mai 082013
 

Les membres de Nucleopolis

Voici la carte des membres de Nucleopolis, association subventionnée par les pouvoirs publics, de 2012. Depuis, elle s’est encore élargie. Nous avons là toutes sortes d’acteurs économiques et institutionnels, répartis principalement sur deux pôles : l’un à Caen et Bayeux, l’autre à Cherbourg et La Hague. Nous ne présentons plus EDF, AREVA, GDF-Suez. Il y a aussi la DCNS via l’arsenal de Cherbourg, groupe pesant 2,6 milliards d’euros. Nous trouvons aussi l’entreprise SPIE, « leader européen indépendant des services en génie électrique, mécanique et climatique », présente dans trente pays (et ayant des agences à Caen, Cherbourg, Rennes ou Nantes par exemple). L’entreprise d’ingénierie industrielle ASSYSTEM a un profil similaire, elle aussi étant présente partout dans le monde, du Moyen-Orient au Canada en passant par l’Afrique, et travaillant pour un florilège des pires industries : aussi bien pour le nucléaire que pour l’automobile, l’aviation ou l’armée. On trouve aussi les énergies renouvelables dans ses activités. ROBATEL Industries est du même acabit, et construit notamment les « emballages » pour le transport des déchets nucléaires. Elle possède des sites à La Hague, Cadarache et Marcoule. L’entreprise cherbourgeoise EFINOR (siège à La Glacerie) est quant à elle spécialisée dans les métiers de la métallurgie de pointe, et s’est développée dans toute la France, aussi bien dans le nucléaire que l’aérospatial ou la pétrochimie. TECHNODOC, située à Cherbourg, est née de la rencontre de deux cadres d’AREVA, et met en place des systèmes de gestion d’informations et de documents pour les entreprises. CETE APAVE Nord-Ouest est quant à elle spécialisée dans les conseils pour la maîtrise des risques. Sont membres de Nucleopolis les laboratoires CYCLOPHARMA, où des apprentis sorciers développent la médecine nucléaire : administration dans le corps d’isotopes radioactifs, d’une dose « la plus faible possible » (rassurons-nous), pour élaborer un diagnostic. Le labo de Caen se trouve sur le campus Jules Horowitz, du nom d’un physicien du CEA, boulevard Becquerel (ça ne s’invente pas). Ce site est situé tout autour du GANIL. PANTECHNIK a été pour sa part créée par deux chercheurs du GANIL, et est devenue leader dans la fabrication et l’installation « des bancs de sources permettant la production de faisceaux d’ions lourds et multichargés ». Son nouveau PDG est l’ancien de SOMINEX, entreprise elle aussi implantée à Bayeux et Caen, qui assemble des systèmes de réglage d’armes, produit du matériel pour le forage pétrolier, et s’est spécialisé dans « le domaine du vide et de l’ultra-vide » (sic), c’est-à-dire dans l’extraction de toutes molécules perturbatrices dans une enceinte. On trouve aussi les Ateliers de Constructions du Petit Parc, fabricant de générateurs de vapeur, et petite PME locale, et bien d’autres boîtes encore.

Pour les organismes de recherche et de formation, nous avons notamment le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies renouvelables), l’ANDRA (site d’enfouissement de déchets à La Hague), l’AFPA (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes), le Centre Hospitalier Universitaire de Caen, le centre spécialisé dans la cancérologie Baclesse, l’école d’ingénieurs ENSICAEN, le GANIL et son accélérateur de particules, le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), ou des équipes de recherche comme CYCERON ou ARCHADE.

Différents organismes de regroupement d’entreprises et technopoles sont associés à Nucleopolis : la technopole de Cherbourg-Normandie, la très puissante Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie, l’association de sous-traitants de Basse-Normandie SOTRABAN, l’agence de développement économique de la communauté territoriale de Caen la Mer SYNERGIA, ou encore l’agence Normandie Incubation, qui aide au développement d’entreprises dans le secteur des technologies innovantes et qui a été créée en 2000 par l’Université de Caen, le GANIL et l’école d’ingénieurs ENSICAEN. Dans un élan de cynisme supplémentaire, la Commission Régionale de Conciliation et d’Indemnisation des Accidents Médicaux est aussi membre de Nuclepolis, probablement pour prévenir les éventuels conflits suite à un usage massif, et controversé, du nucléaire médical.

Les collusions entre recherche, formation, pouvoirs publics et industriels sont explicites, autant que celles entre toutes les industries les plus destructrices et les plus cyniques : pétrochimie, militaire, nucléaire etc. Les secteurs de pointe comme l’aérospatial et les nouvelles technologies sont elles aussi dans le coup, de même que la « santé ». On voit aussi un réseau se dessiner entre tous ces acteurs, qui sont autant de cibles pour toute opposition au nucléaire et, plus que jamais, au monde qui va avec.

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