux de ses(leurs) collègues débarquent en
courant, l’un monte dans la camionnette, l’autre dans une voiture garée
plus haut et tous deux partent sans demander leur reste.

Les semaines suivantes la surveillance n’a pas cessé (filatures,
contrôles d’identité impromptus…). Qu’ils surveillent et répriment
celles et ceux qui affichent de ne pas se plier aux lois et aux normes,
qui décident d’apporter leur solidarité aux prisonnier-e-s mutin-e-s,
qui refusent la résignation et se révoltent n’est pas étonnant. Cela
n’empêchera pas les révolté-e-s de se battre, ici et maintenant, pour la
liberté !

(Reçu par mail.)

 * * *

- Thématique "Surveillance" sur Squat!net:
http://fr.squat.net/tag/surveillance/

- Paris sur Squat!net:
http://fr.squat.net/tag/paris/
http://en.squat.net/tag/paris/

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juil 162013
 
logement

Depuis mardi 25 juin, un ancien foyer est occupé au 202 rue de Bayeux par l’Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions. L’ouverture de ce squat fait suite à l’expulsion d’environ 70 personnes de leur foyer d’hébergement d’urgence. Ces expulsions, qui ont lieu partout en France, sont présentées comme inévitables face à la « crise » qui nous frappe. Cette crise dont on nous rabâche les oreilles ne touche qu’une partie des populations: les fractions les plus pauvres et les plus marginalisées. Par ailleurs, la crise vient toujours camoufler un renforcement du système capitaliste par le biais de destruction des services publics, de la casse du droit du travail, de criminalisation des plus pauvres et des sacrifices demandés aux plus démuniEs. Sans surprise, l’Etat met à mal les quelques droits qu’il nous a un temps lâché, tout en renforçant son contrôle sur tous les aspects de nos vies.

logementL’une des premières conséquences  des politiques d’austérité, c’est l’accès au logement plus difficile encore. Aujourd’hui, il y a plus de 3,6 millions de mal-logéEs en France, et au moins 130 000 SDF. Les expulsions locatives sont quant à elles de plus de 100 000 chaque année. Mais au-delà des politiques d’austérité, c’est la propriété privée, à la base du capitalisme, qui crée les conditions de mal-logement. Aujourd’hui, pour une bonne partie des populations le seul moyen de se loger c’est soit de consacrer une part exorbitante de son budget dans un loyer, soit de rembourser un prêt tout au long de sa vie. Pendant ce temps-là, d’autres spéculent et s’enrichissent, nourrissant le coût important de l’immobilier (1). Ces spéculations se traduisent notamment par des logements qui restent inoccupés pendant que des gens sont jetés à la rue. Dès lors, il est bien légitime d’occuper ces habitations vides.

 Les problèmes de logement ont un autre effet pernicieux: les garanties demandées sont de plus en plus élevées et  les procédures de plus en plus compliquées. Elles excluent de fait les personnes isolées, les plus vulnérables, les sans-papiers… En effet, ces derniers ne peuvent évidemment pas fournir les documents exigés. C’est aussi le cas de nombreux immigrés en situation régulière, qui en plus de faire face au racisme, ont des difficultés à répondre aux exigences bureaucratiques. Une personne en demande d’asile n’a par exemple le droit qu’à une allocation de 336E par mois, et n’a en même temps pas le droit de travailler légalement.  Cette aide ne permet évidemment pas d’accéder au logement et aux besoins les plus élémentaires. Des structures d’accueil existent mais le désengagement financier de l’Etat ne leur permet plus de fonctionner (2).  Et comme souvent, ce sont les étrangerEs qui sont les premiers frappéEs par les coupes budgétaires : ce sont pour le moment eux qui sont jetés à la rue, avant que tout le monde ne soit concerné (c’est 700 places en foyer qui doivent fermées d’ici la fin de l’année dans la région).

Cette exclusion des étrangerEs est donc organisée. Elle est aujourd’hui accentuée par la montée du nationalisme, autant à travers les groupuscules d’extrême-droite que par sa banalisation au sein des grands partis (3). Taper sur les immigréEs pour entretenir le mythe des étrangers qui volent le pain et le travail des autochtones n’est en fait qu’une piètre tentative pour masquer les effets dévastateurs du capitalisme. Le nationalisme a toujours servi les intérêts des plus puissants, tout en cherchant à séduire une partie de l’électorat (même parmi les plus dominéEs) grâce à des annonces et mesures populistes (c’est explicite en Grèce aujourd’hui). A l’heure du capitalisme globalisé, la libre circulation des marchandises et des plus riches s’accompagne des mesures les plus liberticides. Ainsi, on construit des prisons qu’on appelle centre de rétention administrative, et on renforce les contrôles aux frontières. A mesure que les taux de profit croissent, les frontières deviennent poreuses pour les plus riches, mais se ferment pour la majeure partie des populations mondiales. Cette fermeture est parfois explicite à travers les murs entre Israël et Palestine, Etats-Unis et Mexique, Inde et Bangladesh. A ces barrières physiques aux frontières s’ajoutent un renforcement des forces de l’ordre, et un développement du contrôle, de la surveillance et des violences.

FRONTEX en est le parfait exemple. Cette agence européenne est chargée de la performance du contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne et de la coopération européenne entre Etats membres et avec les Etats limitrophes. Elle a notamment organisé la sous-traitance de la gestion des migrantEs africainEs à la Lybie de Khadafi à l’époque. Le spectre de l’invasion étrangère a été ressortie avec son lot de prisons pour étrangers, sa bureaucratie xénophobe, sa militarisation des frontières et de la police, et c’est toujours la liberté qui recule.

Le squat ouvert au 202 rue de Bayeux n’est pas le seul de ce genre en France. Partout, ce type d’occupation se multiplie (Bourg-en-Bresse, Dijon, Poitiers, Toulouse, etc.) pour faire face au fait que les places en foyer d’hébergement diminuent drastiquement, et que des gens sont jetés à la rue. A Caen comme ailleurs, il ne s’agit pourtant pas seulement  d’héberger  des gens mis à la rue, mais aussi et surtout de lutter et de créer avec eux une dynamique pour obtenir leur relogement et au-delà leur régularisation., condition pour qu’ils et elles puissent  travailler légalement, obtenir un logement de façon autonome, avoir un minimum de droits et tout simplement vivre plus décemment. Au-delà d’une régularisation au cas par cas, il s’agit d’exiger la régularisation de tous les sans-papiers.  Quant à nous, nous entendons bien ne pas nous arrêter là, jusqu’à en finir avec les frontières et le capitalisme.

 

Ni papiers, ni frontières !!!

(1) Les spéculateurs ne sont pas seulement les grands propriétaires et les banques, c’est aussi les bailleurs sociaux, les collectivités territoriales, l’Etat qui en  plus organise la gentrification (remplacer les classes populaires par les classes moyennes et supérieures dans une ville ou un quartier) à travers les rénovations urbaines qu’il met en œuvre.

(2) La situation est telle que des travailleurs sociaux envoient des gens jetés à la rue au foyer squatté rue de Bayeux à Caen… Par ailleurs, il y aurait beaucoup à dire sur l’organisation de l’exclusion à travers des foyers et l’infantilisation qui y règne.

3) De la rafle policière à Barbès deux jours après la mort d’un antifasciste sous les coups de nervis nationalistes révolutionnaires aux expulsions de camps de Roms, en passant par l’autocongratulation de Manuel Valls d’expulser davantage d’étrangers qu’à l’ère Sarkozy (24 000 en 2006, 32 900 en 2011, 36 800 en 2012), la « gauche plurielle » ne s’en cache plus.

 

L’Assemblée libertaire regroupe sur l’agglomération caennaise des personnes qui s’organisent pour résister au quotidien à l’exploitation capitaliste et à la domination étatique, dans une perspective révolutionnaire.

CONTACT : assemblee.libertaire

INFOS : http://sous-la-cendre.info

 

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