En mai dernier, un mouvement social opposait des dockers de la Brittany Ferries à leur direction. Alors que le blocage d’un ferry dans le port de Ouistreham dure depuis plusieurs jours, un commando « libère », comme disent les journalistes, le ferry. Derrière cette opération commando, un patron et des actionnaires un peu particuliers : des gros légumiers bretons. Ces légumiers sont souvent les mêmes qui organisent des opérations commandos pour défendre leurs propres intérêts. A la lumière de la diversification des activités de leurs « coopératives » dans l’actionnariat, ils n’ont pas l’air de trop mal se porter. Que cette action commando ait eu lieu à Ouistreham, dont le maire, Romain Bail, est un ancien anti-bloqueur durant l’occupation de l’université de Caen en 2006 pendant le CPE, est pour le moins ironique. A la suite, deux récits journalistique de l’opération, qui rappelle par bien des aspects la « libération » de Sivens, et un récit du site très bleu, blanc et surtout rouge d’intiative communiste journal mensuel du pôle de renaissance du communisme en France.
Brittany Ferries. Patron et actionnaires libèrent de force le ferry
Trois remorques et des engins de tractage en travers, une banderole, les promeneurs nombreux sur le port d’Ouistreham, hier après-midi, avaient une animation singulière.
Les dockers, en grève depuis mercredi, sont sortis des ateliers pour montrer leur mécontentement au grand jour. Raison de cet affichage : l’action commando des actionnaires de la Brittany-Ferries pour libérer le navire Mont-Saint-Michel, bloqué depuis mercredi.
Cherbourg aussi ?
« Le président du directoire, Jean-Marc Roué était accompagné d’une vingtaine de producteurs de légumes des coopératives propriétaires de la Brittany-Ferries », confirme la compagnie, sans donner plus de détails sur l’opération, dans la nuit de samedi à dimanche. « Ils sont arrivés vers 2 h 45, raconte Jérôme Coeuret, délégué syndical CGT de la société des dockers manutentionnaires du Calvados. L’opération avait été bien préparée. En un quart d’heure, ils ont détendu les amarres et libéré le navire. Les quatre camarades qui surveillaient le bateau n’ont rien pu faire. »
Le navire a accosté quelques minutes, dimanche, à 12 h, à Roscoff (Finistère) avant de repartir. Il mouille depuis dans la baie de Roscoff. Au passage, les grévistes dénoncent l’entrée du « commando dans la zone à risque sans autorisation » et la navigation du bateau « convoyé jusqu’à Roscoff avec un équipage insuffisant ». Des critiques auxquelles la compagnie n’a pas souhaité répondre hier.
Dans un communiqué, elle précise que cette opération avait pour but « de reprendre le contrôle du navire, retenu en otage par le chantage d’une minorité ». Elle rappelle que le blocage, en cours depuis quatre jours, « entraîne des pertes colossales pour la compagnie dans un contexte économique difficile et les actionnaires ont pris leurs responsabilités. Ce blocage ne pouvait se poursuivre car il engendrait des risques majeurs et avait un impact négatif pour la clientèle. »
Un épisode qui ne va pas améliorer les relations entre dockers et direction. « Nous allons rester le temps qu’il faudra », annoncent les 35 dockers de Ouistreham. La grève porte sur des revendications salariales : une hausse de 4 % pour les bas salaires « et le gommage des différences de salaires entre salariés occupant la même fonction ou appartenant à des mêmes catégories ».
Après une rapide réunion mercredi, le dialogue est rompu. « Ce chantage est inacceptable, poursuit le communiqué de la direction de Brittany-Ferries. Les négociations salariales annuelles viennent de s’achever avec des efforts salariaux bien au-delà de l’inflation 2014. »
Depuis mercredi, le Normandie, second navire à assurer la liaison Caen-Portsmouth, était dérouté vers Cherbourg. Mais les dockers du Cotentin devaient eux aussi se mettre en grève à partir de hier soir, minuit.
Jean-Luc LOURY.
Source : Ouest-France.
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Des agriculteurs et le PDG de la compagnie ont libéré un de leurs navires bloqué à quai.300 semi-remorques arrivent dans le port de Ouistreham chaque jour.
L’opération n’aura duré que quelques minutes. Dans la nuit de samedi à dimanche, un commando d’une vingtaine d’hommes habillés de noir a pris d’assaut la passerelle de Caen-Ouistreham pour « libérer » un des navires de la Brittany Ferries, le « Mont-Saint-Michel », bloqué à quai depuis mercredi. Original et inhabituel par ses acteurs, le coup de force a été mené par un groupe de producteurs de légumes des coopératives, propriétaires de la compagnie bretonne, avec, à leur tête, Jean-Marc Roué, le président de la Brittany Ferries. « Cette opération surprise s’est déroulée sans heurt, et le bateau, tenu en otage par le chantage d’une minorité, a appareillé dans le milieu de la nuit vers Roscoff, où il est arrivé dimanche », a confirmé la direction. « Ils sont montés à bord par surprise. Comme nous n’avons pas voulu larguer les amarres, l’un deux a été sectionné et le bateau est parti la porte encore ouverte », racontent deux des quatre dockers présents au moment des faits.
A l’origine du conflit entamé à Ouistreham la semaine dernière, les revendications de la Société des Dockers et Manutentionnaires du Calvados, une filiale de la Brittany Ferries qui regroupe 35 salariés avec les CDD. Ils demandent une augmentation de 4 à 5 % pour les bas salaires. « Les marins et autres personnels ont obtenu des avancées. Pour nous, la direction ne va pas au-delà des 0,7 % de la négociation nationale des dockers », souligne Yannick Dornel, délégué du personnel de la SDMC. « C’est un chantage inacceptable à l’heure où les négociations annuelles avec l’ensemble des partenaires sociaux venaient de valider des efforts salariaux équitables », répond la direction.
Blocage du port
L’opération qualifiée d’acte de piraterie par la CGT des marins du Grand Ouest est une première, même si, par le passé, la Brittany Ferries a déjà agi avec fermeté. En 2012, confronté au refus des syndicats de signer son plan de retour à la compétitivité, la direction avait organisé, pendant plusieurs jours, un black-out de l’ensemble de sa flotte, contrainte de rester à quai.
La Fédération des ports et dockers a, dès hier, appelé les ports de Cherbourg et du Havre à la solidarité avec les grévistes. Sans succès. Seul le doute subsiste sur le sort réservé aux deux bateaux de la ligne de Ouistreham, le « Mont-Saint-Michel » (au mouillage devant Roscoff) et le « Normandie ». Dans le port bas-normand, chaque jour, plus de 300 semi-remorques entrent et sortent des navires assurant les trois liaisons quotidiennes avec Porsmouth. Hier soir, le blocage était toujours en cours.
Philippe Legueltel
Source : Les Echos.
Grève à la Brittany Ferries : le conflit s’envenime
Le trafic Ouistreham-Portsmouth a été interrompu ce week-end en raison d’une grève des dockers de la Brittany Ferries du port de Ouistreham. Le mouvement a débuté le 6 mai dernier. Ils réclament une augmentation de salaire aux alentours des 4% et une harmonisation des rémunérations en fonction du statut.
Le Mont-Saint-Michel était bloqué à quai jusqu’à l’intervention « d’actionnaires de la compagnie » et du PDG Jean-Marc Roué, en personne. L’opération s’est déroulée dans la nuit de samedi à dimanche vers 2h45 du matin. Ils sont tous arrivés par autobus depuis la Bretagne. Le PDG assume son action : « J’ai participé à cette opération avec des producteurs de légumes des différentes coopératives propriétaires de la Brittany Ferries » a-t-il déclaré dimanche en fin d’après-midi. Le bateau Le Mont Saint-Michel est arrivé ce dimanche 10 mai à Roscoff vers midi. Il serait au mouillage au large du port breton.
Les dockers de la Brittany Ferries de Ouistreham sont en grève depuis le 6 mai. Ils réclament une augmentation de salaire de 4%. Le Président Jean-Marc Roué est intervenu cette nuit avec une vingtaine d’agriculteurs bretons pour permettre le transfert du navire Le Mont Saint-Michel vers Roscoff.
Source : Initiative communiste.