Mar 162016
 

samedi 12 mars 2016

Le jeudi 10 mars a eu lieu la troisième session du procès de nos compagnons Mónica et Francisco. Ce sont principalement les plaidoyers finaux des avocats de la défense et l’accusation et du parquet qui ont été présentés.

 

Cela a débuté par les témoignages d’experts, appelés par la défense, qui ont fait un rapport sur l’étude comparative d’ADN de Francisco et Mónica extraits d’objets qu’ils ont utilisés dans leurs cellules. Dans leur rapport ils ont confirmé ce qui suit : il n’y a aucune correspondance.

La juge a ensuite demandé si les différentes parties maintenaient leurs conclusions initiales, et l’avocat de la femme blessée dans la basilique lors de l’explosion a déclaré qu’il maintenait les accusation de « dommages » et « blessures » mais qu’il retirait l’accusation d’appartenance à une organisation terroriste et de conspiration, rabaissant la demande de condamnation à 12 ans et un jour chacun et demandant une indemnisation de 102 000 euros.

Les derniers plaidoyers ont alors commencé, avec la procureur qui a maintenu les 4 charges de l’accusation écrite : appartenance à une organisation terroriste, destruction, blessures et conspiration. Elle a aussi maintenu la demande de 44 ans de prison chacun. Dans son plaidoyer elle a insisté sur le fait que dans la procédure orale et dans les rapports des renseignements la participation des compagnons dans une organisation à caractère terroriste est prouvée. Face au discrédit des experts par la défense dans les sessions précédentes, évoquant le manque de formation de ces derniers sur les thèmes qu’ils traitent dans leurs rapports, la procureur a voulu valider leurs rôles à partir de leurs connaissances techniques et pratiques. Selon cette même ligne, la procureur a continué sa plaidoirie en considérant avérée la participation de Francisco et Mónica à l’action del Pilar et à l’intention de s’attaquer au sanctuaire de Montserrat. En ce qui concerne les accusations de blessures, elle s’est appuyée sur les rapports médicaux qui décrivent les lésions auditives et les séquelles psychologiques sur la femme concernée.

L’accusation a continué en expliquant la raison du changement de ses conclusions suite à la procédure orale, signalant que si elle est d’accord avec la procureur sur le fait que les compagnons appartiennent à la FAI-FRI et aux GAC, il n’y a pas d’arguments suffisants pour considérer ces derniers comme des organisations terroristes. Un argument similaire qui a été utilisé pour justifier le retrait des accusations de destruction : elle considère que leur visite à Montserrat était dans l’intention d’attaquer cet endroit mais il n’y a pas de preuves suffisantes pour le prouver. Concernant les accusations soutenues, il est important de souligner qu’elle a modifié la figure juridique de « destructions » en « dégâts » à but terroriste.

Les derniers plaidoyers étaient ceux de la défense, qui était catégorique sur la remise en question des thèses de l’accusation. La défense a fait un long exposé que nous résumerons par les points centraux :

  • Le manque d’impartialité de la section de première instance en ayant exercé des procédures qui correspondent au juge instructeur. Sur ce point la défense considère comme un signe d’impartialité le fait que c’est cette même instance qui décrétera l’élargissement de la préventive en indiquant qu’il y avait des « preuves » suffisantes pour prendre cette mesure. Ici aussi la défense remet en question le fait que des rapports policiers aient été inclus comme preuves d’expertise.
  • L’absence de vérité lorsqu’il a été signalé dans l’enquête que Francisco et Mónica avaient été condamnés au Chili pour le Caso Bombas et avaient été libérés par un « vice de procédure » alors qu’ils ont été acquittés par manque de preuves.
  • Le fait que l’acte d’accusation et l’écrit de l’accusation sont un « copier coller » des rapports des services de renseignement prouve qu’il y a un manque d’impartialité dans l’enquête du parquet et dans la procédure d’instruction de l’affaire.
  • Par une solide documentation technique elle remet en question la rigueur du système utilisé afin d’obtenir les résultats de l’analyse anthropométrique, signalant par exemple, qu’à aucun moment les spécificités techniques du programme appliqué n’ont été clarifiées ; ni la raison de l’utilisation de ce système là et non pas d’un autre, et le fait que les résultats sont loin d’être fiables puisqu’ils ne remplissent pas le minimum des conditions techniques requises (distance de la caméra, angle, luminosité, pixels, qualité de l’image).
  • La défense remet en question l’utilisation de sources « ouvertes », c’est à dire, obtenues d’internet et non vérifiées avec des sources originales.
  • Elle met en avant qu’aucun témoin n’ait fait de description qui corresponde aux traits de Mónica et Francisco.
  • Le concept et la pratique de la « solidarité et le soutien mutuel » sont inhérents à tout anarchiste.
  • Étant donné qu’il faut au moins trois personnes pour former une organisation terroriste, l’enquête policière a eu besoin de les relier à d’autres personnes et groupes et c’est là qu’apparaissent les GAC.
  • Il n’y a pas d’indices suffisants pour les relier aux GAC et en aucun cas on ne peut considérer ces derniers comme une organisation terroriste, signalant qu’il n’y a aucune action revendiquée sous ce sigle. De plus, après lecture des communiqués et du livre des GAC « Contre la démocratie», elle conclut qu’il n’y a rien dans son contenu qui puisse indiquer que c’est une organisation à finalité terroriste.
  • La défense argumente que la FAI-RI ne répond à aucune structure ni organisation et que c’est une « signature » sous laquelle il y a des appels à l’action des anarchistes au niveau international. Elle insiste à nouveau sur le fait que depuis 2009 elle n’est plus considérée comme organisation terroriste par la communauté européenne.
  • Sur le rapport qui traite du danger de l’engin explosif, en partant de la conviction que ce ne sont pas eux les responsables, elle signale que ceux qui ont fait cette action à la basilique n’avaient pas pour intention de blesser des personnes, vues les caractéristiques de l’engin, l’heure de l’explosion et l’alerte à la bombe faite par téléphone.

Le jugement s’est terminé par l’utilisation d’un droit à une dernière parole pour Mónica et Francisco, dont ils ont profité pour réaffirmer leurs idées anarchistes. À la suite de cela la juge a ordonné l’évacuation de la salle au milieu des cris de soutien des compagnons présents.

Nous terminons cette synthèse en citant les derniers mots des compagnons, qui reflètent la force et la cohérence de leurs convictions :

MORT À L’ÉTAT ET VIVE L’ANARCHIE !

[Traduit de l’espagnol de Publicacion Refractario.]

Résumé de la première session du procès des compagnons Mónica Caballero et Francisco Solar Résumé de la seconde session du procès des compagnons Mónica Caballero et Francisco Solar Résumé de la troisième et dernière session du procès des compagnons Mónica Caballero et Francisco Solar

Solidarité avec les anarchistes Mónica Caballero et Francisco Solar.

Source : Non Fides.

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