déc 062014
 
logement

Tant qu’il y aura des gens à la rue, nous occuperons !!!

Depuis le mois de mai 2013, dans de nombreuses villes de France, le gouvernement socialiste a décidé de diminuer les budgets attribués aux DDCS (Directions Départementales de la Cohésion Sociale, en charge, entre autres, de l’hébergement d’urgence) et expulse par milliers des centres d’hébergement d’urgence, principalement des demandeuses et demandeurs d’asile. En effet, les politiques d’austérité (associées à la xénophobie d’État?) continuent de frapper les populations les plus précaires (sans papier-e-s, chômeur-euse-s, salarié-e-s, intérimaires, etc…). On estime à trois millions le nombre de logements vides en France, que les autorités refusent de réquisitionner alors qu’elles ont le pouvoir de le faire : il s’agit donc bien d’un choix politique que de jeter puis de laisser des individu-e-s à la rue et ce, entre autres, au profit de la spéculation immobilière, vecteur principal de la hausse des loyers.

Actuellement à Caen, ce sont plus de 150 personnes qui sont à la rue. Face à cette situation intolérable, de puis juin 2013, l’ A.G a squatté successivement 4 lieux dont 3 ont été expulsés. Le 4 ème actuel, situé 11-13 allée du saut du loup , vient d’obtenir récemment un délai de 7 mois (ce après quoi, le squat sera expulsable). Mais nous ne sommes pas dupes : cette décision arrange par certains aspects la préfecture (en se défaussant d’une partie de ses « obligations » tout en maintenant cachée la misère dont elle est responsable dans un lieu peu visible). Comme toujours, la justice bourgeoise privilégie le droit à la propriété à la satisfaction des besoins fondamentaux.

Depuis plus d’un an, la préfecture promet l’ouverture d’une structure d’hébergement d’une centaine de places (qui n’est toujours pas ouverte !) qui en réalité, s’apparente plus à un camp (logements préfabriqués avec une surveillance accrue et quotidienne) qu’à une réelle solution de logement dans de bonnes conditions (ces lieux n’ont pas pour vocation à être pérennes). Cette structure, excentrée du centre-ville, s’inscrit dans une politique de ségrégation spatiale (parquer loin du centre les populations les plus pauvres) et ne correspond aucunement à une création de places : en effet, il s’agit de vider les hôtels et ce, à des fins commerciales et touristiques.

Depuis le début de cette lutte, la situation est loin de s’améliorer : de plus en plus de personnes sont jetées à la rue. Face à cette régression, l’ A.G de lutte contre toutes les expulsions a décidé d’ouvrir un autre lieu au 37, rue Beuvrelu. L’occupation n’est pas pour nous une fin en soi mais un moyen d’action qui s’inscrit dans une lutte plus large contre les politiques antisociales et xénophobes de l’État ainsi que contre la spéculation immobilière.

Les premiers temps d’une occupation rendue publique sont toujours un peu « délicates » car la police peut tenter, avec la bénédiction de la Préfecture, une expulsion manu militari illégale. Vous êtes donc invité-e-s à y passer régulièrement dès cet instant, pour commencer à y organiser une nouvelle mise en place de la logistique d’accueil (ménage, bouffe, cuisine, dortoirs…) dans la bonne humeur et, bien sur, discuter de ce fonctionnement en assemblée générale.
Un logement pérenne et décent pour tous et toutes !

Des papiers pour toutes et tous !

CONTRE CES MESURES XENOPHOBES, ANTISOCIALES ET SECURITAIRES, LA SOLIDARITE EST NOTRE ARME !

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, Tous les vendredis, à 18h, au 11-13 Allée du Saut du loup

Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions
Contact : ag-contre-expulsions[@]mailoo.org

Prendre parti contre le front national.

 Posted by on 2 décembre 2014 at 1 h 58 min  Actualité nationale, Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite  Commentaires fermés
déc 022014
 
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Le texte Prendre parti contre le front national  est  intéressant, malgré quelques accents « appellistes »  – sur l’idée de prendre parti,  sur la mise en avant de possibilités de retournement qui  se feraient sentir, sur la France qui serait dans une situation explosive…  Il l’est parce qu’il se confronte à la question du FN à partir d’un point de vue révolutionnaire et non de l’antifascisme. Il ne se contente pas du vieux slogan No Passaran. Et ce pas d’un point de vue idéologique mais en appuyant sur la situation de plus en plus singulière et confuse qui permet aujourd’hui encore moins qu’hier et surtout que demain de distinguer des frontières claires entre les discours et les attitudes dites républicaines et celles du FN et de ses amis. Il touche juste sur l’inconsistance d’un antifascisme qui n’en resterait qu’à suivre un  front républicain dont le FN se fait de plus en plus le porte drapeau.

 Au Japon, le national-nucléarisme décrit par Nadine et Thierry Ribault est une preuve qu’un monde même envahi par la radioactivité est loin de sombrer, mais reste bien solide, et que l’économie continue de porter une force de mobilisation pas si anodine que certains et certaines veulent nous  (se) le faire croire.

Prendre parti contre le Front National

Tract pour la manif du 29 novembre à Lyon contre le congrès du Front National.

Ces derniers temps, en France, on a l’impression de manquer d’air. Avec les dernières percées électorales du Front National, les sorties sur la décadence de la France d’un Zemmour ou d’un Soral, les buzz des vidéos de Dieudonné, le petit peuple de droite qui sort à l’appel de la « Manif pour tous » en nous expliquant ce qu’est un « homme », une « femme », une « famille ». Sans parler des mobilisations d’acharnés contre la « théorie du genre » et pour « Jour de colère », le développement des « voisins vigilants », petits groupes de vieux bourgeois calfeutrés derrière leur fenêtre à défendre leur pré-carré pavillonnaire.

Ajoutez à cela les appels à déloger les squats de migrants à Calais, des riverains s’organisant pour aller incendier le camp de Rroms d’à coté (à Bobigny, à Marseille), un bijoutier qui récolte un million de « likes » sur Facebook après avoir tué son braqueur d’une balle dans le dos, et on peut se dire que les temps sont à la radicalisation. Maintenant, n’importe qui peut se mettre à faire le flic pour de vrai et à vous écraser la gueule s’il s’estime dans son bon droit. L’époque du ressentiment, de la colère rentrée, c’est terminé. Les forces conservatrices se la jouent décomplexé.

Face à cette réalité qui déboule, le réflexe gauche reste l’indignation, quand ce n’est pas la dénégation. On réagit en s’offusquant et en criant à la « montée du fascisme », en appelant à la « vigilance constante » – et surtout, le moment venu, à retourner voter PS. C’est un peu limité. Un peu débile. On sent bien que tout ça manque d’ambition. On sent bien à travers ces bêtises qu’aujourd’hui la politique française se résume à la gestion d’une cocote-minute sous pression : freiner la montée du chômage, freiner la progression du Front National, freiner l’inexorable réchauffement climatique, etc. Retarder autant que possible l’explosion.

Dans ce contexte, le FN occupe naturellement le devant de la scène. Il est une boussole aussi bien pour les groupes nationalistes qui naviguent à ses bords que pour la classe politique dans son ensemble. À bien regarder, une bonne partie des thématiques, des idées, des propositions du FN se trouvent déjà dans les programmes de ses concurrents. Une bonne part de notre actuel « débat public » – la surenchère à propos de l’Islam, la haine des Rroms et tout le discours sur le « droit à la sécurité » – se structure autour de thèses formulées par ce parti, dans les dernières années. Ce n’est pas un obscure fasciste qui disait, il y a quelques mois, que les Rroms étaient in-intégrables et qu’ils avaient vocation à retourner en Roumanie, mais Manuel Valls, ministre de l’Intérieur d’un gouvernement socialiste. Et ce n’est pas un jeune néo-nazi qui fanfaronnait, en 2010, sur « les civilisations qui ne se valent pas » et qui s’alarmait, deux ans plus tard, que « les Français ne se sentent plus chez eux » ; mais Claude Guéant, également ministre de l’Intérieur ; sous Sarkozy cette fois [1].

Que le FN soit l’usine à gaz idéologique des autres formations politiques n’est ni nouveau ni scandaleux. La circulation d’idée se fait depuis au moins trente ans. Ce qui est radicalement nouveau, en revanche, c’est que le FN se présente maintenant comme un parti de gouvernement. Le FN est devenu, par un travail de purge interne et de drague journalistique, un parti « à la mode » avec une vocation gouvernementale. Là où, en avril 2002, la présence de Le Pen au deuxième tour avait provoqué un tollé et mobilisé lycéens et médias pendant les deux semaines de l’entre deux tours, il semble que de plus en plus de monde s’attende à ce que le mouvement bleu marine puisse réellement « accéder aux responsabilités »,

Mais, autant le dire tout de suite : il n’y aura pas de sursaut républicain contre le FN pour la simple et bonne raison que le FN est en tout point un parti républicain – à l’image de tous les autres. En fait c’est avec toute une rhétorique de gauche contre le FN qu’il s’agit de rompre définitivement. Rompre avec cette rhétorique qui le rejette du côté des extrêmes de la politique.

Ce n’est surtout pas au nom de valeurs républicaines que le FN n’incarnerait pas qu’il faut s’opposer à cette machine lancée contre nous. C’est parce qu’on a d’autres choses à vivre que leur sécurité et les misères de l’économie, qu’on peut être amené à s’affronter aux frontistes, et pas sur un mode uniquement défensif (défendre la gentille République face au méchant fascisme). Des mouvements aussi divers que le Front National, le Tea Party américain, l’Aube Dorée grecque ou Casa Pound en Italie tirent leur énergie d’une haine de plus en plus partagée et diffuse contre les institutions supra-nationales, les médias, les élites, etc. bref contre l’ordre démocratique ; alors c’est depuis une position qui n’a rien à voir avec cet ordre démocratique, depuis une position révolutionnaire qu’on peut s’affronter le plus sûrement à cette lame de fond nationaliste qui balaie l’Europe en ce moment. Un saut vers l’inconnu, pour dépasser effectivement ce qui nous contrôle et nous gouverne, renverrait ces apprentis-fascistes à leur néant et leurs petites peurs.

Le FN pose un problème spécifique. C’est qu’il a pris la sale habitude de se poser comme recours face à « la crise », au chômage. Il dit incarner un avenir moins corrompu que notre présent. Il est aujourd’hui le parti « à la mode » au sein de la démocratie. Et c’est parce qu’il capte et capture à la fois des aspirations à la rupture et la possibilité réelle d’un changement que le FN constitue une position sérieusement ennemie. C’est bien parce que, dans une situation aussi explosive que celle de la France d’aujourd’hui, leurs propositions désolantes de connerie (sortie de l’Euro, restaurer la souveraineté française, fermer les frontières) font écran aux possibles révolutionnaires du présent, qu’ils sont à combattre.

La position conservatrice n’est bien souvent que l’envers de la position progressiste. Dans un contexte de crise, les nationalistes clament « nous sommes français, c’est là notre force, nous en sommes fiers », « « ils » essaient de briser la France, nous allons la défendre » comme à gauche certains disent, face à la restructuration néo-libérale, « il faut défendre l’État providence et le service public » car « « ils » essaient de le casser ». Des deux cotés, il y a la même mythologie à l’œuvre, une même abstraction à défendre. C’est depuis une position tout autre que nous partons : non plus s’arc-bouter à ce qui visiblement s’effondre mais faire exister d’autres mondes. Ce ne sont pas ces mauvaises bouées de sauvetage (la France, l’État providence et ses services publiques) qui nous sauveront mais notre capacité en situation critique à faire le choix de l’inconnu révolutionnaire. Des mondes où il n’y a pas de place pour une sixième République à la Montebourg, ni pour un redressement économique, social et moral de la France façon Marine Le Pen. Des avenirs révolutionnaires depuis lesquels tout ce qui est estampillé « national » – Assemblé Nationale, Front National, police nationale, identité nationale, richesse nationale, hymne national, fêtes nationales – est d’emblée étranger, hostile, et n’a finalement pas de place.

La rupture avec les institutions proposée, en plus d’être bête et méchante, et faible parce fondée sur la trouille et le ressentiment, est illusoire : la nation française est tout aussi abstraite et coercitive que l’Europe de Maastricht ; le franc comme monnaie nationale implique toujours autant de dépossession et de violence (les pauvres seront toujours aussi pauvres en franc comme en euro) ; les petits chefs et les petits commerçants qui rêvent de parvenir aux responsabilités n’ont pas plus de morale ou de force d’âme que les technocrates de Bruxelles ou de l’ENA. Rompre réellement avec l’ordre des choses, ne plus jouer le jeu, c’est rompre avec l’idée de gouvernement. S’organiser là où on vit, se donner les moyens de vivre ensemble sans avoir à mendier ou s’en remettre à une quelconque police ou autorité supérieure, sans attendre l’homme ou la femme providentielle. Ce qu’on veut c’est des quartiers en sécession ; des ZAD depuis lesquelles vivre ensemble, partager la terre et se jeter à la rencontre. Tout un monde plutôt que leur France.

Les possibilités de retournement se font sentir. La situation est ouverte. Ce qui en découlera est à batailler dès aujourd’hui. La manifestation du 29 novembre à Lyon serait un énième coup d’épée dans l’eau si elle n’était qu’une simple indignation journalière, qu’un défilé sans conséquences. Le 29 novembre ne doit pas être un jour ordinaire.

Manifestation offensive contre le congrès du FN à Lyon
Le 29 novembre 2014 à 14h.

Notes

[1S’il s’avérait dans les prochaines années qu’il doive y avoir un ministre de l’Intérieur Front National, on lui souhaite bien du courage pour arriver à se démarquer, dans la radicalité verbale, de ses prédécesseurs.

 

Grande opération policère contre les sans-papiers.

 Posted by on 16 octobre 2014 at 15 h 41 min  Actualité Internationale, Sans-papiers, Immigrations  Commentaires fermés
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[Tract] Aliam vitam, alio mores* : du 13 au 26 octobre, grande opération policière contre les sans-papiers

jeudi 16 octobre 2014

Pour les deux semaines du 13 au 26 octobre, l’Union Européenne a lancé une opération policière de grande envergure appelée « Mos maiorum« ** visant à lutter contre l’immigration clandestine, mobilisant 18 000 policiers et se traduisant par des contrôles d’identité accrus dirigés vers les personnes sans papiers. Le but est de réaliser une collecte massive d’informations pour mieux connaître la façon dont les sans-papiers sont arrivés là afin de mieux leur barrer la route à l’avenir en ciblant mieux les points de passages à surveiller et en démantelant les réseaux de passeurs. Pour amasser ces informations, la consigne est d’arrêter le plus possible de sans-papiers et de les interroger (âge, sexe, nationalité, date et lieu d’entrée dans l’UE, trajet et moyen de transport, prix payé, destination, éventuels faux papiers, démarches de droit d’asile…).

 

Tout cela n’est pas une nouveauté, car même si elles risquent d’être plus nombreuses durant cette période, les rafles et les expulsions font rage dans toute l’Europe contre ceux dont les puissants ne veulent pas ou plus. En parallèle à l’effacement relatif des frontières entre les pays de l’UE, les frontières extérieures de l’Europe se ferment de plus en plus violemment à tous ceux qui espèrent trouver ici une vie plus facile et moins dangereuse qu’ailleurs, rejoindre des proches ou fuir une situation jugée invivable.
Mais dans tous les pays (« développés » ou non ), c’est le même système de domination qui pourrit les rapports et les conditions de vie : le capitalisme et l’exploitation économique assignent chacun à un niveau de l’échelle sociale, et plus tu es pauvre, plus ils veillent à ce que tu restes à ta place, à trimer et te laisser humilier, par le patron, le contrôleur, le client, le flic, le juge, le prof…
Les politiques migratoires, en en laissant entrer certains et pas d’autres selon des critères de rentabilité économique, tentent de maîtriser les flux migratoires mais surtout de faire peur à tous par les contrôles, les expulsions ou les séjours en Centres de Rétention pour que la part de sans-papiers tolérés en Europe se tiennent à carreaux, et acculés dans la clandestinité acceptent n’importe quel travail sous-payé sans pouvoir se plaindre de quoi que ce soit. Les frontières et les absurdes identités préfabriquées qui vont avec, les nationalités, sont pour les puissants un outil pour se partager le bétail humain à gouverner, trier les indésirables, diviser les exploités et leur faire accepter des conditions de misère.

Avec cette nouvelle opération, qui a visiblement un but médiatique (faire voir aux bons citoyens que la police travaille et que les États protègent la civilisation des barbares…), la politique européenne anti-immigration va peut-être se renforcer encore, mais pas changer de fond.
Qu’est ce qui peut faire changer la donne ? Nous, les exploités, avec ou sans papiers. Parce que la chasse aux immigrés clandestins est une partie de la guerre que le pouvoir mène tous les jours contre tous les pauvres, les indésirables. Une guerre à laquelle trop souvent on ne riposte pas.
Mais on pourrait s’opposer aux rafles de sans-papiers dans la rue, ou décider de s’en prendre aux institutions, aux entreprises, aux personnes qui rendent possibles l’enfermement et les expulsions. La liste est longue : balances (RATP, banques, bureaux publics), transports utilisés pour les expulsions (SNCF, Air France), constructeurs de centres de rétention (Bouygues, Vinci, Eiffage), associations qui y travaillent et donc les cautionnent (Croix Rouge, Ordre de Malte, Cimade, France Terre d’Asile)…

Pourquoi ne pas partir à l’attaque de tous ceux qui, politiciens, patrons, flics, exploiteurs de toute sorte, font de nos vies un perpétuel esclavage, qu’on ait ou pas leurs papiers ?

À bas toutes les frontières et les nations ! Contre les politiciens, flics et collabos qui les font exister, passons à l’attaque !

* Aliam vitam, alio mores : « Autre vie, autres mœurs »
** Mos maiorum : « Mœurs de nos anciens »

Source : Non fides.

 

juil 032014
 

[Calais] Expulsions et arrestations en masse – 2 juillet 2014

02 juillet 2014

AttentionAuFeuLe lieu de distribution des repas (de l’association Salam) où étaient installé-e-s 400 migrant-e-s depuis les expulsions du 28 mai a été évacué par les flics ce matin. Trois gros squats ouverts en février ont été expulsés lors de la même opération, à grand renfort de lacrymos.  Malgré les tentatives des soutiens pour bloquer les bus, des centaines de personnes sans papiers (320 selon la préf) ont été raflées et déportées vers différents centres de rétention : Coquelles (Calais), Lille-Lesquin, le Mesnil-Amelot (77). Une cinquantaine de mineurs ont été transférés dans un camp à Boulogne sur mer et près de Béthune. Aux dernières nouvelles 50 migrant-e-s étaient encore retenu-e-s sur le lieu de distribution des repas. Enfin certaines personnes ont été embarquées pour Boulogne et Dunkerque, certainement pour attendre leur transfert vers le centre de rétention dans des commissariats. Apparemment des places sont en train d’être aménagées à Saint Jacques de la Lande (Rennes) à grand renfort de transferts, et d’autres sont mises à disposition à Plaisir (78), Palaiseau (91), Oissel (Rouen). Le président de Salam, un membre de l’Auberge des Migrants et un membre de No Border ont été arrêtés et placés en garde-à-vue.

En ce début d’été qui n’annonce pas les vacances pour tout le monde (à Paris les larbins du pouvoir se démènent actuellement pour faire place nette aux touristes en raflant dans les transports en commun), continuons à lutter contre les frontières et leurs prisons !
Et bien sûr, force, courage et détermination à celles et ceux qui s’endormiront en taule ce soir.

Repris de sanspapiersnifrontieres

juin 102014
 

Texte de 2011, après le contre-G8 du Havre. Peut-être encore plus d’actualité aujourd’hui…

tumblr lbaaechgis1qerud1o1 400 Billet d’humeur

 

Pour en finir avec le concept de peuple

La semaine dernière lors d’une manifestation au Havre contre la tenue du sommet du G8, on a pu voir des altermondialistes brandir le slogan « les peuples, pas la finance ». Il est bien triste de voir des gens qui s’inscrivent dans une idée d’émancipation proclamer des devises aussi nulles. Pour eux, il s’agit de se référer de manière positive à l’idée de peuple, et de lui opposer le mal qui serait la finance, le bon peuple contre les méchants banquiers – deux non-sens dans une seule phrase.

 

D’abord le bon peuple : dans son origine latine, le concept de peuple désigne l’ensemble des citoyens d’une cité, c’est-à-dire ceux qui ont des droits. Dans l’histoire moderne, le terme de peuple est indissociable de celui de la nation ou du territoire. C’est pour cela qu’en général il est suivi d’un adjectif, le peuple français, américain, espagnol, etc… En fonction de la culture politique, il est associé plutôt à l’idée de la nation – c’est le cas en France avec le droit du sol – ou alors à celle de l’ethnie comme par exemple en Allemagne avec le droit du sang. Cela explique d’ailleurs aussi qu’aujourd’hui en Allemagne ce sont en général les milieux d’extrême droite qui utilisent de manière positive la référence au Volk (peuple). Vers la fin du 19ème siècle était né en Allemagne se qui s’appelait le mouvement « völkisch », qui définissait l’appartenance à un peuple par la descendance (par le sang). Il prônait un retour à la nature, une identification des gens avec leur terroir et avec leur pays (au sens géographique) et faisait découler de cela une identité nationale. Cette identité, soi-disant allemande, se manifestait dans la musique, les beaux arts et plus tard aussi dans la politique. La suite de l’histoire est bien connue : les nazis se sont nourris massivement du mouvement völkisch et ont mis en place la domination et l’éradication de ceux qui étaient définis comme étant non allemands.

 

Un autre problème est que des concepts tels que peuple et nation fonctionnent toujours logiquement aussi par l’exclusion : si je remplis les critères d’adhésion (nationalité, ethnie, lieu de naissance…), je peux en faire partie ; si je ne remplis pas ces critères, j’en suis exclu. Aujourd’hui en France par exemple, si on s’en tient à la définition du Petit Robert, un sans-papiers ne fait pas partie du peuple car pour cela il faudrait « avoir en commun un certain nombre de valeurs et d’institutions ».

 

A titre purement personnel, n’importe qui peut constater qu’il est ridicule dans une perspective d’émancipation de vouloir s’attacher à l’idée d’un peuple. Je suis étranger vivant depuis presque trente ans en France, à quel peuple devrais-je me sentir appartenir ? Ces tentatives de définitions d’identité sont grotesques. La seule possibilité est de critiquer radicalement ces concepts tout à fait réels que sont peuples, Etats et nations. Il faut également démontrer la fausse opposition entre politique et économie, Etat et marché ainsi que planification et concurrence.

 

Vous allez me rétorquer que les altermondialistes qui parlent du peuple veulent dire le peuple du bas, en gros vous et moi contre eux, le vrai peuple quoi. Là, c’est la plus simpliste argumentation de lutte de classes qui commence vraiment à sentir le moisi, et il est étrange que ce soit des gens qui prétendent ne pas faire de la politique ou alors faire de la politique autrement qui reprennent cet argumentaire litanique digne de la belle époque du PCF. Enfin on a trouvé le nouveau sujet révolutionnaire.

 

Venons-en à la deuxième partie du slogan affiché : la finance. Dans une critique tronquée de la société actuelle, c’est la finance qui est assimilé au mal. C’est elle, avec la figure emblématique du banquier, qui serait responsable de la globalisation de l’économie, de la pauvreté dans le monde et des guerres sur la planète. Ah ! que cette vision est bien commode : elle permet de trouver quelques coupables, de renouveler sans cesse les fantasmes de conspiration et surtout de ne pas remettre en question le capitalisme ainsi que ses institutions que sont la politique et l’Etat. Il est clair qu’aujourd’hui les montants des transactions financières dépassent largement la production matérielle, mais la faute à cela n’est pas à chercher du côté de quelques banquiers et spéculateurs certes peu fréquentables. Si l’argent est investi massivement dans la spéculation, c’est que le secteur productif ne garantit plus assez de survaleur pour un système qui se moque de tout sens et ne connaît que la croissance. Dans cette optique, il n’y a pas de retour en arrière possible vers un capitalisme plus raisonnable, mieux géré. C’est la folie et le caractère destructeur de la socialisation capitaliste dans son ensemble qu’il faut dépasser, sans se limiter à son dernier avatar qu’est la bulle spéculative. Pour cela, il est déjà important de critiquer des concepts tels que peuple et nation, en reconnaissant qu’ils font partie du problème et non de la solution.

Paul Braun, 2011.

Tract du 1er mai de l’AG de lutte contre toutes les expulsions de Caen

 Posted by on 2 mai 2014 at 13 h 19 min  Non classé  Commentaires fermés
mai 022014
 

Salut,

Vous trouverez ci dessous le texte du tract diffusé par l’Assemblée Générale de Lutte Contre Toutes les Expulsions de Caen à l’occasion de la manif du 1er mai.

Il contient un certain nombre de clarifications politiques et d’infos sur la situation locale des expulséEs du « 115 », les services d’hébergement d’urgence.

Le tract recto-verso en format PDF est téléchargeable en cliquant sur l’icône en fin d’article.

 

Après 11 mois de lutte, toujours à la rue…

Depuis mai 2013, plusieurs squats ont été ouverts à Caen pour accueillir les familles et personnes expulsées du « 115 », les services d’accueil d’urgence. Depuis, ni la préfecture, représentant l’État, ni la mairie de Caen n’ont cherché de solutions pour reloger massivement les gens. Cette situation se retrouve aujourd’hui dans la plupart des grandes villes avec des milliers de personnes mises à la rue et des travailleurs-euses sociaux-ales laisséEs sans moyens et misEs sous pression.

À l’origine de ces expulsions, on trouve les politiques d’austérité, d’amputation des droits sociaux, de coupes budgétaires qui visent les services publics et le secteur social et qui se traduisent par une précarité accrue pour les secteurs les plus pauvres et fragiles de la population.

Ne nous leurrons pas, ces attaques contre les plus pauvres préparent le terrain pour d’autres attaques contre les couches populaires, précaires mais aussi salariées. Les « usagers » des services sociaux ne sont pas les seuls visés, les salariéEs du public et du privé voient leurs conditions de travail se dégrader, leurs salaires stagner ou en passe d’être « gelés ». Le gouvernement a annoncé un nouveau plan d’austérité de 50 milliards d’euros… Le patronat peut être rassuré, les 200 milliards et quelques d’euros d’aides diverses, d’exonérations, d’allégements de charges qu’il accapare ne seront pas concernés par les « mesures d’économies ». Par contre la santé, les retraites, l’indemnisation chômage, les aides sociales et familiales, tout ce qu’on appelle « le salaire indirect », sont systématiquement attaqués.

Nous subissons le règne simultané du profit, de l’injustice et de l’exploitation On nous somme d’accepter sans résistance de payer, financièrement et humainement, la « crise » capitaliste et l’endettement de l’État.

Si nous luttons, au sein de l’Assemblée Générale de Lutte Contre Toutes les Expulsions de Caen, en tant que soutiens « françaisEs », pour le relogement décent et durable des expulséEs du « 115 » et pour leur régularisation, car ils/elles sont pour la plupart demandeurs-euses d’asile étrangerEs, ce n’est pas seulement par indignation humaine et conscience morale face à la situation qui est faite aux hommes, aux femmes, aux enfants mis à la rue, c’est aussi, pour une partie d’entre nous, parce que nous comprenons bien que la politique particulière dont ils/elles sont la cible s’inscrit dans une politique générale qui nous vise également en tant que précaires et/ou salariéEs, que leur précarisation accrue annonce que notre tour viendra et préfigure ce qui nous attend, parce que la dégradation de leurs conditions d’existence reflète celle que nous vivons déjà.

Si nous sommes aux cotés des expulséEs c’est donc aussi par conscience sociale et parce que c’est notre intérêt, parce que ce combat particulier s’inscrit dans le cadre plus général de la lutte des classes qui traverse cette société inégalitaire. Notre solidarité est donc aussi, pour pas mal d’entre nous, une solidarité de classe.

Celle-ci s’exprime évidemment clairement à l’opposé des discours politiciens, gouvernementaux et médiatiques qui répandent le poison xénophobe, raciste, nationaliste et répressif. Nous n’avons ni l’esprit rétréci ni le cœur rabougri. Notre lutte se fout des nationalités, de la couleur de la peau et des frontières.

Si nous ne sommes malheureusement pas les seulEs à subir, nous ne sommes heureusement pas les seulEs à résister. Depuis plusieurs mois surgissent ici, à Caen, d’autres luttes : personnel hospitalier du Bon Sauveur, intermittentEs du spectacle, auxiliaires de vie sociale et usagers de l’aide sociale (personnes âgées, handicapéEs physique et/ou psychiques) confrontéEs à la baisse des aides accordées par le Conseil Général , ouvrierEs de la biscuiterie Jeannette licenciéEs. Chacune de ces luttes a ses caractéristiques et touche des horizons parfois assez différents. Mais elles nous paraissent avoir la même origine : le règne du fric, de la rentabilité au détriment de nos vies et du bien commun, les politiques d’austérité et de réduction des droits sociaux. Nous profitons de cette journée de manifestation du premier mai pour réaffirmer que ce n’est pas en restant isoléEs, chacunE attaquéE dans son coin, que nous pourrons résister. La convergence des luttes nous paraît être une nécessité actuelle. Elle ne se décrète pas. Elle ne pourra être construite que par la base à travers des rencontres, de l’information, des discussions, des solidarités concrètes. L’Assemblée Générale de Lutte Contre Toutes les Expulsions de Caen œuvrera dans la mesure de ses moyens, limités, à cette convergence des luttes carune telle convergence serait bien plus inquiétante pour le pouvoir politique et économique que la situation actuelle d’éparpillement des luttes.

 

FACE AUX INJUSTICES : RÉSISTANCE SOCIALE !

RELOGEMENT DIGNE ET DÉCENT DES EXPULSÉ-E-S DU « 115 ».

DES PAPIERS POUR TOUTES ET TOUS.

 

Des nouvelles de la situation sur Caen

 

Non seulement, aucune solution n’a été mise en place pour reloger les personnes à la rue, expulsées du 115, qu’elles soient françaises ou étrangère, mais aujourd’hui la préfecture, par l’intermédiaire de la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale), jette de nouvelles famillesavec enfants à la rue.

Elle recommence comme l’an dernier à pareille époque à dire qu’iln’y a pas assez de crédits pour les hébergements. Mais rien n’a été fait pour ouvrir denouvelles places de CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile).

 

La DDCS dit qu’elle va bientôt ouvrir une structure de 100 places, mais ce n’est pas pour loger celles et ceux qui sont à la rue, c’est pour vider une partie des hôtels (70eme anniversaire du débarquement et jeux équestresobligent… ).

Elle va donc continuer à jeter à la rue des familles avec enfants, voire même aussides personnes malades.
Lors d’une action en référé contre la préfecture, son représentant ose justifier l’action de celle-ci, pour refuser de loger une famille (1 couple avec 2 enfants de 5 et 15 ans) sous prétexte que cette famille a trouvé refuge au squat du 103-109 rue de Baveux.

 

L’ordonnance de référé du Tribunal Administratif du 18 avril 2014 déclare :

« … il résulte de l’instruction que la famille B…. occupe un immeuble actuellement « squattté » également par d’autres familles demandeurs d’asile, dont il n’est pas soutenu qu’il offrirait des conditions matérielles telles qu’elles seraient incompatibles avec le respect de la dignité humaine; qu’ainsi l’autorité administrative ne peut pas être regardée dans les circonstances de l’espèce, comme ayant porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d’asile; … »

De fait, la justice reconnaît indirectement l’utilité du squat, qui loge 75 personnes (dont 16 enfants) et évite à la préfecture de faire face à ses obligations légales en matière d’hébergement des demandeurs d’asile.

 

Aujourd’hui, la lutte continue face à l’attitude de la préfecture.

Il n’est pas question que les occupant-e-s du 103-109 rue de Bayeux se retrouvent à la rue.

 

Assemblée Générale de Lutte contre Toutes les Expulsions

Contact : ag-contre-expulsions

 

  Tract du 1er mai de l'AG de Lutte Contre Toutes les Expulsions de Caen (253,6 KiB, 458 hits)

 

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avr 102014
 
Valls-Dieudo

Antisémitisme, sionisme, humoriste, liberté d’expression, antisystème… , tout se mélange. Si on essayait d’y voir clair ?

mercredi 9 avril 2014, par admi2

Voilà un texte dont nous partageons globalement l’analyse et qui met les choses au point face à ceux qui font de Dieudonné un « antisystème » et les sionistes qui l’utilisent pour la défense d’Israël. Car enfin, Dieudonné et les partisans inconditionnels d’Israël disent la même chose : que Juif = sioniste ou que les partisans d’Israël sont propriétaires du génocide nazi.

OCL – http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article1512

Antisémitisme, sionisme, humoriste, liberté d’expression, antisystème… , tout se mélange.
Si on essayait d’y voir clair ?

Ils disent la même chose.

Commençons par une anecdote. La veille du jour de l’an, je rentre de Gaza, la tête pleine des horreurs des effets du blocus. Je suis dans la voiture qui me ramène de l’aéroport et le téléphone sonne. C’est France-Bleu-Provence qui veut m’interviewer … sur Dieudonné, pas sur Gaza. « L’affaire » ayant fait du bruit jusqu’au Caire, je suis vaguement au courant. Sans trop réfléchir, je leur dis : « Ecoutez, je ne sais pas si Dieudonné est un agent du Mossad, mais s’il ne l’est pas, c’est que le Mossad est devenu franchement très con, ce à quoi je ne crois pas ». Je sens un grand blanc chez mon interlocutrice. J’embraye : « Car enfin, Dieudonné et les partisans inconditionnels d’Israël disent la même chose : que juif = sioniste ou que les partisans d’Israël sont propriétaires du génocide nazi ». « Et puis,Valls qui affirme que les Roms n’ont pas vocation à vivre en France est-il qualifié pour nous donner des leçons d’antiracisme ? »
Il m’est parfois arrivé de passer dans les médias. Mais cette fois-ci, mon refus de choisir entre Dieudonné et Valls ne correspondait pas à ce que les médias souhaitent. Et mon interview n’a pas été diffusée.

Le rôle historique de l’antisémitisme

Les Juifs, pour reprendre les termes de Hannah Arendt, ont été les parias de l’Europe, considérés comme des « Asiatiques inassimilables ». Il y a eu un consensus antisémite en Europe contre les Juifs, considérés comme un obstacle aux rêves fous de pureté « ethnique » ou « raciale ».

Le sionisme a transformé les Juifs en en faisant des colonisateurs européens au service de l’Occident. Les Juifs européens d’aujourd’hui ne sont plus des parias ou des dominés. L’islamophobie a remplacé l’antisémitisme comme dénominateur commun de toutes les idéologies de haine et d’exclusion.
L’extrême droite est aujourd’hui plutôt pro-israélienne à l’image de ces dirigeants (le Flamand Dewinter, le Néerlandais Wijlders ou l’Autrichien Strache) partis à Jérusalem visiter la Knesset et le musée Yad Vashem à l’invitation de leur « collègue » Lieberman.

Il est piquant de voir le n° 2 du CRIF (William Goldnadel) devenu l’avocat de l’ancien rédacteur en chef du journal Minute (Patrick Buisson) comme si les antisémites traditionnels étaient devenus fréquentables.

L’antisémitisme n’a bien sûr pas disparu, mais il n’est plus l’instrument des dominants pour écraser les dominés. Quelqu’un comme Valls qui proclame tous les jours son « philosémitisme » (« par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël ») pense en même temps que « les Roms ont vocation à retourner en Roumanie ou en Bulgarie ».

Dieudonné est-il antisémite ?

La question peut paraître stupide, mais de nombreuses personnes, surtout dans les quartiers populaires, nient cette évidence. Ils affirment que c’est de l’humour et/ou de la provocation et que c’est parfaitement licite. Humour l’affirmation vieille de plus de 10 ans où Dieudonné expliquait que « la traite des Noirs a été financée par des banquiers juifs ». Humour raffiné la composition de la « liste antisioniste » présentée aux élections de 2009. Pour éviter les poursuites judiciaires, je laisse aux lecteurs/trices le soin d’aller voir la biographie des grandEs humoristes/humanistes que sont Yahia Gouasmi, Alain Soral, Ginette Skandrani, Maria Poumier, Pierre Panet ou Christian Cotten. Pierre Panet est décidément un grand humoriste. Présent sur la liste du FN dans le XIIème arrondissement de Paris, il a indisposé les dirigeants de ce noble parti stupéfaits de découvrir un négationniste sur leurs listes.
Humour encore le fait d’intégrer Faurisson à son spectacle ou de manifester son amitié pour Serge Thion.

La bonne question n’est pas : « est-il antisémite  ? » mais « comment et pourquoi l’est-il devenu ? ». Je pense qu’au départ, c’est « la concurrence des victimes », l’idée juste qu’on a minimisé un crime aussi long et épouvantable que l’esclavage et la traite des Noirs alors que la Shoah (je préfère le terme « génocide nazi ») est devenue quelque chose qu’on doit célébrer, parfois sans prendre le recul pour en comprendre les ressorts.

Dieudonné est devenu monomaniaque de la dénonciation de l’esclavage. Les sionistes sont devenus monomaniaques de la Shoah au point de nier les autres génocides. Là aussi, des formes de pensée parallèles, la concurrence des victimes c’est dangereux.

L’antisémitisme de Dieudonné est devenu obsessionnel et il a repris un certain nombre de stéréotypes classiques (« Les Juifs maîtres du monde », « Les Juifs et l’argent », « Les Juifs et les médias »).

Un formidable cadeau au sionisme.

L’Etat d’Israël a été déclaré coupable du crime d’apartheid par le Tribunal Russell sur la Palestine. Aux yeux d’un nombre croissant de citoyenNEs du monde entier, Israël aujourd’hui, c’est l’Afrique du Sud d’autrefois et il faut boycotter ce pays colonialiste qui pratique des crimes de guerre. La dernière défense des partisans de la politique israélienne, c’est de brandir l’antisémitisme, c’est de dire que critiquer Israël, c’est de l’antisémitisme, c’est de s’approprier le génocide nazi et de l’utiliser pour empêcher toute critique. En Israël même, ce qui maintient le « consensus » dans la société pour écraser les PalestinienNEs, c’est le complexe de Massada, ce sentiment collectif que les victimes ont été, sont et seront toujours les Juifs, que personne ne les aime et qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour se défendre.

La guerre israélo-palestinienne n’est ni raciale, ni religieuse, ni communautaire. Elle porte sur des questions universelles fondamentales : le refus du colonialisme et l’égalité des droits. Qui dit le contraire ? les sionistes et les amis de Dieudonné. Pour les sionistes, les Juifs ont vécu en exil, ont fait leur retour dans leur pays et les Palestiniens n’existent pas ou sont des intrus. Pour Dieudonné, le mal que les sionistes infligent aux Palestiniens est intimement lié à la nature perverse des Juifs. Les sionistes disent : « c’est parce que tout le monde nous persécute qu’il nous faut un pays dominant ses voisins » ; Dieudonné leur répond : « c’est parce que les Juifs dominent le monde qu’ils persécutent les Palestiniens ».

Discours parallèles et complémentaires pour que le choix n’existe qu’entre deux formes de barbarie et de racisme.

Nous savons que l’instrumentalisation du génocide nazi par les sionistes est une escroquerie. Les sionistes n’ont joué qu’un très faible rôle dans la résistance juive au nazisme. Certains de leurs dirigeants se sont fortement compromis avec le nazisme. Et les millions de victimes de l’extermination n’avaient rien à voir avec le projet colonial qui a détruit la Palestine. Comme Dieudonné pense que juif et sioniste, c’est pareil, il multiplie les allusions obscènes sur le génocide et fréquente allègrement les négationnistes. Cela sert qui ?

Si Dieudonné n’existait pas, les sionistes l’auraient inventé. Il n’est hélas pas le seul. On trouve un tout petit nombre d’individus qui affirment que « Les Juifs sionistes et antisionistes sont les deux faces d’un même problème » ou que « la cause palestinienne est mal défendue là où la parole antisémite est brimée alors qu’elle est bien défendue là où cette parole est libre ».

Deux discours voisins

Nous vivons une période de racialisation des conflits. L’Occident est en plein dedans avec « La guerre du Bien contre le Mal » et le « choc des civilisations ». Le mal, ce sont les Arabes, les Musulmans, les bronzés, les quartiers, les pauvres. Et la Bible vient au secours de ce mode de pensée avec les Chrétiens sionistes pour qui les Arabes, c’est Armageddon et il faut les expulser.
Israël est l’élève modèle de ce discours. Mais la France aussi qui discrimine et ostracise touTEs les descendantEs de l’immigration post-coloniale.
Dieudonné fait comme les sionistes. Il essentialise les gens selon leur origine ou leur identité supposée. Il répond à la haine et la discrimination par la connerie raciste. Il ne connaît rien à la Palestine. Là-bas, celles et ceux qui souffrent savent que juif et sioniste, ce n’est pas pareil. Ils ont connu ou entendu parler de Michel Warschawski, d’Amira Hass, de Gideon Lévy ou de Juifs non Israéliens comme Stéphane Hessel ou Noam Chomski.

Antisystème, quelle blague !

La popularité de Dieudonné vient d’un sentiment diffus. Il est perçu comme un mode de rupture, comme quelqu’un « d’antisystème ». En vérité Dieudonné occupe un créneau précis : capter une partie du vote des « quartiers » au profit du Front National.

La rupture avec le système, c’est la lutte contre les ravages du capitalisme, c’est renouer avec la lutte des classes, c’est réinventer une véritable égalité sociale et l’égalité des droits.

L’idéologue qui inspire Dieudonné (Alain Soral) a beau avoir appelé son mouvement « Egalité et Réconciliation », il ne prône ni l’un ni l’autre. Il s’inspire clairement de ce qui a fait la force du fascisme : transformer la colère sociale en colère raciste, briser le mouvement ouvrier et faire disparaître les traces de son histoire.

Historiquement, Le Pen c’est l’Algérie Française, la torture, la stigmatisation permanente de « l’immigré » et de ses symboles supposés (les mosquées, le voile …). Que la violence de la crise pousse des gens dans les quartiers à entendre ce discours n’a qu’une seule source : la volonté d’une rupture avec le système.

Il est tragique que la « gauche » qui a historiquement incarné cette soif de changement soit à ce point devenue inaudible. Elle est jugée responsable du chômage, de l’abandon, des discriminations, de la désagrégation du tissu social et de la montée du racisme.

Interdire Dieudonné n’a pas de sens. Surtout quand c’est Valls qui s’en mêle et qui prétend combattre Dieudonné au nom des « valeurs républicaines ». Quelles valeurs ? Celles de la république française héritière des guerres coloniales ? Celles qui en organisant la destruction des acquis sociaux a transformé des territoires entiers en zones sans présent ni avenir ?
Il faut combattre Dieudonné idéologiquement. Il n’est pas une victime. Il est la face complémentaire de l’idéologie dominante.

Pierre Stambul

Municipales à Rennes. Le meeting de Nathalie Appéré interrompu et annulé

 Posted by on 27 mars 2014 at 10 h 29 min  Actualité nationale  Commentaires fermés
mar 272014
 
le-meeting-de-nathalie-appere-interrompu-et-annule

 

Le meeting de la gauche mercredi soir à Rennes a été annulé.

 

Une cinquantaine d’activistes ont envahi la salle de la Cité avant le début de la réunion.

 « Si chacun doit être libre dans la République d’exprimer son opinion, empêcher le débat démocratique n’a jamais fait avancer une cause quelle qu’elle soit. »

Nathalie Appéré, candidate au second tour des municipales à Rennes, a eu ces mots au moment où le meeting de la gauche unie qui devait se tenir à la salle de la Cité a été annulé.

Les manifestants dénoncent l’expulsion d’un étudiant guinéen

Une cinquantaine de manifestants, se prétendant étudiants, ont investi la salle, en criant « libérez Ali, libérez Ali ! »

Ils protestent contre l’expulsion qui vise un étudiant guinéen. Les manifestants sont intervenus bruyamment avant le début du débat. Ils sont montés sur la scène, empêchant la tenue du meeting. Les organisateurs ont été contraints d’annuler.

Source : La presse, Ouest France.

mar 262014
 
Publié le 25 mars 2014 sur le blog "Sans papiers ni frontières" puis le
même jour sur Squat!net:
http://sanspapiersnifrontieres.noblogs.org/post/2014/03/25/paris-sous-marin-policier-devant-une-maison-occupee/
http://fr.squat.net/2014/03/25/paris-sous-marin-policier-devant-une-maison-occupee/



> Paris: Sous-marin policier devant une maison occupée

Suite à la révolte du vendredi 14 février au centre de rétention de
Vincennes
[http://sanspapiersnifrontieres.noblogs.org/post/2014/02/14/vincennes-emeute-au-centre-de-retention/],
un feu d’artifice est tiré devant la prison pour étrangers. Deux détenus
sont condamnés à deux mois ferme, accusés d’avoir jeté une porte sur les
flics et l’un d’eux à deux mois de sursis supplémentaires pour avoir
refusé de donner son ADN. Deux autres personnes sont écrouées
[http://sanspapiersnifrontieres.noblogs.org/post/2014/02/18/revolte-a-vincennes-dedans-et-dehors-4-incarcerations-rassemblement-ce-soir/],
accusées d’avoir participé au feu d’artifice, puis d’avoir en garde à
vue refusé de donner noms, empreintes, photos et ADN aux flics.

Mardi 25 février, une audience de remise en liberté s’est tenue pour ces
dernier-e-s. Une vingtaine de compagnons étaient présents pour apporter
du soutien aux deux incarcéré-e-s. La juge a décidé de les faire sortir
après huit jours de taule et trois de garde à vue et dépôt avec le même
contrôle judiciaire que leurs trois co-inculpé-e-s, interdiction
d’entrer en contact et de quitter l’Ile-de-France.

Dans l’après-midi, certains compagnons présents sont suivis plus ou
moins ostensiblement. Dans le métro, le bus, dans la rue, parfois avec
un appareil photo… un flic a même pris le taxi. Dans la soirée, tandis
que les deux fraîchement libéré-e-s sont à Fleury pour prendre leurs
affaires, la surveillance est toujours plus visible. Une maison occupée,
dans le 19e arrondissement de Paris est particulièrement ciblée.

Déterminé-e-s, un groupe de personnes solidaires décide de ne pas
laisser les flics faire leur sale boulot tranquilles, et poursuit l’un
d’eux dans la rue. “Sale flic”, “Tu le diras à tes collègues”, “Eh mais
d’habitude quand on traite les gens de flics ils se retournent”, “Police
dégage”, “Remets jamais plus les pieds dans le quartier t’es grillé”.
Une partie du dispositif était apparente : alors qu’à quelques rues de
là, cinq ou six flics complotaient, le groupe découvre une camionnette
Citroën Jumpy blanche immatriculée 9420 XC 94, vingt mètres au dessus de
la maison. Les vitres arrières sont voilées par une bâche noire qui
semble bouger, et des signes de présence émanent de la voiture lorsque
le joyeux groupe s’approche.

S’approchant encore, il entend distinctement un son électronique en
fonctionnement, laissant penser qu’à l’intérieur de la voiture se trouve
du matos d’écoute et d’enregistrement. Menaces, boucan dans le
voisinage, secouage de voiture, le(s) flic(s) dedans a(ont) dû avoir un
petit coup de stress et deux de ses(leurs) collègues débarquent en
courant, l’un monte dans la camionnette, l’autre dans une voiture garée
plus haut et tous deux partent sans demander leur reste.

Les semaines suivantes la surveillance n’a pas cessé (filatures,
contrôles d’identité impromptus…). Qu’ils surveillent et répriment
celles et ceux qui affichent de ne pas se plier aux lois et aux normes,
qui décident d’apporter leur solidarité aux prisonnier-e-s mutin-e-s,
qui refusent la résignation et se révoltent n’est pas étonnant. Cela
n’empêchera pas les révolté-e-s de se battre, ici et maintenant, pour la
liberté !

(Reçu par mail.)

 * * *

- Thématique "Surveillance" sur Squat!net:
http://fr.squat.net/tag/surveillance/

- Paris sur Squat!net:
http://fr.squat.net/tag/paris/
http://en.squat.net/tag/paris/

-- 
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fév 212014
 

[Calais] Les fascistes se mobilisent contre les squatteurs. Appel à la solidarité internationale

Calais. Les fascistes se mobilisent contre les squatteurs. Appel à la solidarité internationale

Demain Vendredi 21 Février, les fascistes ont appelé à de nouvelles manisfestations dans la journée et dans la soirée devant le nouveau squat rue Émile-Dumont à Coulogne. C’est l’aboutissement de cinq jours d’intense activité fasciste sur le Calaisis.

http://i1.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2014/02/017.jpg?resize=524%2C283Le nouveau squat rue Émile-Dumont à Coulogne

Ces derniers mois, ‘Sauvons Calais’ un groupe raciste contre les migrants a mobilisé Calais appelant à ‘défendre la ville contre les migrants’. La semaine dernière, des gens ont squatté une ferme à Coulogne. Depuis dimache soir, des groupes de fascistes et des voisins mécontents, allant parfois jusqu’à cinquante personnes, ont eu une présence quasiment constante devant la maison.

Durant la semaine, les fascistes ont insulté les habitants de la maison, jetant des pierres, des feux d’artifices et en étant présents en permanence. Mardi à 7 heures du matin, trois fascistes qui avaient bu toute la nuit ont tenté de s’introduire dans le squat avec une masse. Deux d’entre eux ont été arrêtés. Certains ont aussi été filmés en train de proférer des menaces de morts contre les migrants.

Aujourd’hui, ils sont de nouveau de retour et menacent à nouveau les gens à l’intérieur du squat. Les fascistes de Sauvons Calais ont appelé sur Facebook les gens à attaquer le squat.

Le squat a été rendu public la semaine dernière et les squatteurs ont acquis un status légal pour le bâtiment occupé.

Les jours passent et le nombre de fascistes présents sur les lieux ne fait qu’augmenter. Loin d’une accalmie, la situation devient de plus en plus tendue. Ce regain d’activité fasciste sur Calais est sans précédent. Les gens appelent à l’aide demain et dans les semaines qui viennent.

Traduit de l’anglais (Calais Migrants Solidarity), squat!net, 20 février 2014

 

La bataille de Coulogne

L’étincelle lancée par la maire de Calais avec son appel à la délation des squats sur facebook en octobre dernier, par la page Sauvons Calais et la poignée de main de deux adjoints à la maire de Calais aux manifestants anti-migrants en novembre, cette étincelle s’est invitée à Coulogne sur fond de campagne électorale.

http://i0.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2014/02/026.jpg?resize=524%2C276

Les militants de Sauvons Calais font le siège devant un squat récemment ouvert à Coulogne dans une maison vide. Une banderole sur laquelle ils se présentent comme des riverains, et des coups de sonnettes aux vrais riverains pour semer la peur d’une invasion de migrants.

Pourtant pas de “migrants” dans la maison dont ils ont tenté ce matin d’enfoncer la porte, mais des citoyens de différents pays de l’Union européenne. De même que les deux vélos dont ils crevé les pneus hier appartiennent à un Breton et un Calaisien.

Ce qui remet le débat à sa place. On voit dans certaines manif une pancarte : “étrangers, ne nous laissez pas seuls avec les Français”. Si l’Angleterre levait l’ancre et dérivait un peu plus loin, si les migrants partaient par conséquent vers d’autres ports, nous resterions bien avec cette question entre nous : dans quelle société voulons-nous vivre ?

Pour l’instant, les Sauvons Calais ne s’en prennent qu’à des objets, une porte, deux bicyclettes. Mais ils nous donnent déjà une indication : leur choix de société, c’est par la violence qu’ils veulent nous l’imposer.

Passeurs d’hospitalités, 18 février 2014

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