Août 212015
 

Retours dans le bure!!!

je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu…

Après une bonne indigestion , je me sens afin d’attaque pour faire un retours sur cette expérience que fut le camp anti-nucléaire à bure qui se déroulait du 1 aout au 9 aout 2015.
à l’annonce du projet je m ‘étais dit que j’irai là-bas toute la semaine et puis…, et puis les choses se sont faites autrement et je n’y suis resté que quelques jours qui furent, faut bien le dire plutôt pénibles. En effet toutes les bonnes intentions qui étaient annoncées comme des positionnements politiques ne furent qu’illusions. Ainsi en arrivant on nous montrent le plan avec les espaces qui ont été répartis et on nous met en garde de bien faire attention aux espaces de campement sleeping car tout le monde a le droit à un sommeil réparateur afin biensur d’être bien frais pour entamer les journées de discussion qui débutaient dès 10h le matin. Il y a même un campement non-mixte meuf-gouine-trans, car oui cette année l’accent est mis sur le féminisme et les questions de genre, en bref la lutte contre les discriminations (ça a été dit lors des info-tours et réaffirmé dans un texte de conclusion par l’équipe d’orga ). Et là le commun est loin d’être exclus du camp, lui, puisque en fait le campement non-mixte est juste à côté de l’espace fête alors que les autres campements sont effectivement de l’autre côté, bien au calme. Bien évidemment on sait tous que les intellos c’est pas les meuf-gouine-trans , qui sont en fait des troubles sommeils à faire la teuf toute la nuit et qui refusent obstinément de se joindre aux discussions intéressantes qui concernent nos luttes quotidiennes. D’ailleurs ne seraient-illes pas venu-e-s en vacances ?!
Ensuite on apprend totalement par hasard qu’il y a un espace (une tente qui ne fut pas annoncée dans le programme ni sur les plans du camp) qui est en non-mixité LGBTQI ( qu’on nommera aussi TPGQI pour trans-pédé-gouine-queer-intersexe, histoire de clarifier qu’on est pas les bobos du centre LGBTQI du coin mais bel et bien des personnes politisées qui se définissent comme anar, autonome, communiste libertaire et autres non-affiliées). D’ailleurs on découvre qu’en fait pour cette tente il a fallu batailler pour qu’elle existe alors que des personnes ont participé aux réu de prépa et que c’était aquis qu’elle serait à dispo. On a même voulu nous foutre au coin écoute qui se trouve être en mixité au moins à bien des moments. C’est cool l’écoute personnalisé avec un groupe qui n’a pas choisi de faire ça et qui plus est, va faire la fête toute la nuit voir même la journée puisqu’ on le rappelle, les discussions ne nous intéressent pas. En bref une bataille continuelle pour avoir le minimum que tous les autres ont de fait tout à fait droit. Faut pas être minorisé-e-s non plus, on pouvait faire d’autre choix dans notre vie !
Après toutes ces assignations à la normalité, on a qu’en même participé à quelques discussions tout aussi gravos pour certaines… on apprend que sur la zad nddl faut pas être de la rue parce que autrement t’es pas politisé et que tu gâche le décor, que les gens sont pas du tout en contact avec les gens du coin et que du coup ils et elles sont mal vu-e-s, en somme que l’échec de l’expulsion de 2012 fut un vrai miracle…
Puis que à sivens c’est de la faute des squatters si ils et elles n’ont pas pu faire du lien avec les fachos de la FNSEA, qui les ont harcelé-e-s et agressé-e-s pendant de long mois… après pas mal de flagélations publiques dont on se serait bien passé-e-s, y’a quelques trucs chouettes qui sont enfin sortis sur les liens avec des locaux et le soutien, ouf ! J’ai pas vomi mon midi…
Puis à suivi la discussion sur la gentrification, principalement à paris et son agglomération car biensurs les pauvres c’est plus en périphérie. Qu’est-ce-qu’on peut retenir de ces discussions sur les luttes de réappropriation de territoire ?! Et bien que si tes pauvres voir extrêmement pauvres et bien t’es dans la merde car d’une part t’as l’état qui t’en veux à mort et t’as les bobos militants qui te méprisent et te volent ta parole, tes espaces et que toi tu vas en taule parce que tu le mérites bien contrairement à ces militants trop sympas et héroïques qui subissent trop d’injustices (évidemment t’es pas militant). Il me semblait qu’on était là pour faire la révolution sociale, écologique, anti-autoritaire et non celle de la petite bourgeoisie qui veut devenir grande. En fait ça a tapé encore sur les mêmes qui sont déjà en dangers par l’état. Faut pas s’étonner que des soraliens soient venus sur le camp, assez alaises pour ne pas s’infiltrer mais carrément distribuant des tracts sur le « mouvement » du 14 juillet avec ces ambiances plus que douteuses. Pour résumé je suis arrivé le lundi soir et suis reparti le mercredi dans la nuit afin de pas perdre mon temps et ma bonne humeur et motivation. J’ai failli oublier le concert ‘trop cool’ qui laisse s’exprimer des conspis qui reprennent des chansons de noir désir avec leur tonnes de thunes autoritaires et leur chanteur tueur de meuf. Bah quoi le féminisme c’était entre 14h et 16h deux jours plus tard, faut pas déconner ! chaque chose en son temps ! Et puis quoi ! faut bien des thunes pour vivre ! Et des cocos autoritaires, autrement tout par en stick, c’est bien connu ! Ils et elles ont été presque drôles en se justifiant à une AG extraordinaire, d’avoir fait tous les lieux militants, toutes les zad et toutes les luttes… Alors là vraiment trop fort comme argument. J’ai dormi comme une souche (pas de f…) heureuse de cet aveux, bercé par le vacarme de 3h du mat’…
Ceci n’est pas une lettre d’insulte aux organisateur-euses, du moins pas tous-tes, qui pour certain-e-s ont fait ce qu’illes avaient annoncé. Mais donc bien aux autres et à leurs acolytes oppresseurs qui feraient bien de changer de luttes et enfin assumer leur point de vu politique nauséabond en allant à jours de colère…au pire ça leur fera un électrochoc de remise en question plus qu’utile… à bon entendeur, salut !

ps: je laisse le soin à d’autre de compléter ce liquoreux tableau sur les autres questions abordées comme les luttes anti-raciste et pour les sans-pap’, les luttes antifascisme, et antinuc’

Source : Indymédia Nantes.

*******************************************

Coucou !

Quelques « pistes » de réponses aux ressentis de certains-es.
Nous sommes quelques personnes ayant participé à l’orga de ce camp (juste pour clarifier d’où on parle..) le « nous » plus large serait le groupe d’orga.

Les luttes féministes sont importantes pour nous, parce que pour certains-es nous portons ces luttes au quotidien. On a pas voulu mettre un accent particulier dessus, mais juste que ces luttes prennent au moins autant de place que les autres. Comme le dit dans sa réponse « DIY », on était pas tous-tes sur les mêmes « avancements/cheminements » de réflexion sur ces luttes et c’est bien dommage qu’on ne soit pas plus nombreux-ses dessus, et c’est une triste réalité. Que la lutte continue !

Sur le camping en non mixité Meuf Gouine Trans, c’était un espace prévu de longue date. Le problème qui s’est posé à la dernière minute était d’avoir un espace teuf avec des personnes qui souhaitaient faire un bar. Et que vu la gueule du terrain (tout en long), on a fait ce qu’on a pu… On a pas assuré sur ce point là, et d’ailleurs y’avait aussi l’espace médic et l’espace enfants qui ont eux/elles aussi bien galéré avec ça. On avait conscience des problèmes que ça pouvait (et que ça a) engendré, on en a discuté longtemps et on s’est bien pris la tête..

Sur l’espace TPGQI, c’est un manque de communication et c’est bien dommage, car on était tous et toutes contentes de pouvoir accueillir cet espace quand on nous a fait la proposition. Le problème de la « dîte » structure c’est réglé en 20min, et c’était loin d’être le seul « couac » de la commission structure.

Pour le concert, à la base nous ne voulions pas de concert amplifié, on l’a subit aussi, (et certains-es de l’équipe du bar aussi..) (d’un point de vue personnel on s’en serait bien passé). Mais ça a eu lieu, et il y a au du conflit, des débats de la discut, des interv chouettes et d’autres pourries..

On comprend ta déception, c’était compliqué pour plein de gens y compris pour nous (entre le projet et sa réalisation), on trouve juste hyper dure la critique presque conspi et anti-féministe.

Encore une fois on était 800 (au plus nombreux) et c’était assez « hétérogène » (au sein même d’une pseudo sphère « militante »), il y a eu des trucs super trashs, des trucs qui ont marché, d’autres pas du tout, des pleurs et des rires, des idées de merdes et des belles idées et on a bien la ferme et facheuse attention d’apprendre de nos foutues erreurs et de réessayer sous de nouvelles formes encore, encore, encore…

Ps : cette réponse est incomplète, et subjective encore, encore, encore… On a mis un peu de temps à l’écrire et on a pas réussi à la posté hier et y’ a eu des nouveaux commentaires avec lesquels on est pas forcément d’accord, le trashage gratuit de certains-es on s’en passerait bien aussi..
On ne sait pas qui tu es, mais si jamais nos routes se croisent c’est avec plaisir qu’on pourrait s’en reparler à tête reposer.

Des burineuses !

Source : Commentaire Indymédia Nantes.

********************************************

 

Stop au Bure de silence et d’indifférences !

Je suis restée une semaine à Bure, c’était important d’y aller, de voir la politique d’aménagement dans ce territoire sinistré, les mensonges et manipulations à l’échelle locale et nationale sur le site d’enfouissement des déchets nucléaires, d’échanger avec les gentEs sur les différentes luttes locales, mieux comprendre les formes d’actions d’hier et d’aujourd’hui, les pratiques d’autonomie et de sabotage, être dans la rencontre et le collectif avec des gentEs de partout et toutes générations et participer à un projet d’autogestion.

Pourtant, je suis repartie en colère et pleine de rage. J’aurais aimé passer plus de temps à échanger sur les enjeux de la lutte contre le nucléaire et les grands projets inutiles comme un point de résistance au capitalisme mais au final devant la violence, mon énergie s’est concentrée à la lutte contre le sexisme et l’hétéropatriarcat. Mais comment parler de lutte contre un système dominant quand les femmes, les lesbiennes, les gays, les bis, les trans, les queers, les intersexes, les personnes racisées, les personnes dites non valides, les enfants et autres personnes opprimées ne sont pas écoutées, sont niées, invisibilisées, violentées dans un silence et une complicité des priviligiés. Il faudrait toujours subir les agressions, se taire, laisser la place à d’autres discussions puisque cette lutte paraît secondaire, moins importante, puis il faudrait à nouveau faire des efforts pour se faire un peu de place dans les espaces, les AG, les discussions, l’organisation, les responsabilités, les tâches plus techniques…et enfin pour revendiquer des droits, il ne faudrait pas choquer, prendre sur soi, s’exprimer de manière douce et apaisée (ce que j’ai entendu trop de fois sur le camp !) Mais comment ne pas s’exprimer avec colère et avec rage quand nous subissons dans chaque espace de nos vies et de surcroit dans ce milieu dit militant une accumulation de violences dans un tel déni !Oui, Indymedia restera un lieu d’expression des ressentis tant que concrètement en dehors des grands discours, il n’y aura pas une réelle prise de conscience de nos comportements de dominants (hétéropatriarcat, racisme, classisme, validisme, agisme, etc.) tant dans l’espace public comme dans l’espace privé. C’est une question inérante au milieu militant et ne pas vouloir en parler, ni se remettre en question, c’est se conforter dans ce système !

Pour en revenir au camp, il y a une AG en milieu de semaine où dès le début un groupe de personnes est venu lire un texte sur les violences subies dans le camp (insultes, violences sexistes, homophobes, transphobes, classistes, discriminations, etc.) et les réactions violentes suite au concert de la veille et de la reprise d’une chanson de Bertrant Cantat. Je remercie ces personnes d’avoir lu ce texte. Je précise qu’il y a eu des soutiens, mec cis compris, mais beaucoup de personnes ont eu des réactions violentes et moralistes.

Dans un premier temps, la réaction de la chanteuse, un grand moment! Elle a sorti son CV et s’est vantée d’avoir chanter dans toutes les ZAD de France, pour préciser ensuite que depuis 10 ans, elle n’avait jamais eu de problème avec cette chanson ! So what ? Je ne sais pas si elle est au courant, mais si ce n’est pas le cas, je vais lui faire une révélation : nous sommes dans une société PATRIARCALE ce qui signifie aussi que toutes personnes qui va dénoncer des violences sexistes, homophobes, transphobes, lesbophobes, etc. et de surcroit dans le dit milieu va subir la répression, l’isolement, la discrimination, la culpabilisation. Alors, oui, et comme souvent (car ça fait un petit moment que je traine dans le dit milieu), les personnes opprimées (qui n’ont parfois pas d’autres choix que de rester dans ces lieux mixtes) choississent de se taire ou ne réussissent pas à parler mais les violences sont pourtant là et réactivées à chaque fois (et donc surement à chacun des concerts de ce groupe). Puis on a touché le fond quand la chanteuse a précisé qu’elle n’était pas raciste puisqu’il y avait deux algériens dans le groupe, je me suis alors demandée si je ne m’étais pas trompée avec un congret du FN! Enfin, elle a manifesté son mécontentement face aux réactions « autoritaires » pendant la chanson de Bertrant Cantat (qui a tué Marie Trintignant à coups de poings). Autoritaire ? Y-a-t-il eu la place à la discussion ? Y-a-t-il eu la possibilité d’expliquer pourquoi cette chanson est violente dans le contexte dans lequel on vit ? Non, les réactions ont été vives et violentes. Pour l’organisation du camp, il avait été proposé qu’il n’y ait ni de concert ni de vente d’alcool après 22h et pas de concert amplifié. Certainement pour éviter ce genre d’agressions, de propos décomplexés, pour ne pas isoler les personnes violentées, pour respecter celles et ceux qui se lèvent tôt pour organiser le camp, pour laisser la place à l’action directe! N’est-ce pas autoritaire de venir imposé un concert jusqu’à 2h du mat ! Mais pour finir, la chanteuse a précisé qu’on devrait remercier son groupe venu gratuitement !…mais ceux qui ont ramassé sa merde sont venus comment ? Eh bien gratuitement aussi ! Ceux qui ont fait des cantines super trop bonnes et magnifiques et supers organisées, ils sont venus comment ? Eh bien gratuitement aussi ! Pourquoi ce statut d’artiste est au dessus de tout ? se croit avoir le droit de tout, violences comprises ! Mais tous le monde aimerait bien crier sa rage avec une guitare! Seulement, y en a qui doivent faire autrement pour survivre à l’année !

Puis pendant l’AG, il y a eu différentes réactions violentes et décomplexés (on a pu par exemple entendre féminazie), certaines prises de paroles de mecs cis étaient bien longues et pour parler de leur nombril et proposer des ateliers en non mixité mecs ! Il n’y a eu donc aucune écoute du texte qui venait d’être lu, des personnes qui viennent parler des violences de l’hétéropatriarcat, système d’oppression systémique et structurée fondé sur la domination des femmes et LGBTQI, maintenu entre autre par des violences quotidiennes, ordinaires, surnoises et notamment sur ce camp ! La non-mixité peut-être un outil efficace dans la recherche d’autonomie, pour mettre des mots, ne plus se sentir isoléEs entre oppriméEs, pour s’organiser dans la lutte mais quid des ateliers en non mixité homme cis (même si c’est pour parler de la pillule masculine comme il a été proposé lors de l’AG non !) dans un contexte d’hétéropatriarcat, de domination et de manipulation du corps des femmes, des LGBTQI, etc. Il y a des mecs cis alliés, mais comme nombres d’expériences l’ont prouvé, se retrouver entre priviligiés ne fait que renforcer son sentiment de dominants, se déculpabiliser de ses conduites et reproduire l’oppression, etc. Pour ma part, en tant que femme blanche cis hétéro, je ne veux plus que les mecs cis m’expliquent comment je dois mener ma lutte, reprennent mes propos pour les reformuler, me disent quelles brochures je dois lire ou ne pas lire, me demandent d’argumenter quand je me sens oppréssée, me demandent des détails des agressions subis pour valider ou non la violence, viennent sans cesse remettre en question mes idées, je ne veux plus que les mecs cis prennent tous les espaces, les moments, sans qu’à aucun moment penser que se taire, écouter et se mettre en retrait serait la possibilité d’avancer ensemble.

Des choses se mettent en place mais ce n’est pas simple face à la violence présente dans le camp, face au peu de solidarité, face à la division mis en place par l’héréropatriarcat. Durant le camp, il y avait un espace camping meufs & LGBTQI (même si des mecs sont venus pisser à côté, des gens crachaient sur les espaces non mixtes), une tente non mixte LGBTQI avec un infokiosque, des temps de rencontres, un espace écoute avec des permanences non mixte (meufs et LGBTQI) mais tout cela a été pensé en dernier après tout le reste, parce que certainement moins important que d’avoir un bel espace média ! Après cette AG, un atelier « féminisme et lutte contre le sexisme » a également été organisé. Cet atelier a été proposé en plusieurs temps : un temps d’introduction pour réexpliquer ce qu’est l’oppression patriarcarle et l’oppression hétéronormée, un temps de témoignages, un temps pour lister des privilèges de dominants, puis des discussions en petits groupes mixtes ou non-mixtes selon les affinités et enfin un temps d’échange en non mixité d’opprimés pour créer des solidarités et des outils d’autodéfense et de lutte. A également été mis en place un mur du sexisme sur un des chapiteaux pour écrire et visibiliser un certain nombre de violences présentes sur le camp. On parle d’autogestion, alors je crois qu’il ait encore possible de construire des lieux où les agressions sont condamnées collectivement, où les violences sont visibilisées, où la peur et la culpabilité changent de camp, où les personnes opprimés se sentent un peu plus en sécurité et aient leur place ! Pour cela, stop au silence et à l’indifférence. Parler, dénoncer dès maintenant, ressentis compris, rage et colère comprises. Favoriser et permettre l’auto-gestion des personnes opprimées, en particulier lorsqu’elles font face à la répression, pour qu’elles puissent se réapproprier les espaces et les luttes dont elles sont trop souvent privées.

Sororité

Une participante du camp de Bure et des prochains camps.

Source : Indymédia Nantes.

[suffusion-the-author display='author'] a publié [suffusion-the-author display='posts'] articles

[suffusion-the-author display='description']