juil 282014
 
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À travers Micrurus nous — les membres du Collectif Médecine Libertaire — avons simplement souhaité penser et faire penser la médecine d’un point de vue libertaire. Autant parce que la médecine et le rapport que nous pouvons avoir à nos corps est une porte d’entrée dans le politique des plus conséquentes, que parce que ce thème a peu été exploré dans le courant de pensée « anti-autoritaire » de ces dernières années.

  Que l’on fasse une analyse structurale de l’organisation politique de la médecine occidentale ou que l’on se penche sur le biopouvoir et les rapports intimes que chacun·e d’entre nous a pu expérimenter à son contact (ou plutôt au contact de ses institutions ou de ses représentant·e·s), il y a un exercice rupturiste important à mettre en oeuvre. Cette exercice, nous le faisons nôtre dans le but d’arracher aux dominant·es ou à leurs systèmes une autonomie des corps dans une perspective émancipatrice plus large.

  La cohérence de ce premier Micrurus est aussi complexe que son sujet. Certains des textes choisis ici proposent des visions globales, d’autres adoptent des axes de réflexions plus particuliers. Nous avons également choisi de mettre en avant la place du ressenti dans l’activisme politique. Notre but ici n’est pas de construire une nouvelle doctrine, mais de rassembler des textes qui peuvent nourrir la réflexion et amener à des actions.

librement téléchargeable ici : http://sous-la-cendre.info/wp-content/files/Micrurus_0_bd.pdf

Je hais les flics, c’est grave docteur ?

 Posted by on 4 juin 2014 at 14 h 58 min  Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire  Commentaires fermés
juin 042014
 

Repris de non-fides.fr

Je hais les flics, c’est grave docteur ?

vendredi 30 mai 2014

On est nombreux/ses à connaître par expérience la Garde à vue (GAV). Les chtars te choppent et t’enferment dans les sales cellules d’un comico. On y dort au sol, si on a de la chance sur des petits matelas crasseux, entassés comme des sardines, on y mange la merde produite par Bocage Restauration et on attend.

 

Décidée par un Officier de Police Judiciaire (OPJ), la GAV peut durer jusqu’à 24 heures, renouvelables une fois. On y sort parfois pour être emmené au dépôt du tribunal (en comparution immédiate), parfois en taule (en détention préventive). Très souvent, on sort tout simplement avec une convocation ou sans rien du tout. En effet, les flics utilisent la GAV à leur totale discrétion, comme une arme pratique pour emmerder les pauvres et les insoumis.

La GAV « différée » est censée être une « garantie » (leurs fameuses garanties…) pour les personnes qui, à cause de leur état psychophysique, ne peuvent pas être auditionnées tout de suite. Un exemple courant est celui de quelqu’un qui se fait embarquer ivre. Il passe en cellule de dégrisement, puis, quand les flics jugent qu’il n’est plus bourré, ils lui notifient ses droits (l’appel à un proche, le médecin, l’avocat) et, surtout, l’interrogent (à noter que le décompte des 24h commence toujours au moment de l’interpellation). Mais apparemment les OPJ des comicos parisiens essayent d’utiliser la GAV différée pour « troubles du comportement » comme moyen de pression sur ceux et celles qui ne collaborent pas de plein gré.

Le mieux reste de ne rien déclarer aux flics. Par principe pour refuser toute collaboration avec eux et d’un côté technique pour la raison pratique de ne pas leur faciliter le travail. On voit parfois des gens se mettre à plat ventre devant les keufs, en espérant faussement s’en sortir mieux. En réalité, tout ce que l’on dit peut leur servir pour nous enfoncer dans la merde ou quelqu’un d’autre. Leurs questions sont autant de pièges qui déboucheront sur des chantages. Pareil pour l’attitude du « flic gentil » : notre reconnaissance de cette gentillesse supposée, du fait qu’ils ne font que leur « travail », justifie ce travail, justifie l’oppression. Le silence est une bonne défense et un comportement digne. On ne parle pas avec l’ennemi. On est dans leurs cellules, ils ont la force, mais ils n’auront jamais notre collaboration, aussi petite qu’elle puisse être. Et même si les flics nous menacent, ils ne peuvent pas nous inculper à cause de notre silence : leur loi dit qu’on a le droit de se taire.

Mais il peut arriver que l’OPJ devant lequel on garde le silence utilise le prétexte que ça serait un comportement « anormal » et nous envoie faire un examen psychiatrique. On est donc emmené à l’Hôtel Dieu, à l’étage réservé à la police. Encore des cellules (propres, celles-ci, mais des cellules quand même) et des médecins qui travaillent coude à coude avec les keufs. Ils te font l’examen des urines, ils te soignent les coups reçus pendant l’interpellation ou au poste, parfois certifient à l’OPJ que t’es un fou furieux (et donc à enfermer !)… Et te donnent des cachetons pour te rendre plus malléable…

Ça arrive, bien sûr, d’être anxieux et éprouvé quand on est arrêté et qu’on a passé des heures dans une cellule. Mais voilà que pour la Justice, fatigue et frayeur, tout à fait humains et compréhensibles (et dont ils sont la cause), ou le refus de parler à ses ennemis en uniforme, deviennent « anormaux », des armes contre nous. Et on peut bien imaginer que le résultat d’un examen psychiatrique confirmant des « troubles » (chose fort possible, vu la situation) puisse être un moyen supplémentaire dans leurs mains. Un moyen utilisable à notre encontre dans un éventuel procès ou pour justifier tout un tas d’emmerdements sur le long terme, jusqu’à peut-être une hospitalisation d’office en HP.

L’examen psychiatrique sur des gardés à vue semble se banaliser. Selon un témoignage, ça a été effectué au moins sur deux détenus du comico du XIXe samedi 16 novembre 2013 (examen apparemment effectué par les keufs eux-mêmes !), puis sur un détenu de ce même comico et un venant de celui du Xe, dimanche 17 (examens effectués par le psychiatre Luigi Grosso). Encore mi-décembre, lors d’un contrôle de la BST sur des anarchistes à Belleville, la première flic venue menace l’un d’eux de l’envoyer « chez le psy » parce qu’il refuse de répondre aux questions.

Que ces petites notes, loin d’apeurer, servent à rendre chacun/e plus fort face à la police, en connaissant leurs sales méthodes. Tout en sachant que, quand on est dans leurs mains, le silence est la meilleure défense. Et mieux vaut cracher une dent qu’un blaze !

[Extrait de Lucioles n°17, bulletin anarchiste de Paris et sa région, mai 2014.]

mar 302014
 
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Dispensaires sociaux grecs, interview de Giorgos Vichas par Benoît Borrits

Publié le 26/03/2013 par

http://www.autogestion.asso.fr/?p=2891 et http://www.regards.fr/web/nouvel-article,6412

Giorgos Vichas, médecins et animateur du dispensaire social d'Ellinikon-Athènes

Giorgos Vichas, médecins et animateur du dispensaire social d’Ellinikon-Athènes

En visite en France pour la première initiative publique du Collectif « Solidarité franco-grecque pour la santé » en faveur des dispensaires sociaux, le Docteur Giorgos Vichas nous explique les origines de ce mouvement.

Docteur Giorgos Vichas, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis un cardiologue travaillant dans le système national de santé et je viens ici au titre de responsable du Dispensaire social métropolitain d’Ellinikon à Athènes. Le dispensaire social est une initiative de médecins bénévoles visant à assurer des soins à des patients sans sécurité sociale, sans emploi et sans ressource. En décembre 2011, après le Mémorandum de l’Union européenne, les personnes sans sécurité sociale ont été exclues du système de santé et se sont trouvées dans l’impossibilité de recourir à un médecin : c’est dans ce cadre que le dispensaire a été créé. Il faut savoir qu’au-delà d’une année de chômage, on n’est plus assuré en Grèce. Par ailleurs, pour les assurés, la part à la charge des patients pour la plupart des pathologies est passée de 10 à 25 voire 30 % des traitements. Les dispensaires sociaux grecs estiment qu’aujourd’hui, de 35 à 40 % de la population n’est plus couverte par la sécurité sociale.

En quoi consiste un dispensaire social ?

Ceux-ci se sont organisés sur trois principes fondateurs. Le premier est que le travail y est totalement bénévole et que personne ne peut recevoir d’argent dans le cadre de cette activité. Le second est que le Dispensaire fait appel à des dons de médicaments et refuse tout argent. Le troisième est le refus de tout sponsoring de la part d’un quelconque donateur. Ces principes stricts ne nous ont pas empêché de nous développer rapidement. Il y a aujourd’hui vingt dispensaires dans toute la Grèce. Nous tiendrons notre prochaine réunion de coordination dimanche prochain. Notre dispensaire d’Ellinikon, a été le premier opérationnel. Il a été rendu possible grâce à l’appui de la municipalité d’Ellinikon qui nous laisse à disposition un local de 250 m2. Notre dispensaire regroupe aujourd’hui 90 médecins, 10 pharmaciens, 15 dentistes, 10 psychologues et 120 autres bénévoles qui assurent du secrétariat et de la communication. Du point de vue des médicaments, ce sont, pour 80 %, des particuliers qui donnent des médicaments non périmés au Dispensaire. Lorsque nous manquons de certains médicaments, notamment des vaccins pour enfants, certains les achètent spécialement pour nous.

Comment faites-vous lorsque les soins à donner dépassent le cadre d’un dispensaire et nécessitent, par exemple, des opérations chirurgicales ?

Nous sommes aidés par le plus grand hôpital privé d’Athènes et les deux plus grandes maternités. Certains hôpitaux publics passent outre la loi qui interdit des prestations gratuites à des non-assurés. Nous sommes fiers d’avoir ainsi pu réaliser quatre opérations de cardiologie. Mais cela ne se passe pas non plus toujours bien. La semaine prochaine, nous entrerons de force dans la maternité de l’Hôpital Alexandra pour exiger la prise en charge de deux femmes enceintes. Le choix de cet hôpital n’est pas fortuit : il a témoigné d’une forte inhumanité à deux reprises. Le premier en refusant de rendre un nouveau-né à sa mère dans l’attente de son règlement d’hospitalisation, le second en menaçant de prison une réfugiée politique afghane à qui on exigeait le règlement de 1200 euros de frais d’hospitalisation.

Votre initiative témoigne d’une forte capacité de résilience de la société grecque. Souhaitez-vous inscrire cette démarche dans une perspective politique ?

Le dispensaire social n’a aucune existence juridique et nous ne souhaitons pas qu’il en ait une. Il n’existe qu’à cause des politiques de la Troïka et nous l’espérons temporaire. Il participe d’un mouvement pour un système de santé public, gratuit et sans corruption. Le dispensaire social agit dans deux directions simultanées. Il prend le patient par la main afin de lui redonner espoir et en même temps, il le persuade de se battre pour mettre fin à cette politique. C’est pourquoi le Dispensaire d’Ellinikon est partie prenante du processus de l’Alter-Summit européen qui aura lieu les 8 et 9 juin 2013 à Athènes.

Un dernier mot ?

Désormais la solidarité dépasse les frontières. Déjà, un groupe de médecins allemands présents à Francfort, Munich et Berlin organise la solidarité concrète à l’égard de nos dispensaires et font aussi connaître la situation sanitaire grecque en tant que résultat concret de la politique actuellement menée. Ce qui se passe aujourd’hui à Chypre est du même ressort et ne se concerne pas que nos deux pays. Il est urgent que les peuples européens expriment leur solidarité et se battent tous ensemble pour résister à la logique de ces politiques.

Pour suivre et participer à la campagne française de solidarité avec les dispensaires sociaux :http://solidaritefrancogrecque.wordpress.com/

La revue anarchiste caennaise Braséro sort son 2ème numéro

 Posted by on 22 juillet 2012 at 10 h 27 min  L'information des collectifs locaux, Non classé  Commentaires fermés
juil 222012
 

Ce deuxième numéro de Braséro revient sur la lutte des Panavi (usine caennaise vouée à la fermeture/délocalisation), sur la création d’un collectif anarchiste caennais de traduction, la présentation du collectif médecine libertaire de Caen, des infos sur la futur (?) ligne TGV Paris-Cherbourg, l’actualité antinucléaire post-Fukushima et tout un dossier sur les Amap, jardins collectifs et pratiques alternatives urbaines.

  Brasero - N°02 (1,8 MiB, 412 hits)

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