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CONTRE LA CRISE SPÉCULATIVE DU LOGEMENT, ORGANISONS-NOUS !
De l’appauvrissement au mal logement
Nous voilà plongéEs dans une crise dont on veut nous faire payer l’addition. Les plans d’austérité, les plans sociaux et les coupes budgétaires aggravent la situation. En même temps, les dirigeantEs recapitalisent les banques en ponctionnant sur les salaires et les aides sociales des plus démuniEs. Les étudiantEs subissent aussi la précarisation : repas universitaires et les frais d’inscriptions augmentent, il y a 165 000 chambres universitaires pour 2,2 millions d’étudiantEs, les bourses d’études stagnent et le coût de la vie étudiante a augmenté de 4% en 2011-2012.
À l’appauvrissement s’ajoute la hausse des prix des logements. Se loger, en 2007, coûtait 23% de plus qu’en 2002 (Fondation Abbé Pierre). En 2006, 1,8 million de ménages payaient difficilement leur loyer et 500 000 ne l’avaient pas payés depuis 2 mois, risquant l’expulsion. Chaque année il y a environ 100 000 expulsions locatives, et la police intervient dans plus de 11 000 cas (droitaulogement.org). En 2009 il y avait plus de 100 000 SDF ( sûrement bien plus vu la difficulté du recensement, des sans-paps…). Les bailleurs sociaux, proprios et agences immobilières expulsent avant l’hiver, pour rester politiquement corrects et surtout pour relouer ou vendre au plus vite.
Des logements vides, des poches pleines
À Caen, il y a 3575 logements vides sur 65 000 (soit 5,5%). Calvados Habitat participe activement puisqu’il garde une centaine de logements locatifs vides. De plus sous l’égide de l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine, Caen Habitat a décidé de démolir 470 logements contre 437 nouvelles constructions. À la Pierre-Heuzé des réhabilitations opérées par La Caennaise entraînent une hausse des loyers de 15% et des expulsions ! Pour les faibles revenus, le choix des logements se réduit: des logements privés, petits et chers, ou des logements sociaux (après des années d’attente) proches des cages à lapins, plus ou moins délabrés, dans des quartiers périphériques… La crise du logement est réelle pour ceux qui la subissent, mais pas pour les spéculateurs qui s’enrichissent. Selon l’INSEE, en 2009, La France comptait 2 millions de logements vides soit 6% du parc immobilier et 3 millions de logements secondaires. La pénurie de logements n’existe pas. Elle est organisée par les spéculateurs pour accroître leurs profits.
La gentrification qui vient
La « crise du logement » cache des stratégies spéculatives. Des propriétaires indépendants, des agences immobilières, des professionnels du bâtiment « parient » sur des marchés. Mais à côté de ça, il y a la planification urbaine à grande échelle. Là, les acteurs de l’aménagement (État, collectivités territoriales, mairies, bailleurs sociaux, constructeurs, cabinets d’architectes, banques…) orchestrent le changement. Les plans de rénovation urbaine (on rase tout pour reconstruire un truc totalement différent) ont des impacts sociaux directs. On ne compte plus les quartiers populaires rénovés, dont la population a mystérieusement disparu au profit de classes sociales supérieures.
À Caen, le réaménagement de la Presqu’île et l’arrivée du TGV vont favoriser l’installation de gens de la classe moyenne supérieure venus de Paris. Une population qui paye des impôts et qui vote ! Tout le contraire des pauvres… À 1h15 de la Défense, les cadres parisiens vont adorer s’installer à Caen à un prix faible pour eux. Tout est fait pour les accueillir : construction de logements de standing, d’un complexe cinéma et d’une galerie marchande juste à côté de la gare ; développement de la Presqu’île déjà amorcé (école des beaux arts, Cargö, et bientôt médiathèque et centre des congrès). Ainsi les bourgeois et autres bobos seront à l’aise dans le nouveau centre embourgeoisé de Caen. Déjà les agents immobiliers prospectent pour trouver la bonne affaire. Les loyers vont grimper !Que deviendront les populations habitant autour du port et de la gare ?
Résistons à la domination que le capitalisme exerce sur nos espaces de vie. Organisons nous contre l’urbanisme inhumain : soyons solidaires, opposons-nous aux expulsions locatives, occupons les espaces abandonnés, ouvrons des lieux alternatifs, créons des assemblées de voisinEs, de quartiers pour nous réapproprier nos vies…
Ne soyons pas dupes des crises et manigances politiciennes, résistons !
Opposons nous au TGV et à son monde ! Solidarité contre les expulsions !
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