Jan 102016
 
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non-fides:

Les événements survenus en Corse illustrent une tendance locale particulièrement forte à la xénophobie et au racisme (très porté sur les “arabes”, mais pas moins virulent pour d’autres populations). On espère qu’ils pousseront les anti-autoritaires intelligents à des réflexions poussées autour des questions identitaires, mais également en ce qui concerne la situation qui prévaut en Corse, au-delà des banalités gauchistes de base, comme celles que contient le communiqué du groupe Juifs et juives révolutionnaires (qu’on peut lire ici), qui reste très en dessous de son sujet.

Rappelons que la Corse a récemment obtenu un nouveau statut, et qu’y a eu lieu une poussée nationaliste importante, avec des discours et une mise en scène très particuliers (voir ici). Au grand dam des nouveaux défenseurs des cultures, nous avons le regret d’affirmer que ce qui est habituellement identifié comme des “traditions” issues d’une prétendue “culture” corse est de l’ordre de la réaction pure et dure. Il est évident que le développement des antagonismes contre les diverses formes d’autorité en Corse devra passer par la critique (théorique et pratique) de la logique clanique et chauvine extrêmement présente dans l’île, qui va de pair avec son utilisation par les mafias politico-criminelles, bien moins opposées qu’elles ne l’affirment parfois (quand cela sert leurs intérêts) à l’État français. On peut s’en convaincre si l’on se penche sur les liens qu’entretiennent de nombreux politiciens rompus à l’exercice du pouvoir avec les clans corses, ou du rôle contre-révolutionnaire du “milieu” à différentes périodes de l’histoire récente (durant l’occupation et la collaboration avec les nazis, contre les syndicalistes marseillais dans les années 50, ou autour du SAC de Pasqua).

Pour qui connait un minimum la Corse, les événements d’Ajaccio ont tout de la normalité. Les violences contre les “arabes” y sont habituelles depuis des décennies, comme le discours qui exige des immigrés qu’en Corse, ils marchent tête baissée.
Si la misère économique (qui pousse les Corses à l’exil sur le “continent”) permet aux discours xénophobes de prospérer, c’est aussi la tolérance pour les logiques mafieuses et les petits arrangements (qui font de la Corse la région la plus meurtrière d’Europe) qui empêche la véritable solidarité de classe, en dehors des pseudo-appartenances : rappelons que les événements d’Ajaccio ont vu une partie de la population se solidariser des flics et des pompiers contre les méchants arabes des cités.

On ne saurait oublier que les oppositions, même en Corse, ont parfois été plus claires : notamment en septembre 2005 avec un important mouvement contre les privatisations, en lien avec ce qui se passait “sur le continent”, avec de nombreux actes typiques des mouvements à caractère semi-insurrectionnel (barricades, incendies, blocages des ports, camions coulés, grèves solidaires, détournement d’un ferry, occupation de la mairie de Bastia), et une identification claire des ennemis à combattre (dont les nationalistes corses).

[Notes rédigées par Pi et SF, reprises des nouvelles d’opposition de décembre 2015.]

 

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