déc 232014
 
centrale-nucleaire

Pour une écologie radicale et anti-nucléaire, organisons la lutte collective

Aujourd’hui, la sensibilisation aux problèmes écologiques a fait d’énormes progrès et beaucoup d’hommes et de femmes souhaitent agir pour sauvegarder l’environnement. Pour répondre à leurs attentes, il leur est proposé, en général sur le mode insupportable de la culpabilisation individuelle, de devenir des écocitoyen-ne-s responsables qui trient leurs déchets, limitent leur dépense d’eau et d’énergie, consomment « bio », « commerce équitable » ou autres produits étiquetés « verts », etc.

Bien entendu, nous sommes généralement favorables à de telles pratiques, mais nous ne sommes pas dupes. Ce n’est pas la somme de ces actes individuels dans la vie quotidienne qui résoudra les problèmes qui se posent à la Planète. Ce n’est pas l’individu qu’il faut stigmatiser, mais le système qui règne actuellement sur le Monde qu’il faut dénoncer. C’est le capitalisme qui détruit la Planète, c’est lui qu’il faut détruire. L’enjeu est à ce prix, et il n’y a rien à attendre de l’État et du capitalisme, qui avec son incroyable faculté d’adaptation propose des solutions toutes plus vertes et « durables » les unes que les autres, mais qui ne sont qu’une autre façon de faire des profits en maintenant le système d’exploitation et de domination.

TRIONS NOS DECHETS, LES CAPITALISTES ONT TOUT A Y GAGNER !

Intéressons-nous à l’exemple des déchets : le principe de leur tri et de leur recyclage est une bonne chose. Mais le but premier du recyclage pour le capitalisme ce sont les bénéfices que génère l’économie de matière première (métaux par exemple) ou d’énergie (industrie du verre ou de l’aluminium). Il s’agit aussi de réduire le volume de déchets à enfouir ou à incinérer, mais d’abord parce que cela coûte de plus en plus cher.
La volonté de moins polluer ou de diminuer le pillage de la planète, souvent présente dans les discours, n’est finalement que très secondaire dans les choix des gouvernant-e-s et des industriels. Si l’environnement avait une réelle importance pour eux, il n’y aurait pas de production d’objets inutiles et/ou nuisibles.
Les appareils de la vie courante seraient construits pour durer longtemps et non pour être remplacés le plus souvent possible ; les produits manufacturés seraient facilement recyclables au lieu d’être des mélanges complexes, difficilement séparables ; etc. Avec l’injonction au tri des déchets, c’est l’utilisateur qui se retrouve sommé d’être responsable de la gestion d’un problème qu’il n’a pourtant pas lui-même créé. Et même lorsque le recyclage semble être une « réussite » (verre, papier), la question fondamentale, c’est-à-dire celle de l’utilité réelle de la production, n’est pas posée.

A quoi bon produire du papier recyclé, si c’est pour y imprimer de la publicité, multiplier les emballages, etc ?

L’opposition radicale à l’industrie nucléaire est pour nous fondamentale.

Nous ne reviendrons pas sur les catastrophes de Tchernobyl ou Fukushima qui ont montré de quelles horreurs la filière nucléaire est capable.
Mais nous tenons à faire observer que même lorsqu’il n’y a pas d’accident grave, en fonctionnement normal donc, les installations nucléaires rejettent en permanence, dans l’environnement, des produits radioactifs, en quantités qui ne sont pas du tout « négligeables ».
Les travailleur-se-s de cette industrie sont les premier-e-s touché-e-s par cette radioactivité, et seront en première ligne en cas de pépin.
Les défenseur-se-s les plus acharné-e-s du nucléaire présentent cette énergie comme « propre » au motif qu’elle n’émettrait que peu de dioxyde de carbone. C’est vrai pour le dioxyde de carbone, mais c’est occulter qu’elle produit des quantités énormes de déchets d’une autre nature, des déchets radioactifs ingérables dont la partie la plus dangereuse est radioactive pour des millions d’années (les déchets dits « à vie courte » sont quand même nocifs pendant plusieurs siècles…).
En ce qui concerne le nucléaire dit « militaire », il va sans dire que notre opposition à la bombe, mais aussi à l’armée dans son ensemble, est totale.
Nous luttons donc pour un arrêt immédiat et définitif du nucléaire, civil et militaire !

L’AMENAGEMENT DU TERRITOIRE, REFLET DES INTERETS PRIVES

Notre environnement, de même que les autres aspects de notre vie quotidienne, est entièrement façonné au gré des priorités de production décidées par les détenteur-trice-s du pouvoir économique et politique.
L’exemple le plus significatif, est celui des Grands Projets Inutiles (GPI) : de celui de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes à celui du Train à Grande Vitesse Lyon-Turin (TAV), en passant par les projets de barrages comme celui du Testet. Ces GPI nous sont toujours « vendus » de la même manière : ils seraient nécessaires sur un plan économique, créateurs d’emploi, et bien entendu sans conséquences importantes sur l’environnement.
Évidemment la réalité est tout autre. Derrière ce discours se cache une autre réalité : la plupart de ces projets sont des aberrations environnementales, avec la destruction de zones agricoles ou naturelles sensibles. Du point de vue économique, la « nécessité » invoquée ne répond qu’au besoin de profit des entreprises, pas à l’intérêt du plus grand nombre. En outre, ces projets sont en général réalisés en partenariat public-privé, dont la nocivité financière n’est plus à démontrer. Quant aux créations d’emplois, elles sont majoritairement limitées tant en nombre que dans le temps.
Ces exemples ne sont que les plus visibles. En vérité, notre critique s’étend à l’ensemble des projets d’aménagement du territoire, car les mêmes logiques sont à l’œuvre.

POURQUOI REJOINDRE LE CERAN, Collectif pour Une Ecologie Radicale et Anti Nucléaire ?

Ce collectif, initié par des membres d’Alternative Libertaire-Lyon et l’Organisation Communiste Libertaire-Lyon, a pour but de rassembler des individu-e-s désireux-ses de lutter pour une écologie résolument radicale, qui trouve ses fondements dans une analyse politique des problèmes environnementaux et sociaux.

Nous avons conscience que le développement durable, cette escroquerie sémantique, dont on nous rebat les oreilles, ou bien ce que nous appelons le capitalisme « vert », ne sont nullement des solutions, mais des aménagements au profit d’une fraction du Capital destinés à conserver l’essentiel.
Produire « proprement », avec des ressources « renouvelables », ne remet en cause ni la finalité de ce qui est produit, ni la façon de le faire, ni la société hiérarchique et autoritaire dans laquelle nous nous trouvons.
En cela, notre approche est radicale et nous dénonçons l’insuffisance des propositions écologiques institutionnelles, ou des mouvances ancrées dans le réformisme.

La lutte écologique ne peut qu’être menée de front avec les autres luttes sociales.

P.-S.

Contact : ceran(a)gmail.com

Source : Rebellyon.

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