fév 062013
 

photo: des vigiles, guidés par les RG, empêchent une trentaine de personnes d’accéder au débat public sur les nanotechnologies en octobre 2009 à Caen.

Deux appels à projet de recherche sur les nanotechnologies ont été publiés par le Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégique. Leur titre est explicite:

« Modes de gouvernance et acceptabilité sociale et sociétale des recours aux nouvelles technologies pour assurer le maintien de la tranquillité publique »

On ne pourrait mas mieux le formuler… Contrôle social, pacification, idéologie du progrès, tout y est.

« Créé en 2009, le CSFRS est un Groupement d’Intérêt Public regroupant 27 membres en 3 collèges (services du premier ministre, 8 Ministères, 9 organismes de recherche, et 9 grands groupes français) dont la mission est de :

• rassembler les acteurs privés et publics de la formation et de la recherche stratégiques et de coordonner leurs projets,
• développer la recherche stratégique et en favoriser le rayonnement.

Pour mener à bien ses missions, le CSFRS intervient entre autres en finançant jusqu’à 100% des projets de recherche sur appels à projets, ouverts à toutes les équipes de recherche publiques et privées.

Pour toute information de nature scientifique ou administrative sur les appels à projets, contacter : [email protected] ou 01 44 42 46 23. »

Pour plus de précisions:

« La fréquentation des espaces publics a fait l’objet d’évolutions importantes au cours des dernières décennies et est devenue un sujet de société majeur. Oscillant, selon les lieux et parfois dans un même lieu selon le moment de l’année ou de la journée, entre lieu de rencontre, de convivialité et espace hostile ou perçu comme tel, les espaces publics peuvent être appréhendés à la fois comme des opportunités et comme un danger, une menace par ceux qui font la ville (aménageurs, autorités publiques – et en particulier les maires, garants de la tranquillité publique dans l’espace communal, gestionnaires des espaces publics, citoyens…). Certains lieux, au croisement entre passage obligé et lieu de vie sociale, sont particulièrement concernés : gares routières et ferroviaires, bureaux de poste ou guichets de banque, centres commerciaux, quartiers commerçants des villes, zones touristiques… Se pose pour les gestionnaires de ces sites la question de la façon de maîtriser ces espaces publics : quelles sont les mesures pertinentes à mettre en place pour assurer la sécurité des usagers et des employés ? quels moyens utiliser pour rassurer les riverains et usagers de ces espaces ?

Les développements technologiques rapides en matière de surveillance (vidéo, enregistrements sonores…) combinés à la place centrale désormais occupée par les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) incitent les acteurs publics et privés en charge de la gestion des espaces publics à se positionner sur le rôle et la fonction que les nouvelles technologies occupent dans les dispositifs de maintien de la tranquillité publique. Sujet de préoccupation de tous les acteurs concernés par la gestion et l’utilisation de ces lieux publics, la prévention et la lutte contre les incivilités interrogent sur le rôle qu’ont à jouer les nouvelles technologies en matière de surveillance, prévention, voire interpellation de leurs auteurs. Un arbitrage semble devoir s’opérer entre une surveillance dissuasive assurée par des agents (police nationale ou municipale, agents de sécurité des gestionnaires des espaces publics) ou le recours à des dispositifs techniques.

Perçues comme un outil utile, voire indispensable, par les gestionnaires et responsables des sites, les nouvelles technologies et en particulier la vidéo peuvent faire l’objet de contestation de la part des citoyens / usagers qui sont l’objet précis de leur utilisation. Une autre catégorie d’acteurs voit son rôle, son métier, et ses responsabilités civiles et juridiques modifiés en profondeur par le recours à la vidéo : les agents de terrain chargés de faire respecter les règlements. Quels sont les avantages et inconvénients des caméras embarquées sur les agents ? Quelle est la fiabilité et la valeur juridique face aux témoignages des enregistrements vidéo de différends filmés entre agents et usagers, etc. ?

Au-delà de leur utilité, ces technologies interrogent sur leur acceptation et acceptabilité par les différents acteurs fréquentant les espaces publics. Les représentations qu’on se fait de ces outils risquent de diverger selon les personnes, les catégories d’acteurs, les lieux, l’actualité… »