Lettre de solidarité avec la discordia.

 Posted by on 17 juin 2016 at 10 h 14 min  Actualité nationale, Anarchisme, Contre les religions, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Lettre de solidarité avec la discordia.
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L e 26 janvier dernier, alors qu’ils et elles s’apprêtaient à ouvrir la bibliothèque anarchiste la Discordia, les compagnons et compagnonnes anarchistes qui organisaient un débat intitulé « Islamophobie : du racket conceptuel au racket politique » ont eu le « plaisir » de découvrir que la façade de l’immeuble qu’ils et elles louent dans le 19ème arrondissement de Paris avait été recouverte de tags. « Cependant, en arrivant mardi après-midi, on a vu que la devanture de la Discordia avait été taguée, probablement dans la nuit. Des A cerclés (merci !) et des invectives (« fafs » et « racistes ») particulièrement mal écrites et pensées à la bombe de peinture noire. Le tout accompagné d’un feuillet de « revendication », affirmant que nous véhiculerions « des théories racistes et islamophobes » et que nous serions « la courroie de transmission des idéologies du pouvoir », etc. »

Quelques jours plus tard, rebelote—et malheureusement pas dix de der. Cette fois des jets de peinture sont venus s’ajouter aux premières « dégradations ». Il y a quelques jours enfin, les compagnons et compagnonnes ont eu cette fois l’occasion de découvrir la vitrine de leur bibliothèque brisée.
A la suite quelques mots de solidarité face à ces « attaques » répétitives et ces tentatives d’intimidation.

(…)

Lire la suite dans le document joint :

Letttre de solidarité à la discordia

 

Imposer l’ordre moral à coup de marteau – Communiqué de La Discordia

 Posted by on 30 avril 2016 at 9 h 37 min  Anarchisme, Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite, Contre les religions  Commentaires fermés sur Imposer l’ordre moral à coup de marteau – Communiqué de La Discordia
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« Non nous ne voulons rattraper personne. Mais nous voulons marcher tout le temps, la nuit et le jour, en compagnie de l’homme, de tous les hommes. Il s’agit de ne pas étirer la caravane, car alors, chaque rang perçoit à peine celui qui le précède, et les hommes qui ne se reconnaissent plus, se rencontrent de moins en moins, se parlent de moins en moins ».
Frantz Fanon, Les damnés de la terre.

Dans la nuit du 21 avril 2016, toutes les vitres de La Discordia ont été détruites à coup de marteau. Un tag a été posé à côté : « raciste ».

C’est la troisième fois que nos locaux reçoivent ce genre de visites nocturnes :
Communiqué de La Discordia suite à quelques dégradations
Gribouillis gribouillas : Bis repetita placent

Cette fois ci encore, il s’agit de s’en prendre à La Discordia pour avoir vocalisé publiquement un refus révolutionnaire non-négociable des rackets politiques religieux comme racialistes sur l’extrême gauche depuis les attentats de 2015 à Paris. Il s’agit d’interdire une parole, de s’arroger le pouvoir de décider qui peut parler et ce qui doit être dit. Globalement, il s’agit de jeux de pouvoirs mafieux pour imposer une hégémonie politique sur une mouvance déliquescente avec les armes toujours morales de la culpabilité et du ressentiment. Et si jusque-là, tout le monde avait déjà plus ou moins exprimé son soutien suite aux deux « attaques » précédentes, mais de façon plus ou moins informelle, c’est à la solidarité que nous appelons aujourd’hui. Une solidarité publique et visible, dans laquelle chacun pourra mettre de ce qu’il est, plutôt que de se ranger derrière un même son de cloche, comme nos ennemis du jour. Nous n’appelons donc personne à se ranger derrière La Discordia ou ses perspectives anarchistes particulières, mais plutôt à élargir la question, à signifier que ce refus n’appartient pas qu’à quelques uns, mais à tous les révolutionnaires, qu’il est constitutif de toute pensée émancipatrice.

Pourquoi ces attaques ? Parce que La Discordia est un des seuls endroits publics du milieu où sont exprimées et débattues publiquement des positions anti-religieuses et d’un antiracisme conséquent (c’est-à-dire contre toute idée de « race », même issue de la gauche), et sans complaisance avec ceux qui justement, font de la complaisance un rapport total à la politique, les nouveaux démagogues. La grosse participation aux débats traitant de ces thèmes, ainsi que de nombreuses discussions avec des camarades plus ou moins proches, nous disent qu’il y a une perception diffuse que quelque chose de pernicieux est en train de trouver sa place dans le milieu « radical » français. On y croise des défenses de la religion et de la foi, on y voit des formes de séparations sur des critères biologiques et génétiques que personne n’a choisi… Ce que les dictionnaires nomment sans timidité ségrégation. Mais on voit aussi que de plus en plus de camarades s’aperçoivent de ces dangers et prennent position. Malheureusement, trop peu nombreuses sont les prises de position publiques. Cela permet à quelques illuminés de la dernière averse, qui se croient avant-garde de quelque courant identitaire pseudo-subversif, de penser que La Discordia est seule à critiquer l’idée de « race » et à porter le refus de la religion, drôle d’idée. Pour le dire franchement : on s’en prend aussi à nous à cause du silence de trop d’autres sur ces sujets.

Pourquoi cela arrive-t-il en ce moment, alors que nous sommes tous concentrés ailleurs, sur ce qui se passe dans la rue (et pas que) ? Parce que, visiblement, pour ceux qui portent les idées de race et la théophilie, celles-ci sont plus importantes que le conflit contre l’État et le Capital. Encore une fois, aucun autre signe d’attaque n’a été relevé dans le quartier cette nuit là, ni banques ni églises ni permanences politiques, juste une bibliothèque anarchiste.

Comme nous l’avions déjà souligné, c’est par la faiblesse du rapport de force que les révolutionnaires se retrouvent à attaquer l’ennemi avec des moyens comme ceux employés contre La Discordia. Parce qu’au corps à corps avec l’État, personne ne peut gagner (à moins de devenir soi-même un État ou un État en puissance). Employer des pratiques « asymétriques » contre une bibliothèque anarchiste au fonctionnement autonome est bien la plus imbécile et lâche des pratiques. Rappelons également que les révolutionnaires, lorsqu’ils ne sont pas d’accord, prennent des chemins différents, ou bien ils s’expliquent et/ou se critiquent, ils ne se mettent pas anonymement du caca dans la boite au lettre. Mais dans la décomposition actuelle des mouvances « radicales », plus rien n’étonne. Les gens qui font vivre La Discordia sont présents dans les luttes sociales, les assemblées, les moments collectifs, et n’ont jamais masqué leurs idées, au contraire. Aucune opposition ne leur a été offerte. Aucun texte, aucune accusation, pas même une insulte avec un visage et un corps pour les assumer. Cette accusation grave de racisme, qui pour la troisième fois s’exprime sur des murs et depuis un moment dans des commentaires anonymes dans le monde virtuel n’a jamais été assumée par aucun individu, groupe ou collectif dans la vraie vie, ni par la parole ni par l’écrit. La brutalité exercée contre nos locaux n’est donc que le signe d’une faiblesse et d’une lâcheté patente, et d’une absence totale de capacité à argumenter.

Pourtant, l’honnêteté est la distance la plus courte entre deux individus.

Mais comment défendre l’idée de race ou de dieu auprès d’anti-autoritaires, d’autonomes, de communistes, d’anarchistes qui, depuis des siècles, travaillent à se libérer eux-mêmes et le monde de leur joug ? Ou auprès de tout autre courant de pensée fondé sur la critique de dieu, de l’État, et des identités imaginaires. De Marx et Bakounine à Malatesta ou Fanon.
Il s’agit pour ces quelques pathologies politiques sur patte, d’éradiquer cet héritage révolutionnaire qu’ils méconnaissent, qui les dérange profondément, et qu’ils associent fallacieusement à la pseudo « race blanche » (dont ils feraient partie pour l’immense majorité, si toutefois elle existait vraiment). Alors pour contrer cet héritage, il faudrait mobiliser l’islamisme politique, les milieux associatifs communautaires et identitaires sous perfusion étatique, les filières du carriérisme universitaire et autres formes de la réaction bourgeoise et/ou conservatrice. Il s’agit pour eux de rejeter en bloc tout ce qui ressemble de prés ou de loin à une hypothèse universaliste qui remettrait en cause les petites identités en kit préfabriqués, et derrière lesquelles il faudrait que nous abolissions toute singularité et toute altérité. Quitte à s’organiser avec des partisans de feu la « manif pour tous ». La responsabilité collective est l’arme favorite de l’extrême droite et des racistes, mais encore faudrait-il s’intéresser à ses propres « idées » pour s’en rendre compte. Parce que c’est seulement à la séparation des exploités que mènent les logiques identitaires et particularistes.

Nous ne doutons pas de la sincérité de ces énergumènes sous pavillon « anti-raciste », comme nous ne doutons pas de la sincérité de leurs faux-ennemis, qui avec les mêmes mots, les mêmes méthodes, les mêmes concepts et les mêmes aspirations cherchent à atteindre les mêmes buts : la division, l’éclatement des solidarités entre des exploités qu’ils s’acharnent à délimiter, démarquer, diviser et compartimenter dans des frontières étroites, qu’elles soient physiques ou mentales, pour que jamais leurs révoltes ne se rencontrent, ou bien le cas échéant, pour qu’elles se séparent. Au profit, toujours, du pouvoir.
En changeant quelques mots-clés on s’aperçoit aisément que les discours et les valeurs de cette extrême gauche du Capital qui ne cherche qu’à gratter des miettes sont les mêmes que ceux de l’extrême droite, ils sont façonnés par la même absence d’imaginaire émancipateur, ils visent tous, par le biais notamment de la religion, de l’ethno-differentialisme, de l’homophobie ou du virilisme, à l’encasernement normatif et prescriptif de l’identité et de la communauté. C’est le Zarathoustra de Nietzsche qui conseillait : « Veux-tu avoir la vie facile ? Reste toujours près du troupeau, et oublie-toi en lui ».

Casser les vitres d’une bibliothèque anarchiste comme un enfant casse un Rubik’s Cube qu’il ne parvient pas à résoudre, par inconséquence, par défaut d’intelligence et de maturité, et dans ce cas précis, on pourra parler de débilité légère, est bien l’attaque la plus glorieuse de l’année, même pas foutue d’être revendiquée, et donc expliquée, argumentée, assumée politiquement. On préfère racler les fonds de poubelles. Aujourd’hui, les idiots du village alternatif ont encore « frappés ». Leur lâcheté n’égale que leur impuissance chronique à développer la moindre analyse sérieuse pour contrer les perspectives de révolution internationaliste qu’ils craignent en gigotant bruyamment. La lâcheté de ne pas savoir défendre ses idées face à des visages qui peuvent répondre, plutôt que des vitres, qui ne feront que coûter des centaines d’euros à quelques galériens pour qui la lutte est toujours passée avant la subsistance. Était-ce le but ? Attaquer un projet anarchiste au portefeuille ? Pomper des centaines d’euros à des chômeurs et RSAstes déjà en plein dans le viseur de la répression ? Nos ennemis communs raffolent de vos envolées, et vous confirmez que, parfois, les ennemis de nos ennemis sont aussi nos ennemis (en effet, qu’est ce que des révolutionnaires auraient encore en commun avec des philo-religieux qui pensent que l’humanité se divise en « races » ? ).

En tant que révolutionnaires, nous ne pensons pas que la violence soit une arme qui se substitue à la critique et à la parole, mais qui les accompagne habilement, avec une idée claire de qui sont les ennemis, et de quels rapports sociaux ils sont les défenseurs. Des individus qui identifient leurs ennemis de la sorte, et considèrent, en plein mouvement social qui n’arrête pas de commencer, alors que de nombreux camarades et compagnons défilent devant la justice, que l’urgence est à s’acharner sur les vitres de La Discordia, sont a minima, des ennemis absolus de l’intelligence.
L’attaque ne doit pas être employée pour combler la vacuité théorique de quelques hooligans qui ne connaissent que les fonctions reptiliennes de leurs cerveaux.
Maintenant que le roitelet est nu, tout le monde peut apprécier le spectacle racialiste et philo-religieux dans toute sa superbe, la politique du marteau pour masquer la faiblesse et l’entrain déjà mort de cette mode identitaire, passagère et déjà sur le déclin. Il serait temps de réfléchir à cette montée de l’identitarisme dans nos milieux, qu’est-ce qui a permis cela, qui et comment ? A celles et ceux qui, déconstruits parmi les déconstruits, s’échinent à répéter « check your privileges », nous leur répondons, « check your responsabilities ». De même, pour celles et ceux qui sur les « réseaux sociaux » ont parlé de nous casser la gueule, d’attaquer La Discordia au Molotov, et autres bravades virtuelles, un travail est en cours pour régler des additions salées et donner toutes leurs conséquences aux mots qui planent jusque-là sur des écrans sécurisants.

La sécurité des personnes qui, toujours plus, viennent aux débats et aux permanences de La Discordia sera bien sûr assurée de façon adaptée. Tout soutien matériel et physique est le bienvenu, et nous tenons à remercier tous les compagnons et camarades qui nous ont déjà apporté leur soutien, de différentes manières (toujours appréciées), de Paris aux quatre coins du globe, en passant par nos voisins.
Mais c’est surtout à la solidarité dans l’élaboration théorique, le fond de l’affaire, que nous appelons aujourd’hui. Le projet révolutionnaire que nous portons aux cotés de nombreux autres nécessite des prises de position claires et fortes, parfois inconfortables, parfois clivantes, et souvent minoritaires.
Que chacun et chacune, donc, de la manière qui lui semblera la plus appropriée, s’attaque aux idées de races et de Dieu partout où elles se trouvent, pour paraphraser Joseph Déjacque, « par le bras et le cœur, par la parole et la plume, par le poignard et le fusil, par l’ironie et l’imprécation, par le pillage et l’adultère, par l’empoisonnement et l’incendie ». Souvenons-nous qu’une attaque contre des révolutionnaires parce qu’ils sont révolutionnaires, est une attaque contre tous les révolutionnaires.

Quant à nous, nous ne sommes pas de ceux qui se rendent.
Ni dieu ni maître, ni race ni prophète.

On ne fait pas la contre-révolution en cassant des vitrines. Les discordistes .

http://ladiscordia.noblogs.org/
ladiscordia(at)riseup.net

 

Quand des syndicalistes en appellent au viol… et à des représentants du patronat

 Posted by on 14 mars 2016 at 21 h 53 min  A la une, Actualité nationale, Chômage / Précarité / Travail / Syndicalisme / Capitalisme, Féminismes / Genre / Sexualités, Luttes sociales  Commentaires fermés sur Quand des syndicalistes en appellent au viol… et à des représentants du patronat
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Quand des syndicalistes en appellent au viol… et à des représentants du patronat

Ce mercredi 9 mars, la mobilisation contre la loi travail, rendue possible par la colère et la détermination des jeunes et des salariéEs affirmant qu’ils, et elles, « valent mieux que ça » a été un véritable succès. 500 000 personnes ont pris la rue, des lycéenNEs ont bloqué leurs lycées, des étudiantEs ont mobilisé leurs facs donnant lieu à des Assemblées Générales dont le succès n’était pas sans rappeler les débuts du mouvement contre le Contrat Première Embauche, il y a 10 ans.

Ce mercredi 9 mars, les travailleurSEs du sexe en étaient : à Paris et Toulouse, un tract a été diffusé dans les manifs pour exposer les raisons qui font que nous ne pouvons qu’être partie prenante de ce mouvement. Le très bon accueil qui nous a été réservé de la part des autres travailleurSEs en lutte, nous affirmant leur soutien et leur solidarité, aura ajouté encore à l’enthousiasme suscité par cette journée.

Malgré ce bilan positif, un événement est venu troubler notre satisfaction : dans le défilé parisien, au sein d’un des nombreux cortèges de la CGT, un camion a diffusé un slogan appelant au viol sur la ministre El Khomri. Appeler au viol pour « corriger » les actions d’une femme n’est, hélas, ni exceptionnel, ni anodin. Si le projet de loi travail est à combattre radicalement, la focalisation sur une ministre, femme, non blanche, ne nous semble pas un hasard : l’utilisation de telles menaces sexuelles s’inscrit dans la pire tradition coloniale et masculiniste à la française. Consciemment ou non, utiliser de telles menaces, c’est faire de l’intimidation et remettre en cause la place des femmes dans la mobilisation. Pourtant, les femmes ne sont ni des soutiens ni des accessoires de ce mouvement naissant : elles doivent en être le cœur car ce sont elles qui sont en première ligne, qu’elles soient au foyer, dans l’économie invisibilisée ou sur le marché traditionnel de l’emploi.

Par ailleurs, au-delà d’un appel au viol déjà fortement condamnable en tant que tel, c’est à « Jacquie et Michel » que ces syndicalistes en appellent dans cet ignoble slogan, autrement dit, ils en appellent à de médiatiques représentants du patronat de l’industrie du sexe. En tant que syndicat de travailleurSEs du sexe, nous sommes particulièrement choquéEs que d’autres syndicalistes appellent à une telle collaboration avec des patrons, des patrons qui se sont de plus illustrés non seulement par leurs méthodes violentes pour forcer des actrices à des pratiques qu’elles refusaient, ou les déposséder de leur droit à l’image, mais aussi par leur collaboration « professionnelle » avec des militantEs d’extrême droite.

Face à un projet de loi qui vise à toujours plus précariser les travailleurs, et surtout les travailleuses, un tel appel au viol doublé d’une valorisation du patronat n’est pas acceptable dans nos rangs.

Le STRASS demande une désolidarisation de la CGT pour les propos tenus par les auteurs de ce slogan, et rappelle que si nous voulons gagner ce bras de fer contre le gouvernement, et plus généralement contre le néolibéralisme et ses promoteurs, ce ne sera qu’en s’organisant contre TOUS les patrons, en construisant des fronts de lutte où le racisme, l’extrême-droite, ses idées comme sa « culture » (qui dépassent largement les rangs du FN), sont bannis, de même que les violences masculines,afin de permettre l’investissement des femmes, de TOUTES les femmes, y compris des travailleuses du sexe.

Nous serons présentEs lors des prochaines mobilisations et appelons, notamment les femmes, à s’y rejoindre: le 17, le 24 et le 31 mars prochains.

Contre la loi travail : travailleurSEs du sexe en lutte !

Source : http://strass-syndicat.org/quand-des-syndicalistes-en-appellent-au-viol-et-a-des-representants-du-patronat/

Calais : manifestation et occupation du port et du ferry

 Posted by on 25 janvier 2016 at 13 h 29 min  Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite, Sans-papiers, Immigrations  Commentaires fermés sur Calais : manifestation et occupation du port et du ferry
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confusionnisme.info:

Hier, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Calais pour soutenir les migrants. Une cinquantaine de personnes, dont une majorité de migrants, ont pu monter à bord du ferry reliant la France à l’Angleterre. Trente-cinq d’entre elles sont toujours en garde-à-vue à l’heure où nous écrivons. Reportage. Version anglaise / English version →

A Paris, l’appel à manifester ce samedi à Calais a rencontré un tel succès qu’un sixième car a du être affrété. En effet, nous étions trente-trois personnes arrivées tôt ce samedi matin Porte de la Chapelle sans certitude d’embarquer, n’ayant pu êtres inscrites au préalable. Nous sommes arrivés dans la jungle vers 13h30, juste pour le départ de la manifestation. Voici quelques vues, très impressionnantes pour qui la découvre, de la jungle à notre arrivée et de la tête du cortège :

la suite : http://confusionnisme.info/2016/01/24/calais-manifestation-et-occupation-du-port-et-du-ferry/

Corse : Manifestations xénophobes à Ajaccio

 Posted by on 10 janvier 2016 at 16 h 40 min  Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite  Commentaires fermés sur Corse : Manifestations xénophobes à Ajaccio
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non-fides:

Les événements survenus en Corse illustrent une tendance locale particulièrement forte à la xénophobie et au racisme (très porté sur les “arabes”, mais pas moins virulent pour d’autres populations). On espère qu’ils pousseront les anti-autoritaires intelligents à des réflexions poussées autour des questions identitaires, mais également en ce qui concerne la situation qui prévaut en Corse, au-delà des banalités gauchistes de base, comme celles que contient le communiqué du groupe Juifs et juives révolutionnaires (qu’on peut lire ici), qui reste très en dessous de son sujet.

Rappelons que la Corse a récemment obtenu un nouveau statut, et qu’y a eu lieu une poussée nationaliste importante, avec des discours et une mise en scène très particuliers (voir ici). Au grand dam des nouveaux défenseurs des cultures, nous avons le regret d’affirmer que ce qui est habituellement identifié comme des “traditions” issues d’une prétendue “culture” corse est de l’ordre de la réaction pure et dure. Il est évident que le développement des antagonismes contre les diverses formes d’autorité en Corse devra passer par la critique (théorique et pratique) de la logique clanique et chauvine extrêmement présente dans l’île, qui va de pair avec son utilisation par les mafias politico-criminelles, bien moins opposées qu’elles ne l’affirment parfois (quand cela sert leurs intérêts) à l’État français. On peut s’en convaincre si l’on se penche sur les liens qu’entretiennent de nombreux politiciens rompus à l’exercice du pouvoir avec les clans corses, ou du rôle contre-révolutionnaire du “milieu” à différentes périodes de l’histoire récente (durant l’occupation et la collaboration avec les nazis, contre les syndicalistes marseillais dans les années 50, ou autour du SAC de Pasqua).

Pour qui connait un minimum la Corse, les événements d’Ajaccio ont tout de la normalité. Les violences contre les “arabes” y sont habituelles depuis des décennies, comme le discours qui exige des immigrés qu’en Corse, ils marchent tête baissée.
Si la misère économique (qui pousse les Corses à l’exil sur le “continent”) permet aux discours xénophobes de prospérer, c’est aussi la tolérance pour les logiques mafieuses et les petits arrangements (qui font de la Corse la région la plus meurtrière d’Europe) qui empêche la véritable solidarité de classe, en dehors des pseudo-appartenances : rappelons que les événements d’Ajaccio ont vu une partie de la population se solidariser des flics et des pompiers contre les méchants arabes des cités.

On ne saurait oublier que les oppositions, même en Corse, ont parfois été plus claires : notamment en septembre 2005 avec un important mouvement contre les privatisations, en lien avec ce qui se passait “sur le continent”, avec de nombreux actes typiques des mouvements à caractère semi-insurrectionnel (barricades, incendies, blocages des ports, camions coulés, grèves solidaires, détournement d’un ferry, occupation de la mairie de Bastia), et une identification claire des ennemis à combattre (dont les nationalistes corses).

[Notes rédigées par Pi et SF, reprises des nouvelles d’opposition de décembre 2015.]

 

Actes racistes dans la région.

 Posted by on 14 décembre 2015 at 23 h 09 min  Actualité locale, Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite  Commentaires fermés sur Actes racistes dans la région.
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A la suite quelques articles de presse sur des actes racistes qui ont eu lieu dans la région. Petit message aux nationalistes qui ont tagués la mosquées en construction de la Guérinière. A priori, les terroristes sont déjà morts ! Petits messages au journaliste : le o barré c’est une croix celtique, un symbole nationaliste, utilisé par des courants religieux comme païens.

Un de sous la cendre.

Tag sur une mosquée en chantier à Caen.

Une mosquée en construction, dans le quartier de La Guérinière à Caen (Calvados), a été la cible d’un tag, probablement le week-end dernier, 21 et 22 novembre 2015.

Message politique ou amalgame idiot ? L’inscription « Terroristes à mort », avec des croix au milieu des O (signe parfois utilisé par l’extrême-droite), a été réalisée à la bombe, sur un des murs extérieurs. Les responsables de la mosquée ont réuni des éléments pour déposer plainte. C’est la première fois que le futur lieu de culte est l’objet d’une telle dégradation.

Source : Ouest-France, 24 novembre.

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Avranches : prison ferme pour les deux tireurs du kebab.

Accusés d’avoir tiré sur le restaurant kebab, près de la mairie à Avranches, deux hommes étaient jugés aujourd’hui. Ils écopent de prison ferme, sans mandat de dépôt.

Vendredi 20 novembre à 4 h, deux hommes, 22 et 23 ans, à bord d’une 205 noire, tournent autour d’un kebab situé près de la mairie. Le passager tire un coup de fusil de chasse de calibre 16 mm dans la vitrine du magasin, qui explose. Les dégâts ne sont heureusement que matériels. Les Avranchinais et leur maire ont aussitôt manifesté leur soutien aux propriétaires du kebab.

Les deux hommes ont été interpellés, mardi matin, dans le Sud-Manche, et cités hier en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Coutances. « On avait regardé en boucle les attentats de Paris sur une chaîne d’infos. On s’est fait un film », déclare un prévenu.

Pour le procureur, requérant trois ans de prison dont un an ferme avec mandat de dépôt, « il s’agit de la quintessence même d’un acte raciste ». Les deux hommes écopent finalement de deux ans de prison, dont un an ferme, sans mandat de dépôt.

Une peine assortie d’une mise à l’épreuve de deux ans, avec interdiction d’entrer en contact avec les victimes et de détenir une arme, et avec obligation d’effectuer un stage de citoyenneté. Ils sont également privés de leurs droits civiques pendant deux ans.

Source : Ouest-France, 25 novembre.

Perquisitions et racisme anti musulmans et musulmanes.

 Posted by on 11 décembre 2015 at 15 h 42 min  Actualité nationale, Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire, Non classé  Commentaires fermés sur Perquisitions et racisme anti musulmans et musulmanes.
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A la suite, un certains nombre de témoignages extraits du site du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), collectif citoyen qui vise à recenser les « actes islamophobes » en France. L’auteur de ces lignes ne se reconnaît pas dans la démarche citoyenne du collectif qui vise à soutenir l’Etat, son arsenal répressif et les instituions internationales dans leur lutte contre « l’Islamophobie », comme si ces mêmes Etats, comme l’ Etat français, n’organisaient pas une xénophobie d’Etat, dont les musulmans et les musulmanes, mais pas qu’eux et elles, étaient les victimes. Ensuite parce que le terme même d’Islamophobie, utilisé par des défenseurs de la religion musulmane, comme l’organisation de coopération Islamique (OCI) qui réunit une centaine d’Etats dont une dizaine d’Etats théocratiques comme l’Iran, vise souvent dans leur bouche à interdire toute critique de cette religion, et de l’ensemble des religions, cherchant à réprimer tout acte blasphématoire. La religion, et l’islam ne fait pas plus exception à la règle que le christianisme, a pourtant historiquement soutenu et continue au quotidien de soutenir bien des dominations. C’est d’autant plus difficile à nier après que des fous de Dieu aient opéré les massacres du 13 novembre, et bien d’autres à travers la planète. Si l’endoctrinement religieux n’est pas l’unique terreau de ce fanatisme, il en est indéniablement un engrais puissant.

Mais, s’il n’existe pas de religions des opprimé-e-s et que la religion opprime, il existe bien un racisme anti-musulmans et musulmanes qui frappe d’ailleurs de nombreuses personnes qui ne sont pas musulmanes. Ce racisme déjà ancien, et souvent alimenté par l’imaginaire colonial et post-colonial, gagne singulièrement en virulence depuis quelques semaines. Ce racisme doit être dénoncé sans complicité avec le fait religieux, pour ce qu’il est. Les perquisitions et les assignations à résidence qui tombent plus rapidement que les décisions de la COP21 frappe majoritairement ces populations musulmanes. De nombreuses perquisitions se font comme à la belle époque sur dénonciation. Et le racisme policier s’y exprime dans toute son étendue.

A la suite donc quelques témoignages.

Un de Sous la cendre.

Perquisition musclée chez un homme atteint d’un cancer puis chez sa belle-fille enceinte.

Le 17 novembre dernier, à 5h00 du matin, la police défonce la porte du domicile des parents de M.R. C’est son domicile que les policiers veulent perquisitionner. Ce qu’ils ne savent pas c’est qu’il n’habite plus chez eux.

La maman de M.R tente d’arrêter les policiers en leur demandant de faire moins de bruit. Elle a peur pour son mari. Agé, il est cardiaque et atteint d’un cancer.

Face à sa demande, l’un des policier argue :

« Tout le monde meurt ! Tout le monde a le cancer ! »

Ils se précipitent alors dans la chambre du frère de M.R, qui lui habite toujours chez ses parents.

Sa porte est fermée à clé. Alors qu’ils tentent de défoncer la porte, la clé tombe par terre à l’intérieur de la chambre. Le frère de M.R, leur crie alors « Attendez ! Attendez ! » en la ramassant. Alors qu’il s’apprête à ouvrir, la porte cède sous les coups. Les policiers entrent et le frappent.

Ils continuent leurs recherches mais ne trouvent rien dans l’appartement.

Ils apprennent que M.R n’habite plus chez ses parents, qu’il s’est marié et qu’il habite ailleurs désormais.

Une équipe de policiers reste chez les parents, l’autre part chez le couple.

Ils sont 6. Ils arrivent chez M.R et frappent à la porte. Il leur ouvre.

Ils l’informent qu’ils sont là pour lui car il se serait radicalisé, qu’il porte une barbe, qu’il ne sort plus comme avant et se renferme sur lui-même. Il est menotté.

Les policiers investissent les lieux. La femme de M.R est dans la mezzanine. Un policier monte.

Elle demande si elle peut se couvrir.

Il lui répond alors :

« Ah et puis quoi encore ? Si vous voulez vous couvrir, portez votre barbe et votre djellaba, vous n’avez rien à faire ici, votre religion c’est chez vous, si vous n’êtes pas contents vous rentrez chez vous, on n’a pas besoin de voir des barbus et des voilées dehors !».

Elle insiste.

« Quand on est là vous ne vous couvrez pas !» continue-t-il.

Il lui demande alors si elle porte le voile. Avant même qu’elle ait le temps de répondre, ses collègues, s’exclament du bas de la mezzanine « Oui oui y’a ses capes ici !», d’un ton moqueur.

L’appartement est saccagé. La nourriture, les vêtements, les livres, la poubelle, tout est jeté par terre.

Pendant ce temps Mme R, qui est myope, demande au policier qui est encore avec elle, si elle peut mettre ses lunettes. Elle essuie un refus. Elle insiste. Finalement il accepte.

A peine les a-t-elle mise qu’il les lui arrache et les jette violemment.

La perquisition continue. Tout est passé au peigne fin.

Pendant ce temps, au moindre geste de l’épouse, le policier qui est avec elle lui crie dessus.

Il fouille dans son trousseau de mariage.

« Qu’est-ce que tu fais avec ça » lui crie-t-il, en tombant sur une paire de chaussures à talons.

« On me l’a offerte » répond-elle.

Le policier, méprisant, lui répond :

« Ah ça ne se porte pas avec le voile !» puis les jette à leur tour.

Comme si le respect et la dignité ne devaient pas leur être accordés, les humiliations continuent.

« Ca porte des grandes marques ! » s’exclament les policiers en fouillant dans les vêtements du mari.

La perquisition prend fin.

En sortant, ils remarquent un tableau blanc dans l’entrée sur lequel sont inscrits les mots « Caf » et « Sécurité Sociale ». L’un des policiers s’exclame alors « Bien sûr ça profite du système ! »

M.R leur répond que sa femme est enceinte et qu’elle doit juste faire les démarches pour mettre à jour sa situation…

Sans se soucier de ce qu’ils venaient de faire subir au couple, ils continuent à se moquer d’eux en quittant finalement les lieux sans leur remettre de copie du procès-verbal de perquisition comme l’exige la loi.

« De toute façon y a encore des places à Guantanamo » lance l’un d’entre eux avant de partir.

[Si la situation actuelle nécessite effectivement des mesures d’urgence, de nature exceptionnelle, rien ne justifie de procéder à celles-ci dans la violence, la discrimination, l’irrespect et les moqueries. La dignité humaine doit être respectée en toutes circonstances.] (sic!)

Source : CCIF.

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Une enseignante qualifie son élève « d’apprenti terroriste ».

Aymen a 11 ans. Il est en 6ème dans un collège en région parisienne.

Le jeudi 25 novembre dernier, alors qu’il est en cours, Aymen montre discrètement un papier plié en forme de pistolet à ses camarades, puis le remet dans son sac.

L’un d’entre eux va voir leur professeur et lui dit qu’un des élèves a un pistolet et qu’il l’a visé.

L’enseignante lui demande de qui il s’agit. Apprenant qu’il s’agit d’Aymen, elle va le voir, prend son sac et lui confisque le papier.

Le lendemain, alors que toute la classe est au CDI, la professeur pose le pistolet en papier sur le bureau de la responsable du CDI, qui lui demande d’où il vient.

L’enseignante lui répond alors :

« Ce sont les œuvres de l’apprenti terroriste ».

Aymen est choqué, ses camarades sont témoins de la scène. Il ne comprend pas, il n’a prononcé aucune parole faisant référence à un quelconque acte terroriste, il ne faisait que s’amuser.

Le principal convoque les parents du jeune garçon.

Ceux-ci contactent le CCIF qui prend immédiatement le dossier en charge.

Le jour de l’entretien arrive. Sont présents le principal du collège, son adjoint, deux enseignants, un délégué de parent d’élève, Aymen, sa maman et une juriste du CCIF.

L’enseignante affirme vouloir s’excuser, mais emploie le terme « kalachnikov » pour désigner l’objet qu’avait montré Aymen à ses camarades. Il ne s’agissait pourtant que d’un pliage et évidemment pas d’une telle arme.

Notre juriste met alors l’accent sur la gravité des propos proférés, l’enseignante ne semblant pas prendre la mesure de celle-ci.

Le principal rendra sa décision sous peu.

Depuis l’émergence d’abus de l’état d’urgence, nous les dénonçons chaque jour, avec le concours de ceux qui souhaitent porter haut et fort les droits de l’Homme et la dignité humaine.

Cet état d’urgence semble faire, outre des victimes directes des perquisitions, assignations à résidence, et autres fermetures administratives, de nouvelles victimes, collatérales.

Le traitement des médias et la stigmatisation d’une certaine tranche de la population induit, chez un certain nombre de français, l’idée que les musulmans sont responsables des événements du 13 novembre 2015.

Aujourd’hui c’est un enfant qui pâti de la violence des uns et des amalgames des autres.

Il n’y a plus de limite, plus de morale dans l’expression de l’islamophobie.

Ensemble, combattons les abus de l’état d’urgence et l’islamophobie grandissante.

Source : CCIF

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« Ahahah, c’est la tempête ! » : un appartement saccagé durant une perquisition.

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Xavier est chez lui lorsqu’il entend la sonnerie.

Il tente de voir qui vient de sonner mais n’aperçoit personne.

Il n’ouvre pas.

D’un coup, les policiers défoncent la porte et entrent dans l’appartement.

Xavier est menotté dans la salle de bain, un policier reste avec lui.

Les autres envahissent l’appartement et procèdent à la perquisition. Ils fouillent tout, ils cassent même les ampoules du salon.

Toujours menotté, Xavier entend les policiers dire « Ahaha c’est la tempête ! », continuant à retourner l’appartement.

A la fin de la perquisition, l’une des policières, qui était cagoulée, lui demande de signer le procès-verbal, dont l’obtention d’un double lui est refusée.

Il demande alors ce qu’il doit faire pour sa porte.

« Vous vous débrouillez avec votre bailleur » lui répond l’un des policiers.

De la nourriture aux vêtements, tout est par terre.

Xavier ne retrouve plus son téléphone, ni une enveloppe qui contenait 200euros.

Pourquoi saccager son appartement ? Pourquoi utiliser tant de violence ?

Il porte une barbe, un qamis, aime voyager et est converti depuis de nombreuses années. Aujourd’hui cela semble suffisant pour légitimer un tel traitement.

Mobilisons-nous contre les abus de l’état d’urgence.

Aujourd’hui se sont des mères angoissées, des enfants traumatisés, et des familles sous le choc qui se retrouvent face à des dégâts psychologiques et matériels parfois considérables.

Si la sécurité doit impérativement être assurée, elle ne doit pas empiéter sur le respect et la dignité humaine.

Ensemble, nous sommes plus forts.

Source : CCIF.

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Témoignage :  » C’est une femme voilée comme vous qui portait une ceinture d’explosifs « 

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« Aujourd’hui, en allant acheter un sandwich, des policiers m’interpellent sur un rond point. Je me gare sur le côté. No stress Safiya tout va bien, ils demandent tes papiers, t’as ton permis ton assurance ta carte grise. J’étais loin de la réalité. Loin d’avoir déchiffré les réelles motivations de ces policiers.

Ils ont fouillé ma voiture, fouillé mon coffre. En attendant, un homme passe en voiture, ralentit, descend sa vitre et crie  » L’ISLAM DEHORS ».

L’Islam dehors ? D’accord, mais où dehors ?
Mon pays d’origine est devenu un champ de ruines, et un front de guerre.
Mon pays de naissance, d’éducation, le pays dans lequel j’ai grandi, me demande d’aller « dehors »?

Je tremble d’émotions -haine, tristesse, désespoir , je ne sais pas trop. Je récite toutes les sourate protectrices dans ma tête pour en finir avec ces policiers.
Ils trouvent des CD de Anachid (chants arabes sans musique), me questionnent. Je leur explique que c’est de la musique arabe.
« On va vérifier ça alors ».
Je pose la question. Je casse ce malaise et je verbalise toutes mes pensées. « Vous pouvez vérifier, Et vous pouvez aussi tout simplement me voir moi, la petite étudiante de 20 ans, au delà de mon voile. Regardez moi Ét dites moi si j’ai l’air d’être une terroriste « .

Ce sont les ordres. Maintenir le secteur en sécurité suite aux événements de ce matin, d’ailleurs qu’est ce que je pense de ces événements ?
Quoi, quels événements. Je n’avais pas encore vu les informations.
 » c’est une femme voilée comme vous qui portait une ceinture d’explosifs « .

Et alors? Si un homme noir viole une fillette de 6 ans, tous les noirs sont des violeurs ? Si cet arabe qui n’a pas recu d’éducation vole ces bonbons, tous les arabes sont des voleurs ? Si cet américain déclenche une tuerie dans une église fréquentée par des noirs, tous les américains blancs sont des terroristes ?

Ce sont les ordres, sécurité nationale, Etat d’urgence. Que de prétextes à ce geste discriminatoire.
Je hais tenir des propos victimisant la communauté musulmane, mais là, c’était trop.
Aujourd’hui je suis triste pour ma France…

Triste que les choses tournent ainsi. Triste que des personnes acceptent que les choses tournent ainsi. Ceux qui me connaissent savent que j’ai toujours eu ce côté « naïf ». A toujours justifier le mauvais comportement des « autres ».

« Mais non elle te regarde de cette manière parce qu’elle te trouve jolie, pas parce que tu portes le voile « .

Source : CCIF.

Qu’est-ce que le Front National ?

 Posted by on 7 décembre 2015 at 19 h 16 min  Actualité nationale, Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite  Commentaires fermés sur Qu’est-ce que le Front National ?
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Sans partager les positions de ce site (Fragments du temps présent), nous reproduisons deux textes sur le Front National :

Qu’est ce que le Front National ?

Posted on 13 octobre 2012 by nicolaslebourg in Alterophobie, Bilan et perspectives, Entretien(s), Extrême droite, Histoire, Sociologie et sciences politiques // 1 Comment

Propos de Nicolas Lebourg recueillis par David Doucet et Serge Kaganski, parution : « Le Front National synthétise les crispations de notre société », Les Inrockuptibles, 3-9 octobre 2012, pp. 34-38.

Le Front national a été créé il y a quarante ans. Quelles sont les principales inflexions idéologiques qu’a connues le parti au cours de son histoire ?

Nicolas Lebourg – À son origine, en 1972, le premier positionnement du FN, c’est être contre le Front populaire. Jean-Marie Le Pen se veut le champion de la droite anticommuniste. Mais sur ce créneau, il existe le RPR fondé par Jacques Chirac. Pour sortir du stade groupusculaire, le Front national se lance donc dans la dénonciation du coût social de l’immigration à partir de 1978. Dans les années 80, le parti se radicalise considérablement dans une conception ethnique de la nation. Une décennie plus tard, le poids pris par les classes populaires dans sa sociologie électorale amène le FN à se placer sur une ligne “ni droite ni gauche”. Le Front national se rêve alors en “parti de la grande alternance”. Avec le 11 septembre 2001 et les manifestations consécutives au 21 avril 2002, une partie des cadres du FN a compris la nécessité de réorienter idéologiquement le parti. Sur le modèle des partis néopopulistes scandinaves, le logiciel frontiste est aujourd’hui composé d’une proclamation de foi dans les valeurs libérales, la défense d’un État souple mais protecteur, et une dénonciation de l’islamisme.

Quelles ont été les principales lignes de rupture dans l’histoire de ce mouvement d’extrême droite ?

L’extrême droite française est depuis toujours indisciplinée et instable, ses tournants ne sont pas dus à des congrès ou des maturations, mais aux événements extérieurs et aux actions d’individus. En 1978 par exemple, l’assassinat du numéro deux François Duprat et son remplacement par Jean-Pierre Stirbois permettent à celui-ci de purger le parti de l’essentiel des néofascistes et des néonazis, et de construire une offre populiste plus compatible avec l’électorat et les partis de droite. Plus tard, les déclarations de Jean-Marie Le Pen qualifiant de “point de détail” les chambres à gaz liquident la possibilité d’un accès aux responsabilités pour les frontistes.

Sans le “point de détail” et la longue liste des provocations lepénistes à partir de 1987, ce parti aurait-il pu avoir une autre évolution ?

Deux choses plongent le FN au purgatoire : le “point de détail”, mais également le rétablissement du scrutin majoritaire à deux tours décidé par Jacques Chirac. La conjonction des deux empêche toute transformation de militants radicaux en bons parlementaires soucieux d’attirer le vote de modérés pour assurer leur réélection. Or la manière classique d’apaiser des antiparlementaristes, c’est de leur faire goûter aux joies personnelles du parlementarisme. La gauche a bien réussi à transformer des maoïstes et des trotskistes en parfaits adeptes de la routine législative.

Quelles sont les ruptures idéologiques que le FN ne pourra pas accomplir sous peine de perdre son électorat ?

En voulant se crédibiliser et se notabiliser, Marine Le Pen s’est manifestement appuyée sur l’apport d’anciens cadres de Jean-Pierre Chevènement. Ça s’est beaucoup vu au début de sa campagne présidentielle, entre janvier et mars 2012, où elle a fait une campagne technocratique qui ne parlait plus du peuple, mais de l’euro. Dans les meetings, on constatait pourtant que c’était bien quand elle parlait d’immigration et d’insécurité que la salle était réceptive. Elle s’est mise à rattraper la dynamique populiste dans la dernière ligne droite. Moralité : le FN ne peut pas pousser trop loin son processus de normalisation. Si Marine Le Pen transformait son mouvement en parti souverainiste, il ferait les scores que font les souverainistes en France, c’est-à-dire moins de 5 %.

Marine Le Pen est-elle en mesure d’impulser une recomposition des droites, telle que la rêve son père depuis trente ans ?

La politique est une affaire de rapports de force. Pour l’instant, elle ne peut pas. Mais idéologiquement, les lignes ont bougé. La “ligne Buisson” a fait perdre toutes les élections à la droite depuis 2007, légitimant le transfert d’une part de ses voix vers le FN et surmobilisant l’électorat de gauche en face. Si l’UMP est reprise en main par des gens qui ne comprennent toujours pas cette sociologie électorale, ils scieront leur branche et chercheront à s’accrocher à celle de Marine Le Pen lors de leur chute. Comme d’habitude, quant au potentiel frontiste, c’est moins l’action des Le Pen qui compte que les erreurs de tactique des autres politiques.

Quelle a été l’influence idéologique du FN sur la droite française et plus largement sur le débat politique français ?

C’est ce qu’il y a de plus intéressant peut-être dans le FN : c’est un lobby culturel plus qu’un parti politique. Il n’a aujourd’hui qu’une seule députée encartée. Mais depuis qu’il a émergé à Dreux en 1983, le Front national organise amplement le débat politique français. Pas une alternance ne se fait sans que l’on change nos lois sur l’immigration ou la sécurité. Pas un débat de société n’a lieu sans que quelqu’un dise à un moment : “Vous faites le jeu du Front national.” C’est devenu le point Godwin de la politique française. Le FN pèse encore et encore, tant il parvient à synthétiser et à incarner les contradictions et crispations de notre société.

Le “recentrage” opéré par Marine Le Pen vous semble-t-il réel ou de façade ?

En politique, l’un n’interdit pas l’autre. Il est certain que Marine Le Pen ne nourrit aucune lubie sur la Seconde Guerre mondiale. Elle ne croit ni en l’inégalité des races, ni en l’existence d’un complot juif. Sa vision du monde correspond à la structure profonde du national-populisme, le courant structurant de l’extrême droite française, et qui n’est en rien redevable aux idéologies du XXe siècle. Pour ce courant, il faut privilégier le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà la trahison d’élites fatalement corrompues. Il est l’apologiste d’un nationalisme fermé recherchant une unité nationale mythique et altérophobe. Il joint des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.). Il n’y a pas de double discours de Marine Le Pen : elle représente parfaitement un segment structurel de notre vie politique.

Les éléments racistes ou antisémites (personnes, idéologie, rhétorique) qui étaient extrêmement présents au sein du FN ou dans son proche entourage ont-ils vraiment été expurgés ?

De 2005 à 2011, la direction du FN a organisé une purge qui avait un double intérêt : se débarrasser des radicaux obsédés par la Seconde Guerre mondiale, Israël, etc., et se débarrasser de ceux qui étaient hostiles à Marine Le Pen. L’avantage, c’est que ça coïncidait un certain nombre de fois ! Le FN de Marine Le Pen n’est plus un “compromis nationaliste” devant rassembler toutes les chapelles de l’extrême droite, mais un “marinisme”. Le paradoxe est que pour le construire, Marine Le Pen s’est en partie servie des éléments très radicaux de son entourage, mais ceux-ci ne sont pas dans l’organigramme, ni même membres du parti.

Dans son discours, que l’on croirait parfois emprunté au PC, le FN défend aujourd’hui les intérêts du peuple, des plus défavorisés. Ce virage est-il crédible, ou un simple positionnement électoraliste surfant sur la crise ?

En France, le libéralisme a mauvaise presse. Jacques Chirac n’a pas gagné quand il se présentait comme reaganien mais quand il parlait de la “fracture sociale”. Nicolas Sarkozy n’a cessé de citer Jean Jaurès en 2007. C’est un pays où l’on prend le pouvoir par la gauche. Le rejet du traité constitutionnel européen en 2005, la crise et l’austérité depuis 2008, on ne voit pas un seul élément qui pourrait pousser Marine Le Pen à défendre un autre segment.

Au vu de la crise et des nombreuses analyses qui en détaillent les causes (dérégulation financière, politiques d’austérité, etc.), comment le FN parvient-il à rendre encore crédible le message “chômage = immigration” ?

Parce que ce que vous évoquez, ce sont les causes du chômage, et que ce qu’aimeraient les gens, ce sont des solutions au chômage. Et ils se disent que la préférence nationale pourrait trouver sa place dans le cadre d’un néoprotectionnisme. Par ailleurs, cette question n’est plus solitaire mais s’intègre à un cadre global. L’atomisation et la précarisation du travail, la guerre de tous contre tous entretenue par le chômage de masse, la fragmentation de l’histoire nationale au bénéfice de mémoires communautarisées, etc. : notre société laisse les individus telles des particules flottant les unes à côté des autres. Une part de nos citoyens a pour représentation sociale une fiction dans laquelle les populations d’origine arabomusulmane représenteraient quant à elles un corps unifié socialement, culturellement et religieusement. Cette cristallisation entre la représentation d’un “nous” composé d’individus épars en concurrence et un “eux” imaginé comme solidaire entraîne dans l’imaginaire des populations une coagulation des insécurités (physique, économique, culturelle), déplaçant ainsi sur une critique des populations d’origine arabomusulmane le rapport entre les transformations de l’économie et des technologies et nos modes de vie.

Comment et pourquoi une partie des classes populaires et des jeunes font-ils confiance à un parti qui fonctionne sans démocratie, géré comme un bien privé qui se transmet de père en fille ?

Il ne faut pas se leurrer : le Front national, pour beaucoup, c’est la marque Le Pen, le reste n’est qu’accessoire. C’est toute la force et la faiblesse du Front national. On ne peut pas arriver aux responsabilités gouvernementales si on n’est pas doté d’une petite classe d’élus locaux, de notables, qui donnent de vous une image apaisée et crédible. Mais pour produire cette petite classe, il faut délepeniser le parti. C’est la raison pour laquelle Marine Le Pen espère faire imploser la droite. Ça la doterait d’un seul coup de notables qui lui permettraient d’accéder au pouvoir.

Comment interprétez-vous le virage laïciste pris par Marine Le Pen et son jusqu’au-boutisme sur cette question (interdiction du voile et de la kippa) ?

La laïcité sert d’abord de marqueur républicain et donc de normalisation du FN. Ensuite, en la radicalisant, en demandant que voiles et kippas soient exclus de tout espace public, elle sert de marqueur de différenciation. La normalisation ne doit pas devenir une banalisation si le FN ne veut pas perdre son électorat. Marine Le Pen place une idée qui ne peut pas être acceptée dans l’espace politique. Non intimidée par le “politiquement correct”, elle serait seule apte à prendre des mesures tranchantes. Enfin, le duo laïcité-islam sert à produire une image unifiée des problèmes de déconstruction sociale du pays. Le lien social qui se défait, la délinquance, les haines intercommunautaires, etc. : il y a une causalité maléfique unique à tout cela qui serait la communauté arabo-musulmane. Parce qu’il prône la préférence nationale, ce laïcisme radical, le FN serait seul à pouvoir restaurer une nation unitaire et solidaire.

Le Front national demeure-t-il hors du champ républicain comme le défend le journal Le Monde dans son éditorial du 22 septembre ?

Si “hors du champ républicain” signifie “relevant du fascisme”, cela relève d’une triple erreur. D’abord, le FN ne cherche pas à produire un homme nouveau dans un État totalitaire dont la guerre impérialiste serait le moteur des transformations sociétales intérieures. Ensuite, la particularité des fascistes français par rapport aux Italiens et aux Allemands, c’est qu’ils se revendiquent les héritiers de 1792… Enfin, il y a une erreur sur la place du curseur. Marine Le Pen et ses amis n’ont pas connu de guerre, ils entrent en politique quand le communisme est mort, et dans une démocratie apaisée où l’alternance est une réalité. Il y a là des individus qui ne sont pas dans le faire-semblant, mais qui relèvent d’une droite populiste et autoritaire intégrée à une hégémonie culturelle de la République.

Lorsque Louis Aliot définit le FN comme “un parti républicain au sens de l’article 4 de la constitution”, son propos est à la fois discutable et justifié. Justifié car cet article stipule que les partis doivent respecter “les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie”. Discutable, car ramener la République à son seul système institutionnel revient à la réduire à l’ordre. En la privant de ses valeurs, de sa vision du monde, de ses concepts, il est certain que le légalisme vaut brevet de républicanisme. Mais il n’y a donc ni contradiction ni double discours dans le fait qu’un parti d’extrême droite puisse se revendiquer de la République. Il revient à la responsabilité de chaque citoyen de déterminer si les valeurs de la Révolution et de la République se limitent au respect de l’ordre, et si son vote éventuel pour un parti d’extrême droite s’intègre à celles-ci.

«Face au FN, sortons de la paresse intellectuelle»

Posted on 1 décembre 2015 by nicolaslebourg in Alterophobie, Entretien(s), Extrême droite, Questions sociales, Sens commun, Sociologie et sciences politiques // 0 Comments
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Source inconnue

Première parution : propos de Jean-Yves Camus et Nicolas Lebourg recueillis par Dominique Albertini, «Face au FN, sortons de la paresse intellectuelle», Libération, 30 novembre 2015, pp. 24-25, à propos de la parution des Droites extrêmes en Europe.

L’une des conclusions de votre livre est : «L’actuelle demande autoritaire en Europe n’est pas une simple réponse à la crise financière.»

Nicolas Lebourg : La crise économique n’explique rien à elle seule. En Espagne, 53 % des jeunes sont au chômage. Lors des dernières élections européennes, les listes d’extrême droite n’y ont même pas fait 1 % des voix, tandis qu’en France le FN arrivait en tête. Au fond, c’est d’abord une crise culturelle qui explique la montée de l’extrême droite. Depuis le XIXe siècle, cette famille politique répond aux bouleversements géopolitiques en proposant de retrouver une société close et organique, c’est-à-dire qui fonctionnerait de manière harmonieuse, à la manière d’un être vivant. Ce qui suppose toujours le rejet d’un autre que soi.

Jean-Yves Camus : Parallèlement, droite et gauche sont en crise idéologique. La droite conservatrice et libérale ne propose, depuis longtemps, qu’une lecture «économiste» de la mondialisation. Son idéologie n’est pas assez solide pour répondre à la demande d’un nouvel ordre géopolitique, à la peur du déclassement, au chamboulement des repères culturels. Qui sont les intellectuels de droite aujourd’hui ? Au mieux des essayistes, au pire des histrions médiatiques. Le parti Les Républicains qui a détenu le pouvoir et le brigue à nouveau n’a même pas de revue théorique.

Contrairement à ses concurrents, l’extrême droite produirait une offre politique mieux adaptée à son époque ?

N.L. : Quitte à schématiser, disons que la gauche est d’abord une question de programme, la droite de style, et l’extrême droite de vision du monde. Cette famille peut donc faire preuve d’une grande souplesse, car, chez elle, l’économie n’est qu’un outil au service de la politique, qui est elle-même au service de sa vision du monde. C’est pour cela, par exemple, que le FN a pu adapter si largement son programme économique au fil des ans.

En plus d’être plastique, l’extrême droite offre une vision du monde homogène. Elle explique la plupart des problèmes actuels – désindustrialisation, chômage de masse, pauvreté des rapports sociaux… – par la présence de populations arabo-musulmanes non assimilées. Quoi qu’on en pense, la souplesse et la cohérence interne de cette grille de lecture la rendent particulièrement efficace. Surtout face à une droite et une gauche qui en semblent dépourvues.

J.-Y.C. : Le grand échec de l’antifascisme militant est de ne pas avoir su penser la complexité du phénomène auquel il répond. Nous sommes en 2015 et nous savons désormais que répéter «F comme fasciste, N comme nazi» pendant trente ans ne mobilise pas. Parce qu’intuitivement, les citoyens ont le sentiment que cela ne colle pas. Le propre du fascisme, c’est de préparer la transformation intégrale de l’homme, l’avènement d’un homme nouveau. Je n’ai pas l’impression que tel soit le projet du FN.

Quel est le bilan de l’extrême droite associée au pouvoir ?

N.L. : On peut le dresser sur les trente dernières années en Europe. Lorsqu’elles accèdent aux responsabilités, les extrêmes droites renoncent au volet social «subversif» de leur discours et soutiennent une politique libérale, à condition que soient menées des politiques de lutte contre l’immigration et de fierté nationale. On l’a vu avec le parti des Vrais Finlandais, avec le FPÖ autrichien, avec la Ligue du Nord en Italie, entre autres. Plutôt que des attaques contre les libertés fondamentales, on a la mise en place d’un eurolibéralisme ethnicisé. Les alliés de Marine Le Pen ont presque tous participé à des majorités et appliqué ce genre de politique.

Ce n’est pas un créneau que l’on associerait spontanément au FN…

N.L. :Effectivement. Et c’est pour cela que l’on constate, lorsqu’il est contre la gauche au second tour, que le FN enregistre de mauvais reports de voix de la part des électeurs de droite. Sarkozy tape au bon endroit lorsqu’il accuse le Front national d’avoir un programme économique d’extrême gauche : cela touche une partie de l’électorat LR. La ligne «ni droite ni gauche» de Marine Le Pen marche bien au premier tour, pas encore au second, à la grande frustration de ses militants. Si le FN veut participer au pouvoir, il devra lâcher du lest sur cette question. La question n’est donc pas de lutter contre le «fascisme», mais de savoir si l’on souhaite ou non un libéralisme ethnicisé. Dans l’affirmative, l’extrême droite doit participer au pouvoir ; sinon, il faut s’y opposer.

Face à un Front national hégémonique à l’extrême droite, que deviennent les autres familles de cette mouvance ?

J.-Y.C. : D’anciennes tendances idéologiques perdurent, comme l’intégrisme catholique. De même, il existera probablement toujours des fascistes. D’autant que, quand un grand mouvement populiste comme le FN semble se recentrer, certains militants «purs et durs» le quittent. Cela dit, ils ne représentent plus que des idéologies de témoignage, minoritaires dans leur camp. Il faut choisir : entretenir seul contre tous une mémoire politique, ou s’adapter et devenir une machine à conquérir le pouvoir, comme l’a fait Jean-Marie Le Pen avec le FN.

N.L. :Pour réussir, une offre politique doit correspondre à l’état de la société. Maurras critiquait la société industrielle au bénéfice d’un modèle agricole. Le fascisme, lui, était merveilleusement adapté à la société industrielle et au dépassement de l’Etat nation par les empires. Le FN, enfin, abhorre la postmodernité et valorise une France mythifiée des Trente Glorieuses.

J.-Y.C. : Ce qui fera la victoire du FN, c’est une société conforme aux souhaits de Jacques Attali, selon qui «nous serons tous intermittents du spectacle». C’est une phrase terrible, parce qu’il y croit et qu’il n’est pas le seul. Il y a un fossé entre ceux qui aiment être intermittents, ou qui en ont les moyens, et ceux qui subissent ce statut. L’une des seules catégories sociales où les femmes votent plus FN que les hommes, ce sont les employés de commerce. Pour une femme, c’est être vendeuse ou caissière, souvent en famille monoparentale, avec des horaires invraisemblables.

Vous écrivez qu’une «partie de la mouvance islamiste défend une vision du monde à bien des égards proche de celle de l’extrême droite». Pourquoi ?

N.L. : Faisons d’abord un sort au concept d’«islamofascisme» [utilisé par Marine Le Pen comme par Manuel Valls, ndlr]. Ce mot est un non-sens historique et intellectuel, récusé par la totalité des historiens du fascisme. Vouloir assimiler les deux phénomènes ne sert à rien et témoigne d’une incapacité à penser la violence, la radicalité et les sociétés fermées hors des totalitarismes européens du XXe siècle. Ils ne se rapprochent guère que dans leur conception de la société comme un tout organique, autoritaire et hiérarchisé.

J.-Y.C. : Ce qui me frappe chez les essayistes qui utilisent ce terme, c’est leur incapacité à penser un objet qui est le principal totalitarisme contemporain, autrement que par référence à un objet antérieur. Or il faut savoir penser le totalitarisme islamiste pour ce qu’il est et non par rapport au nazisme. Sans quoi on se condamne soit à établir une équivalence fausse, soit à minorer l’islam radical, puisqu’il n’a pas mis en œuvre de processus génocidaire de masse. Je veux souligner deux différences fondamentales entre islam radical et fascisme. D’abord les régimes islamistes s’inscrivent dans la logique du libéralisme économique. Ensuite l’Etat islamique n’a pas pour objectif de forger un «homme nouveau» mais de revenir à l’homme musulman des origines.

Comment disparaissent les extrêmes droites ?

N.L. : D’abord en participant au pouvoir. Tous les partis finissent par le payer, mais c’est encore plus violent pour l’extrême droite, même en cas de soutien sans participation au gouvernement. Certains pays ont aussi payé cher leur normalisation lorsqu’ils l’ont poussé jusqu’au bout : ce fut le cas de l’Alliance nationale en Italie [dissoute en 2009, ndlr]. Enfin, un mouvement d’extrême droite peut péricliter lorsqu’il propose une offre politique dépassée, comme dans le cas du néofascisme.

J.-Y.C. : Quitte à heurter, je ne suis pas persuadé que la mort de l’extrême droite soit un objectif à atteindre. Je laisse à cette famille le fantasme de voir disparaître ses adversaires. Je préférerais que ces derniers sachent argumenter contre elle, au lieu d’être tétanisés. On en est hélas loin aujourd’hui : les uns l’imitent, les autres reprennent la sempiternelle référence aux modèles fascistes et nazis. On l’a dit, celle-ci est inefficace et prouve surtout la paresse intellectuelle de ses utilisateurs.

N.L. : Il faut repenser le fameux «cordon sanitaire», censé isoler la droite de l’extrême droite. Car il a dégénéré : il signifie aujourd’hui que le FN ne peut pas accéder au pouvoir, mais que d’autres partis récupèrent ses idées. Cela me semble malsain, car cela crée de la frustration tout en radicalisant l’ensemble de la vie politique. Le «cordon» doit concerner les idées, pas les hommes. Que le FN ait des élus s’il les gagne à la loyale, mais que les autres mouvements n’aspirent pas son corpus

Déc 072015
 
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Les tueries du 13 novembre, à Paris, 10 mois après celles visant « Charlie Hebdo » et le supermarché kasher, viennent tragiquement s’ajouter à la longue liste des horreurs commises par le soi-disant « État Islamique » en Irak et en Syrie: exécutions en masse de prisonnier-e-s de guerre et de civil-e-s, massacres de minorités, mise en esclavage des femmes, attentats aveugles par dizaines …

La colère, le dégoût et la tristesse ne doivent cependant pas empêcher la réflexion. Les attentats à Paris vont donner lieu à des tentatives d’instrumentalisation politique et avoir des conséquences évidentes. Il nous paraît important de les identifier parce qu’elles nous paraissent dangereuses.

1° Dans les semaines qui viennent, les agressions racistes, nationalistes vont se multiplier contre des lieux de culte musulmans, des locaux d’associations immigrées, des centres d’hébergement pour demandeurs-euses d’asile, des squats, des femmes voilées. Cela s’était produit après les attentats de janvier. Cela va malheureusement se reproduire. Des militants ou sympathisants d’extrême droite, des imbéciles haineux vont tenter de jeter de l’huile sur le feu.

 

2° D’une manière plus générale nous allons assister à une vague de discours d’extrême droite pratiquant l’habituel double amalgame, « immigré-e-s = musulman-e-s = envahisseurs-euses » suivi de prés par le « musulman-e-s = terroristes ». Ces discours racistes se dissimuleront souvent derrière une prétendue défense de la laïcité, de la liberté et de la sécurité et prendront des formes diverses : petites phrases médiatiques « chocs », déclarations troubles où l’on triture le vocabulaire pour que les étranger-e-s inspirent la peur, appels délirants à la déportation de masse ou au meurtre sur les réseaux sociaux, où vont se répandre aussi fausses rumeurs et photomontages truqués qui sont une spécialité de l’extrême droite depuis des années.

La question de l’afflux et de l’accueil des réfugié-e-s qui fuient actuellement l’Irak et la Syrie va être probablement au centre de cette offensive idéologique d’extrême droite qui va tenter de faire passer les victimes pour les bourreaux… alors que les tueries de Paris devraient nous aider à mieux comprendre la réalité terrible que fuient les centaines de milliers de réfugié-e-s actuel-le-s. Là bas, c’est chaque jour qu’il y a des massacres… Ces discours sont une insulte contre l’intelligence, la dignité morale et la solidarité humaine les plus élémentaires.

 

3° Nous allons assister à des surenchères sécuritaires de la part des partis politiques. Ça va être un concours de gros muscles à l’approche des élections. Ils vont chercher à surfer sur l’émotion légitime et la peur qui peut prendre des dimensions irrationnelles…

Comme toujours, forcément pour notre bien, l’État (et soyons clair-e-s, l’État c’est pas toi, moi, nous, c’est autre chose, c’est pas neutre et, d’en haut, ça gouverne nos vies) va prétendre protéger LA liberté abstraite en réduisant nos libertés concrètes, en affirmant que la sécurité est la première des libertés, en accentuant les politiques de flicage et d’espionnage DE MASSE. Un-e terroriste, finalement, ça peut être n’importe qui, donc ça peut être toi, donc toi aussi tu dois être surveillé-e.

On parle « d’assigner à résidence » (avec éventuellement des bracelets électroniques en plus) des personnes visées par des fiches de sûreté. Cela inclut-il les antifascistes radicaux-ales qui se bagarrent parfois contre les fachos dans la rue, les syndicalistes arracheurs-euses de chemises patronales, les anars amateur-rices de barricades, les ultra-gauche lanceurs-euses de pavés, les antinucléaires déboulonneurs-euses de lignes THT, les zadistes de Notre Dame des Landes ? Tout ces gens là font aussi l’objet de fiches de sûreté…

On parle de créer une « garde nationale » dont on voit mal en quoi elle empêchera le terrorisme mais dont on voit très bien à quoi elle pourrait servir en cas de grève générale qui dégénère.

Le gouvernement déclare l’état d’urgence, parle de mettre en place une législation d’exception, mais ce serait forcément provisoire. Combien d’années peut durer le « provisoire » ? L’État ne donnera pas la réponse… Y aura pas non plus d’assurances concernant le fait que les mesures sécuritaires d’aujourd’hui, ne serviront pas, demain, à criminaliser encore plus des conflits sociaux radicalisés, des révoltes dans les banlieues, des luttes anticapitalistes, écologistes… On voit déjà comment cet état d’urgence a servi ces derniers jours à perquisitionner des « délinquant-e-s » plutôt que des « terroristes », les catégories visées par le pouvoir risquent vite de devenir troubles et changeantes en fonction de ses besoins et au nom de la sacro-sainte efficacité, l’état d’urgence et autres législations d’exception pourraient bien perdurer et régir notre quotidien

 

4° Nous allons tous et toutes être fermement incité-e-s à adhérer au vieux MYTHE de l’unité nationale. Si les massacres à Paris peuvent, évidemment, susciter une douleur commune, celle-ci ne débouche cependant sur aucune unité réelle. Il n’y a pas d’unité entre un-e raciste et un-e antiraciste, entre les prolétaires et les capitalistes, entre les exploité-e-s et les exploiteurs, entre les gouvernant-e-s et les gouverné-e-s. Celles et ceux qui déclenchent les guerres sont rarement celles et ceux qui en meurent. Celles et ceux qui déclenchent les crises financières ne sont pas celles et ceux qui les payent. Celles et ceux qui subissent la pauvreté et les inégalités ne sont pas les mêmes que celles et ceux qui s’enrichissent grâce à elles. Refuser de se mettre au garde à vous derrière un drapeau, un gouvernement, un État peut être mal vu. Nous assumons. Nous ne sommes pas dupes et nous espérons que vous ne l’êtes pas non plus et que, vous aussi, aucune « unité nationale » ne vous fera taire.

5° À gauche comme à droite, les discours tentant de faire du dictateur Bachar El Assad un « partenaire de la lutte antiterroriste » vont se multiplier. On va essayer de nous faire croire que ce boucher qui est à l’origine du conflit ferait partie de la solution, lui dont le régime est responsable de la majorité des 300 000 mort-e-s du conflit syrien et de l’exil de la majeure partie des réfugié-e-s syrien-ne-s, lui qui a libéré des milliers de djihadistes pour pourrir la rébellion et essayer ensuite de se faire passer pour un rempart contre le terrorisme. Les États occidentaux ont déjà sans surprise laissé crever la révolte populaire syrienne, alimentant ainsi le désespoir et en partie la montée du djihadisme et maintenant, en plus, il s’agirait de sauver ce régime tyrannique. Voila un beau projet… surtout pour les djihadistes qui ne manqueront pas d’exploiter l’écœurement compréhensible des populations locales s’il se concrétisait. De toute façon, les États occidentaux, iranien, russe, les monarchies pétrolières n’interviennent pas en Syrie et en Irak pour les populations mais essentiellement pour défendre leurs intérêts stratégiques et économiques impérialistes.

 

Ce panorama politique est loin d’être réjouissant, d’autant plus que les phénomènes évoqués se nourrissent les uns les autres. Le cercle est vicieux. Il se resserre et on est au milieu. Et on commence à étouffer là-dedans. Et si, dans ce cercle vicieux, il n’y avait aucun camp à choisir ? Ni celui de l’extrême droite franchouillarde, ni celui de cette autre extrême droite qu’est le djihadisme, ni celui de l’État ? Et si l’important était de briser collectivement le cercle, de s’en échapper pour tracer une autre route ?

Plus facile à dire qu’à faire, hein ? Mais le chemin se fait en marchant. Et les points de départ peuvent être nombreux. Ils sont souvent en bas de chez nous. Par exemple ?

Participer aux luttes sociales, combattre les inégalités capitalistes, les discriminations sociales, la précarité, les politiques antisociales d’austérité qui alimentent la dégradation de nos conditions de vie, la misère, le désespoir et l’absence de perspectives ET la montée de l’extrême droite ET les tendances à la radicalisation islamiste.

Soutenir les migrant-e-s et les réfugié-e-s, leur manifester concrètement notre solidarité antiraciste, antifasciste et de classe. À Caen, depuis des années, des squats sont ouverts pour les accueillir, pour pas qu’ils soient à la rue, peu importe leur nationalité, leur couleur, leur religion (s’ils ou elles en ont une). Une assemblée ouverte organise la lutte et y a toujours besoin de coups de mains. Y a des infos sur notre site.

– Manifester notre solidarité internationaliste, par-dessus les frontières, avec les résistances sociales et féministes en Syrie et en Irak. Au Kurdistan syrien, depuis 2 ans, des milliers d’hommes et de femmes combattent l’État Islamique, libèrent des populations et essaient de construire une alternative démocratique. Ils et elles n’ont pas grand-chose mais ils et elles en veulent. Ils et elles ont besoin de soutien financier pour aider les réfugié-e-s, reconstruire les villes détruites, développer les productions locales nécessaires, se procurer des armes. Eh oui, on arrête pas l’État Islamique seulement avec des idées et des alternatives sociales, faut aussi des balles. Vous trouverez des coordonnées bancaires où envoyer de l’argent sur notre site. Faites-le, l’État français le fera pas à votre place, il a pas envoyé un seul mortier là bas (ça fâcherait l’État turc avec qui y a du bizness à faire)… Collecter du fric et informer là-dessus, on l’a fait pendant des mois dans les rues de Caen. On continue mais on vous tend aussi le relais.

 

La résignation, l’individualisme, l’indifférence ne mèneront nulle part.

Les temps qui viennent vont être durs.

Ce n’est pas en courbant la tête qu’on changera les choses,

c’est en la relevant, en s’organisant et en luttant.

Tant qu’il le faudra…

 

Regroupement Révolutionnaire Caennais

http://rrcaen.neowordpress.fr/

rrcaen

Source : Regroupement révolutionnaire caennais.

Contre l’Etat et le capital… L’urgence est à la révolte !

 Posted by on 7 décembre 2015 at 16 h 04 min  Actualité nationale, Anarchisme, Contre les religions, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire  Commentaires fermés sur Contre l’Etat et le capital… L’urgence est à la révolte !
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mardi 1er décembre 2015

L’horreur a frappé le 13 novembre 2015 en plein Paris. Ce carnage a été le fruit de fanatiques religieux, décidés à se faire sauter au milieu de gens sortis pour faire la fête, que ces fous de Dieu considèrent comme « décadents ». Dans la foulée, les mesures que l’Etat a instaurées à travers l’état d’urgence lui ont permis d’élargir ses possibilités de surveiller, réprimer, juger, enfermer, museler toutes contestations de l’ordre existant. Les flics perquisitionnent désormais en pleine nuit, contrôlent à tout va dans les rues, sur les routes, aux frontières, dans les gares et centres commerciaux… Les chiens de l’Etat ne se sentent plus pisser : cet état d’urgence est une belle occasion pour eux d’exhiber leurs muscles devant les caméras de télévision et d’avoir toujours plus de moyens pour mener à bien leur sale travail, tout en se sentant porté par la ferveur patriotique dont l’Etat a su tirer profit. Tout ceci bien sûr au nom de la « lutte contre le terrorisme islamiste ».

 

En douze jours, 1.233 perquisitions, 165 interpellations, dont 142 gardes-à-vue ont été menées. 266 assignations à résidence ont été prononcées à l’encontre de personnes « dont le comportement paraît constituer une menace pour la sécurité et l’ordre public » (AFP, 24/11/2015). La sécurité dont parle le pouvoir concerne l’Etat et les innombrables rouages qui font fonctionner ce monde d’exploitation et d’oppression. Si des musées et des bibliothèques ont été fermés après les attentats, les temples de la consommation continuaient de faire le plein, avec encore plus de vigiles pour les protéger.

En vue d’empêcher une opposition trop massive et radicale au sommet de l’ONU sur le climat à Paris entre le 29 novembre et le 12 décembre 2015, l’Etat prévoit de déployer 8.000 flics pour contrôler aux frontières. 11.000 uniformes quadrilleront Paris et sa région. Sur tout le territoire, pas moins de 120.000 militaires, gendarmes et policiers sont sur le pied de guerre pour protéger les puissants de ce monde.

Sous la protection de 2.800 casques bleus, cette assemblée réunira sur le site du ’Bourget’ patrons, banquiers, industriels et chefs d’Etat du monde entier afin de discuter des désastres écologiques dont sont responsables ces mêmes crapules en costard-cravate qui décident de nos vies au quotidien.

Dans ce contexte de suspicion et de peur généralisées, il est clair que refuser la dénonciation, renoncer à montrer patte blanche à l’entrée d’un service administratif ou d’un centre commercial, dénoncer et lutter contre le déploiement militaire et policier ou blasphémer « l’union nationale » et tout ce qu’elle comporte de dégueulasse font de chacun d’entre nous de potentiels terroristes pour le pouvoir.

Les dominants nous veulent dociles et résignés…. Organisons-nous pour contrecarrer leurs plans macabres !

[Affiche trouvée sur les murs de Besançon, novembre 2015, reprise d’Indy Nantes.]

Recensement des joies de l’état d’urgence.

 Posted by on 6 décembre 2015 at 21 h 22 min  Actualité nationale, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire, Informations locales et vie des collectifs locaux.  Commentaires fermés sur Recensement des joies de l’état d’urgence.
Déc 062015
 
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L’association la Quadrature du net qui mène un combat autour des restrictions des « libertés » sur le net a entrepris un recensement des joies de l’état d’urgence. Une page wiki permet la participation active des internautes. On y trouve donc compilé articles de presse, d’auto-média, de site associatif ou de blogs qui témoignent en brut de ce qui se trame à travers le pays.

A la suite la présentation du projet et le lien vers cette page (utile en ce moment). Par ailleurs nous tenterons si possible également à la suite d’actualiser des liens vers les articles que de contributeurs ou contributrices de Sous la cendre ont choisi de diffuser.

Un de Sous la cendre.

http://wiki.laquadrature.net/index.php/%C3%89tat_urgence/Recensement#01_d.C3.A9cembre_2015

 

Recensement des joies (ou pas) de l’état d’urgence en France
Avertissement

Cette page contient des liens, des situations et des récits comportant de l’islamophobie et faisant état de violences policières.
Objectifs de cette page

  • Recenser les articles de presse qui parlent de possibles abus / dérapages liés à l’état d’urgence. Il sera utile notamment lorsqu’on aura à traiter la modification constitutionnelle annoncée par le gouvernement pour une extension / pérennisation de l’état d’urgence.
  • Les faits relatés touchant au numérique nous intéressent particulièrement.

 

Des liens vers des articles publiés sur Sous la cendre :

Textes :

La terrorisation démocratique de Claude Guillon en ligne : https://sous-la-cendre.info/4097/la-terrorisation-democratique-en-ligne-gratuitement

 

Réflexions sur la barbarie (Simone Weil, 1939) : https://sous-la-cendre.info/4063/reflexions-sur-la-barbarie

 

Contre l’Etat et le capital, l’urgence est à la révolte : https://sous-la-cendre.info/4134/contre-letat-et-le-capital-lurgence-est-a-la-revolte

 

Etat, attentats et administration de nos vies : https://sous-la-cendre.info/4054/etat-attentats-et-administration-de-nos-vies

 

Ce que l’Etat d’urgence dit de nous et de nos capacités de résistance : https://sous-la-cendre.info/4071/ce-que-letat-durgence-dit-de-nous-et-de-nos-capacites-de-resistance

 

Comme tombés du ciel : https://sous-la-cendre.info/4099/comme-tombes-du-ciel

 

Ni de leur guerre, ni de leur paix : https://sous-la-cendre.info/4040/ni-de-leur-guerre-ni-de-leur-paix

 

Lettre ouverte au site sous la cendre : https://sous-la-cendre.info/4085/4085

 

L’attentat est un spectacle qui a tous les aspects d’une bonne marchandise : https://sous-la-cendre.info/4074/4074

 

L’émission de radio post « Charlie Hebdo » le sale air de la peur : https://sous-la-cendre.info/4051/le-sale-air-de-la-peur

 

Etat d’urgence et libertés : https://sous-la-cendre.info/4038/letat-durgence-annonce-par-hollande-ca-fait-mal-aux-libertes

 

Communiqué de soutien dissociatif de Sud-Rail sur la manifestation du 29 novembre : https://sous-la-cendre.info/4128/quand-sud-rail-deraille

 

 

Témoignages :

Perquisitions et racisme antimusulmans et musulmanes : https://sous-la-cendre.info/4146/perquisitions-et-racisme-anti-musulmans-et-musulmanes

 

Interdiction des manifs et des contre-sommets pendant la COP21 : https://sous-la-cendre.info/4059/manifs-et-contre-sommet-lors-de-la-cop-21-interdits

 

Assignations à résidence et perquisitions chez les « radicaux-ales » : https://sous-la-cendre.info/4093/les-assignations-a-residence-pleuvent-plus-vite-que-les-decisions-de-la-cop21

 

Perquisitions chez les « alternatifs » et les « zadistes » (sic!) : https://sous-la-cendre.info/4068/etat-durgence-perquisitions-et-assignations-dans-les-milieux-zadistes-et-alternatifs

 

Perquisition chez des anarchistes : https://sous-la-cendre.info/4117/perigord-perquisition-pour-le-plaisir-chez-des-anarchistes

 

Récits autour de la manifestation du 29 novembre 2015 contre la COP21 et a répression qu’elle a engendrée : https://sous-la-cendre.info/4089/retour-sur-la-journee-de-lutte-du-29-novembre-contre-la-cop21

 

Attaque d’une manifestation et violences policières à Nantes : https://sous-la-cendre.info/4104/etat-durgence-la-police-attaque-une-manifestation-a-nantes

Retour sur les procès suite à la manif de Nantes : https://sous-la-cendre.info/4162/nantes-retour-sur-un-proces-a-grand-spectacle-suite-a-la-manifestation-reprimee-du-4-decembre

Bref retour sur la manif de Caen : https://sous-la-cendre.info/4168/4168

 

 

Les squats et l’état d’urgence : https://sous-la-cendre.info/4123/squat-et-etat-durgence

 

Communiqué du collectif de soutien aux inculpé-e-s du 29 novembre (Place de la république) : https://sous-la-cendre.info/4121/place-de-la-rep

 

Actes racistes dans la région : https://sous-la-cendre.info/4189/actes-racistes-dans-la-region

 

 

Technique, juridique et pratique :

Infos juridiques sur l’Etat d’urgence : https://sous-la-cendre.info/4079/4079

 

Mesures en gestation : https://sous-la-cendre.info/4101/terrorisme-detat-letat-durgence-netait-que-le-debut

 

Soutien aux luttes kurdes au Rojava par le RRC : https://sous-la-cendre.info/4106/solidarite-concrete-avec-les-resistances-sociales-et-feministes-en-irak-et-en-syrie

 

Antiterrorisme international :

Les suites des opérations anti-anarchistes en Espagne : https://sous-la-cendre.info/4119/espagne-la-procureur-requiert-44-ans-de-prison-chacun-contre-monica-et-Francisco

 

L’opération Ice : https://sous-la-cendre.info/4008/espagne-nouvelle-operation-antiterroriste-contre-des-anarchistes

 

Actions directes contre l’Etat d’urgence :

A propos d’actions directes en Belgique : https://sous-la-cendre.info/4110/on-ne-reculera-pas-en-avant-les-luttes-pour-la-liberte

 

Etat, attentats et administration de nos vies

 Posted by on 18 novembre 2015 at 17 h 05 min  Actualité nationale, Anarchisme, Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite, Contre les religions, Guerres / Conflits armés  Commentaires fermés sur Etat, attentats et administration de nos vies
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Vendredi soir à Paris, plusieurs attaques simultanées ont tué environ 130 personnes, blessé et traumatisé des centaines d’autres. L’organisation islamiste Daesh[1] a immédiatement revendiqué ses attaques, portant la guerre dans les rues parisiennes, souhaitant instiller la peur et attiser les haines. Ce qui était alors visé, ce sont des modes de vie et des formes de sociabilité élémentaires (aller à un concert, boire un coup en terrasse etc.). Daesh se considère comme le chien de garde du sacré, et entend le faire comprendre de la plus classique des manières religieuses : torturer, tuer, massacrer.

Daesh, Etat et capital

Ce qu’ont en commun Daesh, Etats et capital, c’est une même vision autoritaire, celle d’administrer nos vies comme bon leur semble. La légitimité se cherche chez dieu pour l’un, dans la croissance et la « main invisible » du libre marché pour un autre, ou autant dans des élections clairsemées que par la force pour un autre encore. Toutes ces choses qui participent à nous maintenir dans une société inégalitaire, où exploitation rime avec dépossession.

D’ailleurs, les « islamistes » ne sont pas du tout des traditionnalistes qui ont raté le train de la modernité, ils en sont une incarnation différente, mais tout à fait conforme : ils sont marqués par le capitalisme, la mondialisation, les médias et les nouvelles technologies, se satisfont très bien des flux financiers débridés, et cherchent un sujet collectif puissant auquel s’identifier. C’est à la base de la société marchande. L’individu moderne est pris dans la défense forcenée de ses intérêts privés, considérant les autres comme un instrument. Dans le même temps et en réponse, se crée le besoin de se fondre dans une communauté imaginaire qui lisse ces rapports d’instrumentalisation réciproque et donne la sensation de ne pas être complètement isolé. L’identification à un sujet collectif offre les illusions dont l’individu moderne a besoin. Que ce soit la nation, le peuple ou la communauté religieuse, les grandes fictions ont le vent en poupe. A une autre époque ce fût le communisme à la mode soviétique, ou la foi dans le progrès économique et technique, en perte de vitesse aujourd’hui. Dans tous les cas, il n’y est plus question de chercher à construire épaule contre épaule une vie collective plus libre entre égaux, mais à se laisser porter par quelque chose qui se présente comme immuable et insaisissable, avec une hiérarchie bien constituée, et des frontières bien marquées. Bref, se laisser diriger par un grand truc qui nous dépasse. Et à chaque fois, ce sont les possibilités d’émancipation qui s’échappent.

Enfin, les profils des protagonistes d’ici qui vont rejoindre les révoltes islamistes, comme en Syrie et en Irak, ressemblent fort à des laissés-pour-compte, vivant dans les marges périphériques, exclus de nos sociétés dont les rapports d’exploitation se durcissent, sans grande perspective d’avenir. Souvent sans lien familial et culturel avec l’Islam, ou alors en rupture avec leurs proches et en réaction avec l’exclusion sociale et raciste qu’ils subissent, ils et elles viennent grossir les rangs d’une révolte autoritaire. Ils et elles participent alors à détourner les luttes vers la haine d’un ennemi imaginaire et fantasmé. Les groupes identitaires et l’extrême-droite, alimentés par les discours nationalistes de droite comme de gauche, font exactement la même chose. Plutôt que des luttes sociales nous permettant ne nous émanciper des riches et des chefs, des hiérarchies et des contraintes, les exploités et les opprimés se battent entre elles et eux.

« Surveillance » est un euphémisme

La plus belle victoire des islamistes a toujours été de réduire la faible dimension émancipatrice de nos sociétés : état d’urgence (c’est-à-dire la suspension des droits et libertés dont sont si fières nos démocraties libérales)[2], militaires partout, contrôle aux frontières, énièmes lois antiterroristes, interventions armées, surveillance généralisée de nos faits et gestes etc. Cela a été le cas après les attentats de 1995 puis de janvier 2015, cela va encore être le cas. On nous préparait l’extension de la légitime défense pour les flics, qui tuent et mutilent sans arrêt, de préférence d’une balle dans le dos ou des manifestants au mieux armés de quelques cailloux. On imagine très bien jusqu’où va s’étendre cette extension après les attentats, d’autant que cette mesure trouvait sa justification dans les attaques de janvier 2015. Il n’y aura plus qu’à compter les morts assassinés par la police.

De patrouilles de militaires dans les rues aux caméras de vidéosurveillance, de la construction de nouvelles prisons à la surveillance généralisée, en passant par un durcissement juridique face à toute agitation sociale, l’administration de nos vies va encore s’étendre. Déjà, procès, perquisitions, contrôles, interdictions de manif se multiplient, sans lien avec les attaques de vendredi soir. L’Etat profite de l’état d’urgence pour faire son sale boulot. La terreur n’est pas l’apanage de Daesh, mais nous gouverne aussi dans nos démocraties libérales.

Faire la guerre en Syrie, débutée depuis un moment, s’annonce déjà comme une réponse de l’Etat français. Une énième intervention militaire, après le Mali, la Lybie, la Centrafrique, la Côte d’Ivoire, la Somalie, l’Afghanistan. Par ici, pour défendre des mines d’uranium, par là, pour des réserves de pêche et des dépotoirs à déchets chimiques et nucléaires, ou encore là-bas pour préserver sa zone d’influence économique et politique. Il fût un temps où on appelait ça l’impérialisme. Pendant que Daesh protège ses puits de pétrole et que les puissances impérialistes s’accaparent les richesses, c’est toujours les mêmes gens qui trinquent, à Homs comme à Paris. Une intervention militaire justifiée par « la sauvegarde de nos libertés », comme si nous étions libres dans nos sociétés-casernes avant ces attentats. Lorsque l’on fait la guerre partout dans le monde, il ne faut guère s’étonner qu’elle s’invite chez soi de la plus impitoyable des manières.

Tout cela nous annonce une époque formidable. Le nouvel ennemi générique des démocraties libérales, l’islamisme, va encore servir de faire-valoir pour effacer toute critique de ce monde tel qu’il tourne au désastre. Les mesures sécuritaires en cours sont appuyés par les discours de surenchères, où on demande à assigner à résidence voire à interner tous les fichés S. Une fiche S, c’est l’inscription dans un fichier des services de renseignement de toute personne considérée comme une potentielle menace à la sûreté de l’Etat : islamistes, supporters de foot, antinucléaires, opposants et opposantes à un aéroport, syndicalistes trop agités, anarchistes etc. Une notion suffisamment floue pour mettre tout et n’importe quoi.

Dans un contexte où les initiatives des groupes d’extrême-droite se multiplient et les idées racistes pullulent, l’ambiance réactionnaire et raciste se trouve renforcée. Union nationale et front républicain versus front national et groupes identitaires, voilà le choix qu’on nous propose. Pour nous, ce sera ni l’un ni l’autre. Mais davantage que l’extrême-droite, ce sont les idées réactionnaires, martiales, nationalistes, sécuritaires qui s’étalent partout. Toutes ces idées qui, comme celles portées par Daesh, répriment toute possibilité d’émergence d’une vie libre, digne et égalitaire.

Ce ne sont certainement pas les prochains défilés réactionnaires appelant à l’unité nationale dont il faudra grossir les rangs, où exploiteurs et exploités, racistes et racisés, oppresseurs et oppressés, sont appelés à faire cause commune pour un de ces sujets collectifs qui a toujours servi à canaliser les révoltes et faire marcher aux pas : la nation. Ce sont les solidarités avec les sans-papiers, les grèves dans les boîtes, les révoltes dans les quartiers, les luttes féministes et antipatriarcales qu’il va falloir renforcer et multiplier. Ici, en Europe, mais aussi soutenir celles de là-bas, dans les pays du Moyen-Orient, comme partout ailleurs. Sans oublier de résister à toutes les lois liberticides qui pleuvent déjà, et vont encore pleuvoir. Plus que jamais, en finir avec ce qui nous opprime devient urgent.

ALL DAESH ARE BASTARDS (et pas qu’eux) !

Caen. Novembre 2015.

[1] Daesh est une organisation salafiste créée en 2006 en Irak. Elle a proclamé en 2014 l’instauration d’un califat sur les territoires qu’elle contrôle, principalement en Syrie, mais aussi en Irak.

[2] L’état d’urgence a été mis en place la première fois pendant la guerre coloniale d’Algérie. Il a ensuite été utilisé en Kanaky, après la prise d’otages de 1984, puis pour la première fois en métropole, dans quelques départements, après les émeutes de novembre 2005. Il donne des pouvoirs supplémentaires aux préfets pour contrôler la circulation et les gens, permet des assignations à résidence et des perquisitions à tout va, d’interdire la presse, les manifs ou les réunions publiques, et des peines d’enfermement sont prévues pour les réfractaires.

Le sale air de la peur

 Posted by on 18 novembre 2015 at 15 h 50 min  Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite, Flicage / Répression / Carcéral / Sécuritaire, Guerres / Conflits armés  Commentaires fermés sur Le sale air de la peur
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Dans cette ambiance après les attentats de Paris, on ne peut que rappeler l’existence de l’excellente émission de radio Le sale air de la peur, en plusieurs épisodes, créée après les attentats de Charlie Hebdo.

http://lalocale.ckdevelop.org/media/media.php?id=1271

Novembre 2015, attention : l’extrême droite est de sortie !

 Posted by on 12 novembre 2015 at 0 h 02 min  A la une, Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite  Commentaires fermés sur Novembre 2015, attention : l’extrême droite est de sortie !
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Novembre 2015, attention : l’extrême droite est de sortie !

Ce mois de novembre, beaucoup d’événements d’extrême droite vont avoir lieu sur tout le territoire, avec pour leitmotiv le rejet des migrants. Nous en dressons la liste, qui est appelée à être complétée si nécessaire, ainsi que des initiatives antifascistes qui sont prévues pour les contrer. Nous reviendrons sur les plus importants de ces événements au fil du mois. (Cliquer sur les images pour les agrandir)

dissidence_polémia Après la manifestation de samedi dernier organisée par des partisans de Poutine d’une part, le rassemblement anti-BHL du Renouveau français devant le Café de Flore le même jour d’autre part1, les actions de Génération identitaire contre un futur village d’insertion pour des Rroms (Lyon, 24 octobre) ou un futur centre d’accueil pour migrants (Arry, Moselle, 27 octobre) ou encore l’attaque d’un meeting du NPA à Angers mercredi dernier, il semble que l’extrême droite tente une nouvelle fois d’occuper le terrain. De nombreux événements liés à ses mouvances les plus dures vont avoir lieu ce mois-ci à Paris, mais aussi en province, en dehors même de l’agitation créée par le FN dans le cadre de sa campagne électorale. Il suffit de se rendre sur le site de Synthèse nationale pour s’en rendre compte.

Week-end des 7 et 8 novembre et jours suivants

Commençons par le week-end à venir, tout d’abord : demain à Paris aura lieu un rassemblement en soutien au gouvernement hongrois de Viktor Orbán, organisé par le Siel. Le même jour, un rassemblement anti-migrants se tiendra à Pouilly-en-Auxois (Côte-d’Or), une ville qui accueille des réfugiés, par le Parti de la France, ainsi qu’à Calais le lendemain à l’initiative du collectif « Sauvons Calais ». Le 11 au soir, c’est l’Action française qui organisera un rassemblement en hommage aux « premiers résistants » en haut des Champs-Élysées, à l’occasion de la journée commémorative de la fin de la Première guerre mondiale.

Samedi 14 novembre

Le samedi 14 novembre sera particulièrement chargé en manifestations et rassemblements de toutes sortes, le plus important de tous étant sans doute le 2e Congrès européen du Gud qui se tiendra à Paris, et qui semble être maintenu en dépit des démélés judiciaires récents du principal leader de cette formation.congrès_européen_gud Comme l’année dernière, y sont attendus des groupes néo-fascistes venus de l’Europe entière et même d’Afrique du Sud. Le même jour, l’impayable Sylvain Baron et sa bande prévoient de manifester devant plusieurs médias dans le cadre d’un « Jubilé des Peuples ». Toujours ce samedi-là, la petite ville de Berzy-le-Sec (Aisne) accueillera un concert de boneheads2 tandis que Pontivy (Morbihan) sera le théâtre d’une manifestation des nationalistes bretons d’Adsav ayant pour mot d’ordre « Immigration : fermons nos frontières ! »

Semaine du 16 au 20 novembre

Le lundi 16, c’est Lyon qui verra débarquer l’archevêque grec-melkite de Homs (Syrie) Jean-Abdo Arbach pour une conférence de SOS chrétiens d’Orient. Le même, qui est sans surprise un partisan de Bachar Al-Assad, sera le lendemain à Versailles. Le 20 ce sera au tour de Toulouse de recevoir un meeting de la Manif pour Tous dans le cadre de sa campagne électorale.

Du 21 novembre à la fin du mois

terreetpeupleUn « forum de la dissidence » est prévu le 21 à Paris, à l’initiative de la Fondation Polémia d’Yves Le Gallou, ainsi qu’un colloque « Immigration : stop ou encore » organisé par l’Action française avec le soutien de la Coordination du Pays réel (suivi sans doute d’un autre rendez-vous le lendemain). Le 22, une rencontre avec Carl Lang du Parti de la France aura lieu à Limoges tandis que le 27, Bordeaux verra débarquer le Siel, Riposte laïque, Résistance républicaine et Vigilance halal pour un rassemblement anti-migrants. Le 29, Ce sera au tour de Terre et Peuple d’organiser sa 20e table ronde autour du thème du « Grand Remplacement », de nouveau à Paris.2015-11-04_legallou_dissident

Riposte antifasciste

Parallèlement, la riposte antifasciste s’organise. Si le bal a été ouvert à Paris ou à Auch, le mois de novembre devrait être marqué par plusieurs initiatives, que ce soit demain à Paris contre le Siel ou à Pouilly-en-Auxois en soutien aux migrants, ou encore le 14 à Verdun contre la Taverne de Thor et le même jour à Nantes en soutien aux migrants, mais aussi le 20 à Toulouse contre la Manif pour Tous et le FN.

O. G.


A (re)lire sur Confusionnisme.info, des précisions sur certains de ces rassemblements :

Hier, une manifestation anti-migrants a réuni 70 personnes à Calais
A l’appel du Siel, l’extrême droite s’est réunie hier à Paris pour soutenir Viktor Orbán


  1. synthesenationale.hautetfort.com/archive/2015/11/02/le-renouveau-francais-demande-l-expulsion-vers-israel-de-bhl-5709941.html
  2. synthesenationale.hautetfort.com/archive/2015/11/04/lemovice-en-concert-dans-l-aisne-5710862.html

 

Source: http://confusionnisme.info/2015/11/06/novembre-2015-lextreme-droite-est-de-sortie/

Nantes, Triel sur Seine : Attaques racistes contre des migrant-e-s.

 Posted by on 9 novembre 2015 at 12 h 35 min  Actualité nationale, Anti-fascisme / anti-racisme / Extrême-droite, Sans-papiers, Immigrations  Commentaires fermés sur Nantes, Triel sur Seine : Attaques racistes contre des migrant-e-s.
Nov 092015
 
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Nantes: coktails molotov contre les migrants.

Dans la nuit de samedi à dimanche 9 novembre 2015 les occupants d’un squat nantais ont été l’objet d’une agression criminelle : un coktail molotov a été lancé à l’intérieur du bâtiment dans lequel les habitants étaient endormis. Le projectile a immédiatement été éteint par les occupants. Grâce à leur réaction rapide aucun blessé n’est à déplorer.

Le Collectif de soutien aux expulsé-es de la rue des stocks dénonce cette agression xénophobe, qui s’inscrit dans une suite d’actes de plus en plus violents à l’encontre des migrants : inscriptions racistes, poses de cadenas sur les portes d’un squat et dégradations diverses à l’encontre des associations qui soutiennent les migrants.

Cette situation est le résultat de la politique laxiste du gouvernement et des autorités locales qui laissent toute liberté d’agir lâchement à des groupes xénophobes et racistes.

Les pouvoirs publics doivent agir sans tarder en stoppant définitivement les coupables de ces agissements criminels et en apportant des réponses concrètes et adaptées aux personnes qui sont sans abris, sans papiers, sans possibilité de travail etc. Des centres d’accueil inconditionnel et de qualité doivent ouvrir rapidement : c’est une des propositions avancées depuis des semaines, sans succès, par de nombreux collectifs en France.

Collectif de soutien aux expulsé-es de la rue des stocks.

Link_go http://case44000.blogspot.fr/

Source : Indymédia Nantes.

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Trois cocktails Molotov jetés

Plus de précisions via un article de france 3 :

Deux bouteilles enflammées ont été lancées dans la nuit de samedi à dimanche à travers la fenêtre d’un squat occupé depuis un an par une quarantaines de migrants, à Nantes. Une troisième a atterri dans la cour de la maison.

Ils sont une quarantaine de migrants africains -avec ou sans papiers- à squatter depuis près d’un an dans cette grande maison vide de la bâtiment de la rue fontaine des Baronies, dans le quartier du Bas-Chantenay, à Nantes (Loire-Atlantique). Et ils viennent peut-être d’éviter le pire.

En toute fin de soirée, alors qu’il est quasiment minuit, deux bouteilles enflammées, des « cocktails Molotov », sont lancées depuis la rue à travers une fenêtre de l’habitation. La première bouteille atterrit dans la partie cuisine, la seconde atteint la partie salon de la pièce où généralement dorment plusieurs personnes qui heureusement étaient absentes hier soir. C’est ce qu’explique Jamal qui, en compagnie de quelques compagnons de squat, a tout de suite utilisé des couvertures pour éteindre le feu. « La personne qui a fait ça a voulu nous tuer, c’est sûr », s’inquiète-t-il.
Un troisième cocktail Molotov tombe dans la cour de la maison, racontent les témoins qui disent avoir vu une personne le bas du visage caché, d’environ 28-30 ans, roder et lancer un cocktail Molotov.

L’émotion est encore vive aujourd’hui, parmi les occupants venus à Nantes pour fuir la Guinée, le Soudan, la Somalie ou encore l’Érythrée. Dimanche matin, les migrants n’avaient toujours pas appelé la police « parce qu’ils craignent d’être à nouveau expulsés », selon une militante présente sur les lieux pour les soutenir.

De son côté, la maire (PS) de Nantes, Johanna Rolland, a dénoncé sur Twitter une « agression inqualifiable contre les migrants cette nuit à Chantenay. Les auteurs doivent être retrouvés et condamnés. »

Dans un communiqué, la Préfecture de Région à Nantes « condamne fermement cet acte criminel. Elle assure que l’Etat mettra tous les moyens en place pour retrouver les auteurs. C’est un acte intolérable et insupportable ».

Les associations, de leur côté n’hésitent pas à évoquer « un attentat » rapporte TéléNantes

Nous avons recueilli le témoignage de Jean-Luc Landas de la Ligue des Droits de l’homme, membre du collectif de soutien aux expulsés de la rue des Stocks. Ému aux larmes, M. Landras dénonce « un acte odieux, inqualifiable… criminel ».

Vendredi dernier, la France a accueilli à Vertou, près de Nantes, son premier contingent de candidats à l’asile dans le cadre du plan européen de répartition des réfugiés. Il s’agit de 18 hommes et une femme, tous demandeurs d’asiles, tous originaires du même pays l’Erythrée, et tous ayant transité par les centres d’accueil en Italie.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/diaporama-deux-cocktails-molotov-jetes-vers-un-squat-de-migrants-nantes-847557.html

Source Commentaire Indymédia Nantes.

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Triel-sur-Seine : les identitaires s’en prennent aux migrants.

Samedi 7 octobre au matin, une vingtaine de membres du Bloc identitaire de Paris ont investi l’ancienne maison de retraite de Triel-sur-Seine (78) où sont installés depuis le 23 octobre 80 migrants soudanais.

Lycée Jean-QuarréLa COP21 et la coupe d’Europe approchant, notre cher gouvernement socialiste a jugé bon de « nettoyer » un peu la capitale pour la rendre un peu plus présentable. C’est donc le 23 octobre que la police a évacué des centaines de réfugiés du lycée Jean-Quarré dans le XIXe arrondissement pour les reloger dans divers centres d’hébergement situés en Ile-de-France et en province, comme la maison de retraite de Triel-sur-Seine qui avait fermé ses portes en juin dernier après une décision de l’agence régionale de santé et une très faible mobilisation des pouvoirs publics. La petite commune de Triel-sur-Seine a donc vu arriver 80 réfugiés, exclusivement masculins, pour la majorité Soudanais. Quand certains attendent des permissions, d’autres touchent déjà des aides. De nombreux habitants sont venus spontanément offrir une dizaine de sacs de vêtements le lendemain, et rencontrer le responsable de la Croix rouge qui prend en charge le bien-être des migrants, nos frères humains.

Mais cet accueil chaleureux a été gâché par le débarquement samedi matin d’une vingtaine de fachos du Bloc identitaire, qui ont réussi à monter sur le toit de l’ancien hospice, sur lequel ils ont déployé deux banderoles en signe de protestation. Relayant leur incroyable bêtise sur Twitter, les Identitaires espèrent ainsi que le mensonge leur permettra d’ameuter d’autres décérébrés pour grossir leurs rang. Ainsi se vantent-ils d’occuper une « ancienne maison de retraite transformée en centre d’hébergement pour migrants », ce qui est totalement faux puisque les locaux en attente de rachat sont vides depuis juin.

La maison de retraite à été entourée par la police arrivée sur les lieux après avoir été appelée par la Croix rouge. Au bout de 4 heures, et après intervention du procureur, du sous-préfet, du préfet, plainte a été déposée par le propriétaire du bâtiment et après en avoir référé au ministère de l’intérieur (ouf !), la police a finalement délogé les militants d’extrême droite quelques heures plus tard, pour les placer en garde à vue au commissariat de Conflans.

Si aucune violence physique n’a été constaté, les réfugiés ont eu une peur bleue, et la veille de l’occupation, un migrant s’est fait agressé par cinq personnes non identifiées alors qu’il traversait la ville de nuit, depuis la gare.

La Horde
(grâce à celles et ceux qui nous ont fait parvenir leurs témoignages).

Source : La horde.

 

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