fév 202013
 

L’info n’est pas toute récente (samedi 2 février) mais elle a été assez peu couverte et elle montre bien la confusion politique que cherche à entretenir l’extrême droite et certaines collusions entre celle-ci et des régimes dictatoriaux actuels … Trouvé sur le site « Préférence Nationale » (http://www.preference-nationale.net/) qui contient pas mal d’infos intéressantes sur les fachos.

Quand les nationalistes révolutionnaires rejoignent les Syriens pro-Assad

Entre 500 et 600 personnes ont manifesté dans les rues de Paris contre «l’impérialisme», samedi, à l’appel de Troisième voie. Outre ce thème, il s’agissait pour le mouvement tercériste de prouver sa capacité à rassembler face aux autres groupes d’extrême droite français.

 

La manifestation était annoncée depuis plusieurs semaines sur les sites de la mouvance nationaliste révolutionnaire. Ainsi, outre les militants de Troisième voie, étaient présents les Belges de Nation, la Nouvelle droite populaire, des Autonomes flamands ou encore le GUD. Au niveau des étrangers, quelques Russes, Québécois ou Serbes avaient pris part au cortège, ainsi qu’une importante délégation de Syriens favorables au régime de Bachar el-Assad. Au total, ils étaient entre 500 et 600, à marcher entre Odéon et le Panthéon, un effectif comparable à la précédente manifestation organisée par Troisième voie à Lille en octobre 2011.

De quoi donner au cortège une allure disparate, du skinhead tatoué au jeune encapuchonné vêtu de noir en passant par les Syriens, parfois en treillis. Le tout au son d’une grandiloquente musique classique, digne d’un film d’heroic fantaisie, crachée à pleines enceintes. Ouvrant le cortège une rangée de drapeaux français, vénézuélien, québécois (classique), des Patriotes québécois, serbe, syrien et syrien frappé de la tête de Bachar el-Assad. Un drapeau cubain était également brandi dans le cortège. Derrière une banderole ceinte de la phrase “Les héros du peuple sont immortels”, suivaient ensuite une série de portraits de Draza Mihailovic (résistant royaliste serbe, au rôle contesté par certains, de la Seconde Guerre mondiale, exécuté par les communistes), d’Alexandre Loukachenko en uniforme, de Vladimir Poutine, de Bachar el-Assad et de Hugo Chavez (en uniforme également). Une autre banderole, stylisant un drapeau américain au dollar propulsant des bombes, proclamait : «L’impérialisme c’est la guerre, les peuples veulent la paix”. Au niveau slogans, ont été entendus des classiques de ces groupes d’extrême droite, «Libre, social et national», «Europe, jeunesse, révolution», «Ni gauche, ni droite, troisième voie», et d’autres plus circonstanciés tels que «La France aux Français, la Syrie aux Syriens», «Yankees go home!» ou encore «Impérialisme, non ! Solidarisme, oui !».

Pourquoi cette manifestation ?

Pourquoi cette branche de l’extrême droite française a-t-elle manifesté aux côté de Syriens favorables au régime d’Assad ? Ces militants, se définissent comme “solidaristes”. Le solidarisme est historiquement né à la fin du XIXe siècle, lancé par le radical Léon Bourgeois, et se voulait une réponse au libéralisme aussi bien qu’au capitalisme. Dans les années 1970, le concept est récupéré par l’extrême droite, souhaitant lutter aussi bien contre le capitalisme américain que contre le communisme russe (notamment porté par Jean-Pierre Stirbois, qui deviendra par la suite numéro 2 du Front national). Ce solidarisme, avec de fortes évolutions politiques, est aujourd’hui repris, depuis plusieurs années par Serge Ayoub et son mouvement Troisième voie. Ce courant fait partie de la mouvance nationaliste révolutionnaire, pour lequel la question géopolitique revêt une importance conséquente. Les NR considèrent les Etats-Unis (souvant associés au monde anglo-saxon), comme une thalassocratie, à l’image de l’Athènes antique, une démocratie impériale fondant sa puissance sur la mer. Seule super puissance depuis la disparition de l’URSS, elle chercherait, selon eux, à étendre son influence en plaçant des têtes de pont autour autour du contient eurasien, dans une stratégie d’encerclement. C’est ainsi qu’ils expliquent les guerres de Corée, du Vietnam, ou plus récemment d’Irak ou d’Afghanistan. C’est en partie pour cela qu’ils apportent leur soutient au régime syrien. A cette critique géopolitique est souvent associée la puissance de l’argent. Le gouvernement français, comme ses homologues européens, est souvent accusé de s’y soumettre. Cette thématique n’est donc pas une innovation de l’actuel courant NR, mais bien un mouvement de fond, auquel se conforme aujourd’hui Troisième voie, bien que Serge Ayoub ait un temps hésité. Il faut ajouter que les dictatures du monde arabe, renversées ou toujours en place, représentent à leurs yeux un barrage à l’islamisme. A titre d’exemple, voici quelques unes de la presse nationaliste révolutionnaire de ces 20 dernières années:

Le mensuel « Lutte du peuple », de mai-juin 1994, organe de Nouvelle Résistance.

« Résistance », mars 2003.

« Résistance », février 2005.

« Résistance », octobre 2005.

C’est ainsi que M. Ayoub a pointé du doigt ses ennemis: la City, l’Amérique de Wall Street, le FMI, la Turquie «qui espère encore en l’Empire ottoman en étant le fidèle laquais de l’Amérique», le Canada «qui opprime les Québécois», Israël «avant-garde des intérêts atlantistes au Moyen-Orient», la France «celle qui a assassiné Kadhafi, celle qui fait une guerre impérialiste au Mali», l’Arabie saoudite et le Qatar «qui complotent et payent des mercenaires islamistes». Et de conclure :

Vive le Venezuela et vive Chavez! Vive la Russie et vive Poutine! Vive la Syrie et vive Bachar el-Assad! Vive la Serbie, la Grande Serbie unie ! Vive le Québec, vive le Québec libre! Et vive la France libérée!

Montrer ses muscles

Cette manifestation était également intéressante du point de vue du rapport de force à l’extrême droite. Préférence nationale en parlait déjà ici. Il s’agit, pour les différents groupe d’extrême droite gravitant hors du FN, de savoir qui détient le leadership. Certains orateurs ne se sont d’ailleurs pas privé de tacler les Identitaires, à l’image de Hervé Van Laethem, leader du mouvement belge Nation: «Chez nous, beaucoup d’occidentalistes parlent de combattre l’islamisme [...], les nationalistes arabes, eux, ils le font. La où le seul fait d’armes de certains est de faire quelques actions bien médiatisées à peu de frets contre des mosquées en construction, là-bas en Syrie, ils se battent tous les jours et au prix de milliers de martyrs.» La présence du GUD peut également être perçue comme un bonus pour Troisième voie. Le GUD, et notamment sa branche lyonnaise, étaient jusqu’à plus proches des Jeunesses nationalistes et de l’Oeuvre française dont ils semblent aujourd’hui s’éloigner.

Julien Licourt

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